SerendipityJune 22, 2009 3:07 am

Tunis
J’ai découvert Tunis grâce à Thierry. Un été à Hammamet, dans cette Maison de Sébastien, le plus bel endroit au monde, un rêve de Rimbaud fiché dans le sable, face à la mer. Un vertige de marbre et de chaux. La nuit, il y avait du flamenco qui montait du théâtre antique vers le Café de la Lune, où Fawzia rêvait de récrire Les Liaisons dangereuses. Certains soirs, Rym passait pour dire que l’amour dans les pays arabes est un objet de contrebande. Je suis revenu quelques années plus tard à Hammamet: le centre avait fermé ses portes, plus de théâtre, plus de falmenco, et le nouveau directeur avait mis du barbelé tout autour de la maison. Grâce à Ben Ali, la Tunisie est aujourd’hui un vaste goulag où des millions de blaireaux bronzent à 150 euros la semaine en formule all inclusive. Un goulag dont les miradors sont cachés par des sacs FRAM et des serviettes de plage.
Je suis retourné a Hammamet pour y croiser Sarah, séfarade à qui le soleil manquait tant. Cette nuit-là, sur la ville, il y a eu un orage terrible qui a fait des dizaines de morts. On a trouvé refuge dans ma chambre. Sarah est entrée dans la salle de bains pour prendre une douche. Il pleuvait à verse. Cinq minutes plus tard, on a frappé à la porte: police. L’officier a hurlé:
"Elle est où la pute tunisienne ?"

Je lui ai donné le passeport de mon amie. Il s’est excusé en disant à ses hommes:
" On rentre les gars, c’est pas une Tunisienne, grâce à Dieu, c’est une Française, et même une juive."

Je ne remettrai plus jamais les pieds en Tunisie.

Mohamed Kacimi, L’Orient après l’amour, Editions Actes Sud, mai 2008. Pages 185, 186.

SerendipityJune 14, 2009 7:26 pm

" Noli foras ire, in interiore homine habitat veritas !" ( Geht nicht nach außen, im inneren Menschen wohnt die Wahrheit)

Carl Gustav Jung

Humour& humeursJune 13, 2009 5:41 pm

Roma, Gheddafi partecipa alla Gay Pride tra musica e carri allegorici

Roma- TNA - E’ in corso a Roma il Gay Pride, la manifestazione per i diritti degli omosessuali a cui partecipa per la prima volta il leader libico Gheddafi.

Nel corteo, che si snoda per le vie del centro, anche carri allegorici ispirati all’attualità politica, come quello con la scritta "Colonello simpatico e gay".

La madrina della manifestazione, piena di musica e colori, è la figlia del colonello Aisha Gheddafi.

SerendipityJune 12, 2009 6:41 pm

What’s in your head — throw it away! What’s in your hand — give it up! Whatever happens — don’t turn away from it.

Abu Said Ibn Abil-Khair (10th-century Iranian Sufi)

SerendipityMay 29, 2009 7:41 am

" Nos trois questions à… Thibault Damour.
Professeur à l’Institut des hautes études scientifiques, membre de l’Académie des sciences, spécialiste de la physique fondamentale ( relativité, théorie des cordes…). A notamment publié Si Einstein m’était conté ( 2005, éditions du Cherche Midi).

Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?

Quand j’étais gamin, je voulais faire de la science pour avoir les réponses au "Pourquoi". Pourquoi la réalité est comme elle est ? J’avais le sentiment intuitif que la science était ce qui pouvait offrir les réponses les plus profondes. Mais peu à peu, j’ai compris que c’était une illusion. La science répond au "Comment", pas au "Pourquoi".

   J’ai la chance de travailler dans un domaine très actif, où la science avance et se renouvelle. Mais je n’ai pas été témoin de révolutions aussi fortes que celles du début du XXème siècle: 1905, première théorie de la relativité, 1915, seconde théorie de la relativité, 1925, révolution quantique. Depuis lors, la science fondamentale, qui essaie de comprendre les briques de la réalité, est en fait engagée dans un chemin de consolidation, qui consiste à relier les piliers elaborés au début du XXème siècle.

De quoi êtes-vous sûr sans qu’il soit possible de le d
émontrer ?

De rien. Je ne suis sûr de rien… Bien que je considère que les mathématiques, la physique, et la science en général soient l’activité humaine la plus précise, la plus rationnelle, la moins ambiguë, la plus à même de fournir les informations les plus précises sur la nature. En tant qu’activité humaine, c’est celle, et c’est très rare, qui réalise des progrès significatifs au fil des siècles, sans jamais repartir à zéro. Elle construit sur le passé, ajoute des choses sans nier les acquis du passé, mais en les complétant. Malgré tout cela, j’ai le sentiment très profond que les fondations de la science sont toujours aussi obscures et qu’on ne peut pas être sûr qu’elles ne seront pas modifiées de fond en comble à l’avenir. Même si, c’est vrai, cela peut paraître paradoxal.

Qu’est-ce qui vous paraît important et dont on ne parle jamais ?

Eh bien, je trouve que l’iamge du monde qui est aujourd’hui transmise par l’éduaction est l’image d’un monde hérité de la physique du XIXème siècle (voire du XVIIème siècle…). Rien de ce qui s’est passé dans la physique du XXème siècle n’apparaît dans les programmes du bac, y compris scientifique ! Du coup, tout le monde vit avec une image de la réalité issue de la physique, et donc de la philosophie, du XIXème siècle. Je pense en particulier au matérialisme dialectique, censé en finir avec le spiritualisme. Or, que nous dit la physique du XXème siècle ? La relativité nous dit qu’un des concepts existentiels les plus profonds, le temps, est probablement une illusion. Mais on apprend à l’école que le temps passe, que seul le présent a une réalité, que le futur n’existe pas… Pourtant, la relativité dit que le passé et le futur ont la même réalité. Nombre de concepts philosophiques et religieux - l’angoisse de la mort, l’idée de salut - sont liés à l’idée que le temps existe. Ils pourront commencer à changer lorsque seront intégrés les concepts de la science du XXème siècle. Aujourd’hui, plus personne ne s’y intéresse. Ni les philosophes ni le public. Alors que, bizarrement, la realivité a été bien comprise et commentée dans les années 1920 - des intellectuels comme Proust ou Dali s’y intéressaient beaucoup…

   Et c’est la même chose avec la physique quantique. Elle nous dit que la réalité est multiple, comme un film qui serait multiplement impressionné. Cela, même les scientifiques ne le pensent pas ! C’est dire à quel point les enseignements de la mécanique quantique ont peu pénetré la conscience commune… Je touve cela fort dommage. "

SCIENCE & VIE, num
éro 1091, août 2008, page 136.

Serendipity 6:16 am

Woody Allen a dit: " My only regret in life is that I am not someone else." David Servan-Schreiber a écrit:

" Une Nouvelle médecine des émotions

Douter de tout et croire, ce sont les deux solutions également commodes qui l’une et l’autre dispensent de réfelechir.

Henri Poincaré, La Science et l’hypothèse.

   Chaque vie est unique - et chaque vie est difficile. Souvent, nous nous surprenons à envier celle d’autrui:« Ah, si j’étais belle comme Marilyn Monroe », « Ah, si j’avais le talent de Marguerite Duras », « Ah, si je menais une vie d’aventures comme Hemingway »… C’est vrai : nous n’aurions pas les mêmes problèmes, en tout cas pas les nôtres. Mais nous en aurions d’autres : les leurs.
  
   Marilyn Monroe, la plus sexy, la plus célèbre, la plus libre des femmes, convoitée même par le président de son pays, noyait sa détrersse dans l’alcool et est morte d’une overdoe de barbituriques. Kurt Cubian, le chanteur du groupe Nirvana, devenu du jour au lendemain une vedette planétaire, s’est suicidé alors qu’il n’avait pas trente ans. Suicide aussi pour Hemingway, à qui un prix Nobel et une vie hors du commun n’ont pas épargné un profond sentiment de vide existentiel. Quant à Marguerite Duras, talentueuse, émouvante, adulée par ses amants, elle s’est détruite par l’alcool. Ni le talent, ni la puissance, ni l’argent, ni l’adoration des femmes ou des hommes ne rendent la vie frofondement plus facile."

David Servan-Schreiber, Guérir; Editions Robert Laffont, 2003, pages 13, 14.

   

SerendipityMay 25, 2009 5:39 am

Etre ensemble

Selon la philosophie soufie, l’une des premières règles du bonheur consiste à s’asseoir avec des amis ou des gens qu’on aime. On s’assoit, on ne dit rien, on ne fait rien. On se regarde ou on ne se regarde pas. Toute l’extase vient du plaisir d’être entouré de gens avec lesquels on se sent bien. Plus besoin de s’occuper ou d’occuper l’espace sonore. On se contente d’apprécier cette muette coexistence.

Bernard Werber, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu; Livre de poche Albin Michel, page 187

Translation:

According to the philosophy of Sufism, one of the first rules of happiness consists in sitting with friends or people we love. We sit down, we don’t say anything, we do nothing. We look at each other or we don’t look at each other. Being surrounded by people with whom we feel good converts pleasure into ecstasy. We don’t need to be busy with anything or to utter any word. We do nothing but enjoy this silent togetherness. 

Bernard Werber, Encyclopaedia of Relative and Absolute Knowledge; "Livre de poche" Albin Michel, page 187

 

UncategorizedMay 18, 2009 1:13 am

Une affaire de cœur

Je l’ai rencontré par hasard. J’ai perdu ses coordonnées et il a perdu les miennes. Il venait de sortir d’une "crise de santé fictive". Je lui ai dit que c’était normal pour quelqu’un qui a consacré toute sa vie à la fiction. Il s’agissait d’une fausse crise cardiaque, une copie non conforme de celle qu’il avait eu trois ans auparavant.

Il a passé 32 heures, "inoubliables" selon lui, à l’Hôtel Dieu de Montréal. C’était un lundi, son premier jour de travail après quatre jours de repos. Il est arrivé au travail à 6h45. À 7h00 il a eu des douleurs pectorales et des bouffées de chaleur. Il transpirait. À aucun moment il n’a perdu conscience. Mais dès l’instant où son collègue John a appelé le 911, il n’était plus maître de son destin. Deux ambulanciers sont venus le chercher avec leur brancard. Il a eu droit à une série d’interrogatoires serrés. Il a dit tout ce qu’il savait aux ambulanciers, à l’infirmière de l’urgence chargée de l’accueil des patients, à une doctoresse stagiaire, au médecin urgentiste, à un jeune cardiologue puis au professeur chef de service. Il n’oubliera jamais cette phrase du jeune cardiologue: " Vous n’auriez pas un petit cancer à nous cacher ? ". Mais aucune de ces personnes très compétentes n’a posé les questions essentielles: " Avez-vous une vie amoureuse et sexuelle? Êtes-vous satisfait de votre vie actuelle?".

Il n’a alerté ni ses amis ni sa logeuse, Mme Hausmann. Pourtant, il y avait un téléphone mis à la disposition des patients. Le plus difficile c’était de rester allongé sur un lit sans avoir un livre ou une revue à portée de la main. Il était aussi en manque d’excitants: thé, café, chocolat etc. Il a dû supplier l’infirmière de nuit pour qu’elle lui achète un café. Ce café noir sans surce, bu à 11h00 du soir, était le seul aliment qui a honoré son estomac de sa visite depuis son hospitalisation à 8h00 du matin. Il aurait pu demander un repas mais il n’avait pas faim.

Les médecins et les infirmiers de garde n’arrêtaient pas de parler et de rigoler pendant toute la nuit. Malgré le brouhaha il a réussi à piquer un somme entre 3h00 et 6h00 du matin. Mais le bruit du personnel n’était pas le seul problème. Il était branché à une machine qui mesurait son rythme cardiaque en permanence et dès qu’il s’assoupissait le moniteur déclenchait l’alarme ! Le système était programmé pour déclencher l’alarme dès que le rythme cardiaque descend au-dessous de 50 battements/minute. C’était une grande découverte pour lui. Il ignorait qu’il avait un cœur de sportif grâce au jogging et au vélo. D’après les explications de l’infirmière, ceux qui font beaucoup d’exercices physiques ont un cœur plus gros que les autres et de ce fait, pendant le sommeil, 40 ou 45 battements /minutes sont suffisants pour irriguer le corps.

Après le test du tapis roulant, le chef de service de cardiologie lui a dit que son cœur battait normalement. Sauf qu’il ne battait pour personne. Mais les cardiologues ne se mêlent pas des affaires de cœur. Hélas !

Avant de prendre congé de moi, il m’a dit que pendant la période des fêtes, son neveu, étudiant en Allemagne, lui avait envoyé une carte de vœux avec une citation en allemand: " Der schlechte Weg, den man gehen kann, ist der, keinen zu wählen." [ Le pire chemin qu’on puisse choisir dans la vie est de n’en choisir aucun ]. Le neveu a résumé la vie de son oncle en une phrase…

Humour& humeursMay 15, 2009 6:40 am

Beckett élu membre de Ionesco

Ionesco: Félicitations ! Vous êtes élu à l’unanimité membre de Ionesco.

Beckett: Je remercie tous vos membres, inférieurs et supérieurs.

Ionesco: Les membres de Ionesco ne peuvent vous accueullir pour l’instant. Ils travailllent activement à l’érection d’un monument en l’honneur du nouveau membre.

Beckett: Je suis très touché !

Ionesco: Allons fêter l’élection du nouveau membre et l’érection de son monument. Je vous invite à la Mort subite (1).

Beckett: Allons à notre mise en bière !

( Beckett et Ionesco pénétrent dans la Mort subite)

Beckett ( Emporté par la foule, une foule qui danse et chante) : Il y a monde fou ici !

Ionesco: Cahin-caha vous allez vous habituer à ce brouhaha.

( Une serveuse accueille Beckett et Ionesco)

Serveuse: Je suis desolée mais il ne reste que deux places debout !

Beckett et Ionesco ( en même temps ) : C’est ma position préférée !

Serveuse: Installez-vous confortablement. La Mort subite vout souhaite la bienvenue.

(Beckett et Ionesco s’installent confortablement)

Beckett et Ionesco (en même temps): Une Mort subite tout de suite, s’il vout plaît !

Serveuse: Un demi ?

Beckett et Ionesco ( en même temps): Deux demis multipliés par quatre divisés par deux, s’il vout plaît.

Serveuse: Parfait. (S’adressant au barman, elle emprunte une voix de soprano) Deux demis de Mort subite multipliés par quatre divisés par deux !

Beckett (chuchotant à l’oreille Ioneco): Elle a une belle gorge, cette serveuse !

Ionesco (chuchotant à l’oreille de Beckett): Je dirais même une belle gorge profonde !

(La serveuse revient, leur sert leur Mort subite)

Beckett ( savourant sa Mort subite): Mmmmmh ! On dirait la petite mort !

Ionesco: C’est très étymologique: brasser, embrasser…

Beckett: Lorsque vous sortez avec une femme, vous l’invitez à la Mort subite?

Ionesco: Je sortirais volontiers avec les femmes mais je n’accepterais jamais de sortir avec une femme qui acceperait de sortir avec un type comme moi.

Beckett: Racontez-moi votre dernière non-sortie avec une femme.

Ionnesco: Samedi dernier je suis entré dans une bar pour femmes. Tout de suite la barwoman m’a crié au visage: « Sortez tout de suite ! Aucun homme n’a le droit de pénétrer ici !». Je lui ai dit : « Voulez-vous sortir avec moi, Madame la barwoman ? ». Elle m’a répondu : « Même s’il ne restait sur terre que vous et moi, je ne sortirais jamais avec vous ! ». C’était le coup de foudre. Je lui ai dit: « Vous êtes la femme de ma vie ! »

Beckett: J’aurais aimé avoir autant de mésavantures amoureuses que vous !

(La serveuse arrive avec la facture)

Ionesco ( payant la facture et gratifiant la serveuse d’un pourboire généreux ) : Le sévice est rapide ici !

Serveuse: Merci pour le complément !

1- Mort subite: Nom d’une brasserie et d’une bière bruxelloises.

O.K.

SerendipityMay 13, 2009 6:43 am

L’amour rend-il intelligent ?

Dans la vie, il y a deux moments différents où l’amour rend intelligent. D’abord, quand nous sommes bébé, avant la parole, ensuite à l’âge du sexe. Au début, s’il n’y a pas autour de nous une enveloppe affective (quelqu’un qui nous touche, parle, toilette, gronde, caresse…), notre cerveau s’atrophie et tous nos développements biologiques et psychologiques s’arrêtent. Les technologies de neuro-imagerie moderne permettent même de mesurer la fonte cérébrale que provoquent l’isolement sensoriel et la carence affective. Il se produit une atrophie des lobes préfrontaux qui empêche, altère ou même supprime le socle neurologique qui paermet en particulier l’anticipation. Une autre zone appelée système limbique s’atrophie aussi, qui setrouve être le support neuronal de la mémoire et des émotions.

En 1985, quand j’ai été invité en Roumanie à réconforter des enfants abandonnés sous Ceaucescu, tout le monde me disait qu’il s’agissait d’encéphalopathes ou d’autistes. Comme j’avais une formation éthologique, je savais qu’une altération sensorielle pouvait provoquer une atrophie de la zone correspondante du cerveau. Tous les scanners alors effectués par Hervé Alain ( qui dirigeait le laboratoire de pharmacologie expérimentale et clinique de l’universite Rennes-I) ont montré des atrophies fronto-limbiques. Un enfant en carence affective ne peut donc ni anticiper ni utiliser sa mémoire puisque son socle neurologique n’a pas été stimulé. Ces enfants roumains ne pouvaient pas faire de phrases, ne pouvaient pas penser, ne pouvaient pas même se représenter le temps… Avant la parole, la nourriture affective est un stimulant cérébral des socles qui permettent la représentation du temps - c’est-à-dire les récits -, les mathématiques, la géométrie…

Le second moment, c’est quand on arrive à l’âge de l’appétance sexuelle. Là, on apprend à aimer d’une nouvelle façon, intense, qui oblige à quitter la première manière d’aimer (maman, papa…). L’amour du sexe nous force à tenter l’aventure de l’exploration d’un autre. Nous sommes obligés d’acquérir l’intelligence d’un autre monde, de développer notre empathie. Or, quand je suis amoureux(se), que se passe-t-il sur le plan biologique ? Eveillé(e) , je ne pense qu’à elle (lui). Et quand je dors, la longueur des phases de mon sommeil paradoxal augmente de 30%. Il se trouve que c’est lors de ces phases que les processus de mémoire sont les mieux incorporés. Autrement dit, quand je suis amoureux d’elle (de lui), le socle biologique de ma mémoire est augmenté de 30% - je peux donc « l’apprendre par cœur» !

De surcroît, le fait d’être amoureux - d’une femme, d’un homme, d’un au autre pays, d’une autre culture, d’une autre langue, d’un livre - m’invite à l’exploration. Il faut que j’apprenne cette autre langue, cette autre culture, ce monde menatl de la femme (l’homme) dont je rêve… Biologiquement, je me prépare aussi à apprendre; psychologiquement, aussi. Socialement, on voit que certaines sociétés encouragent ce mode d’exploration quand d’autres, au contraire, le découragent.

Et même au très grand âge - aux 120 ans d’existence auxquels nous avons droit ! - aimer reste un stimulant essentiel et de notre cerveau et de notre monde psychologique intime ! Même si la manière d’aimer, encore une fois, a changé. Donc, oui, l’amour rend intelligent à tous les stades du développement.

Boris Cyrulnik

Neuropsychiatre, éthologue, directeur d’enseignement à l’université de Toulon.

Source: SCIENCES ET AVENIR - NOVEMBRE 2007 (Page 86).