Humour& humeursNovember 20, 2009 8:31 pm

Petit conte québécois, dédié aux petits de Monsieur Monpetit

Monsieur Labonté est un homme affecteux et généreux, aimé par tous ceux qui l’ont cotoyé. Un jour, alors qu’il était assis à la brasserie de Monsieur Lajoie, dégutsant une Belle Gueule*, il fit la connaissance de Madame Saint-Amour, son premier et dernier amour. Ils se marièrent et eurent un seul enfant, le célèbre Benoît Labonté-Saint-Amour.

 Benoît tomba amoureux de la fille de Monsieur Lamoureux et de Madame Paradis. Leur mariage fut célébré à l’hôtel de ville par la mairesse en personne, Madame Ladouceur. Les témoins du mariage n’étaient autres que Messieurs Lafleur et Larose. Ici finit notre histoire à l’eau de rose.

* Belle Gueule : une bière québécoise.

Serendipity 7:02 pm

 Tunisia, Sea, Sand, Success

" I admire Bourguiba’s policies, " a man of middle years said. " I just wished he had more respect for human rights. " This man had spent 2 1/2 years in prison, accused ( wrongly, he says ) of Anti-Bourguiba plotting. He now holds a government job. " But in politics I must remain neutral."

Hundreds have gone to jail - anyone, it seems, who threatened the status quo. The partisan view is that a secure regime, rare in the Third World, made possible Tunisia’s assault on backwardness. When a general strike erupted in rioting and looting in January 1978, the government opened fire. You can take your pick of tolls: 40 to 400 dead.

Power has been closely held in the Constitutional Socialist Party, and some say the party is stagnant. As editor of two reformist newspapers, Hassib Ben Ammar has found himself in court time after time, accused of defaming the president, the army, the national assembly. " Tunisians were mature enough to get independence, " he said to me. " Why aren’t they mature enough to have free expression ? " 

In Defense of One-Party System

 Day-to-day government business is in the hands of Prime minister Hedi Nouira, who like Bourguiba, was jailed by the French. He seemed stiff in an interview I had with him in the old bey’s palace in the casbah, the seat of the government, on a hill that commands the medina. What Mr. Nouira may lack in old-style Bourguiba charisma, he compensates for as an administrator.

There are accomplishments to be proud of in Tunisia, and Mr. Nouira spoke of them: a fifth of the population in school, a low inflation rate, per capita income growth of nearly 9 percent a year. " That growth, " he reminded me, " places Tunisia among the top six nations of the developing world, ahead of some of the oil countries. "

I asked if the government would someday permit other political parties. " Our priority is the creation of jobs, " he answered. " Does one prefer to debate the future of the world or create jobs to feed the population and respond to its needs ? "

 Quoted from National Geographic ( by Mike Edwards ) Vol. 157, NO.2 ( February 1980,  pages 206, 207 )

FictionNovember 19, 2009 7:49 pm

 Vendeur de rêves impossibles

Je suis un des hommes  d’affaires les plus riches au Canada. C’est pourquoi je m’ennuie à mourir. Je ne cherche ni le sens de la vie ni celui de la mort. Je cherche tout simplement à noyer mon ennui dans quelque chose. J’ai essayé l’alcool, la marjuana, le cannabis, l’ecstasy etc. mais j’ai fini par les vomir tous.

Après quelques mois de réflexion,  j’ai décidé de faire comme les "héros" du film italien "Amici miei" ( Mes chers amis), des gamins quinquagénaires qui, en parrallèle avec une vie familiale normale,  inventent des jeux puérils pour se divertir et oublier qu’ils vont mourir.

Un jour, j’étais en train de flâner dans un grand centre commercial de Montrèal lorsque j’ai vu un monsieur, bien habillé et l’air pressé, en train de remplir les grilles d’un formulaire de Loto. Je me suis dirigé vers lui et lui ai lancé sans même avoir dit bonjour:

- Monsieur, Vous n’allez pas gagner, je vous le garantis.

- Occupez-vous de vos affaires, Monsieur.

- Je m’occupe très bien de mes affaires mais vous, vous allez perdre votre argent pour rien. Les lois de la probabilité me disent que votre chance de gagner est de 0,000 000 000 1%.

- Laissez-moi tranquille, je vous en prie ?

- Savez-vous qui je suis ?

Avant qu’il ne réponde je luis sors ma carte d’affaires et mon permis de conduire pour lui prouver que je suis l’homme dont le nom est omniprésent dans les pages économiques des journaux canadiens. Il examine attentivement mon permis de conduire puis me dit:

- Pourquoi vous adressez-vous à moi ?

- Je voulais vous propser une affaire.

- Quel genre d’affaire ?

- Dites-moi tout d’abord: vous allez jouer pour combien ?

- Cinq dollars.

- L’affaire que je vous propose est très simple: vous remplissez votre grille de Loto mais vous renoncez à jouer. Vous me donnerez la moitié de votre mise et moi ,en contrepartie, je mets toute ma fortune en garantie pour vous assurer contre le gain.

- Contre le gain ! Vous êtes fou ?

- Oui, je veux vous assurer contre le gain. Si les numéros que vous venez de choisir sortent au prochain tirage, je vous paie le montant complet du lot que vous auriez dû gagner.

À ma suprise, l’homme a accepté mon offre. Nous avons signé un contrat d’assurance contre le gain en bonne et due forme et je lui souhaité bonne chance. Cet homme fut le premier d’une série de clients que j’assurais contre le gain, la garantie étant toujours ma fortune de milliardaire.

Maintenant je passe tout mon temps à visiter les points de vente de Loto Québec pour lui arracher ses clients, fidèles et occasionnels. Bien sûr, j’ai reçu des menaces de la part des avocats de Loto Québec mais mes avocats avaient déjà pris les précautions  légales nécessaires. Ce qui n’était au début que le jeu d’un homme riche qui s’ennuie s’est convertie en une entreprise d’assurance contre le gain florissante et très bien cotée à la Bourse de Toronto, une ville qui a été, elle aussi, séduite par mon idée géniale.

Dans son livre magistral d’économie libérale Economics, le grand économiste Paul A. Samuelson a écrit: " les riches doivent s’assurer, les pauvres doivent jouer." Dorénavant, grâce à moi, les pauvres jouent et s’assurent en même temps. Un journaliste de Forbes m’a demandé: " Comment est-ce vous vous définissez en tant qu’entrepreneur?". J’ai répondu : " Je suis un vendeur de rêves impossibles à moitié prix…"

FictionNovember 18, 2009 8:46 pm

LE PASSÉ N’EXISTE PAS !

 

" Une grande partie de mon être était tordue, enfouie, enroulée sur elle-même, comme un écheveau de laine emmêlé dont on a perdu le bout. La grande confusion avait commencé avant ma naissance. Elle alla empirant." ( Mary Barnes; Un voyage à travers la folie )

On naît tous fous, quelques uns le demeurent”  ( Beckett )

La psy Glika Glicksmann était peu connue de la communauté scientifique avant la publication de son livre Le passé n’existe pas ! Sa carrière est aussi  labyrinthique que le pavé de 666 pages qu’elle vient de publier aux Éditions Locura Pura. Elle a commencé sa vie professionnelle comme psychanalyste. Après sept ans de pratique, elle ferme son cabinet et s’inscrit à une faculté de médecine à Paris. Son doctorat en poche, elle s’envole pour les Etats-Unis pour suivre de près les recherches du docteur Antonio Damasio à l’université d’Iwoa.  Elle achève son séjour américain à New York pour renconter et discuter avec le célèbre docteur Oliver Sacks

Après ses études et recherches en neuroscinces, elle fait un petit détour par la psychiatrie et s’installe pendant quelques mois à Londres, la Mecque de l’anti-psychiatrie. Enfin, elle ouvre un cabinet médical à Lausanne, sa ville natale, pour tenter une nouvelle forme de psycho-thérapie: l’oblitération mémorielle. Dr. Glicksmann a gentiment accepté de répondre à mes questions:

O. K. : Si j’ai bien compris votre livre, le passé n’existe pas ?

G. G. : Non, il n’existe pas. Il est une construction post-mnémotique. Il n’y a pratiquemeent aucune difference entre mémoire et imagination.

O. K. : Pourquoi avez-vous abandonné la psychanalyse ?

G. G. : Tout simplement parce qu’elle ne guérit pas les troubles psychiques.

O. K. : Freud n’a rien apporté à la science médicale ?

G. G. : Il a eu des intuitions géniales mais il était surtout un artiste. Sa prose est l’une des plus " savoureuses " de la langue allemande. En abandonnant la médecine pour la psychanalyse, Freud s’est converti en magicien du verbe. Mais sa " science " était aussi le symptome d’un malaise, celui de la société viennoise au début du siècle.

O. K. :  Pourquoi la psychanalyse ne marche pas, d’après vous ?

G. G. : Parce que la majorité des patients passent leur temps à ruminer leurs souvenirs d’enfance et d’adolescence et n’avancent pas, exactement comme un disque qui tourne en rond.

O. K. : Que propsez-vous comme alternative ?

G. G. : La seule alternative pour certains traumatismes est l’oblitération mémorielle. 

O. K. : En quoi ça consiste ?

G. G. : Après avoir obtenu le consentement explicite du patient, je l’hypnotise et je lui suggère que le souvenir dont il parle n’existe réellement pas. En quelque sorte, je libère les patients des mauvais souvenirs qui les empêcent d’avancer dans la vie.

 O. K. : Mais c’est de la manipulation ! Les mauvais souvenirs font partie de notre biographie, non ?

G. G. : Je ne fais rien sans le consentement du patient. Je vous donne un exemple: une patiente était obsédée par le suicide de son père. Grâce à l’oblitération mémorielle, le père est maintenant mort de vieillesse. Dorénavant la patiente n’a plus aucune excuse pour ne pas affronter les défis de la vie quotidienne.

O. K. : Quelle est votre réaction aux déclarations de certains de vos collègues qui vous qualifient de " gourou " ?

G. G. : Ils se trompent de vocabulaire. Je suis plutôt une " chamane "…

 

JournalNovember 17, 2009 6:29 pm

Le cinéma, mon paradis

 Mon histoire d’amour avec le cinéma a commencé très tôt, à l’âge de six ou sept ans. Le premier cinéma de la ville - il sera aussi le dernier - appartenait au meilleur ami de mon père. Je n’oublierai jamais la soirée d’inauguration du cinéma. C’était mon premier film: " Al-Fajr " ( l’Aube) du réalisateur tunisien Omar Khlifi (1). J’étais un privilégié. J’ai vu des dizaines de films sans débourser un seul millime. À chaque fois qu’il y avait un film qui m’intéressait, je demandais la permission à mon père puis je courais vers mon paradis.  Le caissier m’ouvrait la porte de service, je montais les escaliers qui menaient à la salle de projection et au balcon des invités. J’étais toujours le seul "invité".

 J’ai vu des films égyptiens, syriens, français, italiens, américains. Je ne sais pas pourquoi seuls les films de Segio Leone  restent gravés dans ma mémoire. Est-ce à cause de la musique d’Ennio Morricone ? Ou bien à cause des paysages grandioses du Far West ? 

En Tunisie les cinémas ferment. Au Canada, Dieu merci, les cinés sont encore à la mode. Montréal compte une soixantaine de cinémas. Par exemple, près de la station de métro Atwater il y a un complexe de… 22 cinémas ! La Tunisie, avec ses 11 millions d’habitants, compte vingt cinémas au total.

Les écrans télé géants ne remplaceront jamais le cinéma.  J’ai vu le film " Les Temps Modernes " pour la première au cinéma de la maison de culture Ibn Khaldoun à Tunis. Je n’ai jamais autant ri parce que je ne riais tout seul. Le public amplifie l’effet comique des films de Chaplin ou Buster Keaton.  Lorsque j’ai revu le film de Chaplin tout seul, l’effet comique a disparu ! La magie du cinéma a brillé par son absence.

—–

1 - Malheureusement le réalisateur Omar Khlifi  est atteint d’une sénilité précoce. Dernièrement il a publié un texte où il plaide pour… le silence tunisien !

Silence.. la Tunisie est en marche…
 
Par Omar Khlifi ( cinéaste)

Nous avons l’habitude «d’apprécier» à leur juste valeur ce genre de prose malveillante rédigée par des mercenaires professionnels d’une plume intéressée qui s’applique à transcrire, sans aucun état d’âme, le fiel de certaines personnes aigries qui sont déstabilisées par la réussite insolente de cette nouvelle Tunisie qui fait la fierté et l’admiration de tous. N’en déplaise à ceux qui sans aucun scrupule vendent leur âme au diable au détriment de leur pays et s’érigent en donneurs de leçons pour camoufler leur passé récent qui n’est nullement en leur honneur. Malheureusement, pour eux, cette réussite criarde et rapide déplaît et dérange ceux qui s’attendaient à l’effondrement de notre système et qui n’arrivent pas à s’y faire. Oui, leur réaction démontre clairement leur désarroi; aussi, cherchent-ils par tous les moyens à discréditer nos acquis qui, eux, sont palpables, réels, reconnus, visibles à l’œil nu… Mais pour les myopes, la déception ne fait que rendre plus floue leur vision. Notre réussite n’est pas une fin en soi, nous voulons plus et nous œuvrons pour y arriver… Nous y arriverons.
Cette campagne aux relents revanchards n’empêchera pas l’union de tous les Tunisiens autour de notre Président auquel nous accordons notre confiance la plus totale, car le résultat de son action pour notre pays est des plus édifiants. Nous sommes les premiers intéressés et nous constatons les bienfaits de sa politique qui se lit sur tous les paramètres dans tous les domaines de la vie publique. La vie est ainsi faite, il y a les quelques éternels mécontents qui ne font que rechigner, et ceux, la quasi-majorité, plus sincères et plus réalistes qui adoptent une démarche plus noble en participant avec enthousiasme à l’édification d’une Tunisie de plus en plus meilleure. Qu’ils se rassurent, cette émission télévisée n’aura aucun impact sur l’adhésion des Tunisiens autour de leur Président et de sa politique salutaire. Encore une fois, leurs jérémiades seront négatives… Ce nid d’inepties et de contre-vérités est risible pour nous qui vivons au quotidien notre avancée à pas de géant.
Quant à nous, nous n’avons pas besoin de tuteurs ni de donneurs de leçons, qui feraient mieux de balayer devant leur porte, car le Tunisien est conscient de ses acquis.
La Tunisie à l’histoire trois fois millénaire en a vu d’autres, elle est immunisée contre ce genre de parasites néfastes qui ne peuvent perturber sa quiétude sereine… Chut ! Silence… La Tunisie est en marche… La vitesse de croisière est presque atteinte, le décollage est imminent… Silence… vous n’arriverez pas à perturber cette union qui caractérise une complète communion entre un peuple et son Président. Rien que des calomnies pour épater la galerie, de fausses allégations. Les balivernes intéressées, c’est l’arme des aigris, des déçus et des nostalgiques qui sont dépassés par les événements et qui n’arrivent plus à suivre la marche de la Tunisie.
Attablés dans certains cafés de Paris, de Londres et d’ailleurs, ils font et défont le monde. Leur ignorance criarde de la réalité tunisienne ne les autorise pas à juger notre pays qui n’a que faire de leurs balivernes. Au fait, qui êtes-vous pour prétendre donner un jugement de valeur sur nos acquis ? D’autres beaucoup plus nantis, plus crédibles et plus sérieux que vous sur tous les plans témoignent à la Tunisie et à son Président considération, respect et admiration pour sa marche exemplaire qui fait de notre pays, et plus particulièrement depuis l’avènement de l’ère nouvelle, n’en déplaise à certains, un havre de paix, de stabilité, de sécurité et de progrès. Notre devise est : «Bien faire et laisser braire».
A bon entendeur salut !

Source: LA PRESSE de Tunisie, le 6 novembre 2009.



 

SerendipityNovember 16, 2009 6:16 pm


http://www.bakchich .info/Un- Ben-Ali-a- visage-humain- Le-Buzz,09302. html

16 novembre à 16h27
Défense de rire. La télé Hannibal TV a diffusé un publireportage où l’on voit la famille Ben Ali se comporter comme “monsieur et madame tout le monde”.

Totalement ébahis, les Tunisiens ont récemment découvert, dans un sujet diffusé par la télévision privée Hannibal TV, le portrait d’une famille modèle : les Ben Ali. C’est le Buzz du Web tunisien.

Surtout connu pour sa prodigieuse langue de bois et ses discours en arabe littéraire incompréhensibles au commun des mortels, Ben Ali commence à jouer le carte du bon père de famille (presque) accessible au public.

Dans une vidéo de trois minutes, on voit Ben à vie entouré des siens, jouant avec ses enfants, discutant avec son épouse et – cerise sur le gâteau - se faisant mordre le doigt par un de ses petits-enfants (oh, le vilain garçon !).

Leila Ben Ali n’est pas en reste. En bonne maman, cette dernière prépare le cartable du petit dernier et l’emmène elle-même en voiture (la populace doit comprendre que Madame n’a nul besoin de chauffeur ici !).

Pour compléter le tableau de cette famille décidément parfaite, on voit monsieur Gendre et nouveau député de la Nation, Sakhr El Materi, qui débarque chez les beaux-parents avec son épouse Nesrine et la marmaille tous contents de retrouver papy et mamy.

Et pour ceux qui n’auraient rien compris de cette mise en scène, un Vox Pop est organisé par Hannibal TV tout de suite après le reportage. Avec la spontanéité qu’on leur connaît lorsqu’il s’agit de commenter les prestations présidentielles, tous les Tunisiens se sont dits surpris et heureux de voir que le président est, tout compte fait, « comme nous ».
Le vieux Jean Daniel !

Deux autres « événements » (façon de parler) montrent un changement de cap dans la com’ présidentielle. Déjà, lors de la campagne électorale, le correspondant d’Associated Press avait noté que la garde autour de Ben Ali était moins nerveuse qu’à l’habitude et que ce dernier était beaucoup plus accessible aux citoyens venus l’acclamer.

Encore plus surprenant, Ben Ali a lui-même répondu, jeudi, à la question d’un journaliste de La Presse à qui on a dû souffler une question fort opportune.

Le président montait lui-même au créneau pour réagir à l’Appel sirupeux dans lequel l’inénarrable Jean Daniel disait vouloir « arracher la clémence du prince » pour obtenir la libération du journaliste Taoufik Ben Brik embastillé depuis le 29 octobre pour « agression, atteinte aux bonnes mœurs et dégradation de biens » (ah, ces journalistes qui se croient au dessus des lois !).

« Je ne compte pas répondre à notre ami Jean Daniel, vu son âge et son amitié pour la Tunisie », a maladroitement réagi le jeune homme de 73 ans. Tout simplement pathétique.

Mohamed Ettaieb

SerendipityNovember 15, 2009 11:03 pm
Cet espoir qui fait vivre
 
 Il n’existe sans doute pas de sentiments plus néfastes pour la santé que ceux de l’impuissance et du désespoir.
Des anées passées à accompagner des personnes souffrant dans leur corps m’ont appris qu’il n’y a pas de vie sans espoir. Peu importe la raison d’espérer que chacun imagine, pourvu que chacun en ait une. Peu importe que celle-ci change au fil des expériences de la vie, pourvu que l’on puisse échapper au doute, à la peur et au chaos. Pourvu que l’on puisse agir, ne pas subir. Pourvu qu’on puisse continuer à avancer, à se porter, à supporter ".
 
Dr Thierry Janssen, La maladie a-t-elle un sens ? Éditions Fayard 2008,  pages 203 - 205
UncategorizedNovember 14, 2009 10:32 pm

TUNIS, 14 nov 2009 (TNA) - Le magazine parisien "Madame Figaro" a publié un publi-reportage, payé par l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure (ATCE), sous le titre "Mme Leila Ben Ali et les causes de la femme arabe" dans lequel la Régente de Carthage essaie de vendre une autre image que celle d’une marraine des clans mafieux Trabelsi-Materi & Co. Ainsi la femme du dictateur tunisien Ben Ali  a-t-elle puisé dans les caisses de l’État pour améliorer son image et consolider sa place dans la guerre de succession qui se déroule dans les coulisses du Palais de Carthage. Le familles Trabelsi, Materi et Ben Ali contrôlent des pans entiers de l’économie nationale tunisienne. Ces clans mafieux ont jeté dernièrement leur dévolu sur le secteur des médias écrits et télévisuels tunisiens.
 
Leïla Trabelsi-Ben Ali n’est pas une tunisienne comme les autres: les meubles de son palais de Sidi Bous Saïd, construit sur le terrain d’une ancienne base de l’armée tunisienne,  ont été tous importés d’Europe et la " présidente " ne jure que par Christian Dior et Yves Saint-Laurent. Les fréquentes escapades parisiennes du Falcon de la Présidence sont un secret de polichinelle pour le personnel de l’aéroport de Tunis-Carthage.
 
Un opposant à qui on a demandé: " Pourquoi les Tunisiens ne se révoltent pas ? ", a répondu: " Premièrement, parce que le prix du pain reste abordable. Deuxièmement, parce que la radio religieuse Zitouna leur promet une vie meilleure dans l’au-delà…" 

FictionNovember 13, 2009 7:51 pm

L’impatiente Régente et le Docteur Folhumour

Le docteur Mohamed Gueddiche, médecin personnel de Haj Zaba, est dans son bureau à la Présidence de Carthage. Il est absorbé par la lecture d’un livre passionnant. Soudain, il entend quelqu’un frapper à la porte. Il panique, ouvre un tiroir au hasard et y cache le livre qu’il était en train de lire.

Dr. Gueddiche : Entrez, je suis là.

La Régente de Carthage :  Je vous dérange ?

Dr. G. : Non, non, pas du tout. Assoyez-vous, je vous en prie.

R. C. : Puis-je m’allongez sur le divan ?

Dr. G. : Je suis désolé, je n’ai pas de divan. Je ne suis ni psychanaliste ni psychothérapeute. Je suis cardiologue, Madame.

R. C. : Je viens de lire un livre qui m’a plongé dans un océan de tristesse. La pire dépression de ma vie…

Dr. G. : Vous parlez de ce livre innommable commis par deux journalistes néo-colonialistes français ?

R. C. : Mais non, docteur !  Je m’en fous de ce raconte ce livre. Je parle d’un autre, une biographie de Bourguiba.

Dr. G. : Je vois que le juriste du Palais vous suggère maintenant des lectures pour adultes. Vous faites des progrès. Bravo !

R. C. : Ne vous moquez pas de moi, docteur !

Dr. G. : Absolument pas, Madame. Comment oserais-je me moquer de la femme du patron ? Il n’ y a aucune honte à être autodidacte. Staline, Hilter et Ceaucescu étaient des autodidactes comme vous.

R. C. : Je vais vous lire le passage qui m’a déprimée et qui me prive de sommeil depuis des jours: " Mais elle [Wassila] sait aussi que le pouvoir qu’elle a progressivement acquis dans l’ombre, que ce rôle d’éminence grise qui la comble sans toutefois satisfaire complètement ses ambitions, dépendent de lui [Bourguiba] et de lui seul. Elle n’a d’autre légitimité que celle d’une épouse. Viendrait à disparaître celui dont elle porte le nom, elle ne serait plus rien, et a suffisamment d’ennemis pour craindre un sort un peu enviable." (1)

Dr. G. : Je crois que Bessis et Belhassen ont raison. Si, que Dieu ne veuille,  le patron disparaît, vous risquez de perdre tous vos privilèges et la majorité de vos biens.

R. C. :  Mais si je nomme un président fantoche, par exemple Abdelwahab Abdallah, je pourrais tirer les ficelles du pouvoir derrière les coulisses, non ?

Dr. G. : Vous devriez lire la tragique histoire du général Rafael Leonidas Trujillo pour comprendre l’insoutenable légèreté de de ce scénario.

R. C. : C’est qui ce général ?

Dr. G. : Ce général, ancien de l’école des Marines aux USA, a régné sans partage sur la République Dominicaine du 16 août 1930 au 30 mai 1961, date de son assassinat. La famille de Trujillo, qui s’est enrichie sur le dos du peuple, avait un candidat à la succession aussi effacé que Addelwahab Abdallah, Joaquín Balaguer. Mais lorsque celui-ci a pris le pouvoir, il a peu à peu tiré le tapis sous les pieds des Trujillo. Finalement le clan familial de l’ex-dictateur n’avait d’autre choix que l’exil.

R. C. : Vous êtes en train d’enfoncer le couteau dans la plaie, docteur !

Dr. G. : Je suis un adepte des thérapies de choc, Madame.

R. C. : Pourriez-vous me prescrire des calmants ?

Dr. G. : Pas de problème.

Le docteur prend son stylo et écrit quelque chose sur une feuille blanche. Lorsque la Régente de Carthage lit ce qui y est écrit, elle s’évanouit sur le champ: " Je vous suggère deux calmants, Madame:  l’achat d’un billet aller sans retour Tunis-Abu Dhabi et l’ouverture d’un petit salon de coiffure chic à Dubaï "

 —

1 - Sophie Bessis et Souhayr Belhassen - Bourguiba, tome II, Un si long règne 1957-1989. Editions Jeunes Afrique livres, 1989 ; page 103.   

 

 

 

Serendipity 5:11 pm

Source: Al-Khabar ( Quotidien, Algérie)

توفيق بن بريك: «باقٍ» وأعمارُ الطغاةِ قِصارُ

 [نُشر آخر كتب الصحافي توفيق بن بريك «لن أرحل» في الجزائر (دار الشهاب) عام 2008 لاستحالة صدوره في تونس. مؤلّفه هو أيضاً معارض سياسي، يتذكّر الجميع إضرابه عن الطعام عام 2000، مطالباً بوقف «العسف البوليسي» ضدّه. منذ ذلك الإضراب، ما انفكت السلطات التونسية تَدفع بن بريك إلى الهجرة، بل شمل تعسفها أفراد عائلته كأخيه جلال، الذي منعته من مزاولة عمله كمحام. يقول الكاتب في مستهل الفصل الثاني من كتابه: «في تونس، أحسّني عرّاباً صقلّيّاً سجيناً غير أنه لا رغبة لي في العيش في المنفى. أنا متيّم بتونس. فيها لا أجدني مجبراً على اختلاق قصص لشدّ انتباه الآخرين». من هذا المنطلق، يمكن اعتبار «لن أرحل» صرخة تحدّ للنظام، وتلميحاً ساخراً إلى مَن فضّل من أقطاب المعارضة الهجرة على العيش في سجن السلطات الكبير. «لن أرحل» هو أيضاً دليل سياحي من نوع خاص، لا أثر فيه لآثار قرطاج، يروي تونس من وجهة نظر ذاتية تمتزج فيها المحبّة العارمة لبني الوطن بالسخرية بسبب رضوخهم لمصيرهم. دليل يصف من تونس جوانبها القاتمة المخفيّة: فقر الأحياء الشعبية المدقع والاستلاب الاستهلاكي للطبقات الوسطى «العيش بفضل القرض هو ثمن قبول التطويع السياسي. ليس هناك من تونسي واحد لا يشعر وهو يرتاد السوبرماركت بأنه يستهلك في الحقيقة حريته». في «لن أرحل»، تنكسر الصورة النمطية عن الضواحي السياحية. سيدي بو سعيد ليست صفوفاً من الفيلّات الزرقاء المطلّة على البحر فحسب، هي أيضاً منازل متخفّية يشرب فيها الصعاليك النبيذ الرخيص، ويقرأون روايات محظورة. أمّا الأحياء الشعبية، فيكفي لاكتشاف أسرارها أن نطرق أبوابها متمترسين بشجاعة الصحافي، ولا تبدو أساطيرها، رغم حداثتها، أقلّ عتاقة من أساطير قرطاج. المعارضة بين نظام قمعي وخوف التونسيّين

يصف الكاتب تونس بنبرة حنين إلى ما كانت عليه يوم كانت الحياة لا يكدّرها البوليس، ولا إغواءات المجتمع الاستهلاكي. يقول: «كانت آخر حفلة في تونس مأتماً. أطل الصبح على مدعوّي قصر قرطاج كالكفن، فأنار سحنات شاحبة كالشمع». قصر قرطاج هو القصر الرئاسي، والصبح المذكور هو 7 تشرين الثاني (نوفمبر) 1987، الذي استولى فيه الجنرال بن علي على السلطة، عازماً على «قطع أعز أعضاء التونسيين عليهم: ألسنتهم». منذ ذلك اليوم، لم تعد للحياة في المدينة من لذّة سوى لذّة الهروب منها. ظلّت الأحياء الغنية تتحول إلى أسواق كبيرة تغرق فيها الطبقات الوسطى أسفها على العهود الماضية. أما الأحياء الشعبية، «فلولا صراخ أطفالها، لما استحال تشبيهها بالغولاغ الستاليني» يقول توفيق بن بريك. أما رغبة المعارضة في التغيير، فلا تصطدم بجهاز النظام القمعي فحسب، بل أيضاً بجدار الخوف، الذي غزا قلوب التونسيين. تأرجح التونسيين بين التفاؤل والتشاؤم هو ما يسمّيه الكاتب «التشاؤل». ولا يترفّع هو ذاته عن اعتبار نفسه من «المتشائلين». فهو يسكن ضاحية لا يتكلّم فيها الجيران سوى عن الجوّ والسيارات. إلّا أنه «ككل التونسيين، يحتفظ في أحشائه بألف غضب» يُساعده على النجاة بنفسه من رغبة جامحة في الرحيل.

◄ قبل أسبوعَين، تعرّض الصحافي التونسي في موقع «إيلاف» إسماعيل دبارة لتهديد من جانب بعض المجهولين، الذين طلبوا منه أن يتوقّف عن الكتابة، وإلّا فإن عقابه سيكون وخيماً.

◄ في وقت كانت فيه الناشطة والصحافية المستقلّة سهام بن سدرين تهمّ بالدخول إلى قاعة المحكمة، التي تجري فيها محاكمة الصحافي زهير مخلوف، دفعها بعض الأشخاص المجهولين، ومنعوها من الدخول.

◄ منعت السلطة التونسية الإعلامية الفرنسية في «لو موند» فلورانس بوجي، من الدخول إلى تونس، وأجبرتها في المطار على العودة إلى بلادها.

◄ تشكو صحف تونسية معارضة ومستقلّة من كثرة الدعاوى المرفوعة ضدّها، وغالباً ما تقف السلطة خلفها. وأبرز هذه الصحف، جريدتا «الموقف» الناطقة باسم «الحزب الديموقراطي التقدمي»، و«مواطنون» الناطقة باسم «التكتل الديموقراطي من أجل العمل والحريات».

◄ تعرّضت صحيفة «الطريق الجديد» التونسية لسلسلة مضايقات أثناء فترة الانتخابات التشريعية والرئاسية الأخيرة، منها سحب أحد أعدادها الأسبوع الماضي، إضافةً إلى حجب أكثر من عدد خلال الحملة الانتخابية. يذكر أنّ هذه الصحيفة ناطقة باسم «حركة التجديد» أي «الحزب الشيوعي التونسي» سابقاً.

◄ قام رجال النظام التونسي والصحافيون التابعون له في شهر آب (أغسطس) الماضي، بما يشبه الانقلاب على المكتب التنفيذي لـ«نقابة الصحافيين التونسيين»، فهمّشوا كلّ الصحافيين المستقلّين، وتحوّلوا اليوم إلى الممثّل الرسمي للصحافيين عند السلطة.

◄ تحلّ تونس في المرتبة الـ154 من أصل 175 بلداً في الترتيب العالمي لحرية الصحافة، بحسب «مراسلون بلا حدود». وتأتي كلّ دول شمال أفريقيا في مراتب متقدّمة على تونس، باستثناء ليبيا، التي تحتلّ المرتبة الـ156.

◄ تعاني مجموعة من المنظمات الناشطة في مجال حقوق الإنسان وحرية الصحافة، مضايقات مستمرّة من جانب السلطة التونسية. وبين هذه الجمعيات «الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الإنسان» التي تشهد منذ فترة حصاراً لمقرّها، ويُمنع الناشطون من دخول مكاتب الرابطة. وتشكو منظمات أخرى من تضييق مشابه، منها «المجلس الوطني للحريات»، و«جمعية حرية وإنصاف»، و«المنظمة الدولية لمساندة المساجين السياسيين».