UncategorizedOctober 19, 2006 8:37 pm
En rentrant de Jamaïque le 12 juin dernier, j’ai été subjugué par les yeux verts d’une douanière de l’Aéroport de Toronto. A 3 heures du matin elle m’a posé une question qui a accéléré mon rythme cardiaque:
- Avez-vous quelque chose à  déclarer?
- Oui, je voudrais déclarer mon amour.
Elle a ouvert machinalement le guide des taxes douanières.
- Un amour ou une amourette? Si c’est une amourette pas de taxes.
-Non, un amour. Un grand amour même.
- Neuf ou usagé?
- Un grand amour flambant neuf. Surtout flambant.
- Dans ce cas il y a une taxe de neuf pour cent.
- Je peux payer en livres?
- Vous pouvez payer en livres, en dollars ou en euros.
J’ai ouvert mon sac et je lui ai donné "L’opéra des quat’sous" de Brecht, "Histoire des Francs" de Grégoire de Tours et "Banco" d’Henri Charrière.
Elle m’a dit:
- Il manque encore trois livres.
Alors je lui ai donné tout ce qui me restait: "Le Capital" de Marx, "L’argent" de Zola et un "Conte suisse inédit".
- Maintenant le compte est bon.
Je lui ai répondu en clignant de l’oeilemoticon:
- Les bons contes font les bons amis…
Uncategorized 8:20 pm
Pas de complaisance pour le voleur du bateau de plaisance
TUNIS (TNA) - Imed Trabelsi, le neveu de Leïla Trabelsi, l’épouse du président tunisien Zine Ben Ali, a été encore une fois interrogé par le doyen des juges d’instruction au Palais de Justice de Tunis aujourd’hui à 10 heures du matin. L’interrogatoire a duré plus de trois heures. A sa sortie du Palais de Justice, le présumé coupable Imed Trabelsi, menottes aux poignets, escorté par une dizaine de policiers, s’est contenté de crier devant les micros et les caméras de Radio-Tunis et de TV7 avant que les flics ne le poussent dans le panier à salade: "J’ai confiance en la justice de mon pays!". Rappelons aux lecteurs que le neveu de la "Présidente" est impliqué dans le vol du yacht du banquier français Bruno Roger, PDG de la banque Lazard Frères. Béru-Ma, c’est le nom de ce yacht qui vaut plus d’un million d’euros, a disparu début mai 2006 du port de Bonifacio en Corse pour refaire surface au port de plaisance de Sidi Bou Saïd en Tunisie.
L’embarcation est saisie le 26 mai. Le jour même, tard la nuit, des officiers et des policiers de la Brigade Financière de Bouchoucha, munis d’un mandat d’arrêt et de perquisition, frappent à la porte d’Imed, l’arrêtent et le défèrent devant le parquet de Tunis. Ses avocats, qui avaient demandé au juge d’instruction d’accorder la liberté provisoire à leur client, ont été deboutés vu la gravité de l’affaire.
Dès que l’affaire a commencé  à être hyper-médiatisée, surtout par la presse "people" de Tunis, le porte-parole de la Présidence a rappelé  aux médias que la stricte séparation des pouvoirs en Tunisie et la pleine indépendance de la Justice l’empêchent de commenter ce "fait divers presque banal". Interrogé par un journaliste sur la possibilité d’extradition d’Imed en France, le porte-parole du Palais de Carthage a déclaré que "les autorités francaises n’ont formulé jusqu’à date aucune demande d’extradition". Mais il a précisé que "le Président ne badine pas avec la justice". Il a rappelé aux journalistes qui ont la mémoire courte que "Lorsqu’en 1992 la justice française a lancé un mandat d’arrêt international contre Moncef Ben Ali, le propre frère du Président,  ce dernier n’a pas hésité une seule seconde avant de livrer le coupable aux autorites françaises."
Selons des juristes interrogés à Tunis, les juges français sont encore dans l’attente des résultats de l’enquête  judiciaire tunisienne. Dès que l’affaire est bouclée au Palais de Justice de Tunis, les magistrats de Paris  se pronceront sur la demande d’extradition du présumé coupable. "Le fait qu’Imed ait été en possession d’un bien volé est indiscutable", a confié l’un des ces juristes, " mais était-il oui non impliqué dans la préparation et l’exécution de l’opération de vol, perpétré sur le sol français?". Si oui, Imed risque de connaître le triste sort de Moncef Ben Ali: un billet aller sans retour pour l’enfer carcéral de l’Hexagone.
(Reportage exclusif de la TNA)
Fiction 4:05 pm

Amm Houcine, le déchireur de lettres

Amm Houcine était un violeur. C’est lui-même qui me l’a dit. Le viol de la Constitution était son gagne-pain. C’est pour la première fois qu’un ex-flic parle spontanément. Non, je ne l’ai ni torturé ni soudoyé. Au moment de notre rencontre, Amm Houcine était un cancéreux au stade final. Il voulait se confesser. J’étais, en quelque sorte, son directeur de conscience.

 

Il était attablé à la terrasse d’un petit café de vieille ville de Tunis, en train de lire un roman. Dès que j’ai pu lire le titre de ce livre, j’ai eu des frissons. En effet, je venais d’en achever la lecture il y a à peine une semaine et j’étais encore obsédé par l’histoire qu’il racontait. Une histoire qui ne ressemble à aucune autre. En lisant ce roman j’avais l’impression de rêver les yeux ouverts. Non ce n’était pas du rêve, j’étais carrément happé par un cauchemar interminable.

 

Ce roman a pour titre : « Le Palais des rêves ». Il a été écrit par Ismaïl Kadaré, un écrivain albanais. L’histoire se passe aux temps de l’Empire ottoman. Il y avait une administration centrale qui n’avait pour seule et unique mission que de collecter et d’interpréter les rêves des sujets de sa Majesté impériale. Les rêves sont collectés au jour le jour et expédiés, par des courriers spéciaux, vers le Palais des rêves.

 

Je n’ai osé interrompre la lecture de Amm Houcine que le lorsque le garçon du café a posé devant lui son café noir sans sucre.

- Excusez-moi de vous interrompre, mais j’admire les gens qui lisent, surtout à votre âge. La plupart de nos retraités passent leur temps à jouer aux cartes ou à somnoler.

Il a poussé un gros soupir avant de répondre :

- Chacun a son jardin secret et le mien c’est les livres.

- Vous étiez enseignant ?

- Non, flic.

- C’est une blague ou quoi ?

 

Il était sérieux. Il a passé la moitié de sa carrière comme agent d’un service spécial de la Direction de la Sûreté de l‘Etat. Je ne sais pas comment j’ai gagné sa confiance, mais il a commencé à me débiter une histoire encore plus fantastique que celle du « Palais des rêves ».

 

- Tu sais que la Constitution protège l’inviolabilité de la correspondance privée ?

- Oui, j’ai étudié un peu de droit constitutionnel à la fac.

- Eh bien ! Moi je passais mes journées de travail à violer la Constitution !

- Vous lisiez les lettres des citoyens ?

- De tout le monde, même des étrangers résidant en Tunisie.

 

Tout le monde parle ces jours-ci de l’intention du Président de violer la Constitution. Or, voilà un simple agent de la Sécurité qui gagnait son pain quotidien en la violant quotidiennement. Du point de vue légal, une correspondance privée ne peut être saisie et ouverte que sur les ordres d’un juge et dans des cas très précis.

 

Le ton de Amm Houcine était plein d’amertume. Sa conscience n’était pas tranquille et elle ne le sera jamais. Il m’a dit qu’il n’a plus peur de parler, puisque le médecin lui a dit qu’il allait mourir dans quelques mois. Il m’a même dit : «  S’ils me tuent à cause de tout ce je que je t’ai raconté, ce sera presque de l’euthanasie ! ». Lui qui a passé tout son temps à déchirer mes lettres, vos lettres, nos lettres souffrait lui-même d’une déchirure intérieure. Il s’est trompé de métier, de carrière, bref de vie. Il appartient à cette vieille génération parfaitement bilingue qui maîtrise la langue de Voltaire et celle d’Ibn Al Mukaffaa et se trouve à l’aise aussi bien avec Zola qu’ avec Mahfoudh.

 

- On blâme toujours les circonstances ! Non, je suis coupable et responsable de tout ce que j’ai fait. Si je lis beaucoup de littérature ces derniers jours c’est pour oublier. J’ai fait, sciemment, tant du mal à beaucoup de personnes. Y-a-t-il quelque chose de plus intime qu’une lettre ? Entrer dans les intimités des gens sans leur permission va un jour ou l’autre se transformer en une épine dans la chair. Tu dois vivre avec toute ta vie.

 

Amm Houcine m’a expliqué comment fonctionne ce « Palais des rêves » tunisien. C’est un petit bureau qui se trouve à la Poste Centrale de Tunis. Tout le courrier qui vient de l’étranger et celui de la ville de Tunis passe par ce petit bureau presque anonyme. Pour les journaux et les revues, on attend le feu vert d’en haut pour pouvoir les remettre aux services postaux, sinon ils seront saisis pour toujours. Quant aux lettres, elles sont ouvertes automatiquement s’il s’agit de personnes inscrites sur la « liste noire ». Par exemple, pendant sa fameuse grève de la faim, tout le courrier de Ben Brik était « retenu à la source ». S’il s’agit de gens « normaux », les lettres sont ouvertes au hasard, car ils n’ont pas les moyens d’ouvrir les dizaines de milliers de lettres qui arrivent chaque jour de l’étranger. Certains pays, on le comprend, sont aussi sur la « liste noire », comme l’Iran ou la Grande Bretagne. Donc on prête plus d’attention au courrier qui parvient de ces pays « terroristes » ou qui abritent des « terroristes ».

 

C’est grâce aux confessions de Amm Houcine que j’ai compris beaucoup de choses. Le Monde diplomatique, auquel je suis abonné depuis des années, n’arrive parfois jamais à destination. Certaines lettres que je reçois de l’étranger portent des traces de colle sur le dos. Ces violeurs sont si consciencieux qu’ils réparent l’hymen de chaque lettre après l’avoir déflorée !

 

Messieurs les responsables de la Sûreté de l’Etat, inutile de chercher qui est ce Houcine. Il n’appartient plus au monde des vivants. Ma regrettée grand-mère, en évoquant les défunts, disait : « Ils sont au royaume de la vérité et nous sommes dans le royaume du mensonge ».

Amm Houcine a quitté le « royaume du mensonge » pour toujours.

ettounsi 4:00 pm

Un esprit tunisien

Le docteur Dimitri Khabarovski est-il un scientifique

détraqué ou un génie en avance sur son temps comme le

fut Leonardo da Vinci? Peut-être les deux à la fois.

Dimitri Sergueivitch Khabarovski, féru de

mathématiques et d’informatique depuis son jeune âge,

connut une métamorphose brutale à l’âge de 33 ans. La

raison de ce revirement reste un mystère jusqu’à ce

jour, mais à l’âge où Jésus vécut sa Passion et monta

vers le ciel, il se passionna pour les neurosciences

et… la spiritualité! Dans une étude à la limite de la

science, publiée dans la revue Sovremiennaia Nauka

(Science contemporaine), il avait posé une question

qui allait soulever un tollé général à l’université de

Saint-Pétersbourg: "Est-il possible de télécharger une

âme?". Certains scientifiques russes déclarèrent que

le docteur Khabarovski était irrémédiablement a

atteint par ce qu’il appelèrent « le syndrome de

Dostoïevski », bref, par un spiritualisme excessif,

scientifiquement indémontrable. Malgré la polémique,

Dimitri continua ses recherches en solitaire. Son but

ultime était de pouvoir "récupérer" l’âme d’un

mourant, de préférence celle d’une personne qui

s’était distinguée pendant sa vie. En janvier 2004, il

lança un appel, rédigé en russe et en anglais, sur

Internet. Il cherchait un candidat volontaire pour

tenter une expérience unique en son genre.

Un cyber-dissident tunisien, qui ne manquait ni

d’intelligence ni d’esprit, répondit à l’appel de

Dimitri quelques jours seulement après sa publication.

Il se porta candidat pour ce voyage inédit vers

l’au-delà. Lorsque, le 13 mars 2005, tôt le matin,

l’ange de la mort frappa à la porte d’ettounsi et lui

chuchota à l’oreille : « Tu ne souffriras point, mais

tu feras souffrir tout un monde! », ettounsi ne pensa

qu’à deux choses : la douleur infinie de sa mère

bien-aimée et la promesse qu’il avait faite à Dimitri.

Il remercia l’ange de Dieu pour ce traitement de

faveur et brancha sans tarder les électrodes, envoyées

par Dimitri, à son crâne et, exécutant les

instructions du savant russe, téléchargea

l’intégralité du contenu de son cerveau puis l’envoya,

via Internet, à un supercalculateur situé en Russie.

Pourtant, le laboratoire de Saint-Pétersbourg ne reçut

rien du tout ! Profitant de la liberté inouïe qu’offre

la Toile, les petits morceaux de l’âme d’ettounsi

réussirent à se rassembler de nouveau et à naviguer à

la vitesse de la lumière d’un coin à l’autre de la

planète.

Un responsable tunisien avait un jour déclaré :

"Peut-on avoir peur d’un président qui pianote sur son

clavier d’ordinateur?". La question est renversée

depuis le 13 mars 2005 : "Un dictateur peut-il avoir

peur de pianoter sur un clavier?" Depuis le jour de la

disparition de son ennemi numéro un, le Cyber-Flic

Numéro Un de la Tunisie avait développé une phobie

pour les ordinateurs. Et pour cause…

Dès que l’ordinateur du dictateur tunisien démarre,

l’image d’ettounsi crève l’écran ! En outre, des

fichiers ultrasecrets se sont complètement évaporés.

Comble de l’horreur : Zaba a l’impression que son

Media Player se déclenche tout seul pour lui faire

voir un clip un peu hot : Un supplicié des caves du

Ministère de l’intérieur qui crie: « Yammi ! Yammi! »

(
ش maman! ش maman!). Mais le film d’horreur ne

s’arrête pas là. Il voit Ali Saïdi sortir de sa tombe

de Jellaz et pointer un doigt accusateur en sa

direction, Abou Jihad se relever d’une mare de sang

pour le viser par un kalachnikov. Une infinité

d’images défilent devant ses yeux : Staline agonisant

sur le canapé de sa datcha moscovite, le cadavre de

Hitler carbonisé, Mussolini pendu par ses pieds, Elena

Ceaucescu suppliant ses exécuteurs : « Je suis votre

mère! ». Enfin, Saddam sortant de son trou de rat….

L’écran s’enflamme soudain, les flammes de l’enfer

surgissent de partout… une voix le supplie en italien:

« Pentiti, pentiti! » (repens-toi, repens-toi!). Le

dictateur, tout en sueur, lui répond : « Non, non! » .

Il s’effondre à côté du lit… Heureusement pour lui, le

médecin était déjà à son chevet. Ce dernier, le

docteur Gueddiche, a déjà trouvé un nom pour l’étrange

maladie présidentielle : « Hallucinations

informatiques. »

Uncategorized 3:34 pm
Rebonds
En Tunisie, tout peut être signe de subversion : un voile, un brassard, un silence…
La manifestation permanente
Par Moncef MARZOUKI
QUOTIDIEN : Jeudi 19 octobre 2006 -
Le dictateur tunisien est monté en personne au créneau en fustigeant le 11 octobre l’extension du port du voile dans le pays. La chasse aux voilées s’est renforcée sur les lieux de travail, à l’université, voire dans la rue. Ne reculant devant aucun risque, le dictateur s’en prend même aux poupées, qui, elles aussi, se sont mises à l’air du temps. Le phénomène contredit sa prétention à avoir éradiqué l’islamisme et à en avoir tari les sources. Il ridiculise tout son discours sur la libération de la femme. Il suscite surtout de justes craintes chez cet homme obnubilé par la subversion. Alors que beaucoup glosent sur le retour de l’irrationnel, la montée de l’obscurantisme, la nouvelle aliénation des femmes, lui a parfaitement compris de quoi il s’agit. Le port du voile, de plus en plus généralisé, est une manifestation politique, d’autant plus subversive qu’elle est féminine, pacifique, diffuse et surtout permanente.
Pis, les manifestants, les femmes avec leur voile et les hommes avec leur barbe, ne bravent pas seulement l’interdiction faite à tous les Tunisiens de manifester. Ils exercent souverainement et impunément le droit d’association tout aussi banni, faisant fonctionner au grand jour le plus grand parti informel du pays. Dans ce pays aux mille censures, les manifestants pratiquent aussi avec la même tranquille absence de vergogne le droit à l’_expression la plus contestatrice. Barbes et voiles disent à chaque instant : nous affichons haut et fort notre rejet de vos prétendues valeurs, de votre corruption, de votre terrorisme d’Etat et de votre droit à nous gouverner. On comprend la peur et l’irritation du dictateur, et ce d’autant plus qu’il n’a pas que cette forme de fronde à régler.
La résistance laïque et démocratique, moins spectaculaire, lui donne également du fil à retordre, surtout sur le plan international. Elle a dévoilé au monde un régime qui voulait le beurre et l’argent du beurre en prétendant imposer une dictature corrompue et brutale au pays du Jasmin et se faire passer pour une démocratie au slogan «Plus droits de l’homme que moi, tu meurs» .
On peut même considérer le «je-m’en-foutisme» si répandu en Tunisie comme une forme de résistance, hélas plus grave pour le pays que pour le régime. Ici, ce ne sont pas voiles, barbes ou écrits dénonciateurs qu’on oppose au régime, mais plutôt son apathie, si ce n’est son sabotage. Le résistant «je-m’en-foutiste» semble dire : vous me prenez pour un imbécile, vous me volez, vous m’intimidez, alors je vous oppose mon silence, mon mépris et mon refus d’adhérer à votre cirque.
Il est clair aujourd’hui que des trois formes de résistance, c’est la manifestation permanente qui inquiète le plus le dictateur. Aussi ai-je conseillé sur Al-Jezira que, nous autres laïcs, nous nous y joignions, non seulement en Tunisie, mais dans tous les pays arabes logés à la même enseigne, par exemple en portant un brassard noir autour du bras droit.
De la manifestation permanente, nous passerons à toutes les actions pacifiques de protestation pour en arriver un jour à la grève permanente et réaliser sur les décombres des régimes d’occupation interne la seconde indépendance. Comme tous les autres Arabes confrontés au même type de régime détestable et irréformable, nous n’avons le choix qu’entre cette résistance civique et la lutte armée. Cette dernière est aujourd’hui la grande tentation auprès de la jeunesse, surtout après la performance du Hezbollah cet été. De plus en plus de jeunes Tunisiens, notamment du Sud-Est, partent en Irak et n’en reviennent jamais.
Mais rien n’arrangerait plus les affaires du dictateur qu’une vague d’attentats terroristes, puisque la lutte contre le terrorisme est aujourd’hui la carte maîtresse des régimes arabes dont tout le monde admet la lourde responsabilité dans la genèse, dans l’apparition et la poursuite du phénomène.
C’est notre responsabilité à nous, intellectuels, militants et militantes des droits de l’homme, femmes et hommes politiques tunisiens et arabes, de proposer à cette jeunesse excédée une résistance pacifique et néanmoins pouvant aboutir à l’élimination totale de ces véritables déchets de l’histoire que sont les dictatures arabes.
Mais c’est aussi la responsabilité de l’Occident. Je ne parle pas des gouvernants qui, par cynisme, politique à courte vue et peut-être simplement par bêtise, apportent un soutien indéfectible à des régimes illégitimes et garrottent le seul gouvernement arabe démocratiquement élu. Aucun espoir de ce côté. Non, je parle des sociétés civiles occidentales qui doivent bien comprendre que le soutien de leurs gouvernants aux dictatures de la rive sud de la Méditerranée n’est plus une question de politique étrangère, mais bel et bien une question de politique interne. Elles doivent savoir que la politique de ces dirigeants de régimes liberticides et producteurs de terrorisme met en danger, à moyen et à long terme, l’amitié entre les peuples, la sécurité et la liberté des deux côtés de la mer commune. C’est à elles d’exercer leur contrôle démocratique sur leurs représentants obnubilés par le court terme et la realpolitik.
De plus, n’est-il pas exact, comme l’a dit Mandela, qu’un homme, ou un peuple, n’est jamais aussi grand que lorsqu’il se bat pour la liberté de l’autre ?
Moncef Marzouki médecin, écrivain, président d’honneur de la Ligue tunisienne des droits de l’homme
Uncategorized 8:25 am

 إن التدميرات الجسام التي أقدم عليها  بوليس الانترنات لا تحصى و لا تعد، لذلك فإننا قد احتقرناه و مقتناه و عملنا على تحديه السنين الطوال، و لكن اليوم نظرا إلى  عجزه عن تكميم الأفواه و  محو ما نطقت به أجرأ الشفاه فإننا ننصحه  بالالتحاق بفرقة مكافحة سرقة اليخوت فلعل الحق يعلو و الباطل يموت

ع خ

Uncategorized 7:28 am

Des « taupes » renseignaient les voleurs sur les luxueux bateaux, allant parfois jusqu’à fournir le double des clés.

UN GANG de pirates des mers spécialisés dans les vols de yachts à destination de la Tunisie vient d’être démantelé par la gendarmerie maritime de Toulon au terme de dix mois de traque.

Depuis lundi, les militaires ont lancé dans la plus grande discrétion un coup de filet visant à interpeller les « taupes » implantées dans le milieu nautique de la Côte d’Azur pour renseigner les voleurs. Les gérants et employés de cinq sociétés de maintenance, mais aussi de vente, de bateaux de luxe ancrés dans les ports de Cannes et Bandol sont visés. Trois ont déjà été placés en garde à vue. « Ces entreprises géraient une flotte de plusieurs dizaines de navires, explique un enquêteur. Leurs responsables savaient quand leurs complices pouvaient intervenir. Ils connaissaient les emplacements et les conditions de navigation de chaque embarcation. »

À chaque reprise, les bateaux disparus ont été ciblés avec soin : la révision technique venait d’être effectuée, les cuves étaient gorgées de gasoil, assez en tout cas pour rejoindre les côtes africaines. Parfois, les informateurs fournissaient même un double des clefs de contact aux skippers clandestins. Enfin, les « taupes » feignaient de ne pas s’apercevoir du vol des bateaux dont ils avaient la responsabilité pendant plusieurs jours avant d’alerter les propriétaires. Ces derniers, des hommes d’affaires ou de riches héritiers, déposaient plainte à Paris. Le temps que la procédure soit transmise à une brigade spécialisée, les yachts avaient eu le temps de s’évanouir dans la nature. En général, ils faisaient escale à Malte ou en Sardaigne, où ils étaient maquillés avant d’être revendus. Entre 2001 et 2005, trente joyaux des mers ont ainsi été volés dans le Midi et en Corse.

À ce stade des investigations, les gendarmes ont établi qu’au moins trois superbes yachts, d’une valeur globale de deux millions d’euros, ont transité par cette filière depuis décembre dernier. Parmi eux, figure le Béru-Ma, appartenant au patron de la banque Lazard à Paris, Bruno Roger. Estimé à plus d’un million d’euros, il avait disparu dans la nuit du 4 au 5 mai dernier du port de Bonifacio. Après une escale à Cagliari en Sardaigne, il avait rejoint le port de Sidi Bou Said en Tunisie, où il a été retrouvé, puis saisi par Interpol le 26 mai.

« Réputation mafieuse »

L’opération menée depuis lundi sur le littoral méditerranéen intervient un mois après l’interpellation dans la région varoise de trois skippers français qui convoyaient les bateaux vers la Tunisie. Lors de sa garde à vue, Cédric S., l’un d’entre eux, a avoué avoir perçu 44 000 euros pour acheminer les yachts à bon port. Il a désigné Imed Trabelsi et son cousin Moaz, comme les commanditaires présumés du trafic. Membres de la famille du pré­sident Ben Ali, présentés de source proche de l’enquête comme des « Tunisiens à la réputation ma­fieuse », les deux hommes ont fait l’objet d’accusations accablantes. Sur procès-verbal, un skipper révèle notamment qu’« avec Trabelsi, nous avons évité les contrôles […] Un douanier a posé une main sur mon sac. Trabelsi l’a repoussé en lui parlant arabe, et son chef est arrivé en s’excusant ».

À l’occasion d’une livraison récente de bateau dans le port de Bizerte, le marin se souvient « d’un comité d’accueil fourni » notamment composé du « destinataire du bateau […] monsieur Trabelsi cousin d’Imed, du chef des douanes accompagnés de quelques-uns de ses hommes et de quelques policiers ». Alors que l’opération se poursuivait hier sur la Côte d’Azur, l’enquête pourrait prendre de nouveaux développements internationaux.

SOURCE: LE FIGARO

http://www.lefigaro.fr/france/20061018.FIG000000226_les_voleurs_de_yachts_de_la_riviera_avaient_des_complicites_dans_les_ports.html