26-26, le Fonds du bonheur garanti
Bien que je n’aie jamais donné un seul millime au Fonds de Solidarité Nationale (FNS), plus connu sous le pseudo Compte 26-26, je continue néanmoins à le considérer comme la plus grande création humaine depuis la fondation du « Royaume des Pauvres » par Jésus. La générosité légendaire de ce fonds sans fond n’est plus à démontrer. Pour illustrer la noble mission de cette caisse aussi transparente que la personnalité de son créateur, je me contenterai de deux exemples, pris au hasard. J’ai interrogé deux heureux bénéficiaires des largesses de la « caisse des pauvres ». Ce sont un Tunisien et une Tunisienne qui ont deux points en commun :
- leur origine sociale très modeste
- leur infinie gratitude envers le Fonds de la générosité infinie
Pour préserver leur anonymat, nous leur avons donné deux noms imaginaires : Marie-Lila Benghazi et Ezzeddine Bou Ali. Je les remercie d’avoir accepté d’être interviewés par TUNeZINE.
Omar Khayyâm : Racontez-nous votre histoire avec le Fonds 26-26.
Marie-Lila : Ce fonds a carrément changé ma vie. Je vais commencer par le début. J’ai commencé ma vie professionnelle en tant qu’apprentie coiffeuse chez Madame Fadwa [nom modifié par la rédaction] au début des années quatre-vingt à Tunis. Puis, j’ai ouvert mon propre salon de coiffure. Mais, vu les charges sociales et les impôts, mes revenus n‘étaient pas suffisants pour l’acquisition ou la construction d’un logement décent.
O.K : Le 26-26 vous a aidée à construire votre propre maison ?
M.L. : Oui, c’est grâce à ce fonds que j’ai pu acheter un petit lot de terrain situé dans la banlieue populaire de Sidi Bou Saïd et y construire un logement social.
O.K : Je suppose que le Fonds 26-26 ne vous a pas donné la possibilité de choisir la banlieue et le quartier?
M.L : Non, mais quand même ! Il ne faut pas être très exigeant. Pour moi, l’important c’était de posséder mon propre logement.
O.K : Et le remboursement du prêt, comment ça se passe ?
M.L : Les responsables du 26-26 sont les gens les plus cool que j’aie jamais connus. Parfois j’oublie de rembourser pendant des années et le Fonds ne m’envoie même pas une petite lettre de rappel. Le 26-26 n’est pas un fonds social pour rien. Ils savent que si un citoyen ne paie pas c’est qu’il est dans le pétrin et eux ils ne veulent en aucun cas jouer le rôle d’usuriers sans âme.
O.K : Est-ce vrai que le Fonds 26-26 vous a aidée même à meubler votre modeste maison de Sidi Bou Said?
M.L : En effet, le Fonds m’a aidé à acheter quelques meubles à Paris, mais c’est mon mari qui s’est chargé du transport aérien. Comme le dit le proverbe tunisien : « Si ton ami est fait de miel, ne le mange pas en entier ». J’essaye de ne pas abuser de la générosité de cette caisse populaire.
O.K : Votre dernier mot aux lecteurs de TUNeZINE.
M.L : Je suis fière d’appartenir à ce pays qui ne souffre d’aucun préjugé social et qui offre une égalité totale et absolue entre tous les citoyens. Que vous soyez une modeste coiffeuse ou l’épouse du Président de la République, l’Etat vous garantit la dignité et l’égalité des chances… [profondément émue et ne pouvant plus contrôler ses larmes, Mme Marie-Lila me pria de mettre fin à l’interview.]
Je dois avouer aux lecteurs de TUNeZINE que j’ai été profondément touché par la modestie, la spontanéité et la sincérité de Mme Marie-Lila. Je suis fier, exactement comme elle, d’pppartenir à un pays où le rêve de changer de vie n’est pas interdit et où la mobilité sociale a atteint une vitesse qui donnerait le vertige à toute personne qui ne connaît pas la réalité tunisienne.
Mon deuxième interlocuteur a du mal à s’exprimer. Certes, il est sorti de la pauvreté économique, mais sa pauvreté linguistique reste intacte. J’ai essayé de simplifier les questions au maximum et je l’ai parfois aidé à trouver le mot juste pour exprimer ses pensées, un peu confuses. Malgré les cours de lecture, de compréhension et de diction [financés par le 26-26] qu’il a suivis, il trouve encore des difficultés énormes à répondre aux questions posées.
O.K : Vous êtes le caporal Ezzeddine Bou Ali, n’est ce pas ?
E.B.A : Oui, tout à fait.
O.K : Le 26-26 ça vous dit quelque chose ?
E.B.E : Oui, bien sûr c’est lui qui a construit mon logement social à Hammamet. Mon salaire de caporal ne m’aurait jamais permis de posséder mon propre logement.
O.K : Vous êtes content ?
E.B.A : Oui. Ma femme aussi.
O.K : Est ce vrai que le 26-26 a construit pour vous un raccourci relié à l’autoroute Tunis-M’saken pour vous éviter les embouteillages de Barraket Essahel ?
E.B.A : C’est une agréable surprise du 26-26. J’ai rien demandé. J’étais profondément ému le jour où le Fonds National de Solidarité me manifesta sa solidarité par ce geste… [Le caporal Ezzeddine Bou Ali était incapable de contrôler ses larmes, j’étais obligé de mettre fin à l’interview]

Aux dernières nouvelles, l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle à Genève a été saisie pour résoudre un différend de propriété intellectuelle se rapportant à la patérnité de l’idée du fonds, abstraction faite du nom qui lui a été donné, était ce le haïtien François Duvalier, dit Papa Doc, ou le tunisien dont on se rappelle plus le nom.
Comment by zeitgeist — October 25, 2006 @ 9:02 pm