Poursuites judiciaires contre Moncef Marzouki

Les autorités tunisiennes viennent d’engager de nouvelles poursuites
judiciaires contre le Dr Moncef Marzouki, président du Congrès pour la
république (CPR) le 17 octobre 2006 auprès du doyen des  juges
d’instruction (affaire n° 6705/1) pour «incitation de la population à violer les
lois du pays» en vertu des articles 42, 44 et 72 du code de la presse.

L’instruction a été engagée suite à une interview que Moncef Marzouki a
donnée à la chaîne qatarie Aljazeera le 14 octobre courant sur
certaines questions au cœur du débat politique tunisien.

Les passages incriminés concernent un  appel à manifester pacifiquement
pour le respect des libertés publiques en Tunisie et un appel à une
campagne de désobéissance civile pour l’instauration de la démocratie.

Rappelons que cette action judiciaire vient dans un contexte marqué par
le harcèlement d’opposants, comme ce fut le cas en septembre dernier
pour Hamadi Jebali, dirigeant d’Ennahdha - fallacieusement poursuivi pour
«corruption de gardien de prison» - et Ali Larayedh, ancien porte
parole d’Ennahdha, convoqué au ministère de l’Intérieur et interrogé toute
la journée du 19 octobre puis menacé de retourner en prison.

Le CNLT
- Considère que le Dr Moncef Marzouki est poursuivi pour avoir exprimé
une opinion et pour avoir exercé son droit à intervenir dans le débat
national en tant que chef d’un parti politique, liberté garantie par les
lois du pays ainsi que tous les instruments internationaux.

- Il s’inquiète de cette criminalisation de toute contestation
pacifique des choix officiels.

- Il demande que cesse cette criminalisation de l’action politique
pacifique et exige l’annulation immédiate des poursuites contre le
président du CPR, Moncef Marzouki.

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Source: e-mail d’IFEX Action Alert Network alerts@ifex.org