Tunisie amie


Plus personne en Afrique n’oserait encore organiser un tel plébiscite. A la notable exception de Ben Ali. Le dictateur tunisien vient de se faire réélire avec 99,44% des suffrages. Même Eyadema a renoncé à ce genre de mascarade. Patassé, en Centrafrique, s’est au moins arrangé pour n’obtenir que 53% des voix au premier tour; histoire que sa réélection passe pour honnête. Quant à Kabila, il a le courage de ses opinions: il n’organise pas d’élections du tout.

Ben Ali est un tyran cruel. Et l’Occident le soutient. En dépit d’un dossier "droit de l’homme" épais comme le bilan d’une banque suisse, la France et les autres font de grands sourires à la Tunisie. Pas besoin de réécrire ici la liste des arrestations arbitraires, disparitions, tortures…, qui sont le lot quotidien des Tunisiens.
Pendant longtemps, la France et plus largement les Occidentaux, a soutenu le successeur du vieux Bourguiba en arguant du fait qu’il constituait l’ultime rempart contre un islamisme conquérant qui marquait des points en Algérie et au Maroc. Il est vrai que Ben Ali y allait fort en arrêtant, par exemple, 8 000 islamistes en 18 mois, entre 1991 et 1992. Il ne s’agissait plus d’un coup de filet mais plutôt de pêche à la dynamite. Tant pis. En 1993, la France envoyait 275 millions de FF à Tunis pour équilibrer la balance des paiements du pays.

Depuis, la menace islamiste n’est plus à l’ordre du jour dans le Maghreb. Partout, la révolution verte a échoué. Alors quoi, mon bon monsieur? Eh bien, le pognon mon cher ami! Ben Ali plaît à l’Occident parce que son pays réussit économiquement. C’est le petit Singapour de la région. Enfin, un pays de macaques qui arrive à faire pareil que les Blancs. Et cela suffit à passer l’éponge sur quelques méchouis d’opposants.


RD

http://www.journaldujeudi.com/423/fs_semaine_archive.htm