Le calife Haroun Arrachid était un grand romantique. Il n’était pas seulement amoureux fou de sa douce moitié Zoubeida mais aussi de ses 2000 concubines. Après ses longues journées de travail, il lui arrive souvent de fapper à la porte de son harem pour ensuite lui chuchoter tendrement aux oreilles : " Chéries, avez-vous envie de sortir avec moi ce soir?"
Lorsque le harem lui répond à l’unisson: "Oui, notre amour !", c’est une caravane de plus de 3000 chameaux qui se met en branle pour se diriger lentement vers le cinéma Mille et une nuits, le plus grand cinéma de Bagdad à l’époque, capable d’accueillir plus de 4000 cinéphiles. Les sorties du calife avec ses bien-aimées mettaient les Bagdadis au bord de la crise des nerfs à cause des embouteillages monstres que causaient la traversée du centre-ville de Bagdad par l’imposant cortège califal. Mais en plus du cinéma, Haroun Arrachid aimait aussi sortir danser avec ses 2000 amoureuses. C’est pourquoi les discothèques de Bagdad étaient les plus gigantesques au monde.
Les sorties-apéro-resto du calife et de son harem constituaient toujours un casse-tête pour les propriétaires de restaurants, brasseries, bistrots et pizzerias de la capitale abbasside. Ils étaient non seulement obligés d’expulser tous les clients attablés mais aussi d’ouvrir et meubler tous les étages, y compris les sous-sols, ainsi que toutes les terrasses, appeler d’urgence des centaines de cuisiniers, de serveurs et de plongeurs de réserve.
L’amour que vouait Haroun à son harem n’avait pas de limite. Il a fait construire pour ses beaux yeux le plus grand yacht au monde, capable de transporter, de loger et de nourrir 4000 passagers ! Le nom donné à la majestueuse embarcation trahit le romantisme débordant du calife de Bagdad. Cette ville folttante qui assurait les "transports amoureux" du Prince des Croyants s’appelait: "Love me tender". C’était aussi le titre d’une chanson amércaine en vogue qui accompagnait les dîners avec chandelles auxquels le grand amoureux Haroun invitait son grand amour, le harem.
Mais le bonheur du calife a rendu jaloux un grand bandit d’Ifriquia qui répond du nom d’Amdoun Ibnou Abi Layla. Par une douce nuit de printemps "Love me tender" disparaît du port de Bassorah sans laisser de traces. On le retrouvera quelques mois plus tard amarré au port de plaisance de Sousse !

Le calife a infligé au coupable une punition pire que la mort: il l’a fait castrer puis il l’a engagé  à vie comme blanchisseur à la buanderie du Palais. Après le retour du "joujou" de Haroun sain et sauf à sa base, les folles soirées "flottantes" du calife et de son harem ont repris de plus belle.

Alors que Haroun passait son temps à embrasser des milliers de femmes et à brasser des millions de dinars, le pauvre Amdoun consacrait ses journées aux corvées des interminables brassées royales.  Le Palais royal avait beaucoup de linge sale à laver…