Interview exclusive de Tahar Boukhobza
Interview exclusive de Tahar Boukhobza, candidat à la présidentielle 2004. Peu de Tunisiens savent qu’une seule cellule du RCD s’est toujours refusée à envoyer un télégramme de soutien à la candidature de Ben Ali. Il s’agit de la cellule de Mornag. Cette cellule est dirigée par un énergique président qui s’appelle Tahar Boukhobza, le seul destourien plus ou moins fréquentable. Il est un homme élégant qui fait tourner la tête aux femmes. Il doit avoir la quarantaine. Son langage est franc et direct. Il est l’un des rares RCDistes qui disent leur mot haut et fort. Je le remercie au nom des lecteurs de Tunezine d’avoir sacrifié une heure entière de son temps précieux. Le calendrier de M.Boukhobza est trop chargé ces derniers temps, car il est sollicité par tous les médias locaux et internationaux. Il est le seul concurrent de Ben Ali issu du RCD !
OK : Bonjour M. Boukhobza
T.B : Wa aleykoum essalam !
OK : La cellule de Mornag a brillé par son absence pendant ce carnaval pré-électoral qui fait vibrer la Tunisie tout entière ?
TB : Il fait même vibrer la terre ! ( M. Boukhobza fait allusion à la dernière secousse tellurique enregistrée en Tunisie)
OK : Pouvez-vous expliquer ce silence ?
TB : Les habitants de Mornag ne peuvent pas appuyer la candidature de Ben Ali tant que Boukhobza est en vie. Je suis moi-même candidat à la prochaine présidentielle.
OK : Mais peu de Tunisiens ont entendu parler de vous ?
TB : Tu te trompes. Les Tunisiens sont plus khobzistes que tu le penses !
OK : Vous avez au moins un programme électoral à proposer aux Tunisiens?
TB : J’aime pas ces mots-bidons : Programme électoral, choix d’avenir etc. Ben Ali parle un langage trop compliqué pour nos petites têtes. Il parle comme un philosophe : Droits de l’homme, multipartisme, Etat de droit et des institutions. Tout ça j’y pige rien. Nos vieux appelaient ça langage « fok’hi »(scolastique). Moi je vais parler aux Tunisiens de choses simples. En plus, je ne vais pas casser leurs têtes par des discours d’une heure ou deux. Je résume les droits fondamentaux des Tunisiens à deux droits essentiels : « khbiza we dbibza » et basta !
OK : pas de kemia ?
TB : Voilà une idée brillante que je vais ajouter aux slogans de ma campagne électorale !
OK : N’avez-vous pas peur de la réaction de Carthage à votre acte de défi, surtout que vous êtes président d’une cellule destourienne ?
TB : Nous les gens de Mornag, nous n’avons peur de rien. S’il veut m’emprisonner, la prison est faite pour les vrais hommes.
OK : A part son langage trop philosophique, que reprochez-vous encore à Ben Ali ?
TB : Il est un traître !
OK : Comment ?
TB : Oui, il ne boit que du Whisky et délaisse nos vins nationaux dont nous sommes tellement fiers ici à Mornag. Tu sais que la Tunisie ne produit pas de Whisky.
OK : Vous avez raison. C’est un acte de haute trahison, il doit être jugé par la Haute Cour.
TB : Haute Cour, basse-cour j’y pige rien. Tout ce que je sais « y’en a marre ! »
Il nous fait gonfler les ********(censuré par la rédaction).
OK : Mais toutes les bases du RCD ont voté Ben Ali ?
TB : Je ne connais que la base du promosport. Pourquoi tout ce théâtre ? Ce flic n’a qu’à le dire en deux mots : « Je veux rester » et tout le monde pigera.
OK : Ah ! Si tous les hommes politiques avaient votre franchise votre liberté de ton. Si vous quittez le RCD et créez le Parti Khobziste Tunisien, je n’hésiterai pas une seule seconde avant de voter pour vous. Votre place est à Carthage.
TB : Non. Même président, je resterais ici à Mornag. Je vais ouvrir le Palais de Carthage pour les visiteurs tunisiens et les touristes, avec un ticket d’entrée de 1 dinar, l’Etat peut gagner beaucoup d’argent.
OK : Et que pensez-vous du terrorisme mondial ?
TB : Le vrai terrorisme c’est de trop taxer le vin et la bière et d’interdire le hasch. Il faut laisser les gens s’amuser. Y a déjà trop de guigne dans le pays.
OK : Avec Boukhobza Président la Tunisie va chanter et danser ! C’est cool ça !
TB : J’ai oublié aut’chose. Y a trop de flics dans le pays, les flics en trop je vais les envoyer au sud lutter contre le désert.
OK : Vous êtes, vraiment, un homme politique très séduisant M. Boukhobza. Je deviens, peu à peu, khobziste contre ma volonté.
Bonne chance M. Le Président !
