SUCCESS STORY
Tout le monde parle du miracle économique tunisien. Ce miracle est réalisé chaque jour par des femmes et des hommes anonymes ou presque. Je vais vous parler d’une success story typiquement tunisienne. C’est l’histoire d’une self-made woman, d’une femme d’affaires dont parle toute la région du Sahel. Elle vient d’une famille modeste de Hammam Sousse. En quelques années elle est devenue l’une des femmes les plus riches de cette petite ville industrieuse. Elle ne détient ni un MBA (Master degree in Business Administration), ni même un bac économique. Son niveau scolaire est bac moins sept. Pourtant elle a le sens des affaires et le flair des bonnes occasions.
Elle s’appelle Naïma Ben Ali. Ce n’est pas l’ex-femme du président tunisien, mais sa sœur. Je dis cela pour votre information, car il n’y a aucune corrélation entre sa fulgurante ascension économique et les succès politiques tout aussi écrasants de son frère bien-aimé. Certaines mauvaises langues disent que c’est grâce à lui qu’elle s’est enrichie, elle et toute sa famille. Ce qui est, bien sur, archi-faux. Notre président, un président tellement occupé qu’il ne prend jamais de vacances, n’interfère pas dans ces petits détails familiaux. Si Naima a réussi dans les affaires c’est grâce à ses innovations dans le domaine économique.
L’une de ses brillantes idées est de faire de l’importation sans jamais importer quoi que ce soit ! Si tu es importateur agréé, elle te propose un deal très alléchant : Tu payes, par exemple, 10 000 dinars, et en contrepartie les douanes font comme si tu importais des conteneurs vides. Pas le moindre contrôle ni de formalités superflues. C’est génial ! Je me demande ce qu’attendent nos hommes d’affaires en herbe pour copier cette ingénieuse idée de Naima. Le président ne peut pas empêcher des femmes et des hommes d’affaires qui réussissent de réussir ! Il a dit, noir sur blanc, à toute sa famille : Je ne suis pas votre bienfaiteur. Débrouillez-vous pour trouver un moyen de subsistance. Et ils (et elles) se débrouillent bien. La preuve, ils réussissent et réalisent des chiffres d’affaires à vous laisser rêveur. Vous n’avez qu’à faire comme eux au lieu de répéter à longueur de journée un concept qui ne colle pas à notre miracle tunisien : Népotisme. Cachez-moi ce gros mot que je ne saurais voir.
Naïma est aussi une grossiste qui fournit en produits d’épicerie plusieurs villes du Sahel. Une activité on ne peut plus légale. Ce dynamisme dont elle fait preuve ne peut que susciter notre admiration. Dès que les envieux voient un camion décharger des produits d’épicerie au Sahel, ils lancent à l’unisson : «  Voilà les marchandises de la sœur de Zine ». Veuillez excuser leur ignorance de la chose politique, chers lecteurs. Quel rapport y a-t-il entre un chef d’Etat deux fois docteur et des produits d’épicerie ? Aucun, bien sûr. Il faut être analphabète politique pour faire un tel amalgame. Ils oublient que Zine a d’autres chats… euh pardon !  D’autres docteurs à fouetter: Marzouki, Ben Jaafar, Zaouia etc.
Si la Tunisie se porte bien et est sur le point de décoller, c’est grâce à ces femmes et ces hommes d’affaires qui préfèrent, par souci de modestie, rester dans l’anonymat. Je voudrais les faire sortir de l’anonymat pour que les jeunes les prennent pour exemple. Ils sont plus instructifs que les cours de l’IHEC ou de l’ISG. Saluons nos soldats anonymes et soyons tous les pilotes du décollage tant attendu (chers co-pilotes, attention à la single tower du RCD !)