Fausse route pour «Princess V58»
L’affaire du yacht de luxe volé en Tunisie
Un membre du clan familial du président tunisien a commandité le vol du yacht d’un directeur de banque français. Cet homme est actuellement maintenu en détention pour les besoins de l’enquête. Il risque l’extradition vers la France.
En Tunisie un membre du clan familial du président Ben Ali est impliqué une affaire de vol de yacht de luxe. Le yacht appartenant au PDG de la banque Lazard Frères avait été volé début mai au port de Boniface en Corse. Il a été saisi fin mai au port de Sidi Bou Said, non loin de Tunis, à la demande d’Interpol. L’embarcation, etimée à plus d’un million d’euros, se trouvait à cette date entre les mains d’Imed Trabelsi. Ce jeune homme à la réputation plus que douteuse n’est autre le neveu de Leila Trabelsi, l’épouse du président tunisien. Le jour-même, c’est ce que rapportent les médias unanimes, le fameux nouveau propriétaire du yacht volé a été placé en garde à vue.
Un clan familial au train de vie flamboyant
Cette affaire a trouvé écho dans les médias tunisiens aussi. Les activités du clan Trabelsi sont en Tunisie un sujet brûlant au quotidien. Il y a une grande indignation face à la richesse trop voyante et au train de vie flamboyant de ce clan. Mais c’est seulement après que le quotidien francais Le Figaro et l’hébdo marocain Le Journal Hébdomadaire eurent évoqué brièvement le vol du yacht que les autorités tunisiennes ont réagi à cette affaire.
Le 20 octobre l’agence de presse officille tunisienne TAP rapporte qu’un conseil ministériel présidé par le chef de l’Etat tunisien, Ben Ali, a été consacré aux «problèmes récents concernant l’Administration des Douanes». Selon Le Figaro, un des skpippeurs, Cédric S., appréhendé dans le cadre de cette affaire, a avoué avoir reçu de Imed Trabelsi et de son cousin Moaz la somme de 44 000 euros pour le vol et la livraison du «Princess V58» ainsi que pour le vol d’autres yachts. Il a aussi allégué que c’était Imed Trabelsi en personne qui lui avait commandité le vol du luxueux bateau. Il a en outre donné des informations détaillees sur la manière dont le yacht volé avait échappé aux procédures douanières tunisiennes.
Le vol «Princess V58», comme celui d’autres bateaux de plaisance, a été démasqué par la police du port de Toulon. Selon les informations disponibles, une bande criminelle bien organisée, agissant sur un plan mondial, se cache derrière ce genre de crime. C’est une bande qui s’est spécialisée dans le vols de yachts de luxe et qui avait certainement réussi à en voler des dizaines d’autres sur la Côte d’Azur, la Sardaigne et la Corse.
Selon les médias, le «Princess V58» a été , entre-temps, restitué à son propriétaire légal. L’instruction ouverte contre Imed Trabelsi et ses complices se poursuit encore. Si les graves présomptions de culpabilité se transforment en accusations solides, les autorités françaises pourraient adresser à l’Etat tunisien une demande d’extradition. Dans ce cas Imed Trabelsi pourrait connaître le même sort que celui de Moncef Ben Ali, le frère de l’actuel président, qui en 1992 avait dû répondre de ses actes devant un tribunal francais, qui l’a condamné ensuite.
Dommages politiques internes
Les dommages politiques internes causées par cette affaire sont encore difficiles à estimer. Il est dejà de notoriété publique, et ce depuis longtemps, que des conteneurs de marchandises entrent dans le pays sans payer le moindre dinar de taxes. Le fait que des membres de la famille Trabelsi aient ouvert récemment leur propre «Bureau de consultaion douanière» pour alléger les formalités douanières de leurs clients est perçu comme une provocation. L’affaire du yacht volé alimente les rumeurs selon lesquelles les richesses énormes accumulées par le clan Trabelsi grâce, entre autres, à l’importation illégale de produits de consommation courante et de produits de luxe, auraient connu un remarquable "bond en avant".
Les commentaires de cette affaire dans les médias tunisiens, tous strictement sous contrôle, sont plutôt timides. La grogne poulaire est on ne plus véhémente sur les forums d’internet. «La Tunisie a dejà une assez mauvaise réputation, et maintenant ce Trabelsi fait tout pour la salir encore», a écrit quelqu’un qui, à travers le choix de ses mots, appartient à la categorie la plus polie des inernautes. Il ajoute: «O mon Dieu, que pouvons-nous faire contre tout ca?»
(Source : Neue Zürcher Zeitung (Suisse); 20.11.2006; Seite 13; Nummer 270)
[traduit de l’allemand par O.K.]
Note du traducteur: L’agence de Presse TNA (TUNeZINE News Agency) assume toute la responsabilité quant aux effets secondaires (risque d’intoxication assez élevé) de certaines de ses dépêches.

TEXTE ORIGINAL:
Die Irrfahrt der «Princess V58»
Affäre um eine gestohlene Luxusjacht in Tunesien
stf
Ein Mitglied des Familienclans des tunesischen Präsidenten hat den Diebstahl der Jacht eines französischen Bankdirektors in Auftrag gegeben. Jetzt sitzt der Mann in Untersuchungshaft, und es droht ihm möglicherweise eine Überstellung nach Frankreich.
stf. In Tunesien hat sich ein Angehöriger des Familienclans von Präsident Ben Ali in eine Affäre um eine gestohlene Luxusjacht verstrickt. Die Jacht, die dem Generaldirektor der Bank Lazard Frères gehört und Anfang Mai im Hafen der korsischen Stadt Bonifacio gestohlen worden war, wurde gegen Ende jenes Monats im Hafen von Sidi Bou Said, unweit von Tunis, auf Verlangen von Interpol konfisziert. Das Schiff, dessen Wert auf mehr als eine Million Euro geschätzt wird, befand sich zu diesem Zeitpunkt in den Händen von Imed Trabelsi. Bei diesem jungen Mann von eher zweifelhaftem Ruf handelt es sich um einen Neffen von Leila Trabelsi, der Gattin des tunesischen Präsidenten. Noch am selben Tag, so berichten übereinstimmend verschiedene Medien, sei der prominente neue Eigner der gestohlenen Jacht in Untersuchungshaft gesetzt worden.
Familienclan mit protzigem Lebensstil
Die Affäre wurde von tunesischen Medien sogleich aufgriffen. Die Aktivitäten des Familienclans der Trabelsi sind in Tunesien ein Dauerbrenner, und die Empörung über den zur Schau gestellten Reichtum und den Lebensstil der Mitglieder dieses Familienclans ist gross. Doch erst nachdem die französische Tageszeitung «Figaro» im Oktober und kurz darauf auch die marokkanische Wochenzeitung «Le Journal Hebdomadaire» über den Diebstahl geschrieben hatten, liessen sich auch die tunesischen Behörden zu dem Fall vernehmen.
Am 20. Oktober, berichtet die tunesische staatliche Nachrichtenagentur TAP, habe sich ein Ministerrat unter Leitung des Präsidenten Ben Ali der «jüngsten Probleme im Zusammenhang mit den Zollbehörden» angenommen. Laut «Figaro» soll Cédric S., einer der Skipper, der im Rahmen dieser Affäre einvernommen worden war, gestanden haben, von Imed Trabelsi und dessen Cousin Moaz 44 000 Euro für die Entwendung und die Überführung der «Princess V58» sowie weiterer gestohlener Jachten erhalten zu haben. Er behauptete auch, Trabelsi selber habe den Auftrag erteilt, das teure Schiff zu stehlen. Weiter gab er detaillierte Informationen über die Art und Weise bekannt, wie die gestohlene Jacht an den tunesischen Zollbehörden vorbeigeschmuggelt worden war.
Der Diebstahl der «Princess V58» sowie weiterer Luxusschiffe war durch die Hafenpolizei von Toulon aufgedeckt worden. Nach den vorliegenden Informationen stand dahinter eine gut organisierte, international tätige Bande, die sich auf Luxusjachten spezialisiert hatte und der es offenbar gelungen war, an der Côte d’Azur sowie auf Sardinien und Korsika mehrere Dutzend derartiger Schiffe zu entwenden.
Laut Medienberichten wurde die «Princess V58» inzwischen wieder ihrem rechtmässigen Besitzer zurückgegeben. Die Untersuchung gegen Imed Trabelsi und seine Komplizen ist hingegen immer noch hängig. Sollten sich die schweren Vorwürfe erhärten, könnten die französischen Justizbehörden ein Auslieferungsbegehren an Tunesien stellen. In diesem Fall könnte Trabelsi dasselbe Schicksal ereilen wie einst Moncef Ben Ali, den Bruder des heutigen tunesischen Präsidenten, der sich 1992 wegen Drogenhandels vor einem französischen Gericht verantworten musste und später verurteilt wurde.
Innenpolitischer Schaden
Der innenpolitische Schaden dieser Affäre ist im Moment noch kaum abzuschätzen. Es ist längst ein offenes Geheimnis, dass unzählige Containerladungen in Tunesien eingeführt werden, ohne dass auch nur ein Dinar Zollgebühren bezahlt wird. Dass Angehörige der Familie Trabelsi vor nicht allzu langer Zeit ein eigenes «Zollberatungsbüro» eröffnet haben, um die Formalitäten für ihre Kundschaft zu erleichtern, wirkt weitherum als Provokation. Die Affäre um die gestohlene Luxusjacht gibt nun all den Spekulationen neue Nahrung, wonach der Trabelsi-Clan sein beachtliches Vermögen unter anderem durch illegalen Import von Konsum- und Luxusgütern geäufnet hat.
In den stark kontrollierten tunesischen Medien sind die Kommentare über diese Affäre eher zurückhaltend. Umso stärker entlädt sich der Volkszorn in Internetforen. «Tunesien hat jetzt schon einen ziemlich angeschlagenen Ruf, und dieser Trabelsi tut alles, um ihn noch zu verschlechtern», schreibt einer - und gehört mit dieser Wortwahl zu den höflichsten. Er fügt an: «Mein Gott, was können wir gegen all das tun?»
(Source : Neue Zürcher Zeitung (Suisse); 20.11.2006; Seite 13; Nummer 270)
Comment by Administrator — December 2, 2006 @ 8:26 pm