Attention ! Seul(e)s celles et ceux qui maîtrisent parfaitement la langue de bois sont capables de comprendre la portée politico-énonomico-socio-culturelle cet article fantasmaglorifique:
Les axiomes d’une dictature primaire
L’équation Abdeljawad-Charfi ou les axiomes d’une dictature primaire
La dictature tunisienne, une suite infinie d’intimidations, d’injustices, d’humiliations et d’exactions, a-t-elle une limite ? Notre dictature « scientifique » touche-t-elle maintenant la tangente de l’absurde ? Après un intervalle de dix ans, le pouvoir vient de démontrer qu’il y a une forte corrélation entre les points A (Abdeljawad) et C (Charfi). Notre justice, une justice à géométrie variable, va essayer de voir clair dans ce nuage de points et de jouer le rôle de médiane. Sa décision ne sera pas, en tout cas, une variable aléatoire.
L’équation Jounaidi Abdeljawad-Charfi est heureusement facile à résoudre. On peut considérer le procès comme une fonction dérivée de ce que le régime considère comme une « dérive » du parti Ettajdid. Ce parti a pris, au cours de la farce du 26 mai, une position jugée « limite » par le pouvoir. Le parti ex-communiste s’éloigne de plus en plus de la ligne tracée par Carthage. Le point de rupture est déjà atteint. Les droites du RCD et d’Ettajdid sont désormais deux parallèles d’un plan euclidien : elles ne se rencontreront jamais.
Tout dictateur est un bon calculateur
Le côté le plus tragique de toute dictature est son arithmétique sanglante : morts sous la torture, liquidés, « disparus », emprisonnés, handicapés suite à la torture et aux mauvais traitements etc. Les idéologies des dictatures sont irrationnelles, mais les méthodes employées n’ont rien d’irrationnel. Hitler, qui haïssait les Juifs de façon irrationnelle, les a liquidés de façon très rationnelle. Pol Pot a liquidé de façon on ne peut plus rationnelle les « intellos » cambodgiens.
La dictature tunisienne n’échappe pas à la règle. Tout y est calculé. C’est même bien calculé cette fois : un seul procès, deux cibles dans la ligne de mire. On veut punir à la fois l’ex-ministre rebelle et le mathématicien qui ose fourrer le nez dans des équations politiques qui le dépassent.
Tout le monde sait que la bourse accordée à M. Abdeljawad en 1992 est infinitésimale par rapport aux centaines de milliers de dinars accordés généreusement aux plumitifs à la solde de la dictature et aux médias « amis » en France et ailleurs, mais qui ose mettre les pieds dans le jardin financier secret du bey ?
Et que dire de ces voyages en Europe aux frais de la princesse Tunisie pour expliquer aux cons-citoyens émigrés une république sans lendemain ? Et ces palais qui poussent partout comme des champignons ? Et cette pléthorique armée cravatée (parfois cagoulée) qui veille à la conservation de la momie de Carthage, combien coûte-t-elle aux cons-tribuables ? Et ces deux journaux momifiés sans lecteurs, publiés dans une langue morte incompréhensible au grand public, ne sont-ils pas une preuve au quotidien de l’irrationnel économique de notre dictature ?
Les axiomes de la dictature
Les lois qui régissent les dictatures peuvent-elles faire l’objet d’une étude scientifique ? Y-a-t-il un modèle universel qui pourrait décrire la naissance, le développement et le déclin d’une dictature, indépendamment des facteurs spatio-temporels ? Y-a-t-il des points communs entre une dictature religieuse, comme celle de l’Arabie Saoudite ou de l’Iran, et une dictature laïque, comme celle pratiquée par Saddam Hussein, Bachar el Assad, Kadhafi ou Ben Ali ? Malgré les différences idéologiques entre les systèmes religieux et laïcs, leur mode de fonctionnement reste le même. Elles sont toutes basées sur des axiomes indémontrables par définition. Voici les sept axiomes de la dictature :
Axiome numéro un : Le dictateur ne se trompe jamais et de ce fait il est incritiquable.
Axiome numéro deux : Les conseillers et les ministres du dictateur sont eux aussi incritiquables.
Axiome numéro trois : La famille du dictateur, prise dans son sens le plus large, jouit d’une immunité totale et absolue. Seul le dictateur lui-même est habilité à enlever cette immunité.
Axiome numéro quatre : La police politique est au-dessus de la loi.
Axiome numéro cinq : La vérité officielle est la seule vérité vraiment véridique.
Axiome numéro six : La fortune du dictateur et de sa famille est un secret d’Etat.
Axiome numéro sept : « Maladie », « mort » et « démission » sont des mots tabous lorsqu’on parle du dictateur.
Un espace benalien à courbure infinie
Tout le monde s’accorde pour dire que M. Abdeljawad a développé des théorèmes qui violent l’axiome numéro un du système dictatorial. Sa démarche mathématique est en contradiction flagrante avec les postulats zabatistes. Notre brillant mathématicien a oublié qu’il n’existe qu’un seul espace autorisé, l’espace benalien à courbure infinie. Pour naviguer dans les eaux troubles des mathématiques tunisiennes, oubliez Leibniz, Gauss, Hilbert et Gödel. Peu importe que vous soyez algébriste, analyste ou probabiliste, la vraie question est : êtes-vous oui ou non zabatiste ?
Comment un universitaire de talent comme M. Abdeljawad peut-il adhérer à ce petit sous-ensemble nommé Ettajdid et ignorer la loi des grands nombres du RCD? M. Abdeljawad est-il un fervent adepte de la théorie du chaos ?
Heureusement pour lui, chaque dictature possède ses propres lois de décomposition interne. A-t-il besoin d’une démonstration ? Ce n’est pas moi qui ferai cette démonstration. Un honorable juge expliquera à M. Abdljawad que la fonction dictatoriale a déjà atteint son maximum et que le point des abysses n’est pas loin.
Omar Khayyâm
Une journée sous la dictature III
من صانع التغيير إلـى صـانع التحويـر
ـ تونس ـ في فجر يوم جديد أعلنت الإذاعة بداية عهد سعيد، فقد قال المذيع البشير إن الحكم قد آل اليوم لصانع التحوير، و إن البلاد اليوم بين يدي رجل أمين بالشؤون الداخلية و الخارجية خبير
و منذ تباشير الصباح بدأت مظاهر الفرحة و الانشراح ، و لم تبخل الصحف على قرائها بطبعة ثانية زخرت بافتتاحيات تعبر عن السرور و الارتياح . و لم تمر على الحدث العظيم سويعات حتى تتالت البرقيات الصادرة عن الشعب الدستورية ـ من شعبة الزارات حتى شعبة باب بنات ـ و مختلف النوادي و الجمعيات
و لم يبخل علينا الأيمة الشيوخ بما جعل عقولنا تدوخ، فقد قالوا دون حجة أو برهان إن صانع التحوير قد بشر به القرآن في سورة الرحمان و بالتحديد في آية اللؤلؤ و المرجان
و ما إن تعالت دقات البنادير و الدفوف حتى أ يقظت أم زياد من سباته مقالا نشازا نائما فوق الرفوف، ثم نشرته بعد أن أدخلت عليه بعض التغيير ليتلاءم مع عهد التحوير
و ما إن نشر المقال القديم الجديد حتى تكالب عليها أعوان النظام الوليد لتهكمها على صانع العهد السعيد الرغيد الذي لولاه لذاقت ويلات النار و الحديد ، و قالوا لها الزمي بيتك و إلا نالك المزيد
و توالت الأيام و الشهور و الكل في فلك صانع التحوير يدور، و من نشز عن الجوقة فمصيره الويل و الثبور، و غنى شاعر ثرثار قبل أن يقترف الانتحار إذا الشعب يوما أراد الممات فلا بد أن يستجيب القدر
TUNISIE: Les membres de l’IFEX-TMG expriment leur inquiétude face à la
censure et l’interdiction de publier de deux médias
TUNISIA: IFEX-TMG members express concern over banning, censorship of
publications
IFEX - Nouvelles de la communauté internationale de défense de la
liberté d’expression
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ACTION COMMUNE - TUNISIE
Le 26 janvier 2007
Les membres de l’IFEX-TMG expriment leur inquiétude face à la censure
et l’interdiction de publier de deux médias
SOURCE: Groupe d’observation de la Tunisie de l’IFEX (IFEX-TMG)
(IFEX-TMG) - Ci-dessous, une lettre commune des membres de l’IFEX-TMG
au président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali datée du 26 janvier 2007:
Son Excellence Zine el-Abidine Ben Ali
Président de la Tunisie
Fax: +216 71 744 721
24 janvier 2007
Votre Excellence,
Nous vous écrivons au nom du Groupe d’Observation de la Tunisie de
l’IFEX, une coalition de 16 organisations défendant la liberté de la presse
et la liberté d’expression, pour exprimer notre vive inquiétude face au
fait que les autorités tunisiennes ont arbitrairement donné l’ordre à
Dar Assabah de ne pas publier son nouveau magazine hebdomadaire
L’Expression et ont interdit le magazine français Historia Thématique.
Selon certains rapports, la première édition de L’Expression, publiée
par Dar Assabah, devait sortir le 5 janvier. Toutefois, en dépit de la
promesse faite par le gouvernement d’autoriser le magazine, peu de temps
avant la publication de la première édition les autorités ont interdit
à ses éditeurs de le publier.
Début janvier, le gouvernement a également interdit l’édition de
janvier/février du magazine français Historia Thématique, qui examinait le
thème du Christianisme, de l’Islam et du Judaïsme. C’est la première fois
depuis sa création en 1909 qu’Historia Thématique est interdit.
L’ordre de ne pas publier L’Expression et l’interdiction d’Historia
Thématique sont les dernières mesures d’une campagne de harcèlement des
médias menée par l’Etat, une campagne qui comprend la censure des
publications et l’emprisonnement des journalistes.
Nous vous rappelons respectueusement que l’interdiction de publier
L’Expression et de distribuer Historia Thématique constituent des
violations manifestes du droit à la liberté d’expression, qui est garanti par de
nombreuses conventions internationales, en particulier l’article 19 de
la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule : "Tout
individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique
le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de
chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les
idées et les informations par quelque moyen d’expression que ce soit."
Nous vous appelons respectueusement à autoriser immédiatement la
publication de L’Expression et la distribution d’Historia Thématique et à
mettre fin à la campagne d’intimidation des médias. Nous vous demandons
d’user de toute votre influence pour qu’à l’avenir votre pays respecte
pleinement les normes internationales de la liberté d’expression.
Dans l’attente de votre réponse dans les meilleurs délais, nous vous
prions d’agréer, Votre Excellence, l’expression de notre haute
considération.
Les membres du Groupe d’Observation de la Tunisie de l’IFEX sont :
Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo.net), Égypte
ARTICLE 19, Royaume-Uni
Journalistes Canadiens pour la Liberté d’Expression (CJFE), Canada
Organisation Egyptienne des Droits de l’Homme (EOHR), Égypte
Index on Censorship, Royaume-Uni
Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), Belgique
Fédération Internationale des Associations de Bibliothécaires et
d’Institutions (IFLA), Pays-Bas
Institut International de la Presse (IIP), Autriche
Union Internationale des Editeurs (UIE), Suisse
Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
PEN Norvège, Norvège
Association Mondiale des Radiodiffuseurs Communautaires (AMARC), Canada
Association Mondiale des Journaux (AMJ), France
World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis
Le Comité des Ecrivains en Prison du PEN international (WiPC),
Royaume-Uni
Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter Carl Morten
Iversen, PEN Norvège, tél: +47 224 79 220, portable: +47 926 88 023,
courrier électronique: pen@norskpen.no; ou Alexis Krikorian, IPA, tél:
+41 22 346 30 18, courrier électronique: secretariat@ipa-uie.org;
Internet: http://campaigns.ifex.org/tmg/; ou Virginie Jouan, AMJ, tél: +33 1
47 42 85 28, courrier électronique: vjouan@wan.asso.fr
L’IFEX-TMG est responsable de toute information contenue dans cette
action commune. En citant cette information, prière de bien vouloir
l’attribuer à l’IFEX-TMG.
_______________________________________________________________
DIFFUSÉ(E) PAR LE SECRÉTARIAT DU RÉSEAU IFEX,
L’ÉCHANGE INTERNATIONAL DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
555, rue Richmond Ouest, Bureau 1101, B.P. 407
Toronto (Ontario) M5V 3B1 Canada
tél: +1 416 515 9622 téléc: +1 416 515 7879
courrier électronique: alerts@ifex.org boîte générale: ifex@ifex.org
site Internet: http://www.ifex.org/
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IFEX - News from the international freedom of expression community
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JOINT ACTION - TUNISIA
26 January 2007
IFEX-TMG members express concern over banning, censorship of
publications
SOURCE: IFEX Tunisia Monitoring Group (IFEX-TMG)
(IFEX-TMG) - The following is a 24 January 2007 IFEX-TMG letter to
Tunisian president Zine el-Abidine Ben Ali:
His Excellency Zine el-Abidine Ben Ali
President of Tunisia
Fax: +216 71 744 721
24 January 2007
Your Excellency,
We are writing on behalf of the International Freedom of Expression
Exchange Tunisia Monitoring Group, a coalition of 16 press freedom and
freedom of expression organisations, to express our serious concern that
Tunisian authorities arbitrarily ordered Dar Assabah not to issue its
new weekly magazine, L’Expression, and banned the French magazine
Historia Thématique.
According to reports, the first issue of L’Expression, published by Dar
Assabah, was scheduled to appear on 5 January. However, despite first
being told by the government that the magazine would be permitted,
shortly before publication of the first issue the authorities ordered Dar
Assabah not to publish the magazine.
In early January, the government also banned the January-February issue
of the French magazine Historia Thématique, which examined issues of
Christianity, Islam and Judaism. This is the first time since its
establishment in 1909 that Historia Thématique has been banned.
The order not to publish L’Expression and the banning of Historia
Thématique are the latest acts in a campaign of state harassment of the
media, a campaign that includes censoring publications and jailing
journalists.
We respectfully remind you that forbidding the publication of
L’Expression and banning Historia Thématique are clear breaches of the right to
freedom of expression, which is guaranteed by numerous international
conventions, including the Universal Declaration of Human Rights. Article
19 of the Declaration states: "Everyone has the right to freedom of
opinion and expression; this right includes the freedom to hold opinions
without interference and to seek, receive and impart information and
ideas through any media, regardless of frontiers."
We respectfully call on you to permit the publication of L’Expression
and the distribution of the banned issue of Historia Thématique
immediately and to halt the campaign of media intimidation. We urge you to take
all necessary steps to ensure that in future your country fully
respects international standards of freedom of expression.
We look forward to hearing from you at your earliest convenience.
Yours sincerely,
Members of the IFEX-Tunisia Monitoring Group:
Arabic Human Rights Information Network (HRinfo), Egypt
ARTICLE 19, UK
Canadian Journalists for Free Expression (CJFE), Canada
Egyptian Organization for Human Rights (EOHR), Egypt
Index on Censorship, UK
International Federation of Journalists (IFJ), Belgium
International Federation of Library Associations and Institutions
(IFLA), The Netherlands
International Press Institute (IPI), Austria
International Publishers’ Association (IPA), Switzerland
Journaliste en danger (JED), Democratic Republic of Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibia
Norwegian PEN, Norway
World Association of Community Radio Broadcasters (AMARC), Canada
World Association of Newspapers (WAN), France
World Press Freedom Committee (WPFC), USA
Writers in Prison Committee of International PEN (WiPC), UK
For further information, contact Carl Morten Iversen, Norwegian PEN,
tel: +47 224 79 220, mobile: +47 926 88 023, e-mail: pen@norskpen.no; or
Alexis Krikorian, IPA, tel: +41 22 346 30 18, e-mail:
secretariat@ipa-uie.org; Internet: http://campaigns.ifex.org/tmg/; or
Virginie Jouan, WAN, tel: +33 1 47 42 85 28, e-mail: vjouan@wan.asso.fr
The information contained in this joint action is the sole
responsibility of IFEX-TMG. In citing this material for broadcast or publication,
please credit IFEX-TMG.
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DISTRIBUTED BY THE INTERNATIONAL FREEDOM OF EXPRESSION
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Les prisons invisibles
Tunis- (TNA)- Un haut fonctionnaire des Nations Unies est en visite officielle en Tunisie pour étudier une invention tunisienne qui a attiré l’attention du Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan.
Cette invention est une preuve irréfutable du génie tunisien, qui a fait ses preuves dans plusieurs domaines.
En quoi consiste cette invention unique au monde ? C’est d’avoir des prisonniers sans prisons ! Le Ministère de l’Intérieur a testé cette nouvelle méthode sur plusieurs cobayes. Ces cobayes s’appellent : Radhia Nasraoui, Sihem Bensedrine et Moncef Marzouki. Les résultats ont été très concluants.
L’idée est, apparemment, très simple. Elle consiste à enfermer les prisonniers derrière des barreaux invisibles, constitués seulement par des policiers en civil. On n’a plus besoin d’avoir recours à des cellules ni à des établissements pénitentiaires. Le lecteur peut déjà constater l’avantage économique de cette méthode. Le seul coût économique est constitué par le salaire payé aux policiers. « C’est une grande avancée pour la pensée juridique et économique », c’est ce qu’a déclaré le fonctionnaire onusien à son arrivée à Tunis.
Prenons le dernier cas testé par le ministère de l’intérieur, celui de M.Moncef Marzouki.
M. Marzouki est gardé par des policiers en civil 24 heures sur 24, mais il peut circuler librement au sein de cette « bulle sécuritaire ». Cette prison est non seulement invisible mais aussi mobile. Le prisonnier peut se balader librement avec sa cellule imaginaire. Rien n’empêche M.Marzouki de passer, par exemple, le lundi à Douz et le mardi à Bizerte. Donc, le côté humaniste de cette méthode n’est plus à démontrer. Même les prisons suédoises ou canadiennes ne peuvent garantir une telle liberté de mouvement.
Les Nations Unies veulent étudier cette méthode carcérale très originale pour deux raisons :
- Son volet humain : Le prisonnier n’est pas enfermé dans une institution pénitentiaire, mais vit chez lui, comme s’il était un homme libre. En plus, il peut se déplacer sans entraves, accompagné bien sûr par ses gardiens. L’autre avantage est la transparence totale. Toutes les organisations de défense des droits humains peuvent constater de visu que le prisonnier n’est ni maltraité ni torturé par ses gardiens, puisque les murs de la prison sont par définition invisibles.
- Son volet économique : Les pays qui ont un excès de main d’œuvre et une pénurie d’espace peuvent profiter de cette idée très originale. La construction de nouvelles prisons ou l’agrandissement de celles qui existent déjà n’aurait plus de sens.
O.K.
Des jeunes libyens font la chasse aux immigrés
Les pogroms contre les Africains noirs ont déjà fait 130 victimes. Les gouvernements de leur pays d’origine adoptent un profil bas.
MADRID - taz En Libye c’est la chasse ouverte aux immigrés africains. Ceux qui échappent à l’expulsion, essayent de s’en tirer par leurs propres moyens. Et pour cause : depuis début septembre les immigrés venus des pays sub-sahariens font l’objet d’attaques racistes. Selon la Fédération Internationale des Ligues des Droits Humains (FIDH) 130 Africains noirs sont morts à la suite de ces actes de violence. " Les autorités libyennes n’ont pris jusqu’ici aucune mesure pour mettre fin a cette violence" d’après le communiqué de cette organisation.
Les derniers expulsés, au nombre de 117, sont camerounais. Depuis lundi ils sont enfermés dans un hangar à l’aéroport de N’djamena, la capitale du Tchad. Comme beaucoup d’autres dans leur cas ils ont tout perdu après les agressions dont ils ont été victimes. "Pour pouvoir partir nous sommes obliges de vendre nos bagages", a déclaré une des victimes à l’agence France- Presse. " Nous étions enfermes dans un camp pendant deux mois", a-il ajoute. Ainsi les immigrés ont-ils dû être protégés contre d’autres agressions. Pas toujours avec succès, d’après Gabriel Edoh, un Nigérian. Début septembre l’armée libyenne l’a emmené dans un camp "pour sa propre sécurité". Peu après le camp a été attaque et mis en feu. Edoh et 2400 autres réfugiés ont été hébergés dans des casernes ; puis il a été expulsé, début octobre, avec au moins 6000 des ses concitoyens.
"Quand la meute attrape un noir, sa mort est presque certaine". C’est dans ces termes qu’Edoh décrit ces débordements de foule, qui ont commencé début septembre dans la ville de Zaouia, située au Nord-Ouest de la Libye. " Nous ne voulons pas de noirs", scandaient les jeunes libyens, alors qu’ils commençaient leur chasse aux africains noirs. Les émeutes se sont vite répandues et ont touche d’autres villes. La chasse aux étrangers a atteint même les banlieues de la capitale Tripoli. La foule reproche aux africains noirs d’avoir transgressé les règles morales islamiques.
Les rapports publiés au Nigeria au Tchad, bases sur les témoignages des rescapés, mettent au jour l’ampleur des massacres. Un immigré a vu de ses propres yeux comment on arrachait les yeux de l’un de ses amis, avant qu’il soit battu à mort. La Libye compte deux millions d’immigrés pour 5,5 millions de Libyens.La plus importante communauté d’immigres, 500 000, vient du Tchad. Les Africains noirs travaillent surtout dans le bâtiment et les immigrées arabes dans la gastronomie et l’agriculture. Le chef d’Etat libyen Muammar el-Gaddafi a invité, pendant les dernières années, "les frères et sœurs africains " déjà venir dans son pays. On n’exigeait plus de visa pour les Africains. Gaddafi n’a cessé d’exhorter les jeunes libyens à épouser des Africaines noires. Mais leur mode de vie différent a engendré un phénomène de rejet chez Libyens. Aucun des pays d’origine des victimes n’a réagi à ces incidents. Le ministre nigérian pour la coopération africaine, Dapo Surami, traite les victimes des pogroms de "prostituées et criminels, qui ont eu des problèmes". On doit attendre, selon lui, "le rapport final" de Tripoli. Dans la capitale nigériane Lagos des milliers d’expulsés ont manifesté contre leur propre gouvernement. La raison de l’attitude hésitante des pays d’origine de ces victimes est claire. Chaque année les pays subsaharien reçoivent des milliards d’argent libyen provenant des recettes pétrolières. Pour la propagande de Gaddafi, il est "l’Etoile de l’Afrique". Il est fort peu probable que ces incidents fassent un jour l’objet d’une enquête. Les lynchages seraient une pure invention des "ennemis de la Libye", pour nuire aux bons rapports qu’elle entretient avec ses voisins. C’est ce qu’a déclaré le ministre des affaires étrangères Abdulrahman Shelgram. "La Libye n’est pas un pays raciste."
REINER WANDLER, tageszeitung, Berlin. Nr. 6300 du 18.11.2000, page 12,Article rédigé par REINER WANDLER . (traduit de l’allemand par Omar Khayyâm)
Tunisie: Aperçu Economique 2002-05-15 15:11 (New York) Tunisie – MISE A JOUR PAR PAYS - Mai 2002 PREPARE PAR LA SECTION DES RENSEIGNEMENTS DE L’ECONOMIST APERCU GENERAL: Après un référendum, qui sera probablement tenu fin mai, la constitution va être probablement amendée pour permettre au président Zine al-Abedine Ben Ali de briguer un autre mandat de cinq ans à partir de 2004. Les autorités vont intensifier leur répression des opposants à l’intérieur du pays, mais les Etats-Unis et l’Union européenne fermeront certainement les yeux sur les allégations d’atteinte aux droits de l‘homme dans le but de garder la Tunisie à leur côté dans leur "guerre contre le terrorisme". Le taux de croissance du PIB net, qui sera engendré surtout par l’essor des investissements et des exportations, n’atteindra que 3.8% en 2002 mais devrait remonter à 6% en 2003. Le compte courant de la balance des paiements enregistrera des déficits substantiels. POLITIQUE INTERIEURE: La Tunisie connaîtra la stabilité durant la période que couvre ce rapport, mais ce sera la stabilité d’un Etat policier, qui restreint vigoureusement le pluralisme, la liberté d’expression, les droits humains et l’indépendance de la justice. Le président Zine al-Abedine Ben Ali n’est pas prêt à concéder le moindre pouvoir détenu par lui et son parti au pouvoir, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD). Une réforme constitutionnelle, qui permettra à M. Ben Ali de briguer un quatrième mandat quinquennal en 2004 (la constitution actuelle n’autorise que trois mandats ) sera soumise au peuple par voie de referendum, probablement fin mai. Elle sera, certainement, approuvée par une large majorité. M. Ben Ali interprétera ce résultat comme un appel du peuple pour poser sa candidature. L’opposition à cet amendement proviendra de mouvements intérieurs militant pour la démocratie et les droits humains. Cependant, la population dans son ensemble, préoccupée essentiellement par la stabilité politique et la prospérité économique, est résignée à l’amendement proposé, surtout parce que M. Ben Ali a empêché l’émergence d’un autre candidat, que ce soit à l’intérieur ou en dehors du RCD. Les autorités vont profiter des préoccupations actuelles pour la sécurité à travers le monde et le récent attentat contre une synagogue tunisienne par des présumés militants islamistes pour justifier leur répression continue des opposants à l’intérieur du pays. Bien que la Tunisie ne soit pas un Etat-clef dans la "guerre contre le terrorisme", le souhait des pays occidentaux de garder la Tunisie comme alliée affaiblira la pression extérieure pour une réforme politique, particulièrement de la part de la France et d l’Union Européenne. RELATIONS INTERNATIONALES: La Tunisie sera courtisée dans le cour et moyen terme par les pays occidentaux désireux de s’assurer de son soutien dans la "guerre contre le terrorisme". Ce qui signifie que les critiques occidentales du régime tunisien pour son bilan peu glorieux en matière de démocratie et des droits humains seront plus souples. Tout à fait au contraire, ce sera le tour de la Tunisie de critiquer les pays occidentaux, surtout la France et le Royaume Uni, pour avoir donné refuge aux exilés politiques tunisiens condamnés pour "terrorisme" en Tunisie. En tenant compte de tous ces éléments, l’Occident réévaluera les résultats de M. Ben Ali en matière de maintien de la stabilité en Tunisie et abandonnera ses réserves quant à son désir de briguer un quatrième mandat de président. L’on s’attend à ce que Les relations avec les Etats Unis se consolident davantage, étayées par des liens économiques et sécuritaires qui ne cessent de croître. Les autorités tunisiennes peuvent s’attendre à une aide technique (et peut-être aussi financière) accrue de la part de l’Administration américaine. Cependant, l’attitude du gouvernement tunisien envers l’Union Européenne devrait rester ambivalente. Il reconnaît l’importance de son accord d’association avec l’UE, apte à stimuler la croissance, moderniser l’industrie et créer des emplois, mais il reste critique envers ce qu’il considère comme une insuffisance de financement de la part de l’UE pour amortir le choc de la libéralisation. La Tunisie va continuer à chercher de conclure des accords d’échange avec un cercle de plus en plus large de pays africains, arabes et asiatiques. La Tunisie va surtout œuvrer pour re-dynamiser l’UMA Union du Maghreb Arabe, le marché commun nord africain moribond pendant les six dernières années. La résurrection de l’UMA a été entravée par le conflit entre l’Algérie et le Maroc. Même si ce conflit est résolu, au moins deux ans seront nécessaires pour réactiver l’UMA. POLITIQUES ECONOMIQUES: Les politiques économiques vont surtout mettre l’accent sur la réduction du taux de chômage et l’augmentation des salaires réels. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement vise à stimuler les investissements (surtout dans le domaine des hautes technologies et dans les zones de développement économique), opérer une réforme du secteur financier, améliorer la compétitivité de l’industrie, des services et de l’agriculture pour leur permettre de surmonter le choc provoqué par la concurrence étrangère. Cependant, le FMI, qui est impressionné par les performances du gouvernement à l’échelle macroéconomique, voudrait assister à une libéralisation accrue des prix du marché intérieur; la proportion des prix dépendants du contrôle de l’Etat est restée inchangée : 19.5% depuis1997. Le FMI voudrait aussi voir le gouvernement réduire le budget alloué à la paie des fonctionnaires de l’Etat, qui avait atteint à peu près 12% du PIB en 2001. Le FMI pense qu’en confiant certains services publics au secteur privé, la réforme fiscale pourrait être mieux servie. Mais, ayant toujours la stabilité politique présente à l’esprit, le gouvernement n’adoptera sûrement pas des mesures économiques radicales. Tout à fait au contraire, les salaires du secteur public vont continuer leur progression en termes réels, cependant avec un taux plus modéré que durant les dernières années. PEVISIONS MONDIALES : L’économie mondiale est en train de retrouver sa santé plus tôt que prévu. Stimulée par un remarquable regain de vigueur aux USA, la croissance mondiale se situera, selon les prévisions, aux alentours de 3% en 2002, contre 2.3% pour l’année dernière. L’économie mondiale se portera encore mieux en 2003, progressant à un taux 4.2%, et ce taux se maintiendra à moyen terme. Les USA sont probablement la locomotive de cette relance, mais la zone euro, cible d’à peu près 75% des exportations tunisiennes, est elle aussi, en train de récupérer sa vigueur avec des études démontrant un regain de confiance et une lente reprise de la croissance. En 2001 la zone euro dans son ensemble a enregistré un taux de croissance de 1.4%, le taux de l’UE était de1.5%. L’économie allemande, quant à elle, n’a progressé que de 0.6%. Le taux de croissance moyen en 2002 restera faible dans l’ensemble et se situera aux alentours de 1.5% dans zone euro et au sein de l‘EU. Cependant, comme c’est le cas pour d’autres régions du monde, ceci cache une reprise durant l’année en cours. Mais la vitesse de la reprise sera moindre que celle des USA, surtout parce que les politiques économiques ont été moins agressives dans la zone euro. La vitesse de croissance acquise durant la seconde moitié du 2002 permettra une croissance encore plus soutenue en 2003. L ‘on s’attend, pour l’année prochaine, à taux de croissance moyen de 2.7% dans la zone euro et au sein de l’EU. CROISSANCE ECONOMIQUE : Nous avons ramené le taux de croissance réel du PIB prévu pour 2002 de 3.8% au lieu des 4% prévus, à cause de l’attentat survenu mi-avril contre la synagogue de Djerba, perpétré probablement par des islamistes, et qui a causé la mort de 17 personnes, parmi lesquelles 11 Allemand et un Français. Cette attaque a ébranlé l’image délicatement entretenue d’une Tunisie Ile de stabilité au milieu d’une zone de turbulences. Le ministère des affaires étrangères allemand a adressé, après l‘attentat, une mise en garde aux touristes allemands qui se rendent en Tunisie. La diminution du nombre des touristes européens en Tunisie (après la crise due aux attentats du11 septembre) semble inévitable. Ceci aura des impacts négatifs sur l’emploi et la croissance de la consommation privée. Ainsi nos prévisions pour l’année 2003, basées surtout sur une très probable reprise de la confiance économique et touristique, maintiennent le taux de croissance 6%. Le risque négatif dépend, pour les deux années, du volume de la récolte. INFLATION: Les indices de l’inflation de 2002 sont mitigés. Les prix des produits alimentaires vont augmenter à cause de la troisième année consécutive de sécheresse. Cependant, les industriels tunisiens vont essayer de maintenir leurs prix bas face à la concurrence des produits importés d’Europe, malgré l’augmentation des coûts due à la détérioration des termes de l’échange. La BCT essaiera de mettre un frein à la croissance monétaire, mais un développement de l’activité économique en 2003 provoquera certainement de poussées inflationnistes. A la lumière de ce qui précède, nous prévoyons un taux d’inflation des prix à la consommation de 2.5% en 2002 et de 2.8% en 2003. TAUX DE CHANGE: La politique des taux de change a généralement été pragmatique, avec une dépréciation réelle et effective du dinar contre le dollar et l’euro en 2001. (Ceci a allégé un peu la pression sur le compte courant de la balance des paiements, mais le déficit continuait à progresser– un fait qui renforce la croyance que la flexibilité du aux de change rate ne peut remplacer la discipline fiscale ni une politique monétaire plus rigoureuse.) Après les dévaluations des monnaies égyptiennes et marocaines en 2001, cette politique semble être maintenue durant la période prévisionnelle, malgré la reprisse attendue de l’euro face au dollar. L’on s’attend à ce que le dinar baisse pour atteindre un moyenne de TD1.55:US$1 en 2002 et de TD1.61:US$1 en 2003. Le FMI voudrait voir un régime de taux de change totalement flottant en bonne et due forme, mais il pense que, parmi d’autres mesures, les réserves en devises de la Banque Centrale devraient être augmentées au maximum. SECTEUR EXTERIEUR: Le déficit du compte courant de la balance des paiements en Tunisie a atteint 4.8% du PNB en 2001, suite à une forte augmentation des dépenses d’importation. L’importance du déficit signifie que nous nous attendons à ce que le gouvernement (sous la pression du FMI) commence à mettre des freins à l’importation. Ceci maintiendra le taux de croissance des importations à 1% en termes de devise locale et verra les dépenses d’importation diminuer à 8.5 milliards de dollars US. L’on s’attend à ce que le gouvernement relâche plus ou moins son contrôle en 2003, mais vu que le dinar continue à perdre de sa valeur, l’augmentation des importations en dollars US sera moins visible que ce celles en dinars. L’on s’attend à ce que les importations atteignent 8.8 milliards de dollars US. SOURCE: Country outlook -0- May/15/2002 19:11 GMT (traduit de l’anglais par Omar Khayyâm)
