Les prisons invisibles


 

Tunis- (TNA)- Un haut fonctionnaire des Nations Unies est en visite officielle en Tunisie pour étudier une invention tunisienne qui a attiré l’attention du Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan.

Cette invention est une preuve irréfutable du génie tunisien, qui a fait ses preuves dans plusieurs domaines.

En quoi consiste cette invention unique au monde ? C’est d’avoir des prisonniers sans prisons ! Le Ministère de l’Intérieur a testé cette nouvelle méthode sur plusieurs cobayes. Ces cobayes s’appellent : Radhia Nasraoui, Sihem Bensedrine et Moncef Marzouki. Les résultats ont été très concluants.

L’idée est, apparemment, très simple. Elle consiste à enfermer les prisonniers derrière des barreaux invisibles, constitués seulement par des policiers en civil. On n’a plus besoin d’avoir recours à des cellules ni à des établissements pénitentiaires. Le lecteur peut déjà constater l’avantage économique de cette méthode. Le seul coût économique est constitué par le salaire payé aux policiers. « C’est une grande avancée pour la pensée juridique et économique », c’est ce qu’a déclaré le fonctionnaire onusien à son arrivée à Tunis.

 

Prenons le dernier cas testé par le ministère de l’intérieur, celui de M.Moncef Marzouki.

M. Marzouki est gardé par des policiers en civil 24 heures sur 24, mais il peut circuler librement au sein de cette « bulle sécuritaire ». Cette prison est non seulement invisible mais aussi mobile. Le prisonnier peut se balader librement avec sa cellule imaginaire. Rien n’empêche M.Marzouki de passer, par exemple, le lundi à Douz et le mardi à Bizerte. Donc, le côté humaniste de cette méthode n’est plus à démontrer. Même les prisons suédoises ou canadiennes ne peuvent garantir une telle liberté de mouvement.

Les Nations Unies veulent étudier cette méthode carcérale très originale pour deux raisons :

- Son volet humain : Le prisonnier n’est pas enfermé dans une institution pénitentiaire, mais vit chez lui, comme s’il était un homme libre. En plus, il peut se déplacer sans entraves, accompagné bien sûr par ses gardiens. L’autre avantage est la transparence totale. Toutes les organisations de défense des droits humains peuvent constater de visu que le prisonnier n’est ni maltraité ni torturé par ses gardiens, puisque les murs de la prison sont par définition invisibles.

                - Son volet économique : Les pays qui ont un excès de main d’œuvre et une pénurie d’espace peuvent profiter de cette idée très originale. La construction de nouvelles prisons ou l’agrandissement de celles qui existent déjà n’aurait plus de sens.

O.K.