RAPID ACTION NETWORK
26 February 2007
RAN 10/07
Tunisia: International day of action to free Mohammed Abbou.
International PEN Writers in Prison Committee Campaign: Defamation and Insult – Writers React
The Writers in Prison Committee of International PEN calls on all its members to take part in an international day of action to protest the continued detention of Tunisian lawyer and human rights defender Mohammed Abbou on 1 March 2007, the second anniversary of his imprisonment.
Mohammed Abbou was arrested on 1 March 2005 and sentenced to three and a half years in prison for his criticism of the Tunisian authorities. He was charged with “having published information that would disturb public order” and “insulting the judiciary” in an article posted on the Tunisnews website in August 2004, which compared torture committed against political prisoners in Tunisia to abuses carried out by US soldiers in Iraq’s Abu Ghraib prison. He was also convicted for an incident at a 2002 conference in which he allegedly physically attacked a colleague. However, there is said to be little supporting evidence for these charges and it is thought that his arrest was motivated by a 28 February 2005 article posted on the Tunisnews website in which he ironically compared Tunisian President Ben Ali to Israeli Prime Minister Ariel Sharon.
The sentences totalling three and a half years were upheld on appeal on 11 June 2005.
According to PEN’s information, there have been numerous reports of ill treatment of Abbou by prison guards and fellow prisoners since 2 March 2006. There are serious concerns about Abbou’s deteriorating conditions of detention and reports that his family is now also under sustained harassment by the Tunisian authorities. His wife and children have reportedly been harassed, physically attacked and placed under constant police surveillance.
International PEN considers Mohammed Abbou to have been targeted by the Tunisian authorities solely for peacefully exercising his right to freedom of expression as guaranteed by Article 19 of the United Nations Universal Declaration of Human Rights, to which Tunisia is a signatory. International PEN therefore calls upon the Tunisian authorities to quash the prison sentences handed down to Mohammed Abbou and to release him immediately and without conditions.
RECOMMENDED ACTION
Please send appeals to arrive on 1 March 2007:
Protesting the continued detention of Mohammed Abbou solely for legitimately exercising his right to free expression by posting articles on the Internet;
Condemning the apparent lack of transparency of his trial during which no plea was taken by the defendant, nor any witnesses questioned;
Calling for Mohammed Abbou’s immediate and unconditional release, and the end to the harassment campaign against him and his family.
Appeals to:
Président Zine El Abidine Ben Ali
Président de la République
Palais Présidentiel
Tunis
Tunisie
Fax: +216 71 744 721
M. Rafik Belhaj Kacem
Ministre de l’Intérieur
Avenue Habib Bourguiba
1001 Tunis
Tunisie
Fax: +216 71 340 888
Email: mint@ministeres.tn
M. Bechir Takkari
Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme
31, Av. Bab Benat
1006 Tunis La Kasbah
Tunisie
Fax: +216 71 568 106
Email: mju@ministeres.tn
Also send copies if possible to:
• The Tunisian representative in your country
• The Tunisia Desk officer at your government’s Foreign Office
• Your country official representative in Tunisia
For further details contact Cathy McCann, 50/51 Brownlow House, High Holborn, London WC1V 6ER, United Kingdom, Tel: +44 (0) 20 7405 0338, Fax: + (0) 20 7405 0339. Email: Cathy.McCann@internationalpen.org.uk
**The information contained in this autolist item is the sole responsibility of WiPC**
Jusqu’au quart de siècle dernier, le siècle des siècles, les caïds étaient légion à Tunis.
Un diplomate tunisien en fuite sera jugé aux assises pour "tortures"
LE MONDE | 22.02.07 |
Contre l’avis du parquet et la bienséance diplomatique, un juge d’instruction de Strasbourg a décidé, le 16 février, de renvoyer devant la cour d’assises du Bas-Rhin Khaled Ben Saïd, ancien vice-consul de Tunisie dans la ville.
Visé par un mandat d’arrêt international depuis cinq ans et toujours en fuite, cet ancien policier est soupçonné d’avoir soumis Zoulaïkha Gharbi, 43 ans, à des actes de torture et de barbarie, les 11 et 12 octobre 1996, dans les locaux du commissariat de Jendouba, en Tunisie. Entre ces mêmes murs, son mari avait subi un sort identique en 1991. Il était soupçonné d’appartenir à un cercle religieux interdit.
Le 17 janvier, le parquet de Strasbourg avait pourtant signé un surprenant réquisitoire aux fins de non-lieu. Il estimait que certains éléments de l’enquête - la détention de Mme Gharbi n’a duré que 24 heures, des témoignages estimés insuffisants sur son état à la sortie, et l’absence de certificat médical - n’allaient pas "dans le sens d’actes d’une gravité exceptionnelle et de douleurs et souffrances "aiguës"".
Selon son propre récit, Mme Gharbi a été giflée, a subi des attouchements, puis a été suspendue à une barre de fer posée entre deux tables dans la position dite du poulet rôti. Elle a été alors frappée à la plante des pieds, pincée et griffée sur tout le corps (Le Monde du 17 juin 2006).
Le juge d’instruction Philippe Jaegle et son prédécesseur ont rencontré bien des obstacles au cours de l’enquête. Le vice-consul est parvenu à quitter la France avant son placement en garde à vue, en raison de la négligence des policiers, qui ont cru bon de le prévenir par téléphone, en novembre 2001, lors de l’ouverture de l’enquête. Autre mauvaise surprise : la commission rogatoire internationale, transmise aux autorités tunisiennes, est restée totalement sans réponse.
"C’EST UN SOULAGEMENT"
L’enquête aurait pu définitivement être compromise, si un témoin sous "X…" n’était apparu dans la procédure en juin 2006. Il s’agit d’une personne qui partageait le logement de Mme Gharbi au moment des faits et l’avait vue revenir du commissariat, traumatisée.
Aujourd’hui, les époux Gharbi se réjouissent du renvoi devant la cour d’assises de M. Ben Saïd - qui risque trente ans de réclusion -, malgré les répercussions négatives possibles pour leurs proches restés en Tunisie. "C’est un soulagement, après toutes ces années, dit Mouldi Gharbi. Si un homme ayant commis de tels crimes était resté impuni, cela aurait incité d’autres personnes à poursuivre ces atrocités." L’avocat du couple, Me Eric Plouvier, se félicite, pour sa part, que "cette plainte ait pu aboutir, en dépit des obstacles rencontrés et des difficultés de la justice à traiter ces affaires atypiques ayant trait à la compétence universelle. Ben Saïd est en fuite, mais il est enfermé en Tunisie. La raison d’Etat diplomatique ne l’a pas emporté."
Piotr Smolar
Article paru dans l’édition du 23.02.07
Dictature tunisienne. Les apologistes du régime de Ben Ali continuent de prétendre que celui-ci s’est engagé dans la bonne direction, qu’avec un peu de patience on verra enfin surgir en Afrique du Nord une vraie démocratie. Ces espoirs sont sans cesse démentis par la réalité, comme le rappelle cette dépêche de Reuters du 17 février, qui relate qu’une cour tunisienne a interdit à la Ligue des droits de l’homme de tenir une conférence. Le même jour, selon d’autres sources, une autre cour a obligé les journalistes et les parents de quatorze inculpés pour « terrorisme » de quitter l’enceinte du tribunal. Le président de cette cour n’est autre que le juge Tarek Braham, qui a été « désigné » comme président de l’Association des magistrats, après que le bureau légalement élu ait été démis par les autorités. Ceux qui veulent en savoir un peu plus sur le régime ubuesque qui règne à Tunis, avec l’appui déclaré du gouvernement français, pourront lire, dans Le Journal (3 février), hebdomadaire francophone marocain, l’article de Catherine Graciet, « Le régime de Ben Ali à la dérive ». En voici la conclusion :
« Pour se maintenir en poste, le président Ben Ali a mis en place un système répressif digne de l’ex-Allemagne de l’Est : 140 000 policiers (pour 10 millions d’habitants), des indicateurs par centaines de milliers et des comités de quartiers où les citoyens se surveillent eux-mêmes. Ce système a aussi permis à Ben Ali de faire croire qu’il était un rempart contre l’islamisme. Un argument mis à mal par l’attentat de Djerba en 2002 (15 morts dont 11 touristes) et les récents affrontements entre des islamistes armés et des forces de l’ordre dans la banlieue de Tunis. Un argument maintenant périmé au vu de l’islamisation rapide de la société tunisienne qui s’explique notamment par l’absence de libertés et la perte des valeurs traditionnelles (cf. interview de Moncef Marzouki). « Ce retour à la religion se nourrit aussi de la situation en Irak et en Palestine, largement relayée par les chaînes satellitaires arabes. Les Tunisiens se perçoivent d’une part comme une citadelle assiégée et, d’autre part voient le régime de Ben Ali comme un allié des Etats-Unis et de l’Occident », souligne Pierre Vermeren. Une situation délicate pour le président Ben Ali qui tient exclusivement par son emprise sur l’appareil policier. Dans un pays en cours de ré-islamisation dont l’économie s’enrhume, il ne bénéficie plus de légitimité politique et encore moins d’une légitimité religieuse. »
محمد بن غرسالله هو شاب تونسي من مواليد 1972 بالشراردة، انقطع عن الدراسة في السنة الخامسة من التعليم الثانوي وبقي عاطلا عن العمل لسنوات طويلة. خطب فتاة منذ ثماني (8) سنوات، لكنّه لم يتمكن من الزواج منها بسبب البطالة. أعطاه عمّه قطعة أرض فلاحية بها 100 شجرة زيتون من أجل مساعدته على الخروج من الفاقة. قدّم محمد بن غرسالله مطلب قرض في 100 ألف دينار إلى البنك الوطني الفلاحي من أجل بعث مشروع، إلا أنّ مطلبه قوبل بالرفض بتعلة أنّ المبلغ كبير ولا يناسب قيمة العقار (قطعة الأرض) الذي قدّمه كضمانة للقرض. و لمساعدته على الحصول على القرض أعطاه أبوه قطعة أرض أخرى مساحتها بين 8 و10 هكتارات، فقدّم محمد بن غرسالله مطلب القرض من جديد وبقي ينتظر حتى أعلمه البنك يوم 31 جانفي برفض مطلبه مرة ثانية.
توجّه الشاب يوم الإثنين 12 فيفري 2007 إلى العاصمة حاملا معه ملفه قصد مقابلة وزير الفلاحة ليطرح عليه مشكلته، لكنّه لم يتمكن من مقابلته وكل ما حصل عليه هو مقابلة أحد الموظفين بالوزارة الذي قال له أنّه لا يمكنه مساعدته في شيء. فما كان منه إلا أن توجه في اليوم الموالي، أي الثلاثاء 13 فيفري، إلى قصر قرطاج حيث مكث طيلة اليوم أمام القصر طالبا من الحراس تمكينه من مقابلة الرئيس بن علي دون جدوى. وكان يعود أمام القصر كلما أبعده الحراس، وقد دام ذلك كامل اليوم.
عاد محمد بن غرسالله من الغد أمام قصر قرطاج، وأغلق هاتفه النقال على عكس اليوم الأول حيث تمكن أخوه من مخاطبته عديد المرات. وتفيد المعلومات التي تحصلت عليها عائلته من طرف الشرطة، أن محمد حمل معه يومها قارورة بنزين وهدّد بحرق نفسه إذا لم يستجب الأعوان إلى طلبه. وأمام إصرار هؤلاء على منعه من مقابلة بن علي، شرب نصف القارورة ثم سكب نصفها الآخر على جسمه وأضرم النار في نفسه ممّا أدى إلى وفاته.
وعلى إثر الحادثة اتصل أعوان الأمن بعائلته وأجرت شرطة المرسى بحثا مع شقيقه الأكبر لمعرفة هل أنّ الضحية كان يعاني من أمراض عصبية أو نفسية، فأجابهم بالنفي وأكد أنّ أخاه كان في صحة جيدة، وكل ما كان يعاني منه هو البطالة ورفض مطلب القرض.
تسلمت العائلة جثة ابنها يوم الجمعة الفارط في مستشفى شارل نيكول بالعاصمة، وقد لاحظت أنها تحمل حروقا عديدة. وتم الدفن يوم السبت ظهرا بالشراردة.
لقد أصيبت عائلة الضحية بصدمة كبرى من جراء ما حدث لابنها وهي اليوم تطالب بفتح تحقيق للوقوف على ظروف وفاته.
إن هذه المأساة ليست سوى شهادة إضافية لليأس الذي يعاني منه شبابنا جراء السياسة الاقتصادية الفاشلة والمدمرة التي تتبعها سلطة 7 نوفمبر. وهي ليست المرة الأولى التي يلجأ فيها مواطن إلى إضرام النار في نفسه من جراء البطالة وانسداد الآفاق، فكلنا يتذكر مأساة علي الورغي الذي أضرم النار في نفسه يوم 13 مارس 2006 أمام معتمدية ماطر ومات هو الآخر متأثرا بحروقه بعدما يئس من الحصول على شغل يمكنه من إعالة أطفاله الأربعة.
Source: Al-Badil express.
Suivant les instructions du Palais de Carthage, un juge-marionnette a annulé samedi la convocation du congrès national de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), à la suite de recours introduits par des agents à la solde du régime mafiocratique en place depuis le 7 novembre 1987.
Cette décision a été rendue par ce qu’un satiriste tunisien a qualifié de "Chambre incivile du Tribunal de Première Insolence de Tunis", plus d’un an après le début des poursuites engagées contre la direction de la Ligue accusée d’"abus de pouvoir et violation des règlements" de l’association.
Ce jugement inique de l’affaire intervient après la suspension par un jugement en référé des préparatifs du 6ème congrès de la Ligue initialement prévu le 9 septembre 2005.
Les plaignants, recevant les ordres directement des officines du Palais de Carthage, reprochent au comité directeur de la Ligue d’avoir procédé à une restructuration sur des bases politiques pour éviter les infiltrations des agents doubles travaillant pour le réigime tunisien.
La direction de la LTDH de son côté accuse le pouvoir d’avoir provoqué la contestation dans ses rangs, mais les autorités ont indiqué n’avoir "rien à voir avec les affaires intérieures" de la Ligue, affirmant qu’elle est en proie à un conflit interne.
Chef de file des marionnettes du général Ben Ali, Me Ben Younes a exprimé sa satisfaction après le verdict: "la justice tunisienne est prévisible et le jugement ne pouvait pas être en notre défaveur", a-t-il indiqué samedi à la TNA.
"Maintenant que l’affaire a été jugée sur le fond, la direction de la Ligue est tenue d’accepter l’adhésion des agents doubles comme moi" qu’elle avait prises en préparation du congrès, a-t-il ajouté. "A défaut de solution pratique, nous serons amenés à oeuvrer à la nomination d’un administrateur judiciaire pour que la ligue devienne une vraie OVG [ Organisation Vraiment Gouvernementale]", a-t-il dit.
Le président de la Ligue, Mokhtar Trifi, a déclaré de son côté qu’il n’était "nullement surpris par le verdict émanant d’une justice instrumentalisée", qualifiant le jugement d’"anachronique, puisque le congrès a été déjà interdit à deux reprises par la force".
Doyenne des organisations de défense de droits de l’homme dans le monde arabe et en Afrique, fondée en 1977, la LTDH se retrouve pratiquement paralysée suite à la dure répression du régime mafio-policier tunisien.
