UncategorizedFebruary 27, 2007 10:11 pm
mardi 27 février 2007, 19h03
Plusieurs médias français censurés en Tunisie, selon RSF

PARIS (AFP) - Une édition du Monde et deux numéros du Nouvel Observateur ont été récemment interdits de diffusion en Tunisie et le site du quotidien Libération est bloqué depuis le 21 février, affirme mardi l’organisation Reporters sans frontières dans un communiqué.
Ces trois journaux ont publié des articles du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, très critiques envers le président Zine El-Abidine Ben Ali, relève RSF.
"Après trois ans de silence, Taoufik Ben Brik s’est remis à écrire et, visiblement, cela n’est pas du goût des autorités tunisiennes. Aucun de ses articles n’a pu être diffusé dans le pays", souligne RSF.
"Il faut dire que le régime du président Ben Ali est passé maître dans l’art de filtrer l’information et d’empêcher la circulation de toute critique à son égard", ajoute l’organisation.
Selon RSF, douze éditions du Monde ont été censurées en 2006, la plupart du temps parce qu’elles contenaient des articles sur la Tunisie, et depuis le début de l’année 2007, sa distribution est très irrégulière.
Les éditions des 8 et 21 février 2007 du Nouvel Observateur, qui contenaient des articles de Taoufik Ben Brik, ne sont jamais arrivées dans les kiosques tunisiens, selon RSF.
Enfin, le 21 février, Libération a publié un portrait acerbe du président tunisien rédigé par ce journaliste et le site internet du quotidien est bloqué depuis ce jour, ajoute l’organisation.
Il en est de même pour leblogmedias. com, un blog sur l’actualité des médias publié par RSF et la revue Médias, censuré depuis que Taoufik Ben Brik y tient une chronique régulière, affirme l’organisation.
Plusieurs titres de la presse française sont toujours interdits en Tunisie, dont les hebdomadaires Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné, rappelle RSF.
"Les autorités ont également pris l’habitude d’autoriser la distribution d’un nombre très faible d’exemplaires d’un journal pour se prémunir de toute accusation de censure", ajoute RSF.

Humour& humeursFebruary 26, 2007 10:14 pm
Le sexe faible
De toute ma vie, je n’ai jamais porté le voile. Lorsque à l’âge de 12 ans mon père a essayé de me le faire porter, j’ai protesté : « Et pourquoi les filles ne portent-elles pas de voile ? Pourquoi seulement les garçons ? ». Il m’a dit que c’était l’ordre de Dieu et la loi de la nature. Le voile servirait, selon lui, à me protéger des regards concupiscents des femmes. A mesure qu’approchait l’âge de tous les dangers, la puberté, les harcèlements de mon père devenaient de plus en plus insupportables. Il m’avait d’ailleurs prévenu dès le début : « Tes cheveux et ces poils qui pousseront sur ton visage et ta poitrine éveilleront les désirs enfouis des femmes. Fais attention aux femmes, elles ne pensent qu’à ça… ». Mais il s’est arrêté là. Il ne m’a pas expliqué le sens du « ça ». J’ai alors décidé de me faire raser les cheveux- d’ailleurs ils sont toujours rasés de près- pour contourner l’ordre paternel. Je lui ai dit : « Et comme ça les femmes resteront toujours excitées par mes cheveux ? ».
Mon père ne s’est pourtant pas résigné à ma situation d’adolescent révolté. Dès que j’ai voulu jouer au ballon dans la rue, comme le faisaient d’ailleurs mes sœurs, il me l’a strictement interdit. « Ne te compare jamais aux filles, mon garçon, m’avait-t-il dit à l’époque. Dieu les a créées différentes. Elles sont plus robustes, plus bagarreuses, plus entreprenantes que les hommes. Nous les hommes, nous sommes le sexe faible. C’est la loi de Dieu et de la nature. »
O.K.
Journal 10:10 pm

 

UN HOMME FEMINISTE
C’est quoi un homme féministe? C’est un homme qui défend l’égalite totale et absolue entre femmes et hommes. Je suis devenu féministe grâce à trois femmes: Nawal Saadawi, Fatima Mernissi et… ma grand-mère paternelle.
Cette dernière, analphabète mais de forte personnalité, était féministe sans le savoir. Elle pratiquait ce que les Americains appellent "Positive discrimination". Son "idéologie" sous-jacente était la suivante: Puisque la culture arabo-musulmane enseigne l’inferiorité de la femme aux deux sexes, alors il faut agir comme si c’était le contraire! Et ça marchait: ses petites-filles, mes soeurs, ne se sont jamais senties inferieures aux mâles.
C’est l’une d’elles qui m’a fait découvrir les livres de Fatima Mernissi, une sociologue marocaine qui écrit en anglais et en français. Mais Mernissi n’est pas seulement une sociologue imprégnée par les sciences sociales occidentales. C’est aussi une érudite hors pair qui connaît intimement les écrits islamiques classiques tels que ceux de Ghazali et Syouti. Ce qui n’empêche pas ses livres d’être accessibles au grand public.
O.K.
Uncategorized 7:26 pm

RAPID ACTION NETWORK
26 February 2007

RAN 10/07


Tunisia: International day of action to free Mohammed Abbou.

International PEN Writers in Prison Committee Campaign: Defamation and Insult – Writers React

The Writers in Prison Committee of International PEN calls on all its members to take part in an international day of action to protest the continued detention of Tunisian lawyer and human rights defender Mohammed Abbou on 1 March 2007, the second anniversary of his imprisonment.

Mohammed Abbou was arrested on 1 March 2005 and sentenced to three and a half years in prison for his criticism of the Tunisian authorities. He was charged with “having published information that would disturb public order” and “insulting the judiciary” in an article posted on the Tunisnews website in August 2004, which compared torture committed against political prisoners in Tunisia to abuses carried out by US soldiers in Iraq’s Abu Ghraib prison. He was also convicted for an incident at a 2002 conference in which he allegedly physically attacked a colleague. However, there is said to be little supporting evidence for these charges and it is thought that his arrest was motivated by a 28 February 2005 article posted on the Tunisnews website in which he ironically compared Tunisian President Ben Ali to Israeli Prime Minister Ariel Sharon.

The sentences totalling three and a half years were upheld on appeal on 11 June 2005.

According to PEN’s information, there have been numerous reports of ill treatment of Abbou by prison guards and fellow prisoners since 2 March 2006. There are serious concerns about Abbou’s deteriorating conditions of detention and reports that his family is now also under sustained harassment by the Tunisian authorities. His wife and children have reportedly been harassed, physically attacked and placed under constant police surveillance.

International PEN considers Mohammed Abbou to have been targeted by the Tunisian authorities solely for peacefully exercising his right to freedom of expression as guaranteed by Article 19 of the United Nations Universal Declaration of Human Rights, to which Tunisia is a signatory. International PEN therefore calls upon the Tunisian authorities to quash the prison sentences handed down to Mohammed Abbou and to release him immediately and without conditions.

RECOMMENDED ACTION

Please send appeals to arrive on 1 March 2007:

Protesting the continued detention of Mohammed Abbou solely for legitimately exercising his right to free expression by posting articles on the Internet;

Condemning the apparent lack of transparency of his trial during which no plea was taken by the defendant, nor any witnesses questioned;

Calling for Mohammed Abbou’s immediate and unconditional release, and the end to the harassment campaign against him and his family.

Appeals to:

Président Zine El Abidine Ben Ali
Président de la République
Palais Présidentiel
Tunis
Tunisie
Fax: +216 71 744 721

M. Rafik Belhaj Kacem
Ministre de l’Intérieur
Avenue Habib Bourguiba
1001 Tunis
Tunisie
Fax: +216 71 340 888
Email: mint@ministeres.tn

M. Bechir Takkari
Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme
31, Av. Bab Benat
1006 Tunis La Kasbah
Tunisie
Fax: +216 71 568 106
Email: mju@ministeres.tn

Also send copies if possible to:
• The Tunisian representative in your country
• The Tunisia Desk officer at your government’s Foreign Office
• Your country official representative in Tunisia

For further details contact Cathy McCann, 50/51 Brownlow House, High Holborn, London WC1V 6ER, United Kingdom, Tel: +44 (0) 20 7405 0338, Fax: + (0) 20 7405 0339. Email: Cathy.McCann@internationalpen.org.uk

**The information contained in this autolist item is the sole responsibility of WiPC**

UncategorizedFebruary 24, 2007 2:40 pm


L’écrivain Taoufik Ben Brik dénonce la disparition des lieux de parole et d’écriture dans son pays
Qui écrit encore à Tunis ?
LE MONDE DES LIVRES | 22.02.07 |  

Jusqu’au quart de siècle dernier, le siècle des siècles, les caïds étaient légion à Tunis.

Ali Chewereb, Kamel M’bassia, Ouled Hnifa… Ils régnaient sur des quartiers populaires. Halfaouine, Bab Souika, Bab Jedid…
Ils mettaient une certaine agitation dans notre ville. Chicago n’était pas très loin.
Paraître était un devoir. Le Tunisois, même pauvre, pouvait tout perdre à une table, sauf sa gaîté. Il tirait sur la corde en pensant : "Demain, Allah le débrouille…". C’était l’époque où l’on avait parfois rayé Dieu de la carte du ciel, mais où on croyait encore au diable. Salah Garmadi, le plus tunisois des écrivains tunisois écrivait : "Le garçon se met à ranger les chaises de la terrasse, aperçoit de nouveau le mendiant et lui fait :
- Tu es encore là, toi ! Arrête ton éternel "Pour l’amour d’Allah !". Qu’est-ce que tu veux encore ? Que je te donne ma tête à bouffer ou quoi ? Je n’ai plus rien à t’offrir, mon vieux, sauf peut-être ce fond de verre de vin.
- Oui, donnez-le-moi, pour l’amour d’Allah !
- Comment ! Le vin aussi, c’est pour l’amour d’Allah ! ?
- Vous allez le jeter, non ? Alors tant qu’à faire, il vaut mieux le jeter dans la bouche plutôt que par terre, vous ne trouvez pas ?
Le mendiant arrache le verre de la main de l’hilare garçon, en ingurgite le contenu rosé et se pourlèche les lèvres !
- C’est bon ! C’est très bon ! Merci Allah."
A l’époque le Tunisois faisait le siège des femmes et portait un fauve pour faire la java. Il ne pensait qu’à mettre un animal dans les draps de ses conquêtes. Jouer à "la brute" avec des gamines de bonne famille ne l’empêchait pas d’être un bon père. Il était capable de traverser quatre pays pour faire "manger sa marmaille".
Un excès de vie s’abritait dans le ventre de ces citadins voraces, capables à eux seuls de faire flamber toute la ville. Partout Tunis s’amusait. La Marsa, Sidi Bou Saïd, l’Ariana, Jebel Lahmar…
Errboukh, la Zerda, l’archi-fiesta durait trois jours et trois nuits. Le baroud tonnait pour annoncer l’apothéose des réjouissances. La place se remplissait de convives, ils se déversaient en poussant des cris de joie et en dansant le Fazani Mertah.
C’était quand la dernière Zarda à Tunis ? La dictature a servi de clap de fin à des années d’insouciance, de dolce vita. La saveur des choses, paraît-il, n’est plus la même.
Tunis avait tenu son rang au grand concert du plaisir. Le ciel faisait à la ville un habit de lumière. Elle avait glissé deux cartes maîtresses dans sa manche azur. Sur la première, quatre couronnes : Carthage, Rome, Bagdad, Paris. Cet atout écartait Tunis de la province pour longtemps. Les racines de la ville s’abreuvaient au meilleur sang. Sur la seconde, la reine, mer Méditerranée. Les longs plis de sa robe formaient autour de la ville un cercle bleu et immobile. A l’intérieur de ce cercle, le temps semblait passer moins vite. Il fallait plus de cent ans pour épuiser un siècle.
Tunis joue les prolongations, la lenteur. Elle se farde, se repoudre, se redore, elle s’étire au soleil. Elle déguste à petites gorgées la fin d’une époque. Dans une maison près du port de plaisance de Sidi Bou Saïd, de gros bébés échangent quelques propos au fond de leurs berceaux. Ils rêvent à haute voix d’Ali Baba et des quarante voleurs : leur babil inventera des noms étrangers. Hannibal, Jughurta, Al Kahina, Salambo. La guigne marche sous les voûtes de son sésame. Tous les tonneaux sont vides. On réussit pourtant à tirer une dernière bouteille de vin. Sur l’étiquette, il est écrit : Autrefois.
La dernière fiesta de Tunis fut un enterrement. Personne ne s’y trompa. Le jour qui se leva sur les invités du palais de Carthage eut les couleurs d’un suaire. Il n’éclaira que des visages de cire. Il n’y eut pas de temps à perdre. Tunis se décomposa. Il fallut l’enterrer au cimetière El Jallaz.
Tunis se tasse sous un soleil africain, venu après le sirocco de la nuit. La lumière détaille son abandon.
Allongée dans sa tombe de lumière, Tunis se fane. Elle a la beauté des jeunes veuves ou des femmes abandonnées. Les Phéniciens, les Romains, les Arabes, les Normands l’ont autrefois couverte d’or et de céramique. Ils ont accroché sur son buste des palais et des Colisée. La ronde infinie des soupirants semble pourtant ne jamais devoir finir. Flaubert se jette à ses pieds avec sa prose. Pour elle, Mahmoud Darwich a oublié sa Palestine. Cette croqueuse de talents est loin d’être une sainte-nitouche et elle s’affiche encore avec des puissants personnages en costume sombre et se roule sans pudeur dans leur lit. Elle a connu l’argent, la force, l’esprit, la canaille. Mais la mauvaise affaire de sa très longue vie, elle l’a connue avec un homme trapu, aux cheveux gominés.
Le gominé éclipsa tous les autres. Il périmait les plus modernes, déclassait les plus élégants, condamnait ses successeurs à n’être que des ayants droit.
Le président Ben Ali a mutilé l’organe le plus précieux des Tunisois : la langue.
Plus de cris ni de chuchotements, juste des grognements de muets. L’âme de Tunis a été brisée sur un récif d’acier. Il n’y a plus de théâtre, plus de poésie, plus de roman, plus de musique, plus de danse. Un nulle part au sud. Qu’est devenu Mohamed Guerfi, le plus grand musicien tunisien, l’égal des frères Rahabani ? Interdit de festival pour son franc parler légendaire. Depuis six ans, il ne vit plus de sa musique. Il est contraint de brader ses biens pour survivre.
Qu’est devenue cette conscience morale qu’était la troupe du Nouveau Théâtre de Fadel Jaïbi et Fadel Jaziri ? A chaque nouvelle représentation, elle attirait des spectateurs de Suède, du Liban, du Maroc, d’Egypte. Qu’est devenu le plasticien Habib Chebil ? Qu’est devenu Ouled Ahmed, le poète du vin et de l’amour ? Il n’écrit plus.
Mais qui écrit encore à Tunis ? Se balader du côté des bars, des cafés tels que l’Univers, le Florence, la Rotonde, le Kilt, c’est entrer dans le monde des ex. Ex-journalistes, ex-écrivains, ex-comédiens. Les anciens temples de la parole et de l’écriture ont été brûlés en fumée de pétard. Les survivants de cette fellouja ont vendu leur âme ou se sont exilés dans d’autres langues.
Ce Tunis doit tout à Ben Ali. Il est son professeur et lui a appris à se déposséder de sa mémoire. Et c’est la fin de la fin, le coup de grâce. Seules des silhouettes immobiles animent encore cet univers de cénotaphe. Des femmes au sourire de marbre, des vierges à l’abdomen de carton, empaillées. La nature achève le travail du temps et tord le cou à ces frêles beautés. Mais alors, dites-moi, que nous reste-t-il de ce Tunis disparu ?
Quelque chose qui, assurément, est plus beau que la gloire de ces époques si vite enfouies, plus beau que la vie même : la prière de l’absent.
Taoufik Ben Brik est journaliste et écrivain tunisien.
Taoufik Ben Brik
Article paru dans l’édition du 23.02.07
UncategorizedFebruary 23, 2007 1:38 pm

Un diplomate tunisien en fuite sera jugé aux assises pour "tortures"

LE MONDE | 22.02.07 |

Contre l’avis du parquet et la bienséance diplomatique, un juge d’instruction de Strasbourg a décidé, le 16 février, de renvoyer devant la cour d’assises du Bas-Rhin Khaled Ben Saïd, ancien vice-consul de Tunisie dans la ville.

Visé par un mandat d’arrêt international depuis cinq ans et toujours en fuite, cet ancien policier est soupçonné d’avoir soumis Zoulaïkha Gharbi, 43 ans, à des actes de torture et de barbarie, les 11 et 12 octobre 1996, dans les locaux du commissariat de Jendouba, en Tunisie. Entre ces mêmes murs, son mari avait subi un sort identique en 1991. Il était soupçonné d’appartenir à un cercle religieux interdit.

Le 17 janvier, le parquet de Strasbourg avait pourtant signé un surprenant réquisitoire aux fins de non-lieu. Il estimait que certains éléments de l’enquête - la détention de Mme Gharbi n’a duré que 24 heures, des témoignages estimés insuffisants sur son état à la sortie, et l’absence de certificat médical - n’allaient pas "dans le sens d’actes d’une gravité exceptionnelle et de douleurs et souffrances "aiguës"".

Selon son propre récit, Mme Gharbi a été giflée, a subi des attouchements, puis a été suspendue à une barre de fer posée entre deux tables dans la position dite du poulet rôti. Elle a été alors frappée à la plante des pieds, pincée et griffée sur tout le corps (Le Monde du 17 juin 2006).

Le juge d’instruction Philippe Jaegle et son prédécesseur ont rencontré bien des obstacles au cours de l’enquête. Le vice-consul est parvenu à quitter la France avant son placement en garde à vue, en raison de la négligence des policiers, qui ont cru bon de le prévenir par téléphone, en novembre 2001, lors de l’ouverture de l’enquête. Autre mauvaise surprise : la commission rogatoire internationale, transmise aux autorités tunisiennes, est restée totalement sans réponse.

"C’EST UN SOULAGEMENT"

L’enquête aurait pu définitivement être compromise, si un témoin sous "X…" n’était apparu dans la procédure en juin 2006. Il s’agit d’une personne qui partageait le logement de Mme Gharbi au moment des faits et l’avait vue revenir du commissariat, traumatisée.

Aujourd’hui, les époux Gharbi se réjouissent du renvoi devant la cour d’assises de M. Ben Saïd - qui risque trente ans de réclusion -, malgré les répercussions négatives possibles pour leurs proches restés en Tunisie. "C’est un soulagement, après toutes ces années, dit Mouldi Gharbi. Si un homme ayant commis de tels crimes était resté impuni, cela aurait incité d’autres personnes à poursuivre ces atrocités." L’avocat du couple, Me Eric Plouvier, se félicite, pour sa part, que "cette plainte ait pu aboutir, en dépit des obstacles rencontrés et des difficultés de la justice à traiter ces affaires atypiques ayant trait à la compétence universelle. Ben Saïd est en fuite, mais il est enfermé en Tunisie. La raison d’Etat diplomatique ne l’a pas emporté."

Piotr Smolar

Article paru dans l’édition du 23.02.07

UncategorizedFebruary 22, 2007 12:50 am

Dictature tunisienne. Les apologistes du régime de Ben Ali continuent de prétendre que celui-ci s’est engagé dans la bonne direction, qu’avec un peu de patience on verra enfin surgir en Afrique du Nord une vraie démocratie. Ces espoirs sont sans cesse démentis par la réalité, comme le rappelle cette dépêche de Reuters du 17 février, qui relate qu’une cour tunisienne a interdit à la Ligue des droits de l’homme de tenir une conférence. Le même jour, selon d’autres sources, une autre cour a obligé les journalistes et les parents de quatorze inculpés pour « terrorisme » de quitter l’enceinte du tribunal. Le président de cette cour n’est autre que le juge Tarek Braham, qui a été « désigné » comme président de l’Association des magistrats, après que le bureau légalement élu ait été démis par les autorités. Ceux qui veulent en savoir un peu plus sur le régime ubuesque qui règne à Tunis, avec l’appui déclaré du gouvernement français, pourront lire, dans Le Journal (3 février), hebdomadaire francophone marocain, l’article de Catherine Graciet, « Le régime de Ben Ali à la dérive ». En voici la conclusion :

« Pour se maintenir en poste, le président Ben Ali a mis en place un système répressif digne de l’ex-Allemagne de l’Est : 140 000 policiers (pour 10 millions d’habitants), des indicateurs par centaines de milliers et des comités de quartiers où les citoyens se surveillent eux-mêmes. Ce système a aussi permis à Ben Ali de faire croire qu’il était un rempart contre l’islamisme. Un argument mis à mal par l’attentat de Djerba en 2002 (15 morts dont 11 touristes) et les récents affrontements entre des islamistes armés et des forces de l’ordre dans la banlieue de Tunis. Un argument maintenant périmé au vu de l’islamisation rapide de la société tunisienne qui s’explique notamment par l’absence de libertés et la perte des valeurs traditionnelles (cf. interview de Moncef Marzouki). « Ce retour à la religion se nourrit aussi de la situation en Irak et en Palestine, largement relayée par les chaînes satellitaires arabes. Les Tunisiens se perçoivent d’une part comme une citadelle assiégée et, d’autre part voient le régime de Ben Ali comme un allié des Etats-Unis et de l’Occident », souligne Pierre Vermeren. Une situation délicate pour le président Ben Ali qui tient exclusivement par son emprise sur l’appareil policier. Dans un pays en cours de ré-islamisation dont l’économie s’enrhume, il ne bénéficie plus de légitimité politique et encore moins d’une légitimité religieuse. »

http://blog.mondediplo.net/-Nouvelles-d-Orient-

UncategorizedFebruary 21, 2007 2:16 pm
Je vote pour Ben Ali parce qu’il gère le pays sans accroc. A coups de pied.
En 2009, je «vote» pour Ben Ali
Par Taoufik BEN BRIK
QUOTIDIEN : mercredi 21 février 2007 
«Est ce que Ben Ali est partant en 2009 ?­ Oui… il est partant pour un autre mandat.»Par les temps qui courent, la frustration accumulée, la dignité bafouée, les Tunisiens n’ont que le sarcasme pour précipiter ce qui sera dit plus tard. Le regard de la rue, ce moulin à rumeurs, se révèle toujours pénétrant, et c’est pourquoi, si souvent, il tape en plein dans le mille.
Grâce à la nouvelle Constitution, refondée en mai 2002, «le président de la République est rééligible». Résultat, Ben Ali, dont le troisième mandat se terminait en 2004, pourrait se présenter au moins encore deux fois. Ainsi, Ben Ali nous condamne à supporter son Olympe. Il s’est muré vif, et nous avec, dans ce sarcophage qui lui donne les suprêmes pouvoirs et une immunité intemporelle. Un superprésident. El Président. L’immortalité au bout.
Ben Ali est maître d’un pouvoir au-delà de toute Constitution. Et c’est ce qui anime ma passion. Je suis fan. C’est mon Maradona. Mon Marlon Brando. Ma Maria Callas.
Je ne sais pas pourquoi, on en fait des histoires de ses scores de mutant (99,99 %). On oublie toujours que Ben Ali a la structure mentale d’un athlète de haut niveau. D’un recordman. Un Bubka. Un Carl Lewis. A chaque rendez-vous, il se doit de battre son propre record. Il ne se disperse pas. Il n’a pas mille et une destinations. Sa seule ambition (son dream ) est de tendre comme un arc son pouvoir, qui est déjà absolu, jusqu’à atteindre l’au-delà du Reich.
Je «vote» pour Ben Ali parce qu’il est le Tunisien le plus cohérent. Il ne s’est jamais départi de ses positions. Il orchestre depuis son accession, avec la même baguette. Voici votre part : la vie à crédit. Je me contente du reste. Il a gardé pour lui la liberté d’expression, la liberté d’organisation, l’indépendance de la justice, l’alternance. La vie comme une créance enfermée à double tour.
Ben Ali se meut à l’aise. Tunis est restée tout entière entre ses mains. Il n’a pas de crampes. Le pays marche. Sans gazole.
Je vote pour Ben Ali, parce que, excepté les mois de liesse où des enfoirés remontent la presse étrangère contre lui, il a su remettre à leur place les commerçants, les imams et la petite bourgeoisie scolarisée.
Il s’est aperçu que mieux vaut s’allier avec les grandes fortunes que de les voler. Ce qui l’intéresse chez les bourgeois, ce ne sont pas leurs bonnes manières mais leurs facultés à transformer le pouvoir en argent.
Je vote pour Ben Ali, parce qu’il gère le pays sans accroc. A coups de pied. Il a affaire à une ménagerie docile : des islamistes timorés, des staliniens préhistoriques, des trotskistes alcooliques, des nationalistes qui ont le Livre vert de Kadhafi sur la commode, un ramassis de régionalistes et des petits chefs de bande sans passion ni patience. Ils se bourrent d’amphétamines. Ils montent des plans foireux, créent des partis sans partis, rêvent d’une invitation au palais et veulent léguer à leurs petits-enfants le titre de vizir. Ces collabos de la première heure et opposants de la vingt-cinquième heure ont besoin d’une bonne cuite. Tu ne peux rien tirer d’eux tellement ils sont lisses, sauf peut-être une photo de groupe bien retouchée. Il suffit de vociférer à leur encontre : «Rentre» pour avoir la paix.
Je vote pour Ben Ali, par manque d’êtres qui vibrent, qui bravent le danger, la cruauté, la haine, le malheur, et ramènent le pays au pays. Je vote pour Ben Ali. C’est ma crapule, l’ignoble père Karamazov, cette canaille raffinée. Et, nous tous, nous sommes ses fils, Aliocha, Ivan et Dimitri ses victimes et ses parricides. Tyrannicides ? Pauvres Gens de Dostoïevski…
Auteur de Ben Brik président suivi de Ben Avi la momie . Exils (2003).
UncategorizedFebruary 20, 2007 1:06 pm
شاب تونسي يضرم النار في نفسه من اليأس أمام قصر الرئاسة بقرطاج

محمد بن غرسالله هو شاب تونسي من مواليد 1972 بالشراردة، انقطع عن الدراسة في السنة الخامسة من التعليم الثانوي وبقي عاطلا عن العمل لسنوات طويلة. خطب فتاة منذ ثماني (8) سنوات، لكنّه لم يتمكن من الزواج منها بسبب البطالة. أعطاه عمّه قطعة أرض فلاحية بها 100 شجرة زيتون من أجل مساعدته على الخروج من الفاقة. قدّم محمد بن غرسالله مطلب قرض في 100 ألف دينار إلى البنك الوطني الفلاحي من أجل بعث مشروع، إلا أنّ مطلبه قوبل بالرفض بتعلة أنّ المبلغ كبير ولا يناسب قيمة العقار (قطعة الأرض) الذي قدّمه كضمانة للقرض. و لمساعدته على الحصول على القرض أعطاه أبوه قطعة أرض أخرى مساحتها بين 8 و10 هكتارات، فقدّم محمد بن غرسالله مطلب القرض من جديد وبقي ينتظر حتى أعلمه البنك يوم 31 جانفي برفض مطلبه مرة ثانية.

توجّه الشاب يوم الإثنين 12 فيفري 2007 إلى العاصمة حاملا معه ملفه قصد مقابلة وزير الفلاحة ليطرح عليه مشكلته، لكنّه لم يتمكن من مقابلته وكل ما حصل عليه هو مقابلة أحد الموظفين بالوزارة الذي قال له أنّه لا يمكنه مساعدته في شيء. فما كان منه إلا أن توجه في اليوم الموالي، أي الثلاثاء 13 فيفري، إلى قصر قرطاج حيث مكث طيلة اليوم أمام القصر طالبا من الحراس تمكينه من مقابلة الرئيس بن علي دون جدوى. وكان يعود أمام القصر كلما أبعده الحراس، وقد دام ذلك كامل اليوم.

عاد محمد بن غرسالله من الغد أمام قصر قرطاج، وأغلق هاتفه النقال على عكس اليوم الأول حيث تمكن أخوه من مخاطبته عديد المرات. وتفيد المعلومات التي تحصلت عليها عائلته من طرف الشرطة، أن محمد حمل معه يومها قارورة بنزين وهدّد بحرق نفسه إذا لم يستجب الأعوان إلى طلبه. وأمام إصرار هؤلاء على منعه من مقابلة بن علي، شرب نصف القارورة ثم سكب نصفها الآخر على جسمه وأضرم النار في نفسه ممّا أدى إلى وفاته.

وعلى إثر الحادثة اتصل أعوان الأمن بعائلته وأجرت شرطة المرسى بحثا مع شقيقه الأكبر لمعرفة هل أنّ الضحية كان يعاني من أمراض عصبية أو نفسية، فأجابهم بالنفي وأكد أنّ أخاه كان في صحة جيدة، وكل ما كان يعاني منه هو البطالة ورفض مطلب القرض.

تسلمت العائلة جثة ابنها يوم الجمعة الفارط في مستشفى شارل نيكول بالعاصمة، وقد لاحظت أنها تحمل حروقا عديدة. وتم الدفن يوم السبت ظهرا بالشراردة.

لقد أصيبت عائلة الضحية بصدمة كبرى من جراء ما حدث لابنها وهي اليوم تطالب بفتح تحقيق للوقوف على ظروف وفاته.

إن هذه المأساة ليست سوى شهادة إضافية لليأس الذي يعاني منه شبابنا جراء السياسة الاقتصادية الفاشلة والمدمرة التي تتبعها سلطة 7 نوفمبر. وهي ليست المرة الأولى التي يلجأ فيها مواطن إلى إضرام النار في نفسه من جراء البطالة وانسداد الآفاق، فكلنا يتذكر مأساة علي الورغي الذي أضرم النار في نفسه يوم 13 مارس 2006 أمام معتمدية ماطر ومات هو الآخر متأثرا بحروقه بعدما يئس من الحصول على شغل يمكنه من إعالة أطفاله الأربعة.

Source: Al-Badil express.

UncategorizedFebruary 18, 2007 1:55 pm
Tunisie: l’Injustice tunisienne annule la convocation d’un congrès de la LTDH
TNA (17/02/07) 

 

Suivant les instructions du Palais de Carthage, un juge-marionnette  a annulé samedi la convocation du congrès national de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), à la suite de recours introduits par des agents à la solde du régime mafiocratique en place depuis le 7 novembre 1987.

 

Cette décision a été rendue par ce qu’un satiriste tunisien a qualifié de "Chambre incivile du Tribunal de Première Insolence de Tunis", plus d’un an après le début des poursuites engagées contre la direction de la Ligue accusée d’"abus de pouvoir et violation des règlements" de l’association.

Ce jugement inique de l’affaire intervient après la suspension par un jugement en référé des préparatifs du 6ème congrès de la Ligue initialement prévu le 9 septembre 2005.

Les plaignants, recevant les ordres directement des officines du Palais de Carthage, reprochent au comité directeur de la Ligue d’avoir procédé à une restructuration sur des bases politiques pour éviter les infiltrations des agents doubles travaillant pour le réigime tunisien.

La direction de la LTDH de son côté accuse le pouvoir d’avoir provoqué la contestation dans ses rangs, mais les autorités ont indiqué n’avoir "rien à voir avec les affaires intérieures" de la Ligue, affirmant qu’elle est en proie à un conflit interne.

Chef de file des marionnettes du général Ben Ali, Me Ben Younes a exprimé sa satisfaction après le verdict: "la justice tunisienne est prévisible et le jugement ne pouvait pas être en notre défaveur", a-t-il indiqué samedi à la TNA.

"Maintenant que l’affaire a été jugée sur le fond, la direction de la Ligue est tenue d’accepter l’adhésion des agents doubles comme moi" qu’elle avait prises en préparation du congrès, a-t-il ajouté. "A défaut de solution pratique, nous serons amenés à oeuvrer à la nomination d’un administrateur judiciaire pour que la ligue devienne une vraie OVG [ Organisation Vraiment Gouvernementale]", a-t-il dit.

Le président de la Ligue, Mokhtar Trifi, a déclaré de son côté qu’il n’était "nullement surpris par le verdict émanant d’une justice instrumentalisée", qualifiant le jugement d’"anachronique, puisque le congrès a été déjà interdit à deux reprises par la force".

Doyenne des organisations de défense de droits de l’homme dans le monde arabe et en Afrique, fondée en 1977, la LTDH se retrouve pratiquement paralysée suite à la dure répression du régime mafio-policier tunisien.