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TNA (TUNeZINE News Agency) - Le porte-parole du Ministère de l’intérieur, Monsieur Lakhdhar Bouzollat, vient de déclarer au cours d’une conférence de presse qu’" en vertu d’un arrêté du Ministre de l’Intérieur, daté du 1er mars 2006, le mensuel français Le Monde Diplomatique du mois de mars 2006 sera interdit de vente sur tout le territoire de la République Tunisienne.
Il a précisé que cette interdiction "n’a rien d’arbitraire". En effet, Le Monde Diplomatique du mois de mars 2006 contient deux articles "de nature à troubler l’ordre public", intitulés " La longue descente aux enfers de la Tunisie" et "Une école à la dérive", signés respectivement par Kamel Labidi et Néziha Réjiba, alias Om Zied.
En outre, Monsieur Bouzollat a déclaré: " Nous tenons à présenter nos excuses aux abonnés du Monde Diplomatique en Tunisie. Tous les numéros du mois de mars de ce mensuel, envoyés par voie postale, seront automatiquement saisis par le bureau de la Sûreté de l’Etat du Centre de Tri Postal de Tunis-Carthage".
Au nom de TUNeZINE, je lui ai posé la question suivante:" Les abonnés privés de leur numéro de mars auront-ils droit à un dédommagement de la part de l’Etat?". Le porte-parole a répondu que "les lois et les réglements en vigueur ne prévoient présentement aucun dédommagement."
Un correspondant étranger voulait savoir si les diplomates étrangers accredités à Tunis, abonnés au Monde Diplomatique, étaient concernés par cette mesure de censure. Le porte-parole, évitant les formules de courtoisie diplomatique d’usage, a répondu d’une façon on ne peut plus claire:
" Cet arrêté d’interdiction et de saisie s’applique à tout le monde, qu’il soit jardinier d’ambassade ou ambassadeur. D’ailleurs, notre Ministère a causé, il y a quelques années, un incident diplomatique entre la Tunisie et la Russie: Certains numéros du Monde Diplomatique, adressés par voie postale à l’ambassadeur russe à Tunis, avaient été saisis par la Sûreté de l’Etat."
Empruntant des termes médicaux, Monsieur Bouzollat a ajouté dans un langage peu diplomatique: " Nous opérons toujours sans anesthésie et nous n’adminsitrons jamais des sédatifs postopératoires. Ici au Ministère de l’intérieur la diplomatie nous est une affaire étrangère. C’est, comme vous les savez, l’affaire des Affaires Etrangères."
Enfin, le porte-parole de l’Intérieur a essayé dédramatiser cette nouvelle affaire de censure: " Ce n’est pas une affaire d’Etat. Ceux qui désirent vraiement lire les articles de Kamel Labidi et Néziha Réjiba n’ont qu’à demander à leurs amis à l’étranger de les leur envoyer par e-mail . Je dois rappeler, aussi, que TUNISNEWS a publié les deux articles litigieux dans sa livraison du 2 mars 2006. L’adresse internet est www.tunisnews.net"
"Mais le site de TUNISNEWS est censuré en Tunisie !", a protesté un des journalistes tunisiens présents à conférence. Au lieu de répondre à cette question-piège, Monsieur Bouzollat s’est mis à griffonner quelques mots sur un bout de papier qu’il a ensuite glissé dans la poche du journaliste contestataire !
Tous les présents, gorilles et journalistes, étaient intrigués par ce geste inhabituel. La clef du mystère gît dans un lapsus, commis par le petit commis de l’Etat:
- A notre proxy rendez-vous, chers Messieurs !
