Tunisie: l’Injustice tunisienne annule la convocation d’un congrès de la LTDH
TNA (17/02/07) 

 

Suivant les instructions du Palais de Carthage, un juge-marionnette  a annulé samedi la convocation du congrès national de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), à la suite de recours introduits par des agents à la solde du régime mafiocratique en place depuis le 7 novembre 1987.

 

Cette décision a été rendue par ce qu’un satiriste tunisien a qualifié de "Chambre incivile du Tribunal de Première Insolence de Tunis", plus d’un an après le début des poursuites engagées contre la direction de la Ligue accusée d’"abus de pouvoir et violation des règlements" de l’association.

Ce jugement inique de l’affaire intervient après la suspension par un jugement en référé des préparatifs du 6ème congrès de la Ligue initialement prévu le 9 septembre 2005.

Les plaignants, recevant les ordres directement des officines du Palais de Carthage, reprochent au comité directeur de la Ligue d’avoir procédé à une restructuration sur des bases politiques pour éviter les infiltrations des agents doubles travaillant pour le réigime tunisien.

La direction de la LTDH de son côté accuse le pouvoir d’avoir provoqué la contestation dans ses rangs, mais les autorités ont indiqué n’avoir "rien à voir avec les affaires intérieures" de la Ligue, affirmant qu’elle est en proie à un conflit interne.

Chef de file des marionnettes du général Ben Ali, Me Ben Younes a exprimé sa satisfaction après le verdict: "la justice tunisienne est prévisible et le jugement ne pouvait pas être en notre défaveur", a-t-il indiqué samedi à la TNA.

"Maintenant que l’affaire a été jugée sur le fond, la direction de la Ligue est tenue d’accepter l’adhésion des agents doubles comme moi" qu’elle avait prises en préparation du congrès, a-t-il ajouté. "A défaut de solution pratique, nous serons amenés à oeuvrer à la nomination d’un administrateur judiciaire pour que la ligue devienne une vraie OVG [ Organisation Vraiment Gouvernementale]", a-t-il dit.

Le président de la Ligue, Mokhtar Trifi, a déclaré de son côté qu’il n’était "nullement surpris par le verdict émanant d’une justice instrumentalisée", qualifiant le jugement d’"anachronique, puisque le congrès a été déjà interdit à deux reprises par la force".

Doyenne des organisations de défense de droits de l’homme dans le monde arabe et en Afrique, fondée en 1977, la LTDH se retrouve pratiquement paralysée suite à la dure répression du régime mafio-policier tunisien.