En Tunisie c’est le printemps:

Une valse (politique) à quatre temps

 

On dit q’une hirondelle ne fait pas le printemps. Mais si ces hirondelles sont quatre, qui peut encore douter que le printemps soit déja là ? La Tunisie est, apparemment, en train de vivre un printemps politique unique et fantastique. Pour en donner le ton, le régime a joué, au bonheur de tous, une valse à quatre temps. En effet, quatre événements politiques majeurs viennent de concrétiser la surprenante ouverture du régime tunisien. Il ne s’agit plus, comme dans le passé, d’actes d’apaisement destinés à la presse étrangère mais de décisions courageuses mettant fin au verrouillage du système:

1 - Il y a quelques semaines, la femme du journaliste Mohamed Fourati, qui vit actuellement au Qatar, a obtenu son passeport malgré la condamnation de son mari à 14 mois de prison par un tribunal de Gafsa. Non seulement elle a eu son passeport mais - chose incroyable ! - elle a pu prendre l’avion pour rejoindre son mari.Toute la société civile a applaudi ce premier signe d’ouverture.

 

2 - Le régime a finalement donné le feu vert pour le mariage de Nidhal Maâtar, le fils de l’avocat militant Abdelwahab Maâtar. En effet, le propriétaire de la salle des fêtes où s’est déroulé le mariage a été, après des semaines de tergiversations, autorisé par les autorités à louer son local à la famille opposante. Cet acte de bonne volonté de la part des autorités a été salué par toutes les mouvances politiques du pays.

3 - Le journaliste Omar Mestiri, qui a été récemment interrogé, en présence de ses avocats, par un juge d’instruction au sujet d’un article publié sur Kalima, n’a été ni arrêtée ni torturé par la police politique. Même pour les militants purs et durs, il s’agit d’un changement radical dans l’attitude des autorités face aux journalistes "subversifs". L’époque où l’on tirait sur les journalistes - cas de Ryadh Ben Fadhl, blessé par deux balles- est révolue à jamais. Je ne peux qu’applaudir ce grand bond en avant.

4 - Les fiançailles de Chadia Ayyadi, la fille de l’avocat opposant Abderraouf Ayyadi, n’ont été ni interdites par les autorités ni perturbées par les voyous des Services Spéciaux. La magnanimité du régime est allée jusqu’à l’envoi d’agents en civil pour veiller au bon déroulement de la fête. Le fait le plus frappant était, sans doute, l’autorisation d’un rassemblement de militants et de militantes, invités à fêter l’heureux événement avec la famille Ayyadi. Un militant a proposé l’evnvoi d’un télégramme au Palais de Carthage pour le remercier d’avoir autorisé la tenue de ce rassemblement festif à la limite de la légalité mais cette idée n’a par été retenue par la majorité car il fallait attendre l’autorisation du mariage pour confirmer le commencement d’une ère nouvelle.

" La Tunisie chante et danse" (1) ? Aujourd’hui je dirais même qu’elle est entrée en transe…

1- " La Tunisie chante et danse" est le titre d’une emission réalisée, il y a quelques années, par Fréderic Mitterand, un journaliste français qui nourrit une folle passion pour la Tunisie.

 

O.K.