FictionMay 30, 2007 1:23 pm

Le procès du siècle

  Aujourd’hui 7 novembre 2010 s’ouvre à Tunis ce que la majorité des journaux tunisiens appellent le procès du siècle. Ce procès, les Tunisiens l’ont attendu pendant un an.  Sept juges d’instruction enquêtant sept jours sur sept, secondés par sept secrétaires de justice ont travaillé d’arrache-pied pour boucler une affaire qui nécessita la convocation de pas moins de mille témoins, la saisie et la consultation de milliers de pages de documents et d’archives. A lui seul, l’acte d’accusation compte plus de dix milles pages.

  L’accusé s’appelle Zine El Abidine Ben Ali. Ayant été le maître absolu de la Tunisie pendant 22 ans (1987-2009), la nouvelle de son arrestation et de son inculpation, au début du mois de novembre 2009, fit le tour du monde. Enfin un ex-dictateur jugé par la justice de son pays. Une justice qui a  retrouvé son indépendance et sa sérénité.

 

L’accusé fut placé dans une cellule individuelle « pour sa propre sécurité », selon une source judiciaire. Pourtant, ce prisonnier « de luxe » n’eut droit à aucun privilège rattaché à ses anciennes fonctions. Toutefois un petit détail se transforma en une bataille juridique entre l’administration pénitentiaire et ses sept avocats. Pour la première fois, depuis l’instauration de la démocratie et l’amélioration des conditions de détention, fut soulevée une question pertinente  : un prisonnier a-t-il ou non le droit de se teindre les cheveux ? Un couffin apporté à Zine par sa fille Cyrine contenait, en plus de la nourriture, tout le nécessaire à la teinture des cheveux. L’administration pénitentiaire saisit ce matériel suspect. Informés de l’incident, les sept avocats de Ben Ali intentèrent en urgence une action en justice attaquant la décision de l’administration pénitentiaire.  Ben Ali obtint gain de cause et l’administration pénitentiaire fut sommée par le juge de lui restituer ses « produits de beauté ». Ceux qui assisteront au procès aujourd’hui verront le Ben Ali de toujours, avec ses cheveux noirs gominés et son costume croisé inimitable.

  Toutes les grandes chaînes de télévision (BBC, CNN, Deutsche Welle, Rai, Al-Jazeerah etc.) ont envoyé des équipes techniques et des journalistes. Pourtant, il est peu probable que les magistrats qui jugeront Ben Ali acceptent la présence de caméras à l’intérieur du tribunal. Pas moins de 150 journalistes venus des quatre coins de la planète assisteront à ce mega-procès. Ne sachant pas Ben Ali aussi populaire, j’ai été surpris de croiser dans le hall de l’hôtel Abou Nawas un journaliste australien et même une journaliste chilienne.  
 
Au vu du nombre important de journalistes tunisiens et étrangers qui couvriront le procès, de la présence de dizaines d’observateurs représentant les organisations locales et internationales des droits humains, sans compter les représentants des ambassades étrangères à Tunis, le Ministère de la Justice a pris une décision unique dans l’histoire judiciaire de la Tunisie : Le procès se tiendra au Palais des Congrès de Tunis.

Alors que le journal Assabah  préfère la manchette : يــوم  الـــحـــســـاب (Le Jour du Jugement), le journal Le Temps d’aujourd’hui titre :

QUE LE SPECTACLE COMMENCE !

UncategorizedMay 28, 2007 3:34 pm

عائلة الطرابلسي تبحث عن بوليصة تأمين ضد غيوم المستقبل

أبو ظبي ـ وكالة تونيزين الأنباء ـ

 

محادثة بين ليلى الطرابلسي والشيخة فاطمة بنت مبارك

جرت يوم الأحد بقصر الإمارات بأبو ظبي محادثة بين ليلى الطرابلسي والشيخة فاطمة بنت مبارك أرملة حاكم الإمارات الأسبق زايد بن سلطان آل نهيان.

و تناولت المقابلةإمكانيات استثمار أموال الطرابلسي في الإمارات احتياطا للمستقبل. و تخشى ليلى الطرابلسي و عائلتها أن يؤدي أي تغيير مسقبلي في أعلى هرم السلطة إلى فقدان العائلات المقربة من بن علي لنفوذها و سطوتها و ربما حتى الأموال الطائلة التي كـدسـتـهـا خلال عقدين في ظل نظام عرف داخليا و خارجيا بفساده و محاباته للأقارب

Humour& humeurs 1:56 pm

- Pourquoi les les Tunisiens sont-ils plus chanceux que les Syriens?

Bachar Al-Assad est né le 11 septembre 1965 alors que ZABA est né le 3 septembre 1936.

***

- Pourquoi Leila Trabelsi visite-t-elle les Emirats Arabes Unis? (1)

Parce que celui qui ne prépare pas sa retraite pendant sa jeunesse, connaîtra une triste vieillesse.

***

- Un Tunisien vivant en Australie s’est trompé du nom du destinataire lorsqu’il a écrit une lettre au président de la République Tunisienne. Il a écrit sur l’enveloppe:

Son Excellence Monsieur Kamel Morjane

Président de la République Tunisienne

Palais de la Présidence, Carthage

2016 Carthage

Sa lettre lui a été renvoyée par le bureau de poste de Carthage avec le tampon suivant:

RETOUR A L’ENVOYEUR

RAISON DE RETOUR : N’habite pas encore à l’adresse.

1-

Samedi, 26 mai 2007

Arrivée de Mme Leila Ben Ali à Abou Dhabi pour participer au 3ème Congrès du Conseil supérieur de l’Organisation de la femme arabe

Mme Leila Ben Ali, épouse du Président de la République , est arrivée, samedi après-midi, à Abou Dhabi, pour participer au 3ème Congrès du Conseil supérieur de l’Organisation de la femme arabe, qui se tiendra dimanche, à la capitale des Emirats Arabes Unis, en présence des premières dames des pays membres de cette organisation.

L’épouse du Président de la République a été accueillie, à l’aéroport international d’Abou Dhabi, notamment, par Cheikha Fatma Bent Mbarek, présidente de la fondation émiratie pour le développement familial et présidente de l’Organisation de la femme arabe, ainsi que par Cheikha Chamma Ben Zayed, Chef de la délégation d’honneur de l’Etat des Emirats Arabes Unis et Mme Wadouda Badrane, directrice générale de l’Organisation de la femme arabe.

http://www.infotunisie.com/2007/05/260507-14.html

FictionMay 27, 2007 3:17 pm

L’éléphant blanc de Carthage

 

Quelle relation y a-t-il entre le département d’intelligence artificielle du MIT (Massachusetts Institute of Techology), le musée de Mme Tussaud à Londres et l’usine de robots Kawabata au Japon ? Répondre à cette question c’est divulguer un secret d’État, le secret d’État Numéro Un en Tunisie. À part le docteur Néjib Chater, le conseiller scientifique du président de la République, et la "présidente" Leïla, personne d’autre n’est au courant du projet Gamma. Le dictateur lui-même était dans le noir, et pour cause !

Il faut avoir l’intelligence, qui n’a rien d’artificiel, du docteur Chater et son imagination débordante pour concevoir un tel projet. Au Palais de Carthage, la nouvelle de la "mystérieuse maladie" du président n’est un mystère pour personne. Elle est arrivée jusqu’aux nettoyeurs des toilettes présidentielles. Mais le Docteur Chater cueillait les informations à la source, auprès des médecins du Palais. C’est la progression alarmante de la maladie qui a enflammé son imagination. C’était le moment ou jamais pour lui démontrer ses capacités scientifiques dormantes. Dès que son idée fut couchée sur le papier, il demanda une audience à la présidente. Celle-ci était curieuse de savoir ce que le " Monsieur Sciences" du Palais voulait d’elle.

Avant de lui exposer son projet audacieux, Néjib lui lut un passage d’une biographie de Bourguiba : " Mais elle [Wassila] sait aussi que le pouvoir qu’elle a progressivement acquis dans l’ombre, que ce rôle d’éminence grise qui la comble sans toutefois satisfaire complètement ses ambitions, dépendent de lui [Bourguiba] et de lui seul. Elle n’a d’autre légitimité que celle d’une épouse. Viendrait à disparaître celui dont elle porte le nom, elle ne serait plus rien, et a suffisamment d’ennemis pour craindre un sort un peu enviable." (1)

 

Leïla ne put retenir ses larmes en écoutant religieusement ce passage émouvant, lu par un scientifique déguisé en acteur. Il y a un proverbe anglais qui dit : "Il faut marteler lorsque le fer est encore chaud". Néjib choisit ce moment de faiblesse de la dame de fer de Tunisie pour la "marteler" avec son projet futuriste. Leïla, qui essuyait encore ses larmes de détresse, fut ravie par l’idée géniale du docteur Chater. Enfin, voilà un homme qui pense à l’avenir de son pays, un avenir qui pourrait être compromis par la disparition subite de son irremplaçable président. Leïla donna tout de suite son vert au projet et lui accorda un budget initial d’un million de dollars à titre de frais d’étude et de faisabilité.

C’est à partir de ce jour que commencèrent les navettes ultrasecrètes et incessantes du docteur Chater entre Tokyo, Boston et Londres. Tous les partenaires potentiels pressentis par Néjib acceptèrent de collaborer au projet, sauf un. Il s’agit du professeur Marvin Minsky, chef du laboratoire d’intelligence artificielle au MIT. Il dit à Néjib, pourtant son ancien élève, qu’il ne participerait jamais à un projet visant à perpétuer une dictature. Mais, heureusement pour l’avancement du projet Gamma, un des disciples du professeur Minsky, le docteur Hans Schleckenmacher, accepta de collaborer au projet avant-gardiste parrainé par la marraine de Carthage.

La première phase du projet s’était déroulée sans accrocs au Japon. L’usine Kawabata a fourni le robot demandé par le client au jour et à l’heure prévue. Un avion affrété par le docteur Chater a transporté le robot inanimé au musée Madame Tussaud de Londres. Là-bas des spécialistes de la confection de copies conformes de célébrités en cire recouvrirent le "squelette" du robot japonais de chair artificielle avant de le transférer à un autre atelier de finition où le robot devrait finalement avoir un aspect humain.

Le docteur Chater était tellement satisfait des résultats qu’il prit les premières photos du robot humanisé et s’embarqua dans le premier avion à destination de Tunis pour les montrer à la patronne. En voyant les photos, elle faillit s’évanouir. Le mannequin ressemblait tellement à l’original qu’on dirait la photo d’un clone !

Pourtant, le projet Gamma était loin d’être finalisé car les mouvements du robot étaient trop mécaniques et il était encore incapable de parler ou même de serrer la main d’un être humain. Il fallait le transporter sans tarder au laboratoire d’intelligence artificielle du MIT pour qu’on lui installe les logiciels capables d’harmoniser ses mouvements et simuler la voix de l’original. Bref, éveiller son âme encore dormante. Le docteur Schleckenmacher dit en plaisantant à son ancien collègue Néjib : " Simuler l’intelligence de Zaba est un jeu d’enfants pour moi !"

Personne ne sait quand et comment la communauté scientifique tunisienne avait eu vent du projet Gamma mais cette dernière a froidement accueilli ce nouveau miracle tunisien. "Nous n’avons pas besoin de cet éléphant blanc" , a commenté un professeur tunisien à l’ENIT (École Nationale des Ingénieurs de Tunis), "pour une dictature bien huilée comme la notre, une simple marionnette aurait suffi pour que le manège continue…"

S’il vous arrive, par hasard, de regarder les infos de Télé 7, faites bien attention aux images des activités présidentielles. Le Zaba-robot est peut être déjà sorti des caves secrètes du Palais de Sidi Bou Saïd.


1 - Sophie Bessis et Souhayr Belhassen - Bourguiba, tome II, Un si long règne 1957-1989. Editions Jeunes Afrique livres, 1989 ; page 103.   

Omar Khayyâm
15-01-2005 

Uncategorized 12:38 am
Cette torture que la justice ne saurait voir…
JEAN-NOËL CUÉNOD
26 Mai 2007

«Allez vous faire juger ailleurs!» Me François Membrez — vice-président de TRIAL, l’association suisse contre l’impunité — résume ainsi une décision que vient de prendre le Tribunal fédéral (TF) concernant son client Abdennacer Naït-Liman, un Tunisien qui a obtenu le statut de réfugié politique en Suisse, après avoir été torturé durant les quarante jours de sa garde à vue dans les bureaux du Ministère de l’intérieur de son pays.

Il a introduit devant la justice civile genevoise une demande d’indemnisation contre la République de Tunisie mais aussi contre Abdallah Kallel, ministre tunisien de l’intérieur à l’époque des faits. Une «première» pour la justice helvétique.

Mais qui risque fort de devenir une «dernière»! Mardi, le Tribunal fédéral a rejeté cette demande. Motif: les liens entre les faits dénoncés et la Suisse ne sont pas suffisamment établis. Cette décision a été prise par les juges fédéraux à quatre voix contre une, celle du Genevois Dominique Favre, qui était d’ailleurs, l’auteur du rapport présenté à l’ensemble de cette Cour.

Comme le veut la procédure devant le Tribunal fédéral, si l’on connaît la décision — prise en audience publique — on ignore encore sa motivation. Dès lors, il faut attendre que ces explications soient écrites et diffusées avant de tirer une leçon juridique de cet arrêt.

Toutefois, en lui-même, ce rejet du TF pose de graves problèmes moraux. TRIAL et le réfugié tunisien ont tendu aux magistrats une perche que, dans leur majorité, ils ont laissé choir.Cette perche est, en l’occurrence, l’article 3 de la Loi fédérale sur le droit international privé relatif au «for de nécessité». Le for, c’est le lieu où une affaire doit être jugée. Cet article 3 prévoit que lorsque la loi n’institue aucun for en Suisse et qu’une procédure à l’étranger se révèle impossible à engager, une cause de ce genre peut quand même être introduite devant le tribunal du canton ou du lieu qui présente un lien suffisant avec ladite affaire.

En l’occurrence, il est évident que la justice tunisienne ne va pas statuer sur un cas pareil! En outre, la victime a un lien avec le canton de Genève puisqu’il y vit en tant que réfugié politique.

En refusant que cette cause soit jugée, le Tribunal fédéral empêche une victime de faire valoir ses droits. Cela s’appelle un déni de justice.

Nous sommes persuadés que le Tribunal fédéral enrobera son refus d’un bel onguent juridique. Mais cela n’empêchera pas sa décision de heurter le sens moral qui veut qu’à tout préjudice, une réponse soit donnée. Dans le cas présent, nous sommes dans le «Tartuffe» de Molière: «Cachez cette torture que nous ne saurions voir!» Certes, il est dangereux de confondre la morale et le droit. La première contient l’ensemble des règles qui dictent le comportement en fonction, non pas du cadre rigide de la loi, mais de l’usage. Le droit a besoin de fixité alors que la morale fluctue plus aisément.

Néanmoins, le droit a pour origine la morale et s’il s’en écarte trop, il trahit ce qui fait son essence. La décision du Tribunal fédéral est bien dans le frileux air du temps. Mais le rôle des juges n’est-il pas de lui offrir une résistance?

(Source : "La Tribune de Genève" qotidien (Swisse) le 26 mai 2007)

SerendipityMay 26, 2007 7:52 pm
I found this in a book I read a few weeks ago ( The Professsor and the Madman by Simon Winchester):
" Ceylon, the lushly overgrown tropical island that seems to hang from India’s southern tip like a teardrop….These days it is called Sri Lanka; once the Arab sea traders called it Serendib, and in the eighteenth century Horace Walpole created a fanciful story about three princes who reigned there, and who had the enchanting habit of stumbling across wonderful things quite by chance. Thus was the English language enriched by the word serendipity, without its inventor, who never traveled to the East, ever really knowing why. "
( Pages 43, 44)
Definition of Serendipity: "the faculty or phenomenon of finding valuable or agreeable things not sought for" ( Webster Dictionary)

 
Stumbling by chance across the etymology of serendipity was itself a … serendipity !
SerendipityMay 25, 2007 1:32 pm

Montréal mon amour

Un anglophone exilé en Californie depuis huit ans redécouvre sa ville natale: «volcanique, allumeuse, provocante». Une ville du tonnerre. Ne laissez personne prétendre le contraire.
 
Juan Rodriguez
L’Actualité
15 septembre 1997
J’ai passé la majeure partie de ma vie à l’ombre des incessantes querelles entre anglophones et francophones. C’est ce qui explique pourquoi les huit années pendant lesquelles j’ai vécu à Berkeley, en Californie, me sont apparues comme une agréable retraite champêtre. De la politique ou de l’hiver montréalais, j’aurais du mal à dire ce qui m’a le moins manqué!
Là-bas, la vie était simple. Partout où je me promenais, il y avait la baie de San Francisco éclaboussée de soleil, les collines revêtues de vert, de brun ou d’ocre, et, entre les deux, rien, sinon l’immensité du ciel bleu. Un paysage à mener une vie retirée et tranquille que bouleversent périodiquement les sales caprices d’une nature brutale: tremblements de terre, incendies, inondations, glissements de terrain ou sécheresses.
Y vivre comporte des risques que le «politiquement correct» réussit largement à masquer sous des préoccupations idéologiques. Quand, une cigarette à la main, je croisais des passants sur College Avenue, un refuge de yuppies, à trois mètres de distance ils se mettaient à tousser violemment. Un coup d’oeil rapide à une jolie femme suffisait pour qu’elle détourne rapidement la tête ou me fixe d’un regard accusateur, comme si j’étais un violeur en puissance. Sans mentionner les circonvolutions maintenant obligatoires pour parler de race ou de sexe dans la ville qui a donné naissance, en 1964, au Free Speech Movement (qu’on ne me parle pas des deux solitudes!).
Montréal, à mon retour, m’a jeté au visage l’évidence de son mépris grandiose pour le politiquement correct. Volcanique, allumeuse, provocante, orgasmisque, hyperbolique, anarchique, incestueuse, c’est la seule cité véritablement latine au nord du Rio Grande. La fumée lui sort des narines, au propre comme au figuré.
Ici, nous sommes des voyeurs, amoureux de l’autre, qui reniflons sans fausse honte son odeur. Quel plaisir, quel soulagement d’admirer une femme et d’être récompensé d’un sourire. Riches ou pauvres, la mode nous préoccupe, et il se dégage de nos vêtements un odorant mélange de parfum et de fumée de cigarette.
Le discours politique y est, comme le reste, d’une impudeur passionnée, ni poli, ni courtois, ni correct. Les Montréalais ont du style, et leur vie est un pur chaos. J’ai compris à quel point j’en avais gardé une nostalgie perverse. Et puis, si l’hiver est interminable, le printemps venu, je peux de nouveau me réchauffer à la vue du plus grand striptease du monde.
Je suis revenu à Montréal par curiosité, pour tester par moi-même cette humeur postréférendaire dont on me parlait tant. Les nouvelles du Québec sont plutôt rares dans les journaux de la Californie, et j’ai su la date exacte du référendum quatre jours après qu’il a eu lieu, mais je n’ai pas tardé à recevoir de Montréal coups de téléphone alarmants et coupures de journaux aux sombres pronostics.
Quand et comment allait-il finir, ce cauchemar national sans fin, à côté duquel le Watergate n’est que plaisanterie? Montréal était-elle encore ma ville? Il fallait que j’aille vérifier sur place.
Quand j’étais enfant dans le quartier Snowdon, pendant les années 50, j’ignorais complètement que la majorité des habitants de l’île de Montréal parlaient français. Personnellement, je n’en avais jamais rencontré! On les surnommait les «Pepsis», des radins qui, à prix égal, préféraient les bouteilles de Pepsi de 10 onces à celles de Coke, qui n’en contenaient que six. Mon professeur de français venait d’Angleterre, et j’ai fini son cours de justesse, avec la note de passage. Le lendemain, j’avais déjà tout oublié (cela n’avait guère d’utilité immédiate). En fait de Frenchies, je ne connaissais que Maurice «le Rocket» Richard, Jean Béliveau et Jacques Plante (en cinq ans, les «Habs» avaient gagné cinq fois la coupe Stanley). Le réveil a été brutal et spectaculaire pendant toutes les années 60: la Révolution tranquille de Jean Lesage, les bombes du FLQ dans les boîtes aux lettres, l’émeute de 1964 au moment de la visite de la reine, la merveilleuse Expo 67, le «Vive le Québec libre!» du général de Gaulle et la «trudeaumanie». Pour parler du Québec, on en parlait! Mais aussi marqué que j’ai pu l’être par tous ces événements, je ne fréquentais pas de Canadiens français et m’aventurais rarement à l’est de la Main…
À l’âge tendre de 21 ans, en 1969, je suis devenu critique de musique populaire au Montreal Star et j’ai bien été forcé de couvrir des spectacles de gens comme Charlebois et de cette soudaine marée de chansonniers qui faisaient du joual leur… cheval de bataille. J’ai adoré la couleur et la vitalité de leur musique, mais ce n’est que des années plus tard que j’en ai vraiment compris les paroles. Les événements d’octobre 1970, eux, m’ont heurté de plein fouet: j’avais peur de quitter mon bureau de la rue Crescent une fois la nuit tombée. La police ramassait tout individu à l’allure vaguement suspecte et, à l’époque, je portais des pantalons de cuir.
À mon retour de Berkekey, j’ai traversé en taxi les grandes artères du centreville de Montréal, leurs haies étincelantes de gratte-ciel postmodernes, puis les rues résidentielles bordées de vieux triplex ornés de ces escaliers extérieurs au cachet si particulier. Au loin la croix du mont Royal illuminait le ciel, phare spirituel de Montréal. J’ai parlé en français au chauffeur, il m’a répondu en anglais. Oh oui! cela faisait du bien de se retrouver chez soi.
Mais, le lendemain, à la lumière crue du jour, j’ai été frappé par le nombre de pancartes «À louer» ou «À vendre», par toutes les vitrines vides ou placardées. C’était pis que je ne l’avais imaginé. Je suis parti à la recherche de mes vieux amis pour qu’il me fassent un bilan de la situation. Chacun m’a tenu un discours différent.
Je suis d’abord allé voir Hubert Bauch, journaliste politique à The Gazette, aussi calme et mesuré dans ce qu’il dit que dans ce qu’il écrit, ce qui a toujours fait mon admiration. Quelques mois avant le référendum, il m’avait annoncé au téléphone à quel point le Non partait gagnant et comment il avait hâte que tout soit terminé pour pouvoir enfin, 20 ans plus tard, aborder d’autres sujets dans ses chroniques.
«Comme quoi, me dit-il, les meilleurs plans… Mais je suis fatigué de cette bataille éternelle et dégradante alors qu’il y aurait tant à faire pour l’avenir de Montréal. J’imagine que j’ai pris mes désirs pour des réalités. En fait, c’est un processus de transition à long terme qui n’est pas sans intérêt à observer. Mais cela commence à virer à l’absurde, et, des deux côtés, les gens deviennent des caricatures d’eux-mêmes et répètent à satiété les mêmes slogans stéréotypés auxquels personne ne croit plus. C’est décourageant. Il devrait y avoir moyen de faire mieux.»
Ensuite, j’ai déjeuné avec Nathalie Petrowski, de La Presse, toujours aussi bagarreuse. Une fille aimable qui n’a pas la langue dans sa poche. Je lui ai demandé si les anglos se plaignaient trop.
«Si j’étais à leur place, je me plaindrais aussi. Ils se sentent très menacés. Mais j’ai l’impression qu’ils sont un peu paranos… Bien sûr, il y a des extrémistes, mais, nous, les indépendantistes de ma génération, nous voulons une société multiculturelle et cosmopolite. Je n’ai pas envie de vivre dans une ville où il n’y aurait plus d’anglos. Ils contribuent pour une grande part à l’âme de Montréal. Mais nous aimerions qu’ils s’intéressent un peu plus à la culture qui les entoure. Depuis le référendum, ils expriment, pour la première fois, leur colère. Même sous forme de hurlements, c’est un début de communication! C’est mieux que l’isolement, l’indifférence, les deux solitudes. Au moins, maintenant, nous savons qu’ils existent. Et j’imagine qu’eux aussi ont découvert que nous étions là.
«J’ai rencontré dernièrement un groupe de 45 anglophones de l’ouest de Montréal, m’a raconté Nathalie. L’atmosphère était tendue, et la discussion, serrée. Ils m’ont attaquée d’emblée, et je me suis défendue une heure et demie de temps. Après, on a fait une pause pour prendre un café (pas d’alcool ni de cigarettes, bien sûr!), et l’ambiance est devenue immédiatement amicale. Très plaisante. Le problème est purement idéologique, rhétorique, dans la tête, mais je ne peux pas dire que cela me déplaise. Cette tension qui existe entre les deux communautés fait toute l’originalité de Montréal. Ce n’est pas violent, comme en Bosnie ou en Algérie. C’est créateur.»
Byron Ayanoglu écrit des livres de recettes, des pièces de théâtre et cuisine pour les stars. Il est revenu à Montréal après un séjour de 10 ans à Toronto, dégoûté du côté sournois de l’ambiance «politiquement correcte» qui règne là-bas. C’est un être éminemment sociable, à la carrure impressionnante, aux yeux malicieux et au rire communicatif.
«L’idée qu’on puisse vous forcer à penser en français, simplement parce que vous pourriez avoir à le parler dans une boutique, est ridicule. Ma famille était grecque et nous vivions en Turquie, ce qui ne nous empêchait pas de parler grec à la maison. L’Europe est pleine de minorités ethniques qui fonctionnent sans problème au sein de la majorité linguistique. Il se produit ici un processus historique évident et inévitable. Certains anglos souffrent d’une myopie intellectuelle et d’un nombrilisme incroyables. La solution, ce serait qu’ils se calment et profitent de ce qu’ils ont. En s’en allant, ils gaspillent leur part d’un héritage précieux que leurs grands-parents et arrière grands-parents ont contribué à construire. Ils ne font de mal qu’à eux-mêmes. Vivre en harmonie avec ses voisins, faire des compromis, ce n’est pas la fin du monde.»
Finalement, il restait Nick Auf der Maur, qui n’est plus conseiller municipal (un autre choc auquel je ne m’attendais pas), mais toujours monsieur Montréal: «C’est une ville merveilleuse. Elle l’a toujours été, et je n’en vois pas d’autre où je pourrais vivre. Mais tout y est complètement cinglé.»
J’ai trouvé un nouveau logement près de l’angle de la rue Bernard et de l’avenue du Parc, au point de rencontre de la bourgeoisie influente d’Outremont, d’immigrants anciens et nouveaux de toutes races et origines, d’une communauté juive hassidique bien enracinée et de jeunes gens dans la vingtaine qui fréquentent les bars et les cafés du quartier. Une affiche dans la vitrine de la pharmacie Jean Coutu résume bien la situation: «On parle français», dit-elle, «We Speak English», et ainsi de suite en grec, en chinois, en portugais, en espagnol et en vietnamien. Plus loin, la ville entière semble s’être donné rendez-vous au Bagel Shop de la rue Saint-Viateur et, à chaque tournant, le regard tombe sur cette imposante colline que nous avons baptisée la Montagne.
Il est midi, et je déguste un café au lait à l’Exotica, l’endroit à la mode, un immeuble de trois étages de la rue Laurier à la fois épicerie, bar, restaurant, magasin de disques et kiosque à journaux. Ça ressemble bien au Montréal que j’ai toujours connu. Éric, le jeune barman francophone, est entièrement d’accord. «Tout se joue dans les médias et chez les politiciens. Dans la rue, la plupart des gens s’entendent bien. Nous venons tous d’ailleurs. Moi, par exemple, j’ai du sang irlandais. Bien sûr, il y a des extrémistes des deux côtés, mais nous ne sommes même pas capables de nous lancer des tomates pourries!»
«On vient s’installer à Montréal pour sa liberté d’esprit», dit Helen Fotopulos, conseillère municipale, qui fait partie de la première génération de femmes immigrantes à s’engager dans l’administration de la ville. Intelligente, séduisante, elle n’en finit plus quand elle commence à vanter les mérites de Montréal: «Chaos politique ou non, vous devez admettre qu’au moins on ne s’ennuie pas. Si vous voulez du piquant dans votre vie, vous avez trouvé le bon endroit. Ici, c’est génétique.» Elle m’énumère à toute allure les festivals, les bars, les cafés, la montagne «à la poésie naturelle», le style de vie à l’européenne où on fait ses courses pour la journée, pas pour la semaine. «On s’identifie tellement rapidement aux charmes de Montréal qu’on n’accepte plus aucun commentaire négatif venant de l’extérieur. Nous seuls avons le droit de la critiquer!»
Je me suis vite fatigué de ces gens qui parlent des années 40 et 50 comme d’une période glorieuse, une époque où, prétend par exemple William Weintraub dans City Unique, Montréal se voulait «bilingue et cosmopolite».
Bilingue, elle ne l’était pas! Hugh MacLennan n’a pas inventé l’expression «les deux solitudes» pour rien. Et cosmopolite, elle l’était à peu près autant qu’un bordel de province. Aujourd’hui, la plupart des Montréalais parlent couramment deux langues ou plus. Leur ville, trait d’union géographique entre l’Europe et l’Amérique, enrichie de vagues successives d’immigrants, de leurs langues et cultures respectives, fait en réalité partie de la poignée de grandes métropoles qu’on peut à juste titre qualifier de cosmopolites dans l’hémisphère Nord.
Comparativement à celui de la première élection péquiste ou même à celui que j’ai quitté il y a huit ans, le Montréal d’aujourd’hui offre 100 fois plus de choses à faire et à voir. J’ai été frappé, par exemple, par la prolifération de boutiques qui offrent toutes sortes de journaux et de magazines en une multitude de langues. C’est le signe d’une population instruite, curieuse et ouverte, en dépit de la politique linguistique mesquine du Parti québécois.
Les cris d’alarme de l’aile dure du PQ, qui parle de «bilinguisme rampant», n’ont guère de sens. C’est là une réalité montréalaise qui ne s’effacera jamais. La dénonciation par les commentateurs anglophones de «l’oblitération systématique de tous les signes de la présence anglophone» est un mensonge pur et simple. Les tribunes téléphoniques, la manière dont elles encouragent les préjugés d’un côté comme de l’autre, participent d’un phénomène médiatique propre à l’Amérique du Nord. Ce n’est pas la voix du peuple, mais des criailleries de gourous autoproclamés dont le seul but dans l’existence est de se vanter d’être passés à la radio. Un trait que partagent malheureusement trop de nos politiciens.
Le racisme et la xénophobie? Oui, certains hommes politiques lancent des phrases incendiaires qui reflètent l’aspect le plus sinistre du nationalisme. Encore là, le phénomène n’a rien de typiquement québécois.
L’infâme loi sur l’affichage? Ce n’est pas un si gros prix à payer pour reconnaître le caractère français de Montréal. Belle affaire, si les caractères anglais sont deux fois plus petits que les français! Oui, la «police de la langue» est mesquine, mais en faire une obsession lui donne plus d’importance qu’elle n’en mérite et colle aux anglophones une image d’éternels geignards.
«Il faut être capable de s’arrêter, dit Helen Fotopulos, de cesser de remâcher constamment constitution et séparatisme pour s’occuper de nos problèmes économiques et de nos problèmes d’infrastructure. Les remarques déplacées de Parizeau le soir du référendum ont ouvert une véritable boîte de Pandore. Les gens de part et d’autre se sont conduits comme des enragés, et c’est devenu un véritable cirque.»
«Notre plus gros problème, déclare Ayanoglu, c’est de vivre avec l’hiver. Quand le soleil disparaît, il n’y a plus personne; tous s’en vont prendre un coup et baiser!»
George Mihalka, le réalisateur d’origine hongroise qui a tourné L’Homme idéal, le plus grand succès québécois en salle en 1996, est en noir, des bottes jusqu’au béret, sans compter la barbe. Il est passionné de hockey, de Montréal et de politique. «C’est une loi presque implicite qui veut qu’on ne parle pas de politique sur un plateau, dit-il. Mais, au moment du tournage de L’Homme idéal, juste avant le référendum, une moitié de l’équipe était francophone, l’autre anglophone, une moitié séparatiste, l’autre fédéraliste, mais la division ne se faisait pas nécessairement selon la langue parlée. Les esprits s’échauffaient rapidement, et j’ai parfois dû intervenir, mais c’était purement politique. Je n’ai jamais été témoin d’attaques personnelles.
«Chaque fois que je voyage dans les autres provinces, j’en reviens un peu plus séparatiste; plus longtemps je reste au Québec, et moins je le suis. Les gens de l’Ouest affichent une attitude paternaliste, pleine de condescendance, ou alors ils n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe ici. Et ils ont une admiration béate pour les États-Unis et les valeurs américaines. Bizarrement, chaque fois que je reviens dans mon Montréal bilingue, j’ai l’impression de retrouver le Canada, le vrai.»
Bon, c’est le chaos. What else is new? Montréal est une ville formidable, une ville du tonnerre. Ne laissez personne prétendre le contraire.
Humour& humeursMay 24, 2007 8:29 pm

TNA- PARIS

INTERVIEW EXCLUSIVE DE NICOLAS SARKOZY

 

Omar Khayyam : Szép jó napot kívánok ! Hogy vagy?

Nicolas Sarkozy: Qu’est-ce vous dites?

O.K.: J’ai dit en hongrois : "Bonjour, comment allez-vous?"

N.S.: Mais je ne parle pas un seul mot de hongrois ! Si vous voulez, je peux vous répondre en Engliche.

O.K.: Je préfère la langue de Charpak.

N.S.: C’est qui Charpak?

O.K.: Un physicien français, prix Nobel de physique.

N.S.: Pourtant, son nom sonne étranger comme, par exemple, Zidane.

O.K.: Ne vous inquiètez pas ! Tous les deux ont leurs papiers en règle.
 

N.S.: J’attends vos question. Je n’ai pas beaucoup de temps à vous accorder.
 

O.K.: Mes questions concerneront en premier lieu les relations tuniso-françaises. Quel est le premier dossier tuniso-français qui vous tient à cœur?

N.S.: Le dossier "Imed Trabelsi", bien sûr.

O.K.: Cette nouvelle va certainement faire sauter de joie des millions de Tunisiens ! Vous voulez qu’il soit extradé et jugé en France?

N.S.: Mais non ! Je veux que l’Etat français lui adresse des excuses pour les dommages causés à sa réputaion d’homme d’affaires - surtout par des organes de presse irresponsables - suite à cette triste affaire de yacht. Le désir de yacht de la part de Imed est tout à  fait compréhensible et légitime. Sauf qu’il s’est montré un peu trop impatient. J’admire son ambition sans bornes. Je suis tout à fait d’accord avec notre ami Ben Ali: "Cette affaire n’est qu’une erreur de jeunesse." Il a dejà  pardonné la petite faute de son beau-frère et je veux que la France close ce dossier.

O.K.: Vous dites que "le désir de yacht de la part de Imed est tout à fait compréhensible et légitime" ?

N.S.: Oui, je pèse bien mes mots. La possession d’un yacht est le rêve de tout homme d’affaires ambitieux. Imed Trabelsi a appris par coeur la leçon l’Onassis.

O.K: Excusez mon ignorance mais c’est quoi la leçon d’Onassis?

N.S.: Lorsque Aristote Onassis a invité pour la première fois John Fitzgerald et Jacqueline Kennedy à son fabuleux yacht, cette dernière était tellement subjuguée par le luxueuse embarcation qu’elle lui a dit: " Monsieur Onassis, je suis tombée amoureuse de votre yacht !" Quelques années plus tard Mme Kennedy est tombée amoureuse du propriétaire du yacht lui-même. Imed a bien appris cette belle leçon de séduction. C’est un golden boy duquel la Tunisie devrait être fière.

O.K.: Et que pensez-vous du parrain d’Imed, le général Ben Ali?

N.S.: Je voue une admiration sans limite à ce self-made-man. Malgré tous ses handicaps, ce "bac moins trois" est arrivé au sommet du pouvoir et a réussi à le conserver pendant deux longues décennies. Les Européens ne pourraient jamais trouver un meilleur gendarme du détroit de Sicile. En plus, j’admire son " tout sécuritaire". Cet homme taciturne est le meilleur flic que la Mediterannée ait jamais enfanté.

O.K.: Vous allez accorder plus de visas pour les Tunisiens qui veulent aller en France?

N.S.: Nous accorderons plus de visas pour les meilleurs cerveaux du Maghreb mais pas pour la racaille.

O.K.: Je vois que vous regardez nerveusement votre montre?
 

N.S.: Je m’excuse. On m’attend au Fouquet’s. Vous allez dîner où ?
 

O.K.: Ce soir je vais me régaler avec un délicieux Döner Kepab pour seulement 3 euros chez mon gargottier de Stalingrad. Bon appétit !

Fiction 1:55 pm

Je remercie mes ami(e)s pour avoir traduit la phrase "La rue Mansouri n’existe pas" en grec (Anastassia), en polonais (Beata), en roumain (Anca), en tchèque (Marta) et  en turc (Ared):

 


La rue qui n’existe pas !


 

« Viele Grüsse aus der Strasse, die es nicht gibt ! » (Meilleures salutations de la rue qui n’existe pas !). C’est par là que le scandale est arrivé. Cette petite phrase en allemand , écrite sur une jolie carte postale, fut envoyée par une touriste allemande de l’Hôtel Lido à Dar Chaabane au quotidien berlinois Berliner Zeitung, qui alerta la presse et l’opinion publique mondiales.

 

Le 13 octobre 2001 le Conseil Municipal de la ville de Dar Chaabane prit une décision qui fut immédiatement interprétée par Carthage comme un acte de rébellion. Le Conseil Municipal avait tout simplement décidé de rebaptiser l’Avenue du 7 novembre 1987. Elle porterait désormais le nom du Commandant Mohamed Mansouri. Le commandant Mohamed Mansouri, officier de l’armée tunisienne, succomba à la torture quatre semaines après le coup d’Etat du 7 novembre 1987. Un conseiller municipal proposa l’appellation « Avenue du martyr Mohamed Mansouri », mais ses collègues rejetèrent cette proposition. L’ajout du mot « martyr » serait considéré par Carthage comme une provocation. Dès que la décision fut votée à la majorité absolue et signée par le maire, le délégué de Dar Chaabane donna l’alerte aux autorités. Les foudres de Carthage ne se furent pas attendre. Il fut décidé de dissoudre le Conseil Municipal de Dar Chaabane et de nommer un conseil provisoire en attendant les prochaines élections.

Mais l’affaire ne s’arrêta pas là. Apprenant la nouvelle de la destitution de leur conseil municipal, certains Chaabanis décidèrent d’agir. A l’aube du 15 octobre 2001 certains individus prirent l’initiative d’effacer toutes les plaques de l’Avenue du 7 novembre 1987. On colla sur toutes ces plaques des affiches portant le nom « Avenue du Commandant Mohamed Mansouri ». Sans attendre les instructions de Carthage, le gouverneur de Nabeul décida de faire enlever les affiches et de repeindre toutes les plaques endommagées. Les plaques de l’avenue du 7 novembre furent désormais gardées, 24 heures sur 24, par des policiers armés. Des voitures appartenant à tous les corps de la police patrouillèrent à travers la ville à la recherche des provocateurs.

Mais les provocateurs changèrent de tactique. Ils postèrent des centaines de lettres adressées à l’avenue du Commandant Mohamed Mansouri. Le Receveur Régional des Postes de Nabeul alerta le Ministère de l’intérieur. Le Ministre de l’intérieur ordonna alors la saisie de toutes ces lettres, qui furent examinées par tous les services spécialisés, espérant ainsi retrouver des indices pouvant mener aux provocateurs.

 

Les habitants de Dar Chaabaane persistèrent et signèrent. Désormais dès qu’un touriste leur demandait l’adresse du Magasin Général, de l’hôtel Lido ou de la pharmacie la plus proche, ils lui indiquaient l’avenue du Commandant Mohamed Mansouri. Ainsi, dès qu’un touriste montait dans un taxi, il demandait au chauffeur de le conduire à l’avenue Mohamed Mansouri. Les chauffeurs de taxi informèrent la police de cette nouvelle forme de provocation. Par ailleurs, ceux-ci n’étaient pas les seuls à avoir affaire à des touristes intoxiqués par les provocateurs. Les réceptionnistes des hôtels passaient leurs journées à expliquer à leurs clients que l’avenue Mansouri n’existait pas. L’Office du Tourisme décida alors de placer des affiches en gros caractères dans tous les hôtels de Dar Chaabane :

 


شـــارع مـــحـــمــــد الــــمـــنــــصـــوري غـيــر مـــوجــــود


Es gibt keine Mansouri Strasse

There is no Mansouri Street

La via Mansouri non esiste

L’avenue Mansouri n’existe pas


Нет Улици мансурий


Nincs Manszuri Utca

No hay la calle Mansouri


Mansouri ulice neexistuje

Ulica Mansouriego nie istnieje

Mansouri Sokağı kayıtlarımızda bulunamıyor

Η ΟΔΟΣ ΜΑΝΣΟΥΡΙ ΔΕΝ ΥΠΑΡΧΕΙ

Strada Mansouri nu existà

Er is geen Mansouristraat

Cette affiche devint une attraction touristique. Tous les touristes en quête d’exotisme voulaient se faire prendre en photo à côté d’elle. Les plus curieux d’entre eux voulaient visiter cette rue qui n’existait pas. D’ailleurs elle était facile à repérer. C’était la seule rue dont les plaques étaient gardées par des policiers armés jusqu’aux dents. Ils voulaient tous prendre la photo de la rue inexistante. La police décida finalement d’interdire la prise de photos dans tout ce secteur « sensible ».

 

La plaque INTERDIT DE PHOTOGRAPHIER ne fit qu’augmenter le nombre des touristes curieux. Le comble c’est que certains policiers commencèrent à parler de cette rue fictive. Il n’était pas rare qu’un policier dise à ses collègues ou à sa famille : « Demain je vais garder les plaques de l’avenue Mansouri ». Le Ministre de l’intérieur était fou de rage. Il donna un ordre très strict : Tout policier surpris à prononcer le mot Mansouri passera devant le conseil de discipline.

 

Désormais, il est impossible d’emprunter l’avenue Mansouri sans un laissez-passer spécial.

Humour& humeursMay 21, 2007 11:26 pm

La vie sexuelle de Tintin

 

On célèbre ce mardi le centenaire de la naissance de Georges Rémi, dit Hergé, père de Tintin. Le professeur Danny Bergstein n’est pas seulement tintinophile mais aussi "tintinologue". En effet, il a consacré sa vie entière à l’étude de la personnalité et de la vie du célèbrissime héros de Hergé. Le professeur Danny Bergstein s’est même penchée sur la vie intime de Tintin. Le chercheur n’a pas le moindre doute: Tintin était asexuel !

Une enquête minutieuse menée par cet illustre "tintinologue" démontre que durant toute sa vie Tintin n’a jamais eu de copine. "Tintin n’était intéréssé ni par le sexe ni par l’amour, fût-il platonique.", dit le professeur Bergstein. Pourtant, il y a d’autres "tintinologues" qui se sont penchés sur la sexualité de Titin et qui ont émis l’hypothèse d’une homosexualité refoulée. Bergstein rejette ces théories tirées par les cheveux avec dédain. En effet, après une étude exhaustive des œuvres complètes du dessinateur belge, il n’a décelé aucune trace d’homosexualité ni latente ni inhibée chez Tintin. Selon Bergstein, " Tintin est resté enfant aussi bien dans sa tête que dans son corps et ce jusqu’à sa mort". Dans une étude intitulée " La vie sexuelle de Tintin", à paraître très prochainement, ce "tintinologue" affirme que " Les femmes n’intéressaient pas Titin. Et encore moins les hommes."

Le chrecheur a même consulté des endocrinologues pour en savoir plus sur la "vie hormonale" de Titin. Les résulats sont univoques: Titin ne souffrait d’aucune déficience hormonale expliquant son manque d’intérêt pour les plaisirs de la chair. Pour le professeur Bergstein "il faut chercher l’asexualité de Tintin dans son cerveau et non dans ses glandes. Il a été prouvé que les hormones ne jouent quasiment aucun rôle dans l’orientation sexuelle - ou asexuelle - de l’être humain."

C’est pourquoi Bergstein rejette catégoriquement la théorie défendue par le docteur Fredrik van de Keuken, un chrecheur flamand qui vit en Afrique du Sud, selon laquelle Titin souffrait d’une impuissance sexuelle chronique. Danny Bregstein ne trouve aucune difficulté à invalider cette hypothèse. Un homme impuissant est, par définition, quelqu’un qui a le désir sexuel mais qui est incapable de l’exprimer par une érection. Or, ce n’était pas le cas de Tintin. Ce dernier a été maintes fois dans des pays où il aurait pu se procurer tous les les aphrodisiaques possibles et imaginables du monde, du gingseng à la mouche espagnole. Mais cette idée n’a jamais effleuré son esprit.

Le professeur Bergstein aurait-il conseillé une sexothérapie à Titin? La réponse du chrecheur est catégorique: " Absolument pas ! Titin n’est pas un homme à plaindre. Il a vécu heureux et il est mort heureux. Chercher à lui inculquer le comportement sexuel c’est comme vouloir dresser une guenon pour qu’elle devienne soprano…"