L’appétit de M. Gendre

Tunisie | feuilleton/2

Après avoir narré par Le menu, La semaine dernière, la brouille entre La veuve de Yasser Arafat et Leïla, la si
prude femme du président tunisien, «Bakchich» poursuit les aventures du clan Trabelsi.

En juin dernier, un étrange encart publicitaire est apparu dans la presse (aux ordres) de Tunis : « félicitations à Sirine Ben Ali, fille de notre bienheureux président et de son épouse Leïla, pour avoir passé son bac avec succès » (sic). Le message était signé de la propre main du mari de Sirine, le fils Materi, devenu ces dernières années un des piliers du clan Trabelsi. Et le tout-Tunis de s’esclaffer, la fille Ben Ali étant connue pour avoir été renvoyée du lycée français durant sa scolarité. Peu importe ! Le gendre
Materi peut poursuivre sa brillante carrière dans le pillage du pays.

C’est lui qui tient l’import-export de Volkswagen et de Porsche en Tunisie, lui qui est le bâtisseur de plusieurs marinas dans la grande banlieue de la capitale; et lui, enfin, qui vient de mettre le grappin sur la florissante société appartenant à Renault–matériel de travaux publics. Le patron de cette entreprise qui rapportait plusieurs milliards de centimes par an a commis l’erreur de se montrer généreux avec les bonnes oeuvres de Leïla. Bien sûr il en fut remercié par le président lui-même, puis décoré ! Cette
générosité fut sa perte. Comme le dit un proverbe arabe, « il ne faut jamais ouvrir l’oeil du bédouin » et exciter sa convoitise.

Monsieur Gendre a convoqué le malheureux au printemps dernier : «désormais les 15 % de commissions sont pour moi, tu te contenteras du peu qui reste… » Depuis,
le malheureux concessionnaire a perdu vingt kilos et ne dort plus la nuit. La bachelière, Sirine Ben Ali épouse Matéri, dort, elle, sur ses deux oreilles.

Gari John

http://www.bakchich.info/IMG/pdf/bakchich47lite.pdf