Belhassen le vrai frère/4
Saga Leïla | mardi, 23 octobre 2007 | par Slim Bagga
Suite des aventures du clan Trabelsi, la famille de la Première dame Leïla, à l’assaut des richesses de la Tunisie. Après l’appétit de M. Gendre, le duty free du neveu Soufiane, et les aventures lycéennes de Leïla, place à M. Blehassem : beau-frère de Ben Ali et néanmoins chef du gang familial…
Avec onze rejetons, le clan Trabelsi est peuplé et Belhassen en est son chef de file, décoré au printemps dernier de l’Ordre national du mérite tunisien. Et pourtant ! Hormis sa parenté avec la pharaonne Leïla 1ère de Tunisie, épouse du général « bac moins trois » Ben Ali, on ne lui connaît guère de talents particuliers. Belhassen Trabelsi fait parler de lui dès 1993, au lendemain des noces de Leïla et de Ben Ali. Il dirige alors un cercle de fidèles qui s’empiffrent chaque matin au petit-déjeuner dans le célèbre Salon bleu de Carthage. Au menu : l’acquisition de somptueuses villas à Carthage et Gammarth, propriétés d’anciens résidents français, riches Italiens et autres Tunisiens. Des témoins concordants racontent que c’est l’actuel ministre des Affaires étrangères, le sieur Abdelwaheb Abdallah, qui accompagnait Madame et Belhassen signifier aux malheureux propriétaires qu’il était temps de déguerpir…
C’est toujours dans ce Salon bleu que s’est décidée par la suite l’acquisition pour un montant allant de 0,12 à 0,60 euro le mètre carré de terrains des Domaines de l’Etat. Aux manettes de cette énième prédation : Belhassen Trabelsi, conseillé par le ministre des Domaines de l’Etat de l’époque, le général Bouaziz. Ces terrains bradés étaient ensuite revendus à prix d’or, dans les 200 euros/m2. Après l’immobilier, le transport aérien Pourtant juteux, le marché de l’immobilier n’a plus les faveurs de Belhassen Trabelsi qui s’est trouvé un nouveau dada : le transport aérien. Au moins aussi rentable que les terrains si ce n’est plus ! D’un coup de baguette magique, il a créé Karthago Airlines, compagnie aérienne aux normes de sécurité peu enviées… Là encore, le chef de file des Trabelsi renoue avec ses bonnes vieilles méthodes : Tunis Air, fleuron de l’économie locale, assure « bénévolement » l’approvisionnement en kérosène des vieux coucous de Karthago, ainsi que le catering et la maintenance.
Le mariage de Belhassen
Sans scrupules en affaires, Belhassen Trabelsi l’est tout autant en privé. Il a en effet demandé en mariage la fille aînée des Jilani, une famille de grands bourgeois. Patron des patrons tunisiens, papa Jilani traînaît quelques casseroles auprès de la Banque centrale. Et, comme par miracle, 5,5 millions d’euros de dettes ont été effacés contre la main de la belle donzelle. Quelques semaines plus tard, la pauvre s’est enfuie épleurée à Genève. Au bord de la crise de nerfs, elle ne cessait de hurler : « mon père m’a vendue ! » Charmant.
On comprend que la vénérable compagnie tunisienne commence à tirer la langue. Outre des petits arrangements (payer en devises à Paris) pour partir en priorité à La Mecque dans les moments où les pèlerins affluent, les passagers de Karthago Airlines bénéficient d’autres faveurs spécialement négociées pour eux. Alors que la loi stipule que les touristes israéliens doivent être munis de visas pour se rendre en Tunisie, les passagers de Karthago en sont dispensés : on leur remet un laisser-passer. Ils sont d’autant plus vernis qu’ils devraient prochainement profiter d’une liaison directe Tel-Aviv/Tunis. Une première ! Aux dernières nouvelles, les pourparlers seraient bien avancés…
SOURCE:
http://www.bakchich.info/article1795.html
