Les lubies du Guide de Libye
Le Frère Guide la Révolution de la Grande Jamahirya Arabe Libyenne Populaire est tombé dans son propre piège. N’ayant aucune charge officielle, “c’est le peuple libyen qui s’auto-gouverne”, prétend-il, le dictateur libyen a été attrapé in extremis par le long bras de la loi française. Quelques minutes seulement avant que Kadhafi ne quitte le sol français, des dizaines de policiers en uniforme et en civil, munis d’un mandat d’arrêt, se sont introduit dans son avion, lui ont mis les menottes et lui ont enjoint de les suivre au bureau du juge d’instruction . “Kadhafi n’est ni président ni Premier ministre. Il ne jouit d’aucune immunité légale”, a commenté le Procureur de la République de Paris, quelques heures après l’arrestation de l’encombrant hôte libyen, accusé de… tentative de viol !
En effet, Memona Hintermann, une journaliste de FR3 , a porté plainte contre le dictateur libyen pour tentative de viol. L’affaire remonte à 1984. Big Brother Kadhafi, qui menait à l’époque une guerre inutile au Tchad, faisait semblant d’accorder à Memona une interview exclusive. En fait il cherchait auprès d’elle le “repos du guerrier”. Une phrase a libéré Memona de l’étreinte du bédouin en rut: ” J’ai mes règles”. Bon musulman, Kadhafi ne pouvait avoir des rapports avec une femme “impure”. Comme Antoine Roquentin dans ” La Nausée” de Sarte, Mouammar aurait dû sentir “une légère déception au sexe”.
La journaliste l’a échappé belle. Alerté, le consul français en Libye est venu la récupérer à son hôtel pour l’emmener à l’aéroport de Tripoli. C’est ce que Memona a raconté à Canal+ (1) et au quotidien Libération (2).
Le juge qui a orodonné l’arrestation du colonel libyen est actuellement à la rechreche d’un témoin-clef dans l’affaire. Il s’agit d’une interprète algérienne de Kadhafi dont la plaignante ne connaît que le prénom: Leila. Selon les dires de Memona, Leila se trouvait à quelques mètres de “la scène du crime”. Un collectif d’avocats français, présidé par maître Jacques Verges, s’est constitué pour défendre ce client qui pue l’or noir.
“Avec tout l’or noir qu’il possède, il finira par être blanchi…”, a commenté un satiriste de Montréal qui suit l’affaire de près.
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1- http://www.dailymotion.com/video/x3q98s_memona-hintermann-a-ledition-specia_news
2- http://www.liberation.fr/actualite/politiques/297546.FR.php?mode=PRINTERFRIENDLY

En parlant de la visite de cinq jours du nouveau grand ami de la France, voici un court extrait d’un article signé Massimo Nava pour le Corriere della Sera :
“Au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy avait promis que la France serait “du côté des opprimés du monde” ; or il a été le premier chef d’Etat à féliciter Vladimir Poutine pour la victoire de Russie unie aux législatives. En visite à Pékin, le président français, faisant allusion à Taïwan et au Tibet, a rappelé qu’”il n’y a qu’une seule Chine”. Préoccupé, comme on peut le comprendre, par le sort d’Ingrid Betancourt, il a reçu avec les honneurs le président du Venezuela, Hugo Chavez. Reconnaissant pour la libération des infirmières bulgares, il a chaleureusement accueilli le leader lybien Muammar Kadhafi. Aux naïfs et aux idéalistes on répondra que cette logique de politique étrangère incarnée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy a pour nom realpolitik. On peut protester haut et fort quant au sort fait à la Tchétchénie, mais c’est de Russie que proviennent gaz et pétrole. On peut être solidaire des moines birmans, mais leur avenir dépend de la Chine et de l’Inde, les nouveaux géants de la planète. C’est ce qu’a si bien compris Nicolas Sarkozy.”
Comment by marc porta — December 30, 2007 @ 2:25 pm