SerendipityJanuary 31, 2008 10:39 am

Un guide iconoclaste du «vrai Tunis»

«Je ne partirai pas!» Taoufik Ben Brick lance, dans son dernier ouvrage paru récemment à Alger, un énième défi au régime tunisien. Depuis sa grève de la faim en 2000 contre l’arbitraire policier, une main discrète le pousse fermement vers les portes de l’exil. Mais à «ces villes hostiles, à ces pierres tombales» que sont Paris ou Le Caire, il préfère Tunis, son Tunis particulier. Et bien qu’il s’y sente «comme un parrain dans une prison sicilienne», il n’a aucune envie de s’expatrier.

«Je ne partirai pas » n’est pas pour autant un pamphlet. C’est un guide touristique iconoclaste. Tunis s’y écrit par bribes, en de courts chapitres qui sont autant de scènes de la vie quotidienne et de rêves éveillés que suscitent les noms des rues, des restaurants, des tripots et des mets. La vieille ville cesse d’être une carte postale. Elle fleure certes le jasmin mais elle empeste aussi les «intestins de mouton», ce plat traditionnel, exquis et malodorant, qu’on déguste une pince à linge sur les narines en guise de masque à gaz.

Dans le beau Sidi Bou Said, on boit du mauvais Mornag et, dans les vapeurs de l’alcool, on lit des romans décadents et on blasphème. Les nouveaux quartiers pauvres, sur les murs desquels on s’étonnerait de ne pas voir affichées des consignes de sécurité, ont leur vie secrète. Il suffit pour sentir leur poésie déliquescente de les arpenter avec l’audace forcée du journaliste. Leurs légendes, nées du néant de l’anarchie urbaine, n’en semblent pas moins aussi anciennes que les légendes de Carthage.

Taoufik Ben Brick s’attelle ainsi à déceler le leurre dans la vérité et la vérité dans le leurre. Le journaliste en lui s’est fait le guide de l’écrivain. Il le promène, l’œil fureteur dans les dédales de l’opulence ou de la misère. Il donne à ses envolées poétiques, enthousiastes ou désespérées, l’éclat de la réalité nue : celle des magasins de l’avenue Bourguiba, symbole grossier de l’aliénation marchande des classes moyennes, ou des flaques d’eau noire de Hay El Akrad qui, «sans les cris des enfants, serait un parfait goulag».

Et lorsque le journaliste se fait discret, l’écrivain reprend la liberté de son imaginaire. Tunis devient alors un écho littéraire d’autres villes impossibles, Istanbul, Lima ou Kiev, et Taoufik Ben Brick un conteur nourri de la sève de Nazim Hikmet et de Mario Vargas Llosa. Toutes les capitales du monde ont leurs magnifiques mirages. On les aime toutes autant qu’on les méprise.

«Tunis carbure à l’optipessimissme»
Dans la description que fait l’auteur de Tunis, de ses cafés, de ses rues, de ses banlieues cossues ou paumées, se glisse une poignante nostalgie. Non pas celle des temps immémoriaux où l’aristocratie citadine cultivait l’art du raffinement culinaire, mais celle d’un temps plus prosaïque, le temps des zerdas insouciantes, lorsqu’«il fallait plus de cent ans pour épuiser un siècle».

«La dernière fiesta à Tunis fut un enterrement. Le jour qui se leva sur les invités du Palais de Carthage n’éclaira que des visages de cire.» Ce jour-là fut un 7 novembre 1987, lorsque Zine El Abidine Ben Ali a pris le pouvoir et entrepris de «mutiler l’organe le plus précieux des Tunisois, la langue». Depuis, «plus de cris ni de chuchotements, juste des grognements de muets». La dictature a éclipsé la Dolce Vita d’antan. Elle a aussi éclipsé les lettres et les arts. Ils ne sont plus qu’un souvenir d’artistes oubliés, alcooliques, comme Salah Khmissi, dont on ne célèbre plus la mémoire que dans les toilettes d’un bar, par un graffiti anonyme.

Aujourd’hui, malgré le discours laïciste officiel, «les mosquées dévorent les bars». La peur de la police envahit les esprits, car «quand on frappe à votre porte à 6 heures du matin, on sait que ce n’est pas le laitier». Mais il ne faut pas se fier aux apparences, prévient Taoufik Ben Brick: «Il suffirait d’un rien pour que l’aimable paysage de la place de la Monnaie devienne un enclos exaspéré où gronde la foule».

Cet état d’esprit intermédiaire entre le sommeil et la veille, entre la révolte et la résignation est ce que l’auteur appelle l’«optipessimisme». Il est lui-même un optipessimiste. Il vit à El Manar, banlieue aseptisée, où l’on passe ses journées à tondre le gazon et à parler de voitures. Il s’y meurt d’angoisse et d’ennui mais, comme chaque Tunisois, «il garde mille colères disponibles dans son ventre» et elles l’aident à survivre.

Yassin Temlali

Surce:
http://www.babelmed.net/Pais/Méditerranée/Littérature/âje_ne.php?c=2383&m=319&l=fr

SerendipityJanuary 28, 2008 7:52 pm

http://www.mediamat inquebec. com/?Section= Accueil&id=6237

Carnets de voyage

TAÏEB MOALLA

San Francisco (Californie) - Parfois drôles, souvent absurdes et toujours authentiques, voici quelques-unes des citations qui ont émaillé mon voyage.

Un des participants au programme demande à une leader économique du Kansas si son organisme possède des représentations à Beijing ou à Shanghai. «Non,répond-elle d’une voix assurée. Nous avons cependant des bureaux… en Chine.» Défense de rire…
«S’agissant de la guerre en Irak, la principale erreur a été de ne pas envoyer 400 000 soldats de plus dès 2003.» - Jordan S. Lieberman, éditeur du magazine Campagne et élections (Washington D.C.)
«Lors des Jeux olympiques, on n’a pas voulu dépendre des différents paliers de gouvernement, car ils font trop d’erreurs et qu’ils sont trop lents.»
Un des organisateurs des Jeux olympiques d’Atlanta évoquant la quasi-absence des pouvoirs publics lors de cet événement.
«Il n’y a rien de pire que des urbanistes qui pensent protéger la ville d’elle-même» - Même source.
Au même moment où Postes Canada se faisait taper sur les doigts pour avoir «oublié» de faire figurer la Saint-Jean Baptiste dans le calendrier qu’elle remet à ses employés, la société d’État recevait les satisfecit d’un sympathique avocat de Sacramento, en Californie. «J’espère de tout cœur que le Canada déclare la guerre aux États-Unis, qu’il la gagne et qu’il nous impose votre système de santé et de postes», a-t-il souhaité, presque sérieusement.
«Si tu veux avoir un (vrai) ami à Washington D.C., achète-toi un chien» - Le conseil d’un Canadien, résidant depuis plusieurs années dans la capitale fédérale.
Une des responsables américaines du dossier controversé du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP) passe une partie de ses journées de travail à lire les courriels abondants des opposants à ce Partenariat. Les critiques proviendraient autant de l’extrême gauche que de l’extrême droite. «Comment pouvez-vous vendre notre souveraineté à ces socialistes de Canadiens et à ces corrompus de Mexicains?» demande l’auteur d’une des missives.
«Je ne voterai jamais pour Barack Obama, car il a honte de ses origines musulmanes» - Un Américain d’origine marocaine, vivant à San Antonio depuis 34 ans.

«Sacrée» Amérique!
Que ce soit à Washington D.C., à Atlanta, à San Antonio, à Kansas City ou à San Francisco, un exemplaire de la Bible était toujours disponible dans les chambres d’hôtel où j’ai résidé. À Kansas City, on pouvait en plus trouver une bible pour les mormons (!), alors qu’un ouvrage sur l’enseignement de Bouddha (version anglaise et japonaise) était fourni dans mon hôtel de San Francisco. Ne reculant devant rien lorsqu’il s’agit du droit à l’information des lecteurs de MédiaMatinQuébec, j’ai demandé à la réceptionniste du dernier établissement cité si elle pouvait me fournir un exemplaire du… Coran. Étonnée devant cette demande d’accommodement (pourtant raisonnable, n’est-ce pas?), la gentille dame a fini par me dire au bout de quelques heures que l’hôtel ne pouvait donner suite à ma requête.

La souveraineté du Québec
C’est Pauline Marois qui sera contente de l’apprendre. Les attentats du 11 septembre 2001 n’auraient rien changé à la position américaine quant à la question de la souveraineté du Québec. «Pour nous, ceci est toujours considéré comme une affaire de politique canadienne intérieure», a certifié un haut responsable du département d’État américain, tout en suggérant qu’une éventuelle «séparation» du Québec serait une triste nouvelle. «Mais si le Québec devait devenir indépendant, ça créerait des emplois dans nos consulats sur place», a ajouté un autre responsable, un sourire au coin des lèvres.


Les coûts de ce voyage ont été défrayés par le département d’État américain. Notre journaliste participe à l’International Visitor Leadership Program.

SerendipityJanuary 25, 2008 10:26 am

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Le vendredi 25 janvier 2008

Un dîner chez des républicains

TAÏEB MOALLA

Kansas City, Missouri - Passer une soirée avec un
couple de sexagénaires républicains du Missouri, au
cœur de l’Amérique, est une expérience tellement
intense que je m’en voudrais de ne pas vous en parler.

Les organisateurs m’avaient prévenu. Les règles
élémentaires de la bienséance commandent de ne jamais
évoquer, devant nos hôtes, les deux sujets tabous par
excellence que sont la religion et la politique.

N’écoutant que mon courage, doublé bien entendu d’une
dose d’impolitesse, je lance les hostilités avant même
que l’on serve l’entrée. Je glisse, l’air de rien,
qu’un récent sondage réalisé auprès d’un échantillon
de la population canadienne donnait une victoire
éclatante à n’importe lequel des candidats démocrates
aux élections présidentielles américaines de novembre.
«En plus, l’image guerrière des États-Unis dans le
reste du monde ne ferait que se renforcer si c’est un
républicain qui devait prendre les commandes de
l’État», ajoutais-je, non sans une certaine malice.

Visiblement furieux devant tant d’impertinence, le
mari réplique. «Ce que vous dites est faux,
corrige-t-il. S’il est choisi, John McCain sait trop
bien ce qu’est la guerre (c’est un vétéran du Vietnam)
pour prendre les choses à la légère. C’est pour cela
que les attaques armées seront toujours la dernière
option. Mais il ne faut cependant jamais les exclure.»

Et l’Irak?

Fort bien. Mais que pensez-vous alors de la «terrible
erreur» qu’a été la guerre en Irak, pays où on n’a
jamais pu mettre la main sur les fameuses armes de
destruction massive dont la soi-disant existence a
permis à l’administration Bush de vendre ses attaques
armées à la population américaine?

Ma question, tendancieuse à souhait, touche sa cible.
Les visages de ceux qui nous invitent virent
rapidement au rouge. Mon accompagnateur québécois me
jette un regard furibond en se disant que je viens
tout juste de gâcher le souper.

«Tout le monde, y compris l’ONU, croyait à l’époque
que ces armes existaient. Puis, n’oubliez pas que le
monde a changé depuis le 11 septembre», rétorque la
maîtresse de maison. D’après elle, il serait désormais
«inapproprié» de se retirer de l’Irak puisque «nous
nous sommes engagés à aider ce pays».

Devant tant d’incohérences et de demi-vérités, je
renonce à mon droit de réponse. Nous dégustons, dans
un silence gêné, l’excellent dessert préparé par la
femme. Nous parlons du mauvais temps, du 400e de
Québec et du fait insignifiant que Pamela Anderson est
une citoyenne canadienne. Nous prenons finalement
congé de nos hôtes en nous promettant hypocritement
que nous allons nous revoir.

—-

Les coûts de ce voyage ont été défrayés par le
département d’État américain. Notre journaliste
participe à l’International Visitor Leadership Program.

SerendipityJanuary 24, 2008 11:24 am

http://www.mediamat inquebec. com/?Section= Accueil&id= 6153

Le jeudi 24 janvier 2008

Rencontre avec un «Américain moyen»

Kansas City (Missouri) - J’ai rencontré Dutch sur un
vol entre Atlanta et Dallas. Il a 50 ans, une femme,
deux enfants, un bon travail dans une compagnie
d’assurances et une grosse maison. Bref, mon nouvel
ami incarne à merveille le fantasme de tout
journaliste s’intéressant à la politique américaine.

J’ai unilatéralement décidé que Dutch était
«l’Américain moyen» par excellence.

Ces derniers temps, Dutch est fort courtisé. Il fait
partie des 40 % d’électeurs dits indépendants. «Je
vote toujours pour le candidat et jamais pour le
parti», signale-t-il. Dans les années 1980, il a ainsi
opté pour les républicains Reagan et Bush père. Cela
ne l’empêchera pas de donner sa voix, cette fois, au
«vent de fraîcheur» que représente, à ses yeux, Barack
Obama. Bref, s’il avait été Québécois, Dutch aurait
sûrement opté pour l’option, évidemment inexistante,
du «ouais, peut-être» à une question référendaire sur
la souveraineté.

Pour choisir son camp, le critère principal de Dutch
est «l’intégrité du candidat ou l’idée que je me fais
de cette qualité». C’est ce qui explique sa profonde
déception devant les agissements lubriques de Bill
Clinton. «Mais en quoi la vie sexuelle d’un président,
fusse-t-elle trépidante, regarde-t-elle les
électeurs?», demande le journaliste. «Le problème
n’est pas le fait qu’il ait trompé sa femme. C’est le
fait qu’il l’a fait à la Maison-Blanche et, surtout,
qu’il a menti sous serment», s’indigne encore Dutch.

Les États-Unis, une monarchie?

S’il concède que «l’expérimentée Hillary serait plus
prête qu’Obama à diriger le pays dès le premier jour
d’un mandat présidentiel», Dutch reproche à l’ancienne
première dame son côté «calculateur et manipulateur» .

«En plus, ce pays est gouverné, depuis 20 ans, soit
par un Bush ou par un Clinton. Ce n’est pas très sain.
On dirait une monarchie», fait-il remarquer.

Dans son coin de pays, Dutch ne parle pas trop de
politique. La plupart de ses voisins sont des «Die
Hard républicains, dit-il en riant. Si on discute
d’élections, ça devient vite trop chaud, alors on
évite le sujet». Mieux vaut alors se concentrer sur
des questions plus consensuelles tels le jardinage ou
encore les défaites à répétition de l’équipe locale de
baseball.

Ductch sait bien que le système électoral américain
(dans chaque État, le candidat récolte la totalité des
voix des grands électeurs dès qu’il obtient 50 % + 1
des voix) fait que son vote du 4 novembre, au Texas,
pèsera autant que celui d’un péquiste dans
Westmount-Saint- Louis. Il ira quand même voter. «Ne
serait-ce que pour ne pas faire baisser le taux de
participation, explique-t-il. Je suis d’ailleurs
content de constater que ce taux risque d’être assez
élevé cette année.»

Au Texas, les primaires n’auront lieu que le 4 mars. À
moins d’une surprise, le nom des candidats des deux
principaux partis sera déjà connu ce jour-là. «Et
alors? J’exercerai quand même mon droit», dit Dutch.

—-

Les coûts de ce voyage ont été défrayés par le
département d’État américain. Notre journaliste
participe à l’International Visitor Leadership Program.

SerendipityJanuary 22, 2008 10:27 am

Le mardi 22 janvier 2008

C’est quoi un lock-out?

San Antonio (Texas) — À San Antonio, on a parlé de sécurité routière, de blogues, de NBA, de la perception des Mexicains, d’investissements en Irak et même du lock-out au Journal de Québec. Bienvenue à bord!

Cours de lock-out 101

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les Américains ne comprennent pas le sens du terme lock-out. Pour expliquer ma situation professionnelle aux personnes que je rencontre, j’ai donc dû inventer une formule passe-partout. «C’est une sorte de grève, mais ce sont les patrons qui la font», dis-je, bien conscient d’avoir capté l’attention de mes interlocuteurs, avides d’en apprendre davantage sur cette drôle de «grève».

Limites de vitesse

Sur l’autoroute 35, reliant San Antonio à Laredo (frontière mexicaine), la vitesse maximale permise varie selon l’heure et le type de véhicule. Pour les camions, la limite est toujours fixée à 60 milles (96 km/h). S’agissant des automobiles, le maximum est de 70 milles (112 km/h) durant le jour et de 65 milles (104 km/h), la nuit. Mon collègue Cédric Bélanger, véritable ayatollah de la sécurité routière, sera content de l’apprendre.

Hola!

La ville frontalière de Laredo est le principal point d’entrée terrestre pour les personnes et les marchandises, entre les États-Unis et le Mexique. Il n’est pas rare de croiser à longueur de journée des camions faisant la file sur de longs kilomètres du côté mexicain de la frontière. Selon un douanier américain rencontré sur place, «des raisons culturelles» expliqueraient en partie cet embouteillage monstre quasi permanent. «Les douanes mexicaines n’ouvrent jamais avant 11 h, se désole-t-il. Pourtant, ce serait tellement plus simple si elles commençaient à travailler, comme nous, dès 8 h.» Interrogé sur le mur (en cours de construction à la frontière entre les deux pays), censé prévenir l’immigration illégale, un décideur économique de San Antonio a soutenu qu’un immigrant illégal, qui a eu assez de courage pour traverser le désert à pied pendant neuf heures, a de bonnes chances de devenir un travailleur acharné et qu’il a, du coup, largement mérité sa place au sein de la société américaine.

La «plogue» du jour

Jay Whetter, éditeur d’un journal agricole ontarien, participe au même programme que moi. Sur le blogue anglophone qu’il vient tout juste de lancer (bloggn.grainews.ca), Jay fait remarquer que «les Américains réalisent un travail incroyable pour faire connaître leurs ex-présidents». Le nombre de monuments, de musées et autres centres consacrés aux chefs d’État américains est en effet impressionnant. «Je me demande bien comment la présidence de George W. Bush sera perçue dans 60 ans», se questionne le blogueur. Excellente interrogation, Jay.

«Defense», disent-ils!

Jeudi dernier, j’ai pu assister à un match de basket-ball opposant les Spurs de San Antonio aux Cavaliers de Cleveland (NBA). Lorsque les joueurs de l’équipe adverse étaient en possession du ballon, le public local était invité à crier «Defense» tous azimuts. Pour mieux motiver les spectateurs, les images sur les écrans géants montraient des chars américains tirant un feu nourri contre un ennemi invisible. Message subliminal pour ceux qui n’auraient pas saisi: la nation ne fait que se défendre. Passez, il n’y a plus rien à voir…

Il est temps d’investir… en Irak!

«L’Irak, ça fonctionne». C’est le titre un brin racoleur d’une publicité publiée dans le populaire USA Today de jeudi dernier par une compagnie de Houston qui souhaite que les investisseurs achètent massivement des dinars irakiens, monnaie qui connaîtrait un véritable boom dans les prochains mois.

La réclame ne parle évidemment ni de l’occupation militaire ni du terrorisme et encore moins des violences sectaires qui constituent le lot quotidien des habitants du pays du Tigre et de l’Euphrate.

Hasard ou pas, la manchette du même journal était consacrée, dès le lendemain, à «la sécurité (revenue) dans 75 % du territoire irakien» (ah bon?). Sans verser dans de fumeuses théories paranoïaques, la concomitance de la réclame et de l’information a de quoi intriguer.


Les coûts de ce voyage ont été défrayés par le département d’État américain. Notre journaliste participe à l’International Visitor Leadership Program.

Source:
http://www.mediamatinquebec.com/?Section=Accueil&id=6073

FictionJanuary 20, 2008 9:05 am

SARAH VEUT DANSER

“Ben Ali est tombé”. Dès que j’ai entendu la nouvelle à la radio, j’ai fourré un sandwich, une bouteille d’eau et une radio cassette dans mon sac à dos et j’ai pris le premier train pour Tunis. Je ne voulais à aucun prix perdre l’occasion de vivre heure par heure cet événement historique. Pendant tout le trajet Mahdia-Tunis j’étais en train de m’imaginer les masses laborieuses de la capitale investissant l’Avenue Bourguiba, chantant et dansant jusqu’à l’aube.

En sortant de la Gare Centrale, j’ai jeté un coup d’œil sur la Place Barcelone. Rien de spécial. J’ai vu la foule de tous les jours qui marchait ou courait pour attraper un train ou un bus. J’avais peur de rater la fête, c ‘est pourquoi j’ai commencé à courir en direction de l’Avenue Habib Bourguiba. Je m’attendais à voir les masses tunisoises fêter la chute de la dictature. J’étais étonné de constater que rien ne se passait. Aucun rassemblement, aucune manifestation ni de joie ni de tristesse. Les passants affichaient une indifférence totale aux gros titres de l’édition spéciale d’Assabah et du Temps : BEN ALI EST TOMBE.

Je me suis dit que la fête devrait certainement se passer à Carthage devant le Palais de la République. J’ai couru vers la station TGM et je suis monté dans le premier métro qui partait pour la Marsa. En descendant du métro, j’ai cru distinguer de loin des cris de joie provenant du voisinage du Palais. Mais en sortant de la station Carthage Présidence, je me suis aperçu qu’il ne s’agissait que d’un groupe de jeunes supporters du Club Africain qui « se chauffaient » pour le derby du week-end. En m’approchant du Palais, je n’ai remarqué la présence d’aucun agent de la Garde présidentielle. Les portes du Palais étaient fermées et un silence de morts régnait aux alentours. J’étais le seul « fêtard » devant le Palais silencieux. Le palais de l’ex-dictateur à Sidi Bou Saïd offrait le même « spectacle » désolant. Pas une seule âme qui vive aux alentours du palais désert.

En empruntant le métro qui devait me ramener à Tunis j’ai entendu un voyageur dire à son voisin que le gouvernement provisoire avait décidé d’autoriser, exceptionnellement, tous les lieux publics à rester ouverts jusqu’à l’aube.

A la tombée de la nuit, j’ai emprunté les ruelles presque vides de la Médina pour aller voir ce qui se passait du côté de la Mosquée Ezzeitouna. Rien. Bien que l’Administration ait levé l’interdiction de réunion dans les mosquées et décidé de les laisser ouvertes jusqu’à l’aube, la salle de prière de la Grande Mosquée est restée déserte après la fin de salat al-ishaâ (prière de la nuit).

Je suis revenu abattu à l’Avenue Habib Bourguiba où les promeneurs se faisaient de plus en plus rares. Je suis entré dans le premier bar qui se trouvait sur mon chemin. Il était neuf heurs du soir. Le bar était vide et le barman était en train de nettoyer son local. J’ai commandé une bière, mais le barman s’est excusé, me disant qu’il allait bientôt fermer.

- Mais aujourd’hui c’est un jour exceptionnel. L’Administration a autorisé tous les lieux publics à rester ouverts jusqu’à l’aube.
- Désolé mon ami, mais je ne peux pas rester ouvert pour servir un seul client
- C’est criminel ce que vous faites, c’est le jour de la victoire du peuple! Nous sommes devenus libres, c’est l’avènement de la démocratie, de l’Etat de droit…
- Malheureusement je n’ai pas le temps pour vous écouter. Vous pouvez revenir demain achever votre discours.

J’ai décidé d’aller manifester tout seul devant le Ministère de l’intérieur. Je me suis placé juste devant les policiers qui montaient la garde et j’ai commencé à crier à haute voix : Vive la liberté ! Vive le peuple ! Adieu la dictature ! Aucune réaction de la part des policiers. Ils ne daignaient même pas jeter un regard en ma direction. On dirait qu’ils étaient de marbre. Les rares promeneurs qui passaient devant le Ministère me jetaient des regards curieux, comme si j’étais « le fou du village ».

Et puis s’est produit un miracle ! J’ai enfin trouvé un compagnon de joie. J’ai distingué de loin la silhouette du poète Ouled Ahmed qui sortait d’un bar. J’ai tout de suite couru à sa rencontre et je l’ai invité à se joindre à la fête du peuple. Nous nous sommes plantés devant le Ministère de l’intérieur, j’ai sorti ma radio-cassette de mon sac à dos, je l’ai allumée, puis posée sur la chaussée et nous avons commencé à danser ensemble, la main dans la main, au rythme d’une mélodie grecque, intitulée Zorba.

Hamma Hammami, profitant du beau temps et de sa première journée d’homme libre, a pris sa petite fille Sarah par la main pour une petite promenade nocturne. Ni Sarah ni son père ne s’attendaient à trouver un spectacle gratuit devant le Ministère de l’intérieur. Sarah était amusée par ces deux hommes qui dansaient dans la rue au rythme d’une musique grecque.

- Papa, qui sont ces deux hommes en train de danser ?
- C’est le peuple en train de célébrer sa victoire, ma petite.
- Je peux me joindre au peuple, papa? J’ai envie de danser.
- Non, chérie. Tu risques d’être écrasée par la foule.

Omar K.

( Mercredi 30 janvier 2002 )

Serendipity 1:22 am

http://www.mediamatinquebec.com/?Section=Accueil&id=5932

Le jeudi 17 janvier 2008

Ces questions qui tuent !

TAÏEB MOALLA

Atlanta (Géorgie) - «Comment ces gentils citoyens
américains que j’ai longtemps fréquentés peuvent-ils
élire, sans états d’âme, des politiciens qui
déclenchent des guerres injustes au cours desquelles
des milliers de personnes sont tuées? Pourquoi ceux
qui ont défendu à travers l’histoire les principes de
justice et de liberté acceptent-ils la politique
étrangère agressive que mène leur pays en leur nom?»

C’est Alaa Al-Aswany, auteur égyptien à succès et fin
connaisseur de la société américaine - son dernier
roman s’intitule Chicago -, qui s’est posé ces
questions au cours d’une récente conférence à
l’Université américaine du Caire. Autant le
reconnaître d’emblée, ces mêmes interrogations me
taraudaient l’esprit avant même de visiter les
États-Unis. Je n’y ai évidemment pas trouvé de
réponses définitives, mais seulement les pistes de
réflexion que voici.

L’économie avant l’Irak

«Le principal problème est que la politique extérieure
n’a presque jamais été un enjeu électoral aux
États-Unis, signale un haut fonctionnaire américain à
la retraite. Du coup, mes concitoyens ne se rendent
pas vraiment compte de ce qui se passe dans le monde.»
Il n’est donc pas étonnant de constater que les
questions économiques ont largement supplanté la
guerre en Irak dans les sondages d’opinion destinés à
connaître les thèmes permettant aux électeurs de
trancher entre les candidats à l’occasion des
actuelles élections primaires. Avec les attentats du
11 septembre 2001, les choses ont naturellement
empiré. «Les gens ont le sentiment que le pays ne fait
que se défendre dans une guerre globale contre le
terrorisme. Difficile dans ce contexte passionné de
faire les nuances qui s’imposent», assure la même
source.

Les médias montrés du doigt

Le rôle des médias américains dominants revient
régulièrement dans les discussions lorsqu’il s’agit
d’expliquer l’apathie du public. «En matière
d’information, c’est presque le désert. Encore plus à
la télévision que dans la presse écrite, soutient un
journaliste indépendant résidant au pays depuis une
dizaine d’années. Les vrais enjeux internationaux ne
sont presque pas traités. Et quand ils le sont, c’est
souvent avec le prisme déformant d’une guerre opposant
les forces du bien à al-Qaïda et à ses suppôts.»

Selon lui, les dizaines d’analyses et de reportages
consacrés aux larmes réprimées par Hillary Clinton et
leur rôle présumé dans son come back politique
constituent la parfaite illustration d’un choix
médiatique douteux: celui de raconter une «jolie
histoire» plutôt que de s’intéresser aux programmes
électoraux des uns et des autres.


Les coûts de ce voyage ont été défrayés par le
département d’État américain. Notre journaliste
participe à l’International Visitor Leadership
Program.

SerendipityJanuary 18, 2008 12:20 pm

La mise en bière des Trabelsi

Un milliardaire tunisien, Hamadi Bousbii, coulait des jours heureux à la tête de la SFBT, la société de distribution de la bière et du coca au pays du jasmin. Au point d’envisager le rachat des licences de la société Heineken en Tunisie. Tout allait pour le mieux pour son prospère commerce. Jusqu’au jour, récent, où le neveu préféré de Leila Ben Ali, le plus très jeune Imad, s’est pris le chou avec le distributeur de boisson.

Le chouchou de la présidente gère un commerce fort lucratif de vente d’alcools dans un grand hangar proche de Tunis ouvert 24h/24. Hélas, le jeune Trabelsi devait une grosse facture d’impayés à Hamadi Bousbii : près de 2,8 millions de dinard tout de même.

Le jour où le directeur financier de Bousbii s’enquiert du paiement de la douloureuse, le neveu de la présidente lui raccroche au nez. Comme chez les Trabelsi, on a l’esprit de famille, quelque temps après, Leila en personne décroche son téléphone. «Monsieur Bousbii, tu as fait fortune grâce à nous et tu oses t’en prendre à un membre de la famille », lui hurle la Présidente. « Mais non, c’est mon directeur financier qui a mal compris », répond le Bousbii. « Ne fais pas le faux jeton », lui rétorque Leila, hors d’elle.

Trois jours après ce charmant échange, les représentants de la société Heineken débarquent à la SFBT. Plus question de conclure le moindre accord, le contrat est rompu. Quelques jours plus tard, on apprend qu’une nièce de Leila, qui s’est mariée avec un descendant du clan Boujbel, fort bien implanté au Cap Bon, a pu négocier avec Heineken. Résultat : les Allemands prennent 49 % de la nouvelle société, les Trabelsi le reste.

Ainsi vont les affaires dans une Tunisie où Jacques Chirac avait cru déceler un véritable « miracle économique »…

Du Jasmin pour les arbitres internationaux

Le régime de Ben Ali organise, dans les mois qui viennent, un vaste congrès mondial de l’arbitrage. Histoire de se concilier les bonnes grâces de ces nouveaux faiseurs de paix de la mondialisation heureuse. Avec, à la clé, des décisions d’arbitrage entre des intérêts financiers colossaux qui valent de l’or. Pas de chance, les amis du général-président Ben Ali viennent pourtant de perdre un arbitrage décisif. L’ancien ministre et proche du pouvoir, Houidi, avait été nommé à la tête du groupe Tunisiana, une boîte de téléphonie financée par les Egyptiens d’Orascom et les gens du Golfe. Or la brouille, l’été dernier, entre Leila Trabelsi et Souha Arafat, la veuve du feu leader de l’OLP, a créé quelques ennemis à Ben Ali dans le monde arabe. Les principaux actionnaires de Tunisiana ont exigé la démission du Houidi en question. Et ces mauvais coucheurs viennent de remporter l’arbitrage international demandé par la Tunisie. Les Tunisiens doivent même rembourser les trente derniers mois de salaires de l’ex-pédégé. Un cas d’école pour le congrès de l’été prochain ?

Source:
http://www.bakchich.info/article2263.html

Serendipity 11:36 am

My friend Taieb has been touring the USA since January 5. He is member of a group of “miscellaneous” Canadians invited by the US State Department to visit several places and institutions in the USA.
I have never been to the US although Boston is only 400 kms far away from Montreal.

Here’s a short bio of Taieb by his colleague and travelmate Jay Whetter:

http://bloggn.grainews.ca/

Taieb Moalla

Taieb is a reporter with Media Matin Quebec. This is an employee-run paper that they started after their employer, Le Journal de Quebec, locked them out nine months ago. Le Journal wants staff to work five days a week for the same pay. Staff had been working four days a week. Le Journal also wants reporters to provide reports in various media, including audio and video, without any restriction. Management locked out the workers until they’re ready to come back under the new terms.

Taieb was born and raised in Tunisia. He speaks French, Arabic and English. Taieb’s introduction to Canada came through the Internet. He met his girlfriend from Rimouski, Quebec online in 1998. Her chat room nickname — “Balzac” — caught his eye, and they started chatting. They chatted online every day after that. In December 1999, she traveled to Tunisia to meet him in person. It was her first trip abroad. Over the next two years, Taieb traveled twice to Rimouski before moving to Quebec permanently in 2001. Taieb studied law in Tunisia and got a Masters in public communication from Laval University. He became a Canadian citizen in January 2007.

Taieb thinks he was chosen because of his former involvement with the Canada-Palestinian Coalition. He was often talking with the U.S. consul general and correcting her — politely, he says — on the facts about Palestine.

Humour& humeursJanuary 17, 2008 9:27 am

Psychose? Question de dose…

« La folie nous fait peur, parce que nous savons bien qu’elle est en nous. »
Rosa Montero
«C’est leur rapport à l’excès, à la folie, qui m’intéresse. Le neutre m’ennuie.»
Sylvain Tesson

Le 31 decembre 2007 j’étais dans le métro. J’avais un journal entre les mains. Un article du docteur Zacchia, psychiatre à l’hôpital Douglas, m’a séduit du premier regard. Le papier portait un titre curieux: “Psychologie de l’écureil”. En fait l’article traitait plus de psychologie humaine qu’animale. Le docteur Zacchia dit que les écureils du Mont-Royal n’ont pas peur des visiteurs, car ils savent que ce derniers sont non seulement inoffensifs mais aussi généreux parfois. L’être humain aussi cherche les situations sécurisantes et fuit tout ce qui le met mal à l’aise. Mais fuir les dangers et les situations imprévues tout le temps est un handicap pour l’évolution personnelle. A travers cet article, le psy chevronné invite ses lecteurs à maîtriser leurs peurs et à foncer parfois vers l’inconnu.

L’article m’a laissé rêveur pendant quelques secondes. J’ai fermé les yeux pendant que mon cerveau digérait le papier délicieux. En ouvrant lentement les yeux, j’ai été accueilli par un sourire malicieux, celui du voyageur barbu assis en face de moi. C’était le sourire de quelqu’un qui vous attrape en flagrant délit. Mais un délit tout à fait pardonnable. C’était le docteur Zacchia en personne ! Je l’ai reconnu grâce à la photo qui accompagnait son article. Jusqu’à aujourd’hui je suis incapable de trouver la moindre explication à cette apparition miraculeuse. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Le médecin m’a interpellé avec un ton on ne peut plus familier:

- Bonjour, Omar. Tu as besoin d’aide?
- On se connaît déjà?
- On se connaît depuis toujours.
- Ton article m’a bouleversé !
- Merci pour le compliment.
- Etait-il spécialement adressé à moi?
- Oui et non. Mais je crois, en tout cas, que tu as besoin d’aide.
- Mais je ne suis pas malade, docteur !
- Tous mes patients disent la même chose: ” Je ne suis pas malade, docteur !”.
- Comment sais-tu que je suis malade?
- Mon oeil de psy ne me trompe jamais. Je vois une lueur étrange dans tes yeux…
- Tu parles comme Hamlet !
- Pauvre Hamlet ! Sa tragédie c’est qu’il n’a jamais suivi une thérapie.
- Heureusement pour les Shakespearophiles comme moi.
- Oublie Shakepeare pour le moment. Tu vas me suivre à l’hôpital.
- Mais je dois préparer ma valise.
- On dirait que tu es obsédé par les petits details de la vie, cher Omar !
- Mais ce sont ces petits détails qui remplissent le vide de notre vie, non?
- On en reparlera plus tard.

Nous sommes descendus à la station Verdun. La neige qui enveloppait l’imposant Centre Hospitalo-Universitaire lui conférait un charme irrésistible. En arrivant à la porte d’entrée, le docteur Zacchia a rompu le silence:

- N’oublie pas d’enlever tes bottes à l’entrée, s’il te plaît.
- On dirait que tu es obsédé par les petits détails de la vie, docteur !

A l’intérieur de l’hôptial règne une paix divine. J’ai l’impression de revenir au ventre maternel. Maintenant je n’ai plus besoin d’ouvrir un dictionnaire pour comprendre le sens du mot “sérénité”. Le monde extérieur n’existe pas. Seul le monde intérieur compte. Et ce monde intérieur est tellement riche que j’aimerais y passer le restant de mes jours.

Ici tout le monde, patients et personnel, est extrêmement gentil. On ne parle ni d’argent ni d’affaires. Le sourire artificiel des vendeuses et des banquiers brille par son absence. On ne vend rien et on n’achète rien. C’est un univers où les mots “performance”, “carrière”, “productivité” etc. n’ont aucun sens. Chose intéressante: toutes les relations humaines sont désintéressées. Tout le monde y trouve son compte.

Mes co-pensionnaires sont des gens intéressants et hyper-sympathiques. Je ne m’ennuie jamais en leur compagnie. Le “Professeur” Boltzmann - son pseudo - croit avoir découvert la dimension manquante de l’univers. Selon lui, c’est dans les interstices de cette dimension cachée, invisible et indétectable que trouvent leurs origines les rêves nocturnes et diurnes, les songes des nuits d’été, les délires de Hamlet, Oncle Vania et la Dame au petit chien, Madame Bovary et Anna Karénine, Alice et Sophie, Aladin et sa lampe magique et… les Contes de folie ordinaire.

Il y a aussi le “réalisateur de théâtre” Hellseher*, son pseudo d’artiste, qui a 1001 idées pour réaliser la pièce de théâtre la plus brève de l’Histoire. Elle porte le titre “Untitled” [Sans titre] et dure à peine une minute ! Cette pièce sans nom, sans acteurs et sans décor, a été écrite par Beckett. Mais personne n’a jamais eu le courage de la monter sur scène:

Acte I: Pas la moindre lumière. Noir absolu.

Acte II: Le cri d’un bébé, invisible, qui vient de naître. La scène, vide, commence à s’éclairer lentement. Scène éclairée.

Acte III: La scène s’obscurcit lentement. Avant que la scène ne re-plonge dans le noir total: un bruit à peine audible, le dernier souffle d’un homme qui vient de s’éteindre. FIN.

* Hellseher en allemand= voyant.