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Le vendredi 11 janvier 2008

Bons baisers de D.C.

TAÏEB MOALLA

Washington DC - Certains aspects de la vie à
Washington DC peuvent inquiéter le visiteur. D’autres
l’amuseront à coup sûr.

- On ne badine pas avec la sécurité dans la capitale
fédérale. L’entrée des édifices fédéraux est
systématiquement contrôlée par des agents souvent
polis, mais rarement souriants. Chaque visiteur doit
passer le test du détecteur de métal. Bizarrement, ma
montre me joue de vilains tours. De toutes les montres
que portent les membres de mon groupe, c’est la seule
qui fait sonner la machine une fois sur deux!

- Un grand panneau sur la route invite les bons
citoyens à rapporter «tout fait qui vous paraît
suspect en téléphonant au (202)…….» . La plupart
des Américains à qui j’ai parlé n’ont rien trouvé à
redire sur ce procédé, qui pourrait être qualifié
ailleurs d’appel à la délation. Dans une Amérique
profondément traumatisée par les attentats du 11
septembre 2001, il semble bien qu’une majorité de
citoyens, qu’ils soient républicains ou démocrates,
aient choisi de donner préséance à la sécurité et
accepté de mettre en veilleuse certains droits et
libertés.

- Notre hôtel est situé dans le quartier gai de la
ville. Paradoxalement, le seul drapeau arc-en-ciel que
j’ai pu y dénicher flottait fièrement devant la façade
d’une… église. Il y est inscrit que «tout le monde
est bienvenu ici». Difficile de ne pas penser que ce
cas d’accommodement (raisonnable? ) aurait sûrement
fait, chez nous, les délices de la presse.

- L’entrée à la quasi-totalité des musées nationaux de
la ville est gratuite. C’est le Congrès américain qui
assume les charges découlant de cette décision.

- Il n’y a pas de compteurs dans les taxis du
centre-ville de Washington DC. Un système de zones
permet au chauffeur de préciser le prix, au demeurant
bas, de la course. Un Canadien résidant ici depuis
quelques mois nous a expliqué que personne, pas même
les gens qui habitent à DC depuis 30 ans, n’a jamais
réussi à saisir la logique du découpage.

- Confrontés à l’énorme machine politique et
administrative du Sénat, les fonctionnaires fédéraux
se vengent par l’humour. Ces mauvaises langues
prétendent que la devise de la prestigieuse
institution devrait être la suivante: «Pourquoi dire
en une seule page quelque chose que l’on pourrait
décrire en dix (pages)?»

Les coûts de ce voyage ont été défrayés par le
département d’État américain. Notre journaliste
participe à l’International Visitor Leadership
Program.