Le mardi 22 janvier 2008
C’est quoi un lock-out?
San Antonio (Texas) — À San Antonio, on a parlé de sécurité routière, de blogues, de NBA, de la perception des Mexicains, d’investissements en Irak et même du lock-out au Journal de Québec. Bienvenue à bord!
Cours de lock-out 101
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les Américains ne comprennent pas le sens du terme lock-out. Pour expliquer ma situation professionnelle aux personnes que je rencontre, j’ai donc dû inventer une formule passe-partout. «C’est une sorte de grève, mais ce sont les patrons qui la font», dis-je, bien conscient d’avoir capté l’attention de mes interlocuteurs, avides d’en apprendre davantage sur cette drôle de «grève».
Limites de vitesse
Sur l’autoroute 35, reliant San Antonio à Laredo (frontière mexicaine), la vitesse maximale permise varie selon l’heure et le type de véhicule. Pour les camions, la limite est toujours fixée à 60 milles (96 km/h). S’agissant des automobiles, le maximum est de 70 milles (112 km/h) durant le jour et de 65 milles (104 km/h), la nuit. Mon collègue Cédric Bélanger, véritable ayatollah de la sécurité routière, sera content de l’apprendre.
Hola!
La ville frontalière de Laredo est le principal point d’entrée terrestre pour les personnes et les marchandises, entre les États-Unis et le Mexique. Il n’est pas rare de croiser à longueur de journée des camions faisant la file sur de longs kilomètres du côté mexicain de la frontière. Selon un douanier américain rencontré sur place, «des raisons culturelles» expliqueraient en partie cet embouteillage monstre quasi permanent. «Les douanes mexicaines n’ouvrent jamais avant 11 h, se désole-t-il. Pourtant, ce serait tellement plus simple si elles commençaient à travailler, comme nous, dès 8 h.» Interrogé sur le mur (en cours de construction à la frontière entre les deux pays), censé prévenir l’immigration illégale, un décideur économique de San Antonio a soutenu qu’un immigrant illégal, qui a eu assez de courage pour traverser le désert à pied pendant neuf heures, a de bonnes chances de devenir un travailleur acharné et qu’il a, du coup, largement mérité sa place au sein de la société américaine.
La «plogue» du jour
Jay Whetter, éditeur d’un journal agricole ontarien, participe au même programme que moi. Sur le blogue anglophone qu’il vient tout juste de lancer (bloggn.grainews.ca), Jay fait remarquer que «les Américains réalisent un travail incroyable pour faire connaître leurs ex-présidents». Le nombre de monuments, de musées et autres centres consacrés aux chefs d’État américains est en effet impressionnant. «Je me demande bien comment la présidence de George W. Bush sera perçue dans 60 ans», se questionne le blogueur. Excellente interrogation, Jay.
«Defense», disent-ils!
Jeudi dernier, j’ai pu assister à un match de basket-ball opposant les Spurs de San Antonio aux Cavaliers de Cleveland (NBA). Lorsque les joueurs de l’équipe adverse étaient en possession du ballon, le public local était invité à crier «Defense» tous azimuts. Pour mieux motiver les spectateurs, les images sur les écrans géants montraient des chars américains tirant un feu nourri contre un ennemi invisible. Message subliminal pour ceux qui n’auraient pas saisi: la nation ne fait que se défendre. Passez, il n’y a plus rien à voir…
Il est temps d’investir… en Irak!
«L’Irak, ça fonctionne». C’est le titre un brin racoleur d’une publicité publiée dans le populaire USA Today de jeudi dernier par une compagnie de Houston qui souhaite que les investisseurs achètent massivement des dinars irakiens, monnaie qui connaîtrait un véritable boom dans les prochains mois.
La réclame ne parle évidemment ni de l’occupation militaire ni du terrorisme et encore moins des violences sectaires qui constituent le lot quotidien des habitants du pays du Tigre et de l’Euphrate.
Hasard ou pas, la manchette du même journal était consacrée, dès le lendemain, à «la sécurité (revenue) dans 75 % du territoire irakien» (ah bon?). Sans verser dans de fumeuses théories paranoïaques, la concomitance de la réclame et de l’information a de quoi intriguer.
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Les coûts de ce voyage ont été défrayés par le département d’État américain. Notre journaliste participe à l’International Visitor Leadership Program.
Source:
http://www.mediamatinquebec.com/?Section=Accueil&id=6073
