TranslationsMarch 25, 2008 6:22 pm

و سائلة أين اٌلذّهاب و سائل
و هل يُسأل الصّعلوك أين مذاهبه

مذاهبه أنّ الفجاج عميقة
إذا ضنّ عنه بالفعال أقاربه

عُروة بن اٌلورد

Traduction libre:

Ils me demandent, hommes et femmes,
Bien qu’ils sachent que je viens de Bohème,
” Quel est ton chemin ou ton but suprême ? ”

Telle question est un non-sens et un blasphème
Quand je suis délaissé et oublié par ceux que j’aime,
Chaque coin de la terre devient mon lieu de baptême.

Orwa Ibn El-Ward

Serendipity 1:42 am

PRENONS LE TEMPS DE MEDITER

Vivre constamment sur ses nerfs est nuisible à la santé physique et morale. Cependant nombre de gens ne connaissent que deux façons de combler les heures de loisir dont ils disposent : travailler ou s’amuser et, dans l’un ou dans l’autre cas, ils se donnent à fonds. Nous songeons rarement à consacrer des moments de répit à une autre activité : cette précieuse faculté de l’esprit qui s’appelle méditation.
Vous est-il jamais arrivé de voir un homme tranquillement assis dans un hall d’hôtel ou, chez lui, dans son salon, et qui ait l’air de ne s’intéresser à rien. ? Il n’a ni livre ni plume entre les mains. Il semble prendre son temps à ne rien faire. Quelle serait alors votre réaction ? Vous penseriez tout de suite que cet homme attend quelqu’un et, à le voir ainsi s’ennuyer, vous auriez probablement envie de le plaindre. Il ne nous viendrait jamais à l’esprit que, en dépit de son désœuvrement apparent, ce faux oisif fait cependant une chose à la fois importante et agréable : il laisse sa pensée errer et s’émerveiller ; il se détache entièrement de son cadre naturel, s’ouvre en un mot à la méditation.
Méditer c’est se rafraîchir et se reposer. C’est emmagasiner de l’énergie pour l’avenir, c’est assurer à la vie de l’équilibre et de la souplesse. La méditation nous amène souvent à considèer sous un autre angle les richesses de l’âme humaine et développe nos facultés.
Aucune règle spéciale, aucune technique, définie ne président à la méditation. Il s’agit simplement de rendre la liberté à son esprit et de le laisser errer en paix au-delà des objectifs matériels et des contingences “pratiques” du présent. Oui, laissez carrément votre pensée partir en vacances. Laissez-la s’élever au-dessus des tristes réalités de la vie quotidienne. C’est si facile ! Vous connaîtrez ainsi l’état d’esprit d’où l’on se trouve automatiquement plongé quand on écoute de la belle musique ou qu’on est en présence d’un splendide coucher de soleil. Votre émerveillement ne connaît pas d’impatience ; il n’est pas nécessaire de préparer à l’avance ni de forcer votre recueillement.
Vous n’avez besoin d’aucune aide matérielle. Peu importe le cadre qui vos entoure ; vous avez vite fait de l’oublier une fois que vos avez pris l’habitude de méditer. Cependant, le calme, la beauté du décor qui vous environne influent de façon certaine sur la méditation.
Le grand psychologue William James recommandait à ses élèves de philosophie d’assister fréquemment aux offices religieux. ” Prenez l’habitude de vous rendre dans ces endroits calmes et propres à la méditation, leur disait-il ; cela vous aidera à conserver toute sa lucidité à votre faculté de jugement.” Il leur faisait la comparaison suivante»:En allant à l’église vous faites comme cet homme ballotté au milieu d’une foule en marche, qui réussit à la dominer en montant sur un banc. Ayant reconnu le sens du courant, il peut se fondre de nouveau dans la masse et s’y frayer un chemin.” Il aurait très bien pu utiliser la même image en parlant de la méditation. La méditation nous élève au-dessus des petitesses de la vie et nous permet de distinguer l’essentiel de l’accessoire. Ainsi, le sens spirituel de nos épreuves nous apparaît clairement.
Comment se préparer à la méditation ? Aiguillez tout simplement votre pensée dans la bonne voie. Dès le départ, vous devez en effet tendre à élever votre esprit vers l’universel et l’impersonnel, plutôt que de le laisser s’abimer dans des réflexions égocentriques.
Las de concevoir des idées pratiques et positives, rassasié des sujets précis et déterminés, l’esprit se libère des pensées mesquines avec une facilité surprenante. Prenez l’habitude de vous concentrer quelques instants sur une idée générale ou abstraite, comme l’essence de la beauté, le sens de la vérité, l’analyse du courage, la destinée humaine, l’immortalité, ou l’une quelconque des vérités éternelles de la religion. Ou encore prenez comme point de départ une citation propre à vous inspirer et laissez-la reposer dans votre esprit avec l’idée qui en découle. Il vous viendra peut-être là l’esprit une interprétation nouvelle ; n’a-t-on pas dit que toute citation mystique prêtait à mille et une versions ? Dès que vous aurez lancé votre pensée dans la bonne direction, laissez-vous entraîner par le courant et mener où il voudra. Contentez-vous d’être spectateur.
Quand vous traverserez des moments difficiles, que vous serez en proie à une forte anxiété ou à quelque autre émotion, sachez qu’il n’y a pas de plus sûre méthode pour retrouver la sérénité. Je ne connais d’ailleurs aucune façon de reprendre le contrôle de sa raison et de son jugement avec une telle économie de temps et d’énergie. En tant que moyen de combler nos moments de loisir, la méditation est accessible à chacun de nous, quel que soit son âge et son expérience personnelle. Méditer, c’est déjà vivre en sage.

Dr. Austen Fox Riggs

UncategorizedMarch 24, 2008 8:34 pm

Le doute

Un artiste vit toujours dans le doute. Il se nourrit même de ce doute. Kafka l’a bien exprimé dans sa magistrale nouvelle ” Der Hungerkünsler” (L’artiste du jeûne).

L’art de cet artiste, enfermé dans une cage pour prouver au public qu’il ne s’alimente pas, est de jeûner pendant de longues semaines, mais il n’a guère d’admirateurs. A la fin du récit il meurt de faim, oublié par tous. Personne n’est venu lui rendre le dernier hommage. C’était le cauchemar de Kafka et de tout artiste: tomber dans l’oubli. Il doute toujours de sa valeur. Si une oeuvre trouve du succès, le doute revient subrepticement: “Tu ne pourras jamais répéter l’exploit. C’est ta dernière réussite”, lui dit une voix intérieure . Et ce sera ainsi jusqu’à son dernier souffle… créateur.

Omar K.

Montréal, automne 2001.

JournalMarch 19, 2008 3:03 am

Je vis dans une société habitée par la peur. La peur de se faire voler, la peur des incendies, la peur des maladies, la peur de mourir etc. Jusqu’à maintenant je n’ai jamais rencontré des gens heureux. Des gens qui se sentent bien dans leur peau. La majorité se comporte comme une armée de pompiers qui s’attend à chaque instant d’être appelée à éteindre un feu ou gérer une catastrophe. Tout le monde s’attend au pire et le pire peut arriver n’importe quand. “Il faut se protéger”, disent les sages de ce monde fou. ” Se protéger” est un verbe en vogue dans cette contrée monothéiste qui ne croit qu’en un seul dieu: Dieu Dollar.

Ils passent tout leur temps à parler de ce qui est cher et de ce qui n’est pas cher. Ils parlent toujours des bonnes et des mauvaises affaires. J’ai envie de leur crier au visage: ” La vie n’est pas une affaire !”. Ils me répondraient à l’unisson: “Occupe-toi de tes affaires !”.

Mais moi je n’ai pas d’affaires. A part mes vêtement, quelques livres et un vieux ordinateur, je ne possède rien. Je n’ai peur ni des voleurs ni des escrocs. Je préfère chanter avec le poète libanais Mikhaël Nuaïmé:

Le toit de ma maison est en fer
Et ses murs sont en dur calcaire

Que la tempête refuse de se taire
Ce n’est en aucun cas mon affaire !

Humour& humeursMarch 17, 2008 10:09 pm

Homenaje a un lunar

Tu lindo lunar
Me va a matar

Me gusta mirar
Y, ojalá, besar

Tú eres mi mar
Dejame nadar

¿Sabes conjugar
El verbo amar ?

No puedo esperar
Querer no es jugar

Dejamos de pensar
Pues, todo es azar…

Journal 9:06 pm

Adieu, Mère Terre !

” Il regarda sa mère. Le beau regard marron fit remonter en lui des années de tendresse.

- As-tu peur, mère?

- A mon âge, on ne craint plus grand-chose.” ( Albert Camus; La Peste, Ed. Gallimard Folio, page 117)

A quel âge commence-t-on à ne plus craindre grand-chose ? Je pense qu’on devient stoïque devant la mort le jour où tout ce qu’on vit n’est plus que du “déjà vu”.

Un article du New York Times, Kissing the Earth Goodbye in About 7.59 Billion Years * [ Dire Adieu à la Terre dans 7,59 miliards d’années], m’a débarrassé de toutes mes angoisses. Lorsque chaque matin je vois des milliers de gens prendre le métro pour aller travailler, je ne peux m’empêcher d’admirer leur courage sisyphien. Mais le comble de l’absurde- Emile Cioran en sait quelque chose - c’est de n’avoir ni le courage de vivre ni celui de se suicider.


* http://www.nytimes.com/2008/03/11/science/space/11earth.html?em&ex=1205899200&en=4bd884c2f199d73a&ei=5087%0A

Journal 3:59 am

Nerf vague

” L’enregistrement nocturne et continu de l’életctrocardiogramme a bien montré aux médecins que la nuit est, physiologiquement, très différente du jour. On découvre dans la nuit des lambeaux de graphiques où le cœur se ralentit incroyablement sous l’influence du nerf pneumogastrique - ou le nerf vague. La nuit, c’est l’heure où les crises surviennent, où les femmes accouchent, l’heure de la création”

Fernand Destain, La souffrance et le génie; Presses de la Cité (1980), page 242.

Dors !

” Mes nuits étaient plus longues que mes jours car, la nuit, j’étais seule. Je regardais Remco ; il ronflait à mes côtés. C’est à lui que je devais le peu d’équilibre qu’il me restait ; mais il arrivait à dormir, et cela faisait toute la différence. Il passait directement de mon ventre chaud au Pays des Rêves, lieu dont je n’avais plus qu’un souvenir de moins en moins précis… Alors je sortais à vélo dans les rues sombres, débordante d’énergie et je cherchais la vie…”
Tiré du roman ” Dors ! “, écrit par Annelies Verbeke, traduit du néerlandais ( Belgique) par Daniel Cunin. Editeur : Mercure de France, Paris, France Collection : Bibliothèque étrangère.