Je vis dans une société habitée par la peur. La peur de se faire voler, la peur des incendies, la peur des maladies, la peur de mourir etc. Jusqu’à maintenant je n’ai jamais rencontré des gens heureux. Des gens qui se sentent bien dans leur peau. La majorité se comporte comme une armée de pompiers qui s’attend à chaque instant d’être appelée à éteindre un feu ou gérer une catastrophe. Tout le monde s’attend au pire et le pire peut arriver n’importe quand. “Il faut se protéger”, disent les sages de ce monde fou. ” Se protéger” est un verbe en vogue dans cette contrée monothéiste qui ne croit qu’en un seul dieu: Dieu Dollar.

Ils passent tout leur temps à parler de ce qui est cher et de ce qui n’est pas cher. Ils parlent toujours des bonnes et des mauvaises affaires. J’ai envie de leur crier au visage: ” La vie n’est pas une affaire !”. Ils me répondraient à l’unisson: “Occupe-toi de tes affaires !”.

Mais moi je n’ai pas d’affaires. A part mes vêtement, quelques livres et un vieux ordinateur, je ne possède rien. Je n’ai peur ni des voleurs ni des escrocs. Je préfère chanter avec le poète libanais Mikhaël Nuaïmé:

Le toit de ma maison est en fer
Et ses murs sont en dur calcaire

Que la tempête refuse de se taire
Ce n’est en aucun cas mon affaire !