DE TUNIS À QUÉBEC
par Taïeb Moalla
Je viens d’un pays, la Tunisie, où la liberté d’expression n’est qu’une chimère. En débarquant à Québec, je pensais naïvement avoir laissé derrière moi les questions liées à la censure et aux diverses pressions que mes confrères tunisiens ne connaissent que trop bien.
Or, le conflit absurde que nous subissons depuis un an m’a permis de réaliser cette réalité: la liberté d’expression peut être menacée même dans les pays démocratiques. Nul besoin d’un régime despotique, allergique à la presse indépendante, pour mettre à mal ce principe fondamental de la vie citoyenne. Il suffit pour cela qu’un employeur tente de sabrer dans les conditions de travail, essaye d’imposer des cadences irréalistes aux travailleurs et cherche à profiter de leur labeur.
Notre combat vise, en dernière analyse, à assurer un journal de qualité à nos lecteurs. C’est pourquoi je suis si fier de faire partie de la «belle gang des lock-outés».
Taïeb Moalla, journaliste
SOURCE:
Média Matin Québec, mardi 22 avril 2008
http://www.mediamat inquebec. com/Pdf/MMQ- 2008-04-22. pdf
