Lettre à un ami de Dakar

Cher K.

L’autre jour tu m’as posé cette question: "Pourquoi écris-tu? Tu veux devenir député?". Malheureusement, cher K., malgré notre longue amitié, tu n’as rien compris à Khayyâm. Khayyâm député ! C’est la blague la plus marrante que j’aie entendu pendant le mois de janvier.

Et pourquoi pas Ouled Ahmed Président? Tout le monde va s’amuser avec un PP (c’est l’abréviation de président-poète et non de poète pestiféré). Tu te rappelles ma réponse? « Non. Je veux devenir citoyen. ». Les droits que je réclame sont, pourtant, si simples. Rien n’est plus difficile que les choses simples, mon ami.

Je réclame le droit de ne pas être injurié, giflé, malmené, maltraité, humilié, torturé, supplicié. Par qui ? Par des gens payés par le peuple pour mener la vie dure au…peuple.

Je réclame le droit de ne pas être épié, observé, surveillé, fiché, contrôlé, harcelé, étouffé. Par qui ? Tu l’as déjà deviné !

Je réclame le droit de respirer, d’expirer et d’aspirer un air propre non contaminé par les puanteurs des flagorneurs, des applaudisseurs, des falsificateurs et des faux-monnayeurs.

Je réclame le droit d’écrire, de crier et de rugir, le droit au délire, le droit à la satire n’en déplaise au vizir et à l’Emir. Cher K., j’espère que ma réponse ne t’a pas dépité !

A bientôt !

Ton ami Omar.