Chaque temps fait son temps

Je me suis debarrassé de mon cellulaire [ portable ] après cinq mois d’utilisation infructueuse. Je ne veux plus de ce fétiche moderne qui sonne tout le temps pour nous poser ces deux questions existentielles incontournables: " T’es où ?  Tu fais quoi ? ". J’en ai marre de repéter: " Je ne suis nulle part et je ne fais rien.". Ce "rien" cause une panne des circuits neuronaux des cellulomanes. Ou bien: " Qu’est-ce que tu racontes ? ". Je raconte toujours " la même histoire que celle d’hier." Bip… bip… bip… Désolés, la communication n’a pu être établie…

J’ai toujours rêvé d’un monde où le silence serait roi. Il y a quelques années, j’ai accompagné mon frère à la campagne de Mornaguia. Nous fûmes invités par une famille de paysans du "Near West" de Tunis. Ce fut un un jour d’été, un des les plus chauds de la décennie. Chez cette famille régnait un silence aussi agréable que l’air frais de leur patio. Dehors, la canicule faisait chanter quelques cigales en chaleur. Il ne manquait au décor qu’une "petite musique de jour" d’Ennio Morricone.

Le grand-père nous salua puis se réfugia dans un silence majestueux, olympien. Mon frère posa une seule question au grand-papa: " D’après vous, lequel est le mieux, le temps moderne ou le bon vieux temps ?".

 Je médite encore la réponse du vieux sage: " Chaque temps fait son temps."

 

O.K.