JournalOctober 31, 2009 11:50 pm

Aujourd’hui c’est Halloween. J’ai vu plein de gens déguisés. Un dictateur arborant un masque de démocrate. Des tortionnaires déguisés en défenseurs des droits huamains. Un mafieux dans les habits d’un pieux. Des plumitifs camouflés en journalistes. L’épouse d’un Parrain dans un accoutrement de marraine d’handicapés et d’orphelins. Des lèche-bottes maquillés en opposants.

Le spectacle le plus marrant fut celui d’une marionnette déguisée en homme politique qui crie hystériquement devant une assemblée de vrais faux journalistes: " Nous n’avons pas de squellette dans  le placard ! "

Serendipity 6:16 pm
PRESIDENTIELLE EN TUNISIE (TEMPS PERDU)

"Je ne me rendrai pas", par Taoufik Ben Brik, opposant tunisien


"Ils veulent que je me rende de mon propre gré. J’entre dans l’antre de Ben Ali et je n’en sors plus". Par Taoufik Ben Brik.

"C’est fait. La convocation est à mon nom. Ma femme -convoquée en premier lieu- n’est plus concernée puisqu’ils sont tombés sur le conducteur, le véritable coupable. Coupable d’avoir agressé une femme(1) ? Oui coupable d’avoir écrit ce que j’ai écrit sur Ben Avi, El Divo, Idi Amin, le dernier Roi d’Ecosse. Des gens me conseillent d’aller au commissariat pour voir de quoi il s’agit. Mais je sais de quoi il en retourne. Ils veulent que je me rende de mon propre gré. J’entre dans l’antre de Ben Ali et je n’en sors plus. Je ne les aiderai pas à me prendre vivant. Qu’ils viennent me prendre. Je me suis assigné à résidence. C’est aussi pénible que leur bagne préhistorique mais au moins comme ça je les toise…, puisqu’ils me cherchent noise. Je sais ce qui m’attend. Je les attends…ZABA , ceux qui vont à la mort te saluent.

Je ne fais confiance ni à la police, encore moins aux juges tunisiens. Ils sont à la solde de Ben Ali. Je ne peux pas énumérer ce que ces deux corps m’ont fait : ils m’ont cassé le bras- d’où mon surnom peau rouge de « bras cassé »-, ils ont terrorisé mes enfants et les ont empêché d’avoir une enfance ordinaire ( ils ont déjà une conscience sociale et politique d’un instit’ à la retraite), m’ont empêché de circuler librement dans le pays et les autres pays, ont pris ma famille en otage, ont mis mes frères en prison, nous ont affamé- aucun membre du clan Ben Brik n’a un salaire, sauf ma sœur Saida, professeur de maths-, me surveillent là où j’y suis, m’ont concocté des procès pipés ici et là-bas (en France), m’empêchent d’écrire, de publier, de vendre mes livres (9 livres sont interdits de séjour en Tunisie), poussent les autres pays arabes à ne pas m’accueillir (je suis interdit de fouler le sol algérien, marocain, libyen, égyptien, libanais, syrien, qatari… ne parlons pas des royaumes du golfe), éloigné de moi mes proches amis (l’avocat Chawki Tabib, le journaliste Ridha Kéfi, l’universitaire Hamdi Hmaidi, le renégat Tahar Gargoura….), mes cousins, mes voisins… interdisent aux cafetiers de me servir (Madrigua, le Platinium, l’Opéra, l’Astragale..) ont fait circuler sur moi des tas d’histoires ( alcoolique, drogué, proxénète, arnaqueur, violeur, voleur, pédophile, pédéraste, séropositif, menteur, voyeur, violent, vendu, plagiaire, fabulateur, sioniste, Franc-maçon, espion à la solde de la France, .d’Israël, baathiste, trotskiste .. et la meilleur : reçoit une tonne d’argent de Ben Ali. Il ne vit pas en Tunisie. Couard.

Je ne leur fais pas confiance parce qu’ils ont volé ma bibliothèque ( des livres dédicacés par Edward Saïd, Mahmoud Dewiche, Gunter Grass, Umberto Ecco, et surtout des livres rares sur la poésie préislamique), les bijoux de ma femme et de ma fille Khadija, mes manuscrits ( Ben Brik au palais, les Chiens, les Imbéciles ), un ordinateur portable offert par Daniel Cohn- Bendit), Ils ont poussé mes alliés à prendre leur distance (Florence Beaugé, Hélène Flautre, Robert Menard, les gens de Marianne, les journalistes algériens, Human Right Watch…) Ils ont fait circuler que je suis un accro des médias (les journalistes qui viennent en Tunisie ne me rendent plus visite), que j’occupe tout l’espace médiatique, un manipulateur, un ingrat, un scélérat (2)…

Je ne leur fais pas confiance, parce qu’ils me traquent comme une bête. Parce qu’ils me gâchent le paysage, parce qu’ils me font vivre dans la fosse des fauves, parce qu’ils n’arrêtent pas de penser à moi, parce qu’ils me rappellent tous mes cauchemars que je ne pourrai élucider, parce qu’ils empêchent Luck La main froide qui est en moi de prendre le large, parce qu’ils ne ma laissent pas le temps pour écrire mes romans, parce qu’ils m’empêchent de jouir de l’enfance de mes enfants, parce qu’ils m’empêchent de voir un film dans une salle de cinéma, d’aller au théâtre, voir un concert, lire un livre, boire un café en paix, siroter une bière., m’enivrer, gouter un bon méchoui, oser la classe, aller au Hammam, au bar du coin, se prélasser au soleil, aller à la mer, rencontrer des gens, voyager à travers les hommes, vivre une idylle, pleurer la mort de ma mère, voir l’humoriste Lamine Nahdi et rire aux larmes.

Je ne leur fais pas confiance, parce qu’ils sont en uniforme, parce qu’ils ont des armes, une armée, des prisons, des tortionnaires, des matons, des mouchards, des palais en Espagne, des banques centrales, des tanks, des bombes lacrymogènes, des sirènes, des costumes noirs, des cravates rouges ocres, des ray bans, des souliers italiens, des enfants obèses, des femmes dodues et laides, parce que je suis pauvre et ils sont riches, parce que je suis démuni et ils sont blindés. Ils sont forts et je suis fragile. Je suis l’œuf et ils sont le mur, la Bête et le Belle… Ils ont un budget de Coca Cola et je n’ai même pas de quoi de m’offrir une noisette, parce qu’ils pillent mon pays, parce qu’ils colonisent mon peuple, parce qu’ils rendent mes « pays » ignorants, parce qu’ils règnent sans légitimité, parce qu’ils sont au pouvoir depuis un quart de siècle, parce qu’ils nous prennent pour des cons, parce qu’ils sont infâmes, parce qu’ils nous font honte, parce qu’ils inculquent à mon peuple la roublardise, la couardise, la débrouillardise, parce qu’ils insufflent la peur, une peur au-delà de la peur. Parce qu’ils n’ont rien à foutre ici. Qu’ils partent d’où ils sont venus. Parce qu’ils doivent disparaître pour qu’on apparaisse. Parce qu’ils ne sont pas à leur place, parce qu’il n’y a pas de place pour deux, parce que l’un de nous est de trop.
Allez au Diable !

Taoufik Ben Brik

(1) La conductrice de la R19 qui m’est rentré dedans et qui a crié à l’agresseur (Lire Ben Ali s’emballe et Zmorda)

(2) Dans la presse du samedi 24 octobre 2009, organe gouvernementale Nizar Ben Saad, un universitaire, écrit, dans une tribune intitulée « Trêve de baliverne » : Présente trompeusement et abusivement par des néocolonialistes à peine déguisé comme écrivain et journaliste indépendant, maquisard passé maître dans l’art de guerroyer avec les mots, stratège de la parole des médias….Plus loin encore, il affirme : « il convient de rappeler ici, que lors de la pseudo grève de la faim de 2000, ce BB, comme un taxi sans compteur, n’a jamais fait un seul jour de grève, en témoignent ses anciens amis… Certains médias se sont d’ailleurs rendus compte de ses magouilles aux relents nauséabonds, n’en déplaise à Daniel Mermet, fort attaché à son ami. »

 

Source:

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20091025.OBS5762/?xtmc=taoufik_ben_brik&xtcr=7

SerendipityOctober 30, 2009 8:19 pm

Les indulgences du parquet (extrait)

LE MONDE | 29.10.09 |

Ajaccio, 2009. Affaire Trabelsi

Après le vol à Bonifacio d’un yacht d’une valeur de 1 million d’euros, en mai 2006, les enquêteurs en identifient les auteurs, mais aussi ses commanditaires, Moez et Imed Trabelsi, les neveux du président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali. Le juge d’instruction Jean-Bastien Risson les met en examen, demande leur interpellation et exige leur renvoi devant les tribunaux français. Mais le parquet va obtenir que le cas des deux commanditaires soit disjoint et qu’ils soient jugés en Tunisie. "Le 28 juin 1972, la France et la Tunisie ont signé une convention. Les Tunisiens résidant en Tunisie sont jugés en Tunisie. Il appartient à la justice tunisienne, qui n’extrade pas ses ressortissants, d’examiner cette affaire", justifie le procureur Thomas Pison. Fin septembre, les huit auteurs des vols sont condamnés par un tribunal corse. En Tunisie, une information judiciaire vient à peine d’être ouverte contre Moez et Imed Trabelsi. "La justice française a baissé les bras face aux autorités tunisiennes", estime Me Antoine Sollacaro, avocat de l’un des condamnés.

Source:

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/29/juge-d-instruction-les-indulgences-du-parquet_1260253_3224.html#ens_id=1258078

 

Uncategorized 8:04 pm

Tunisie: Mohamed Soudani disparu depuis une semaine

Mohamed Soudani a été enlevé à Tunis le soir du jeudi 22 octobre 2009 à sa sortie de l’hôtel Africa. Un groupe de flics l’attendait devant l’hôtel après avoir rencontré deux journalistes de RFI et de radio Montécarlo venues couvrir les élections de dimanche dernier. Depuis, ses proches et ses avocats n’ont aucune nouvelle de lui. Ils expriment leurs vives inquiétudes quant au risques de torture et de mauvais traitements dont il pourrait être victime. Souvent ce genre de cas de disparition s’accompagne de torture et de mauvais traitements.

Mohamed Soudani est membre du bureau fédéral de l’union générale des étudiants de Tunisie (UGET) de la faculté des sciences économiques et de gestion de Mahdia. Il a été renvoyé des études, arrêté et condamné à plusieurs reprises à cause de ses activités syndicales. Sa dernière condamnation date du 16 juin dernier, il a écopé d’une peine 2 mois de prison ferme qu’il a purgée. Il avait entamé, avec 4 de ses camarades, le 11 février 2009 une grève de la faim qui a duré 58 jours pour exiger leur réintégration dans leurs études.

Tunisie: Procès du syndicaliste étudiant Zouhair Zouidi

Le procès de Zouhair Zouidi, syndicaliste étudiant au sein de l’UGET, aura lieu demain jeudi 29 octobre 2009.

Zouhair a été arrêté et écroué le 16 octobre 2009 alors qu’il quittait la cité universitaire des étudiantes de Manouba (banlieue de Tunis) où avait lieu un sit-in pour le droit au logement universitaire (voir communiqué de la LTDH daté du 20 octobre 2009).

Zouhair Zouidi a déjà été condamné par le passé à cause de ses activités syndicales. Le 24 décembre 2008, il a été condamné en appel en compagnie de son camarade Anis Ben Fraj à 4 mois de prison ferme.

Tunisie: Enlèvement du journaliste Slim Boukhdhir

Le journaliste Slim Boukhdhir, correspondant du site internet (www.alarabiya.net) de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabya, a été enlevé devant chez lui en début de soirée. Ses ravisseurs lui ont bandé les yeux et l’ont embarqué de force à bord d’un véhicule. Ils l’ont sauvagement tabassé, lui ont enlevé ses chaussures et ses vêtements avant de l’abandonner presque nu au parc du Belvédère en plein centre de Tunis. Slim Boukhdhir souffre de plusieurs blessures et d’une fracture au nez suite à cette agression.

Slim Boukhdhir a été privé de ses droits les plus élémentaires et agressé à plusieurs reprises à cause de ses articles critiques vis à vis du régime de Ben Ali. Le 4 décembre 2007, il a été condamné à 1 an de prison ferme et 5 dinars d’amende dans le cadre d’une affaire montée de toute pièces («outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions», «atteinte aux bonnes mœurs» et «refus de présenter sa carte d’identité aux forces de l’ordre»). Il a été libéré le 21 juillet 2008, soit 4 mois avant le terme de sa peine, suite à une campagne de solidarité internationale.
 
Dr Hatem Achache

FictionOctober 29, 2009 7:59 pm

Nomenklatura contre Mafia Dura

Fahmi Fahman (nom fictif) est un haut cadre tunisien qui travaille dans un service tellement secret qu’il ne porte même pas de nom. Il visite Montréal pour enquêter sur l’incendie qui a détruit un immeuble appartenant à un homme d’affaires tunisien lié au clan des Trabelsi. J’ai profité de sa visite de la métropole québécoise pour lui poser quelques questions.

O. K. : On vient d’arrêter le journaliste Taoufik Ben Brik aujourd’hui. On a arrêté le journaliste Zouheir Makhlouf le 15 octobre dernier. Hier, cinq "inconnus" ont tabassé le journaliste Slim Boukhdhir et lui ont arraché ses vêtements et ses effets personnels. Qu’est-ce qui se passe actuellement en Tunisie ?

F. F. : C’est tout à fait normal pour une fin de règne. 

O. K. : Mais on parle de fin de règne depuis octobre 1999 !

F. F. : Certaines agonies sont longues et douloureuses.

O. K. : L’après-Ben Ali a-t-il déjà commencé ?

F. F. : La Tunisie est en train de traverser une zone de cumulonimbus à fortes turbulences. L’ère Ben Ali est déjà derrière nous. La Tunisie est enceinte d’un bébé - le pessimistes parlent d’un monstre - dont l’échographie prête à 1001 interprétations. Ce bébé porte déjà un nom: "L’après-Ben Ali". C’est tout ce que je peux dire.

O. K. : C’est une guerre sans merci entre les clans mafieux de Tunis ?

 F. F. : En fait il s’agit d’une guerre à plusieurs fronts. Il y a , d’une part, une guerre à peine larvée qui oppose la nomenklatura du RCD (parti au pouvoir depuis 1956), soutenue par certaines familles de la grande bourgeoisie de Sfax et Tunis, à la "Régente de Carthage", Leila Trabelsi-Ben Ali. D’autre part, il y a une guerre secrète entre les  "chefs de gang" qui orbitent autour du Palais de Carthage. Les plus connus sont Sakhr Materi et Belhassen Trabelsi. Le sort de chaque "capo" est intimement lié à celui des autres mais ils savent tous que le pouvoir ne se partage pas. Il faut lire la biographie du parrain de Chicago Sam Giancana ( Notre homme à la Maison Blanche), écrite par son frère Chuck,  pour comprendre la logique mafieuse.

O. K. : D’après vous, qui gagnera cette guerre ? 

F. F. : La guerre sera gagnée par celui qui réussira à contrôler les services de sécurité et à maintenir l’armée dans ses casernes.

O. K. : Et le peuple tunisien dans tout ça ?

F. F. : Il applaudira le vainqueur. 

UncategorizedOctober 28, 2009 7:53 pm

Lettre de prison de Zouhaïer Makhlouf, journaliste en grève de la faim

« J’écris cette lettre de la prison de Mornaguia, dans la banlieue de Tunis. Mon nom est Zouhaïer Makhlouf, reporter et militant des droits de l’homme, membre de la section de Tunis d’Amnesty International, membre fondateur de l’Organisation Liberté et Equité, ex membre aussi de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques, et militant du Parti Démocratique Progressiste (PDP), parti d’opposition reconnu. J’ai été candidat pour la liste que ce dernier a présentée dans la région de Nabeul lors des élections du dimanche 25 octobre 2009. Je suis également correspondant du journal électronique Assabilonline (http://www.assabilonline.net/) , inaccessible depuis la Tunisie.
 
Alors que la Tunisie vivait un événement politique important à savoir les élections législatives et présidentielles du 25 octobre 2009, et que de larges franges du peuple tunisien et des élites politiques s’attendaient à des initiatives venant du pouvoir en place dans le sens d’une ouverture politique, j’ai été arrêté et écroué le 20 octobre 2009, à la suite d’un reportage vidéo sur les problèmes environnementaux de la zone industrielle de Nabeul. Ce reportage s’insérait dans le cadre de la commission Environnement de la liste électorale du PDP de Nabeul, qui avait obtenu un récépissé définitif, avant de se retirer de la compétition électorale en application d’une décision du Parti. Ces autorités ont, en effet, invalidé l’ensemble de ses listes et refusé la candidature de Maître Ahmed Nejib Chebbi à la présidentielle en vertu d’une amendement à la Constitution.
 
Après que le parti s’est retiré de la compétition électorale, les autorités ont voulu le sanctionner à travers ma personne et ont poussé Mourad Ladhib, artisan local qui apparaît de son plein gré sur la vidéo, à m’attaquer. Ce monsieur est à l’origine de l’accusation contre moi portée par le parquet pour “nuisance à un tiers à travers le réseau public des télécommunications”, en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications. Dans la plainte qu’il a déposée contre moi, Mourad Ladhib prétend qu’on lui a nui et exige des dédommagements financiers conséquents, tout ceci sur injonction des pouvoirs politiques et sécuritaires. A la suite de quoi, j’ai été convoqué pour une enquête au poste de le police de la délégation de Maamoura, qui relève du gouvernorat de Nabeul, les 15 et 16 octobre 2009. Le 20 octobre, j’ai eu la surprise d’être convoqué à nouveau au poste de police qui a décidé de m’arrêter et de me déférer. J’ai été écroué à la prison de Mornag et de là, transféré à celle de Mornaguia.
 
Après la visite de mes avocats en prison, j’ai été surpris. Un témoin, Saïd Jazi, est devenu un accusateur. Je l’avais sollicité pour confirmer l’accord de Mourad Ladhib à être filmé dans la vidéo en commentant la réalité de la zone industrielle de Nabeul et les conditions vécues par les professionnels. Ceci confirme que le pouvoir est bien décidé à m’impliquer et à monter une accusation pour me priver du moyen de défense que j’avais présenté pour prouver mon innocence. Pour protester contre cette injustice et l’acharnement des autorités à mon endroit, j’ai commencé une grève de la faim illimitée, le 21 octobre 2009, dans le but d’obtenir ma libération et un non-lieu.

Je m’adresse à vous et sollicite votre intervention rapide pour mettre un terme à l’injustice qui s’abat sur moi et ma famille dont je redoute qu’elle ne soit l’objet des représailles du pouvoir. Des agents de la police politique encerclent encore notre domicile d’après ce que m’a rapporté mon épouse, la dernière fois qu’elle m’a rendu visite.
 
Signature : Zouhaïer Makhlouf, reporter et militant des droits de l’homme »

Serendipity 7:34 pm

Russie


"Travailler à Novaïa Gazeta, c’est davantage que du journalisme"

Chroniqueuse judiciaire à Novaïa Gazeta, pour lequel elle couvre le procès de l’ex-oligarque Mikhaïl Khodorovski, qu’elle raconte comme un roman policier, Vera Tchelicheva, 23 ans, décrit l’atmosphère de son journal où, depuis l’année 2000, six collaborateurs ont perdu la vie. Assassinés par des tueurs à gages. "

Pour lire la suite:

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/travailler-a-novaia-gazeta-c-est-davantage-que-du-journalisme_824496.html

JournalOctober 27, 2009 6:48 pm

Facebook ou Facing Books?

Je remercie les ami(e)s qui m’ont envoyé des demandes d’ami sur Facebook, Hi5 etc. Je suis désolé. Je n’ai aucun compte Facebook, ni Hi5, ni Myspace. J’essaie de limiter le temps de connection à internet pour me consacrer à la lecture. J’ai remarqué que trop d’internet diminue mes capacités de concentration. La concentration est essentielle pour lire des livres. Je lis toujours plusieurs livres en prallèle.

Je viens de terminer un bon roman: La maîtresse du commandant Castro, par Eduardo Manet. Je suis en train de lire La maladie a-t-elle un sens, un livre écrit par Thierry Janssen, un chirurgien belge devenu psychothérapeute. Je lis aussi Des cendres en héritage, L’histoire de la CIA, par le journaliste du New York Times Tim Weiner.

J’aime aussi relire certains livres. Je suis en train de relire Au pays des rêves brisés, écrit Katia Gagon et Hugo Meunier, deux journalistes du quotidien La Presse de Montréal. Les photos qui accompagnent le reportage sont de Patrick Sanfaçon et Martin Trembaly. Le livre parle de l’un des derniers tabou de la société canadienne: la maladie mentale. Il s’agit de douze témoignages à visage découvert de personnes, parfois connues du grand public, atteintes épisodiquement ou chroniquement par une "fêlure à l’âme".

Depuis que j’ail lu L’homme qui prenait sa femme pour son chapeau, je suis devenu un fan du docteur Oliver Sacks. J’ai déjà lu ses deux autres livres: Awakenings, d’où a été tiré le film du même nom, avec Robin Williams et Robert de Niro, et An Anthropologist on Mars. Présentement je suis en train de lire son livre Musicophilia ( " Luminous, original, and indispensable… Musicophilia is like a concert of Chopin’s Mazurkas: fast, inventive and weirdly beautiful." American Scolar )

Comment je choisis mes lectures ? En me promenant entre les rayons de la bibliothèque publique ou en fouinant dans les étagères et les vieux cartons des librairies second-hand de Montréal.

 

SerendipityOctober 26, 2009 9:26 pm

« Le Soir » du lundi 26 octobre 2009

 

Tunisie :  L’épouse du président Ben Ali a été très présente dans la campagne

 

L’irrésistible ascension de Leila

 

PORTRAIT

TUNIS

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Alors que, thuriféraires serviles ou victimes résignées, les Tunisiens étaient conviés aux urnes ce dimanche pour « élire » à plus de 90 % et pour la cinquième fois depuis 1987 le président Ben Ali et un Parlement qui lui est tout dévoué, une rumeur enfle depuis quelque temps : Leila Ben Ali, la femme du « raïs », se profilerait comme candidate à la succession de son mari.

A la base de cette hypothèse, deux éléments : d’abord, la santé de Ben Ali, 73 ans, que l’on dit chancelante (mais ce bruit persiste depuis plus de dix ans), et, ensuite, l’irrésistible ascension de Leila, 52 ans, de plus en plus visible dans les médias locaux et, surtout, très présente lors de la campagne électorale qui vient de se clôturer. La première dame de Tunisie s’est même offert des meetings populaires dont elle était la vedette, bien qu’elle n’occupe aucune fonction officielle et ne brigue aucun mandat.

La visibilité de Leila Ben Ali durant la campagne à travers les quotidiens nationaux a même été mesurée par 5 ONG tunisiennes réputées. Leur verdict : Leila a occupé plus de 14 % de l’espace rédactionnel consacré aux législatives, alors que toute l’opposition réunie n’arrivait pas à 13 % (le reste étant monopolisé par le vrai faux parti unique, le RCD). « L’ascension de Leila Trabelsi est un facteur important, il montre une évolution possible du système », nous dit Nejib Chebbi, fondateur d’un parti d’opposition, le PDP, qui boycotte finalement les élections.

Mais qui est Leila Ben Ali, née Trabelsi ? Une femme d’origine modeste, d’abord, comme son mari, d’ailleurs ; pour les deux, il s’agit de secondes noces. Leila exerçait à l’origine la profession de coiffeuse. Son « clan », composé de ses filles et leurs maris, de ses dix frères et sœurs, est resté dans l’ombre pendant plusieurs années après son union avec le chef de l’Etat en 1992. Puis, la voracité des appétits familiaux s’est fait sentir, s’il faut en croire les mille et une histoires de corruption, concussion, prévarication et autres malversations qui circulent sur « la famille ».

Un livre, La Régente de Carthage, main basse sur la Tunisie, paru à Paris le 1er octobre aux Editions La Découverte et signé par les journalistes français Nicolas Beau et Catherine Graciet, fait la synthèse des turpitudes imputées au clan Trabelsi, qui a vainement tenté d’en empêcher la sortie en France (il est interdit en Tunisie). Les allégations contenues dans l’ouvrage feront-elles l’objet de poursuites judiciaires devant les tribunaux français ?

On ignore en tout cas si Leila Ben Ali-Trabelsi envisage de succéder à son mari ou si elle prépare le terrain pour l’un de ses frères ou de ses gendres. « Elle n’a pas l’âme de flic de son époux, on la voit tout de même mal réussir à dominer l’appareil du régime, les ‘services’, le parti, l’armée, trop de dents vont grincer. Et puis, il faut s’opposer à cette logique clanique, nous méritons mieux ! » : cette observation d’un intellectuel tunisois qui préfère l’anonymat semble assez répandue.

De nombreux Tunisiens font observer la montée en puissance de Mohamed Sakhr Materi, qui a épousé Nesrine, fille de Leila. A 28 ans, il est devenu d’une manière étonnamment fulgurante l’un des hommes les plus riches du pays et son étoile brille de manière de plus en plus ostentatoire. Mais d’autres mâles du clan pourraient aussi jouer leur carte.

De Leila Trabelsi, on dit qu’elle fréquente assidûment les gens qui comptent au sommet de l’Etat, qu’elle s’assure de leur loyauté. L’un d’eux, Abdelwahab Abdallah, le très influent ministre des Affaires étrangères, est considéré comme son plus proche conseiller… Certains la décrivent déjà comme plus puissante que n’importe quel ministre. Qui peut savoir où s’arrêteront ses ambitions ?

BAUDOUIN LOOS

Humour& humeurs 8:30 pm

Des chiffres et des êtres

Monsieur X est satisticien auprès de l’Institut National de Satistiques ( INS ) à Tunis. Je lui ai demandé de commenter à chaud les résultats de l’élection présidentielle tunisienne.

O. K. : Monsieur X, le général Ben Ali a recueilli 99,27 % des suffrages en 1989 ; 99,91 % en 1994 ; 99,44 % en 1999, 94,48 % des suffrages en 2004, mais seulement 89,62% en 2009. Quelle conclusion en tirez-vous ?

M. X : Je constate que, malheureusement, la popularité du président est en train de dégringoler. Depuis 2004, il perd  à peu près 5% des voix exprimées tous les 5 ans. C’est une donnée inquiétante, émouvante. Cette érosion électorale me donne des sueurs au dos en tant que statisticien.

O. K. : Pourquoi ?

M. X : D’après mes calculs, si la tendance ne se renverse pas, Ben Ali descendra au-dessous du seuil fatal de 50% en 2049. 

O. K. : Mais il pourrait gagner au deuxième tour !

M. X : Peu probable qu’il gagne le deuxième tour car ceux qui n’auront pas voté pour lui au premier tour, voteront logiquement pour le deuxième candidat en lice pendant le second tour de l’élection.

O. K. : Donc, les Tunsiens doivent se préparer psychologiquement à "perdre" Ben Ali en 2049 ?

M. X :  Tout à fait. J’ai déjà commencé à préparer psychologiquement mes enfants, âgés de 2 et 4 ans, à s’attendre à un changement brutal dans 40 ans. C’est pas facile, c’est triste mais il faut le faire…