Le pilote des culottes

Tout le monde connaît le voleur de yachts mais qui connaît le poète ? C’est grâce à La régente de Carthage que je viens de découvrir avec plaisir un poète tunisien méconnu  en délire qui me fait parfois pleurer, parfois rire. Il s’agit d’Imed Trabelsi, ce troubadour qui tourne autour de Bera Mu, la princesse qui a rejeté son amour et lui a joué des tours. Depuis la publication du livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet, le petit poème d’imed a fait le tour du monde. Il a écrit ce poème en guise d’introduction à sa page personnelle sur Facebook: " Baisse la culotte, c’est moi qui pilote ! " ( La régente de Carthage, page 86).

En effet, la prestigieuse revue Poetry, éditée à Ann Arbor aux USA a déjà fait traduire les vers d’imed par un poète canadien. Elle le publiera à la une de sa prochaine livraison, prévue pour le 7 novembre 2009: " SLIP OUT OF YOUR STRING, I AM IMED THE KING ! " . La revue allemande Yachtlose Dichter publiera aussi une version allemande du poème trabelsien: " Zieh Dein Höschen aus, Ich bin der Kater, Du bist die Maus ! ". Les envolées poétiques d’Imed ont fait des vagues jusqu’au pays de Dante Alighieri. La revue des surréalistes de Sardaigne Pazzo-linee  l’a traduit par " Giù la mutandina, bella ragazzina; Sono il capitano dello stretto di Messina ! ".

La ville belge d’Anvers (Antwerpen), ville de marins par excellence, s’est jointe à cette petite fête de la poésie. La chanson la plus populaire sur les quais de cette ville est une traduction du poème d’Imed: " Neem je broekje langzaam weg; dat is wat ik, de kapitein, zeg ! " La grande poétesse tunisienne Ame Moussa a eu le grand bonheur et l’immense honneur de traduire les vers du grand dragueur:

ادخلي الدّار و انزعي عنك الخمار؛ فأنا عماد البحّار المغوار  

Un responsable tunisien a dit un jour : " Peut-on avoir peur d’un président qui pianote sur son clavier d’ordinateur ? ". Aujourd’hui, alors que les mains du dictateur "pianoteur" commencent à trembler, il faut dire: " Peut-on avoir peur d’un bandit noceur dont les mots nous laissent rêveurs ? "