Le dipolmate et la chaude patate
Consul tunisien (CT): Félicitations, Monsieur Berbèche ! Le Ministère de l’Intérieur vient de vous acorder le droit d’avoir un passeport.
Journaliste (J ): Je suis très touché, Monsieur Sakouti. Ce soir je vais organiser une party grandiose pour fêter le miracle !
CT: Vous continuerez à insulter le pays qui vient de vous accorder un passeport flambant neuf ?
J: Je n’insulte personne. Lisez mes papiers, Monsieur Sakouti.
CT: Vous venez de publier un article sur La régente de Carthage…
J: Ah ! Vous avez déjà lu ce livre ! Bravo ! Quel courage !
CT: Oui, mais ça doit rester entre nous. Malgré cet article insultant, vous pouvez rentrer en Tunisie sans problème.
J: Grâce à ma citoyenneté canadienne ?
CT: Non, non, bien sûr. Je veux dire que vous n’êtes pas recherché par la justice tunisienne à cause des articles insultants que vous avez écrits sur votre pays.
J: Je n’insulte pas, je critique. Je ne critique pas la Tunisie. Je critique votre PDG ( Président Dictateur Général ) et son régime.
CT: S’il vous plaît, évitons ces sujets sensibles.
J: Vous avez peur ?
CT: Tous les Tunisiens ont peur, du simple portier au ministre.
J: Je ne veux pas que vous perdiez votre poste à cause de mon entêtement. Mais je n’y peux rien. Je dois continuer, malheureusement pour vous, à écrire sur Ben Ali et son régime mafiocrate.Votre PDG ne peut pas m’imposer le silence au Canada, quand même !
CT: Vous me mettez dans une position très délicate.
J: Il ne faut pas insulter l’avenir, Monsieur Sakouti. Ni Ben Ali ni son régime ne sont éternels. Mais vous, vous avez toute une carrière diplomatique devant vous. Essayez, quand même, de peser vos mots. Dieu merci, j’ai une mémoire d’éléphant.
CT: Je n’ai rien contre vous personnellement. J’ai des directives à suivre et des ordres à appliquer.
J: Je suis toujours là si vous avez besoin d’un soutien psychologique et moral. Si un jour vous avez le sentiment que vous êtes sur le point de craquer, appelez-moi. Vous avez déjà toutes mes coordonnées.
