UncategorizedMay 10, 2008 5:19 am

Via Rail reprend son train-train quotidien

” M. Martin - Comme c’est curieux, comme c’est curieux, comme c’est curieux et quelle coïncidence !” (Eugène Ionesco; La cantatrice chauve.)

Cette histoire n’a pas été écrite par Haruki Murakami. On est le vendredi 9 mai 2008. Sans crier gare, un train de la compagnie ferroviaire canadienne Via Rail, reliant Vancouver à Toronto, s’arrête à 9 heures du matin à la la gare de Foleyet. C’est un village ontarien dont les habitants sont aussi nombreux que les passagers du train. On comptait 264 passagers et 30 membres d’équipage .

Le chef du train annonce aux autorités le décès d’une passagère de 60 ans. La dame s’est éteinte dans une des toilettes du train. Son corps est transférée à l’hôpital le plus proche. Les autorités de santé publique sont incapables d’identifier la cause du décès. En même temps, six passagers ont eu un malaise d’origine mystérieuse. Une passagère incommodée est transportée vers un centre hospitalier par hélicoptère. Des médecins montent à bord du train, mis en quraintaine, pour ausculter les autres malades.

A la fin de la journée, autorités compétentes annoncent que tout ce qui s’est passé à bord de ce train pendant ce vendredi non-13 était pure et simple coïncidence. Le train peut repartir. Circulez ! Y a rien à voir…

SerendipityMay 1, 2008 7:28 pm

Sarkozy invité dans un bar clandestin

C’est à peine si le brouhaha s’apaise un peu, le temps pour les clients du bar de saisir au vol quelques bribes du discours de Nicolas Sarkozy. Le journal télévisé de 20 heures, lundi 28 avril, vient de commencer. Quand apparaissent les deux présidents enlacés, le Français et le Tunisien, les visages se renfrognent.
“Eh ! Tu nous l’as déjà servie, cette chanson !” s’esclaffe un chômeur. De Pierre Mendès France, en passant par Mitterrand, c’est toujours la même rengaine : la Tunisie est un amour pour la France.

Chez Fritchou, un bar clandestin, les bavardages vont bon train. Sur la table du milieu, il y a un soupçon de vie. Les traits empreints de lassitude, ils fument et boivent du mauvais alcool. “Je n’ai personne qui crie, je viens ici et je picole” dit un type tailladé de coups de couteau, une vraie carte géographique. “Pour parler, on parle ! De tout et de n’importe quoi. Le Ben Ali ? Sarkozy ? Je m’en tape complètement”, lance un compère dans un ricanement sinistre.

- Tu m’as dit une fois, me semble-t-il que tu pensais que les chefs français qui disent aimer les Tunisiens, s’ils les aimaient réellement, devraient vivre comme les Tunisiens. C’est bien cela, non ?
- Ouais, dit le balafré. Et spécialement quand ce chef s’appelle Sarkozy.
- Cela signifie que nos amis de France doivent s’attabler à la table et se servir une bouteille de boukha et se taper une kahba [pute] en fin de partie ?
- C’est ça même.
- Et pourquoi donc ?
- Pour me prouver qu’ils m’aiment vraiment, dit le balafré. Autrement, je les crois pas. Ce Sarkozy qui m’aime et qui s’occupe du sort de mon pays. Il devrait, quand il s’invite chez moi, aller dormir dans les taudis Hay Ettadhamen qui sont faits pour tout ce qu’on veut sauf pour dormir. Il devrait aussi manger dans des gargotes, surtout dans les petits villages où toutes les argenteries sont bien graisseuses. Faudrait aussi qu’il attende pendant une heure le bus bondé pour journaliers et aides ménagères. Et puis même il devrait envoyer ses enfants dans les écoles pour bicos. C’est des écoles qui sont presque toujours de l’autre côté du Chemin de fer, dans des gourbis qu’on peut pas croire que ça existerait.

Quand notre ami Sarkozy aura fait l’expérience de la gargote, de mon lit, de l’école de mon fils, du bus de ma femme, alors on verra son vrai sentiment.
- Si tu espères que nos bons chefs français vont traverser toutes ces épreuves, c’est que tu les prends pour des surhommes.
- Pourquoi ? J’ai bien voyagé dans des wagons de marchandises et je ne suis pas un surhomme, moi. D’ailleurs, comment ce peuple qui a peur du blizzard et des moustiques a pu nous coloniser ?
- Tu radotes.
- Je crois au partage égal. Ces gentils Français qui m’aiment bien, ils doivent partager avec moi les transports collectifs, non ? En plus, j’aimerais bien que mes amis de France essayent une fois de se servir des chiottes des gares du Nord. Y a rien sur la terre, rien, vous m’entendez, qui est comparable à des toilettes dans une gare du Nord. La moitié du temps, y a pas de glace, pas de papier, parfois même y a pas de WC.
- Mmm
- Ca suffit pas que ce chef français soit gentil avec moi, qu’il me serre la main et qu’il me dise que je suis bien dans un pays bien. Je le sais que je suis un homme bien. Ce que je veux, c’est mon pays devienne un pays bien. C’est pourquoi, si tous ces présidents français qui défilent depuis Pierre Mendès France, apprennent sérieusement ce que c’est que d’être privé de sa liberté, je vous parie qu’ils changeront d’avis.
- A vrai dire, même moi, si j’étais un chef français, quelle que soit mon amitié pour la Tunisie, je serais incapable de m’exposer aux avanies du sous développement rien que pour prouver mon amour des Tunisiens.
- Moi non plus, dit le balafré.
- Alors, toi non plus, tu ne serais pas si courageux que cela ?
- Bien sûr. Mais je serais comme un chef français. A la place de Sarkozy, je serais à ma place.

Taoufik Ben Brik

SOURCE:
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/tribunes/20080430.OBS2083/sarkozy_invite_dans_un_bar_clandestin.html

SerendipityApril 25, 2008 5:57 pm

DE TUNIS À QUÉBEC

par Taïeb Moalla

Je viens d’un pays, la Tunisie, où la liberté d’expression n’est qu’une chimère. En débarquant à Québec, je pensais naïvement avoir laissé derrière moi les questions liées à la censure et aux diverses pressions que mes confrères tunisiens ne connaissent que trop bien.

Or, le conflit absurde que nous subissons depuis un an m’a permis de réaliser cette réalité: la liberté d’expression peut être menacée même dans les pays démocratiques. Nul besoin d’un régime despotique, allergique à la presse indépendante, pour mettre à mal ce principe fondamental de la vie citoyenne. Il suffit pour cela qu’un employeur tente de sabrer dans les conditions de travail, essaye d’imposer des cadences irréalistes aux travailleurs et cherche à profiter de leur labeur.

Notre combat vise, en dernière analyse, à assurer un journal de qualité à nos lecteurs. C’est pourquoi je suis si fier de faire partie de la «belle gang des lock-outés».

Taïeb Moalla, journaliste

SOURCE:
Média Matin Québec, mardi 22 avril 2008
http://www.mediamat inquebec. com/Pdf/MMQ- 2008-04-22. pdf

Humour& humeursApril 24, 2008 8:53 pm

Le petit doigt coupable

Cette affaire de justice n’est pas une fiction. Elle est actuellement examinée par le Tribunal de Première Instance de Sousse, Tunisie, sous la présidence du juge Kamel Berkache. Les parents d’une fille de vingt ans ont porté plainte contre le copain “virtuel” de leur fille pour viol via… cellulaire !

En effet le présumé coupable, âgé de 30 ans, n’a jamais touché cette oie blanche. Cependant, elle a été tellement touchée par ses mots, prononcés sur son portable, puisés surtout dans le Dictionnaire Eros non-abrégé, et son désir était tellement incontrôlable qu’elle a commis un acte inimaginable. Un doigt - peut-être même deux, la justice tranchera - irresponsable a commis l’irréparable.

Bref, pour emprunter le langage des canards tunisiens, ce Don Juan virtuel “lui a fait perdre la chose la plus précieuse qu’elle possédait et l’a transformée de jeune fille en femme “. Mais il difficile de qualifier cet acte de viol vu que la fille aurait pu à tout moment mettre fin à leurs conversations sans queue ni tête.

En ce qui concerne les “rapports virtuels”, le silence de la loi tunisienne est assourdissant. Aussi aucune jurispridence ne pourra aider le juge à trouver le bout du noeud de ce cas libidineux. Mais selon de sources bien introduites, Tunisie Télécoms serait en train d’étudier la possibilté d’installer des logiciels filtreurs intelligents capables de couper toute conversation téléphonique de nature sexuelle explicite. Ce que les experts de l’Office des Télécoms ignorent c’est que souvent c’est l’implicite et non l’explicite qui excite…

JournalApril 8, 2008 7:24 pm

Sans titre

Peut-on vivre toute sa vie dans le doute? J’en doute. Archimède a dit:” «Donnez-moi un point d’appui : je soulèverai le monde». Où est-ce qu’on pourrait trouver ce point fixe? Ni les religions ni l’athéisme n’arrivent à me convaincre. Et encore moins le scepticisme. A chaque reveil la même question, leitmotiv d’une vie sans motif, revient: ” Pourquoi j’existe ? Pourqui existons-nous?”. D’ailleurs je me demande pourquoi je me pose cette question ! Une amie d’Ottawa qui m’a cotoyé pendant deux jours à Montréal m’a dit: ” J’ai le sentiment que tu es rongé par quelque chose.”

Pourquoi ne pas suivre le chemin peu escarpé de cette ex-coloc qui fantasmait chaque soir sur le petit-déjeuner du lendemain: ” Demain matin on mangera des croissants chauds “. Ah! Si la vie était aussi simple que ça ! Un ancien collègue de bureau me disait chaque vendredi à midi pile: “Tu viens avec nous? Vendredi on mange du poulet.” Lui, au moins, il ne cherche pas midi à onze heures. “Cette semaine, il y a un rabais de 50% sur les oeufs chez X.” m’a annoncé euphoriquement ma logeuse. C’est ce qu’on appelle une vie au rabais…

TranslationsMarch 25, 2008 6:22 pm

و سائلة أين اٌلذّهاب و سائل
و هل يُسأل الصّعلوك أين مذاهبه

مذاهبه أنّ الفجاج عميقة
إذا ضنّ عنه بالفعال أقاربه

عُروة بن اٌلورد

Traduction libre:

Ils me demandent, hommes et femmes,
Bien qu’ils sachent que je viens de Bohème,
” Quel est ton chemin ou ton but suprême ? ”

Telle question est un non-sens et un blasphème
Quand je suis délaissé et oublié par ceux que j’aime,
Chaque coin de la terre devient mon lieu de baptême.

Orwa Ibn El-Ward

Serendipity 1:42 am

PRENONS LE TEMPS DE MEDITER

Vivre constamment sur ses nerfs est nuisible à la santé physique et morale. Cependant nombre de gens ne connaissent que deux façons de combler les heures de loisir dont ils disposent : travailler ou s’amuser et, dans l’un ou dans l’autre cas, ils se donnent à fonds. Nous songeons rarement à consacrer des moments de répit à une autre activité : cette précieuse faculté de l’esprit qui s’appelle méditation.
Vous est-il jamais arrivé de voir un homme tranquillement assis dans un hall d’hôtel ou, chez lui, dans son salon, et qui ait l’air de ne s’intéresser à rien. ? Il n’a ni livre ni plume entre les mains. Il semble prendre son temps à ne rien faire. Quelle serait alors votre réaction ? Vous penseriez tout de suite que cet homme attend quelqu’un et, à le voir ainsi s’ennuyer, vous auriez probablement envie de le plaindre. Il ne nous viendrait jamais à l’esprit que, en dépit de son désœuvrement apparent, ce faux oisif fait cependant une chose à la fois importante et agréable : il laisse sa pensée errer et s’émerveiller ; il se détache entièrement de son cadre naturel, s’ouvre en un mot à la méditation.
Méditer c’est se rafraîchir et se reposer. C’est emmagasiner de l’énergie pour l’avenir, c’est assurer à la vie de l’équilibre et de la souplesse. La méditation nous amène souvent à considèer sous un autre angle les richesses de l’âme humaine et développe nos facultés.
Aucune règle spéciale, aucune technique, définie ne président à la méditation. Il s’agit simplement de rendre la liberté à son esprit et de le laisser errer en paix au-delà des objectifs matériels et des contingences “pratiques” du présent. Oui, laissez carrément votre pensée partir en vacances. Laissez-la s’élever au-dessus des tristes réalités de la vie quotidienne. C’est si facile ! Vous connaîtrez ainsi l’état d’esprit d’où l’on se trouve automatiquement plongé quand on écoute de la belle musique ou qu’on est en présence d’un splendide coucher de soleil. Votre émerveillement ne connaît pas d’impatience ; il n’est pas nécessaire de préparer à l’avance ni de forcer votre recueillement.
Vous n’avez besoin d’aucune aide matérielle. Peu importe le cadre qui vos entoure ; vous avez vite fait de l’oublier une fois que vos avez pris l’habitude de méditer. Cependant, le calme, la beauté du décor qui vous environne influent de façon certaine sur la méditation.
Le grand psychologue William James recommandait à ses élèves de philosophie d’assister fréquemment aux offices religieux. ” Prenez l’habitude de vous rendre dans ces endroits calmes et propres à la méditation, leur disait-il ; cela vous aidera à conserver toute sa lucidité à votre faculté de jugement.” Il leur faisait la comparaison suivante»:En allant à l’église vous faites comme cet homme ballotté au milieu d’une foule en marche, qui réussit à la dominer en montant sur un banc. Ayant reconnu le sens du courant, il peut se fondre de nouveau dans la masse et s’y frayer un chemin.” Il aurait très bien pu utiliser la même image en parlant de la méditation. La méditation nous élève au-dessus des petitesses de la vie et nous permet de distinguer l’essentiel de l’accessoire. Ainsi, le sens spirituel de nos épreuves nous apparaît clairement.
Comment se préparer à la méditation ? Aiguillez tout simplement votre pensée dans la bonne voie. Dès le départ, vous devez en effet tendre à élever votre esprit vers l’universel et l’impersonnel, plutôt que de le laisser s’abimer dans des réflexions égocentriques.
Las de concevoir des idées pratiques et positives, rassasié des sujets précis et déterminés, l’esprit se libère des pensées mesquines avec une facilité surprenante. Prenez l’habitude de vous concentrer quelques instants sur une idée générale ou abstraite, comme l’essence de la beauté, le sens de la vérité, l’analyse du courage, la destinée humaine, l’immortalité, ou l’une quelconque des vérités éternelles de la religion. Ou encore prenez comme point de départ une citation propre à vous inspirer et laissez-la reposer dans votre esprit avec l’idée qui en découle. Il vous viendra peut-être là l’esprit une interprétation nouvelle ; n’a-t-on pas dit que toute citation mystique prêtait à mille et une versions ? Dès que vous aurez lancé votre pensée dans la bonne direction, laissez-vous entraîner par le courant et mener où il voudra. Contentez-vous d’être spectateur.
Quand vous traverserez des moments difficiles, que vous serez en proie à une forte anxiété ou à quelque autre émotion, sachez qu’il n’y a pas de plus sûre méthode pour retrouver la sérénité. Je ne connais d’ailleurs aucune façon de reprendre le contrôle de sa raison et de son jugement avec une telle économie de temps et d’énergie. En tant que moyen de combler nos moments de loisir, la méditation est accessible à chacun de nous, quel que soit son âge et son expérience personnelle. Méditer, c’est déjà vivre en sage.

Dr. Austen Fox Riggs

UncategorizedMarch 24, 2008 8:34 pm

Le doute

Un artiste vit toujours dans le doute. Il se nourrit même de ce doute. Kafka l’a bien exprimé dans sa magistrale nouvelle ” Der Hungerkünsler” (L’artiste du jeûne).

L’art de cet artiste, enfermé dans une cage pour prouver au public qu’il ne s’alimente pas, est de jeûner pendant de longues semaines, mais il n’a guère d’admirateurs. A la fin du récit il meurt de faim, oublié par tous. Personne n’est venu lui rendre le dernier hommage. C’était le cauchemar de Kafka et de tout artiste: tomber dans l’oubli. Il doute toujours de sa valeur. Si une oeuvre trouve du succès, le doute revient subrepticement: “Tu ne pourras jamais répéter l’exploit. C’est ta dernière réussite”, lui dit une voix intérieure . Et ce sera ainsi jusqu’à son dernier souffle… créateur.

Omar K.

Montréal, automne 2001.

JournalMarch 19, 2008 3:03 am

Je vis dans une société habitée par la peur. La peur de se faire voler, la peur des incendies, la peur des maladies, la peur de mourir etc. Jusqu’à maintenant je n’ai jamais rencontré des gens heureux. Des gens qui se sentent bien dans leur peau. La majorité se comporte comme une armée de pompiers qui s’attend à chaque instant d’être appelée à éteindre un feu ou gérer une catastrophe. Tout le monde s’attend au pire et le pire peut arriver n’importe quand. “Il faut se protéger”, disent les sages de ce monde fou. ” Se protéger” est un verbe en vogue dans cette contrée monothéiste qui ne croit qu’en un seul dieu: Dieu Dollar.

Ils passent tout leur temps à parler de ce qui est cher et de ce qui n’est pas cher. Ils parlent toujours des bonnes et des mauvaises affaires. J’ai envie de leur crier au visage: ” La vie n’est pas une affaire !”. Ils me répondraient à l’unisson: “Occupe-toi de tes affaires !”.

Mais moi je n’ai pas d’affaires. A part mes vêtement, quelques livres et un vieux ordinateur, je ne possède rien. Je n’ai peur ni des voleurs ni des escrocs. Je préfère chanter avec le poète libanais Mikhaël Nuaïmé:

Le toit de ma maison est en fer
Et ses murs sont en dur calcaire

Que la tempête refuse de se taire
Ce n’est en aucun cas mon affaire !

Humour& humeursMarch 17, 2008 10:09 pm

Homenaje a un lunar

Tu lindo lunar
Me va a matar

Me gusta mirar
Y, ojalá, besar

Tú eres mi mar
Dejame nadar

¿Sabes conjugar
El verbo amar ?

No puedo esperar
Querer no es jugar

Dejamos de pensar
Pues, todo es azar…