Le docteur Dimitri Khabarovski est-il un scientifique
détraqué ou un génie en avance sur son temps comme le
fut Leonardo da Vinci? Peut-être les deux à la fois.
Dimitri Sergueivitch Khabarovski, féru de
mathématiques et d’informatique depuis son jeune âge,
connut une métamorphose brutale à l’âge de 33 ans. La
raison de ce revirement reste un mystère jusqu’à ce
jour, mais à l’âge où Jésus vécut sa Passion et monta
vers le ciel, il se passionna pour les neurosciences
et… la spiritualité! Dans une étude à la limite de la
science, publiée dans la revue Sovremiennaia Nauka
(Science contemporaine), il avait posé une question
qui allait soulever un tollé général à l’université de
Saint-Pétersbourg: "Est-il possible de télécharger une
âme?". Certains scientifiques russes déclarèrent que
le docteur Khabarovski était irrémédiablement a
atteint par ce qu’il appelèrent « le syndrome de
Dostoïevski », bref, par un spiritualisme excessif,
scientifiquement indémontrable. Malgré la polémique,
Dimitri continua ses recherches en solitaire. Son but
ultime était de pouvoir "récupérer" l’âme d’un
mourant, de préférence celle d’une personne qui
s’était distinguée pendant sa vie. En janvier 2004, il
lança un appel, rédigé en russe et en anglais, sur
Internet. Il cherchait un candidat volontaire pour
tenter une expérience unique en son genre.
Un cyber-dissident tunisien, qui ne manquait ni
d’intelligence ni d’esprit, répondit à l’appel de
Dimitri quelques jours seulement après sa publication.
Il se porta candidat pour ce voyage inédit vers
l’au-delà. Lorsque, le 13 mars 2005, tôt le matin,
l’ange de la mort frappa à la porte d’ettounsi et lui
chuchota à l’oreille : « Tu ne souffriras point, mais
tu feras souffrir tout un monde! », ettounsi ne pensa
qu’à deux choses : la douleur infinie de sa mère
bien-aimée et la promesse qu’il avait faite à Dimitri.
Il remercia l’ange de Dieu pour ce traitement de
faveur et brancha sans tarder les électrodes, envoyées
par Dimitri, à son crâne et, exécutant les
instructions du savant russe, téléchargea
l’intégralité du contenu de son cerveau puis l’envoya,
via Internet, à un supercalculateur situé en Russie.
Pourtant, le laboratoire de Saint-Pétersbourg ne reçut
rien du tout ! Profitant de la liberté inouïe qu’offre
la Toile, les petits morceaux de l’âme d’ettounsi
réussirent à se rassembler de nouveau et à naviguer à
la vitesse de la lumière d’un coin à l’autre de la
planète.
Un responsable tunisien avait un jour déclaré :
"Peut-on avoir peur d’un président qui pianote sur son
clavier d’ordinateur?". La question est renversée
depuis le 13 mars 2005 : "Un dictateur peut-il avoir
peur de pianoter sur un clavier?" Depuis le jour de la
disparition de son ennemi numéro un, le Cyber-Flic
Numéro Un de la Tunisie avait développé une phobie
pour les ordinateurs. Et pour cause…
Dès que l’ordinateur du dictateur tunisien démarre,
l’image d’ettounsi crève l’écran ! En outre, des
fichiers ultrasecrets se sont complètement évaporés.
Comble de l’horreur : Zaba a l’impression que son
Media Player se déclenche tout seul pour lui faire
voir un clip un peu hot : Un supplicié des caves du
Ministère de l’intérieur qui crie: « Yammi ! Yammi! »
(
s’arrête pas là. Il voit Ali Saïdi sortir de sa tombe
de Jellaz et pointer un doigt accusateur en sa
direction, Abou Jihad se relever d’une mare de sang
pour le viser par un kalachnikov. Une infinité
d’images défilent devant ses yeux : Staline agonisant
sur le canapé de sa datcha moscovite, le cadavre de
Hitler carbonisé, Mussolini pendu par ses pieds, Elena
Ceaucescu suppliant ses exécuteurs : « Je suis votre
mère! ». Enfin, Saddam sortant de son trou de rat….
L’écran s’enflamme soudain, les flammes de l’enfer
surgissent de partout… une voix le supplie en italien:
« Pentiti, pentiti! » (repens-toi, repens-toi!). Le
dictateur, tout en sueur, lui répond : « Non, non! » .
Il s’effondre à côté du lit… Heureusement pour lui, le
médecin était déjà à son chevet. Ce dernier, le
docteur Gueddiche, a déjà trouvé un nom pour l’étrange
maladie présidentielle : « Hallucinations
informatiques. »