FictionNovember 4, 2009 8:08 pm

Entretien avec Bertrand Delanoë, maire de Paris, amoureux de Bizerte, ami de Ben Ali.

O. K. : Monsieur Delanoë, votre ami Ben Ali est fâché contre vous. Vous le savez ?

B. D. : Je ne vous crois pas. Ben Ali est notre ami.  Peut-être est-ce la Régente de Carthage qui est fâchée contre moi ?

O. K : En tout cas vous avez fâché le régime tunisien parce que vous aviez défendu une tête brûlée, Taoufik Ben Brik.

B. D. : Mais qui dirige ce régime ?

O. K. : C’est un secret d’État. Même la CIA, la DGSE et le FSB sont incapables de dire qui dirige la Tunisie actuellement.

B.D. : Mais qui a donné l’ordre d’arrêter Taoufik Ben Brik ?

O. K. : Tout ce qu’on sait c’est que l’ordre vient du Palais de Carthage mais il ne porte aucune signature !

B. D. : C’est étrange, c’est déroutant.

O. K. : En effet mais soyez sûr d’une chose: Bizerte ne vous accueillera pas à bras ouverts l’été prochain. Sauf changement de régime, bien sûr.

B. D.: Voudriez-vous m’accompagner à l’église Notre-Dame ?

O. K. : Pour quoi faire ? Je l’ai déjà visitée.

B. D. : Je voudrais y allumer un cierge et adresser une prière à Jésus: " O Seigneur, ne me prive jamais de mes vacances à Bizerte !"

O. K. : Vous êtes devenu croyant ?

B. D. : Je suis prêt à croire en Dieu, Allah, Yahvé, Jésus, Mahomet, Moïse, Bouddha, Shiva et même Hari Krishna  pourvu que je ne rate pas mes vacances à Bizerte en 2010 !

FictionNovember 3, 2009 8:28 pm

Le message d’un dévot de Carthage
 
Omar. K. : La paix sur vous, cheikh Sakhr.
 
Sakhr Matri : La paix sur vous aussi et la miséricorde de Dieu et sa bénédiction.
 
O. K. : Votre beau-père, Haj Zaba, n’aime pas les brabus. Comment tolère-t-il votre barbe de frère musulman ?
 
S. M. : Il digère mal cette barbe mais il laisse faire car, homme de renseignement par excellence, il sait que la pratique religieuse est à la mode en Tunisie.
 
O. K. : Qu’est-ce qui vous a inspiré pour créer une radio coranique (Zitouna), une télé et une banque islamiques ?
 
S. M. : Une citation de Karl Marx, lue il y a quelques années, a changé ma vie: « La religion est le soupir de la créature tourmentée, l’âme d’un monde sans coeur, de même qu’elle est l’esprit des situations dépourvues d’esprit. Elle est l’opium du peuple. »
 

O. K. : Votre radio religieuse est la plus écoutée en Tunisie. Son succès vous surprend-il ?
 
S. M. : Je ne suis pas du tout surpris. J’ai fait des études de marché avant de me lancer dans le business religieux.
 
O. K. : C’est quoi le message de cette radio ?
 
S.M. : Le message est simple: " Les biens matériels sont la source du malheur, seuls le jeûne et la prière vous procurent le bonheur " .
 
O.K. : Mais la liste des biens matériels que vous avez accumulés dépasse l’imagination !
 
S.M. : Les apparences trompent parfois. Ces biens d’ici-bas n’ont qu’un seul but: financer ma quête spiriutelle de l’au-delà.
 
O.K. : Hier votre journal Le Temps a publié une info à peine croyable: un étudiant et une étudiante ont écopé de 6 mois de prison chacun pour avoir fait l’amour dans un hôtel ! Vous êtes d’accord avec cette répression ?
 
S. M. : Je trouve le verdict un peu trop clément. Je plaide et milite pour la chasteté avant le mariage. Je recommande aux jeunes beaucoup de prières et de jeûne pour comabattre leurs pulsions malsaines.
 
O. K. : Vous êtes pour la "saoudisation" de la Tunisie ?
 
S. M. : Je n’irais pas jusqu’à demander l’application de la charia pour couper la main aux voleurs, fouetter ou lapider les pécheurs. Il n’en reste pas moins que la vie privée est une affaire publique. Il faut lutter contre la décadence morale propagée par l’Occident. J’admire le régime saoudien surtout pour une chose: la majorité des sujets de Sa Majesté le Gardien des Lieux Saints ne contestent pas la légitimité du règne de la famille royale, les Al-Saoud. La Tunisie doit suivre l’exemple. Il faut que les Tunsiens réalisent un jour que le pouvoir suprême est une affaire qui ne les concerne pas. 
 
O.K. : Pourquoi ?
 
S.M. : Parce que cette vie terrestre n’a aucune importance, aucune valeur. Ce qui compte c’est le salut de l’âme dans l’au-delà.
 
Westmount, Montréal,  le 3 novembre 2009.
FictionOctober 29, 2009 7:59 pm

Nomenklatura contre Mafia Dura

Fahmi Fahman (nom fictif) est un haut cadre tunisien qui travaille dans un service tellement secret qu’il ne porte même pas de nom. Il visite Montréal pour enquêter sur l’incendie qui a détruit un immeuble appartenant à un homme d’affaires tunisien lié au clan des Trabelsi. J’ai profité de sa visite de la métropole québécoise pour lui poser quelques questions.

O. K. : On vient d’arrêter le journaliste Taoufik Ben Brik aujourd’hui. On a arrêté le journaliste Zouheir Makhlouf le 15 octobre dernier. Hier, cinq "inconnus" ont tabassé le journaliste Slim Boukhdhir et lui ont arraché ses vêtements et ses effets personnels. Qu’est-ce qui se passe actuellement en Tunisie ?

F. F. : C’est tout à fait normal pour une fin de règne. 

O. K. : Mais on parle de fin de règne depuis octobre 1999 !

F. F. : Certaines agonies sont longues et douloureuses.

O. K. : L’après-Ben Ali a-t-il déjà commencé ?

F. F. : La Tunisie est en train de traverser une zone de cumulonimbus à fortes turbulences. L’ère Ben Ali est déjà derrière nous. La Tunisie est enceinte d’un bébé - le pessimistes parlent d’un monstre - dont l’échographie prête à 1001 interprétations. Ce bébé porte déjà un nom: "L’après-Ben Ali". C’est tout ce que je peux dire.

O. K. : C’est une guerre sans merci entre les clans mafieux de Tunis ?

 F. F. : En fait il s’agit d’une guerre à plusieurs fronts. Il y a , d’une part, une guerre à peine larvée qui oppose la nomenklatura du RCD (parti au pouvoir depuis 1956), soutenue par certaines familles de la grande bourgeoisie de Sfax et Tunis, à la "Régente de Carthage", Leila Trabelsi-Ben Ali. D’autre part, il y a une guerre secrète entre les  "chefs de gang" qui orbitent autour du Palais de Carthage. Les plus connus sont Sakhr Materi et Belhassen Trabelsi. Le sort de chaque "capo" est intimement lié à celui des autres mais ils savent tous que le pouvoir ne se partage pas. Il faut lire la biographie du parrain de Chicago Sam Giancana ( Notre homme à la Maison Blanche), écrite par son frère Chuck,  pour comprendre la logique mafieuse.

O. K. : D’après vous, qui gagnera cette guerre ? 

F. F. : La guerre sera gagnée par celui qui réussira à contrôler les services de sécurité et à maintenir l’armée dans ses casernes.

O. K. : Et le peuple tunisien dans tout ça ?

F. F. : Il applaudira le vainqueur. 

FictionOctober 25, 2009 4:17 pm

La princesse de Budapest et son harmonie céleste

 Tunis - ( TNA ) - Personne ne connaît son vrai nom. Tout le monde l’appelle la princesse Kadirova. Elle est originaire des Carpates en Roumanie mais son "cabinet" se trouve à Budapest. Elle visite la Tunisie tous les cinq ans. Toujours au mois d’octobre. Dès son arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage, elle a droit à un accueil VIP. Un haut cadre du Ministère de l’Intérieur l’attend à la passerelle de l’avion et l’accompagne à la salle d’honneur puis à son hôtel cinq étoiles de luxe.

Mme Kadirova ne vient en Tunisie ni pour bronzer ni pour se détendre dans un centre de thalassothérapie. Elle vient pour travailler et n’a pas de temps à perdre. C’est toujours la même routine depuis octobre 1989: chaque veille de scrutin elle s’installe dans un bureau discret au 3ème étage du Ministère de l’Intérieur et se met à bosser. Le bureau n’a aucune dénomination officielle mais les cadres de l’Intérieur ont pris l’habitude de l’appeler " le bureau des taux ". C’est là que Mme Kadirova, astrologue et numérologue reconnue mondialement, mijote la soupe électorale tunisienne. Dans la Tunisie de Ben Ali, l’homme de l’ordre absolu, rien n’est laissé au hasard.

" Les chiffres ont une âme ", a déclaré une fois Mme Kadirova au quotidien hongrois Népszabadság. Le régime tunsien partage pleinement la Weltanschauung de la princesse Kadirova. Surtout lorsque cette érudite déclare sereinement: " On ne peut publier des chiffres et des taux qui violent l’harmonie céleste."

La princesse illuminée de Budapest et son équipe, composée de sept cadres, ont passé la nuit du 24 au 25 otobre à déchiffrer les signes du ciel. Dès que les données astrologiques sont rassemblées, Mme Kadirova s’isole dans son bureau avec ses cartes et ses tables numérologiques.

Malgré la complexité de l’Univers et l’étendue de ses mystères,  jusqu’à ce jour béni du Seigneur, la princesse Kadirova n’a jamais fourni des chiffres et des taux qui violeraient les lois immuables qui régissent le ciel et la terre.

FictionOctober 18, 2009 10:19 pm

Entretien avec le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie ( BCT )

Omar K. : Bonjour, Monsieur Baccar. Vous savez que Sakher Materi a transféré l’équivalent de 3 000 000 de dinars tunisiens en devises pour acheter sa villa de Westmount à Montréal. Comment la BCT peut-elle autoriser un tel transfert surtout qu’il ne s’agit pas d’un investissement productif ?

Taoufik Baccar : La BCT n’a jamais donné son accord pour ce transfert. Les réseaux mafieux qui orbitent autour du Palais de Carthage ont leurs propres circuits financiers. Ils échappent à tout contrôle de la BCT et du ministère des finances.

O.K. : Vous avez informé le président de ces magouilles mafieuses?

 T.B. : Mais c’est lui le Parrain de la mafia de Tunis ! Il est lui-même détenteur de comptes bancaires secrets à l’étranger. J’espère que le gouvernement tunisien récupèrera cet argent après la chute du régime actuel.

O.K. : Vous avez lu La régente de Carthage

T.B. : J’ai lu Notre ami Ben Ali mais j’attends un voyage à Paris pour acheter La régente de Carthage. J’en ai lu des extraits envoyés par e-mail.

 O.K. : Qu’est-ce qui vous inquiète le plus en ce moment ?

T.B. : La privatisation de l’État tunisien, l’agonie des institutions de la République, la déchéance morale des responsables politiques. Le fait que Leila Trabelsi ait plus de pouvoirs que le Premier ministre me révolte et m’indigne mais je n’ai pas le courage de chercher refuge à l’étranger.

O.K. : Mais la justice tunisienne commence à reprendre les choses en main. Le ministre de la justice Béchir Tekkari déclare que Imed et Moez Trabelsi seront bientôt jugés en Tunisie pour vol et recel de yachts.

T.B.: ( qui éclate de rire ):  C’est la meilleure blague politique que j’aie entendue depuis des années !

FictionOctober 15, 2009 5:08 pm

 Atma-Free

 Tous les internautes du monde en ont rêvé. Apoorv l’a fait. Apoorv, un jeune concepteur de logiciels de la ville de Hayderabad en Inde,  vient de créer "un outil de liberté infinie", selon ses propres mots. Le logiciel, qui sera bientôt offert gratuitement aux interanautes,  porte le nom de Atma-Free. Son but ? Libérer les accrocs d’internet de cette activité dévoreuse de temps et d’énergie qui s’appelle le tchat.

Dès que le logiciel est installé, ce dernier demande à l’utlisateur de le personnaliser en lui fourissant quelques 10 000 paramètres ( échantillons de la voix et de de l’écriture, âge, sexe, village/ville, pays, langue(s), éducation, goûts artistiques et culinaires etc.). Apoorv affirme qu’une version améliorée de l’Atma-Free pourrait "digérer" jusqu’à un million de paramètres. Le but ultime du logiciel est de créer une copie virtuelle autonome de l’inernaute. Ce dernier n’a plus besoin de s’installer devant son ordinateur pour tchatcher ou chercher des personnes avec qui bavarder.

" Internet est en train d’isoler les gens ", déclare Apoorv. " Même dans les cafés, les gens ont pris l’habitude se cacher derrière un écran. Il est temps de confier le sale boulot du tchat aux machines ! ".  Et Apoorv a raison: un Atma-Free peut parler avec un autre Atma-Free sans avoir besoin d’une présence humaine ! En d’autres termes, pendant vos randonnées, vos sorties resto, théâtre ou cinéma etc. votre double virtuel continue de parler avec vos amis réels ou virtuels. 

Au cours d’une démonstartion destiné aux journalistes, Apoorv a montré un double virtuel  masculin en train de draguer un autre double virtuel féminin. Le logiciel est tellement bien conçu que le couple virtuel a commencé à discuter de a possibilité d’une première sortie réelle. La blague c’est que les deux originaux étaient déjà ensemble au resto en train de discuter du film qu’ils venaient de voir. Ce film porte le titre Examined Life (1). Tout un programme…

—-

1- http://www.youtube.com/watch?v=1zwmum5_ofU

FictionOctober 11, 2009 9:36 pm

Le dipolmate et la chaude patate

Consul tunisien (CT): Félicitations, Monsieur Berbèche ! Le Ministère de l’Intérieur vient de vous acorder le droit d’avoir un passeport.

Journaliste (J ):  Je suis très touché, Monsieur Sakouti. Ce soir je vais organiser une party grandiose pour fêter le miracle !

CT: Vous continuerez à insulter le pays qui vient de vous accorder un passeport flambant neuf ?

J: Je n’insulte personne. Lisez mes papiers, Monsieur Sakouti.

CT: Vous venez de publier un article sur La régente de Carthage

J: Ah ! Vous avez déjà lu ce livre ! Bravo ! Quel courage !

CT: Oui, mais ça doit rester entre nous. Malgré cet article insultant, vous pouvez rentrer en Tunisie sans problème.

J: Grâce à ma citoyenneté canadienne ?

CT: Non, non, bien sûr. Je veux dire que vous n’êtes pas recherché par la justice tunisienne à cause des articles insultants que vous avez écrits sur votre pays.

J: Je n’insulte pas, je critique. Je ne critique pas la Tunisie. Je critique votre PDG ( Président Dictateur Général ) et son régime. 

CT: S’il vous plaît, évitons ces sujets sensibles.

J: Vous avez peur ?

CT: Tous les Tunisiens ont peur, du simple portier au ministre.

J: Je ne veux pas que vous perdiez votre poste à cause de mon entêtement. Mais je n’y peux rien. Je dois continuer, malheureusement pour vous, à écrire sur Ben Ali et son régime mafiocrate.Votre PDG ne peut pas m’imposer le silence au Canada, quand même !

CT: Vous me mettez dans une position très délicate.

J: Il ne faut pas insulter l’avenir, Monsieur Sakouti. Ni Ben Ali ni son régime ne sont éternels. Mais vous, vous avez toute une carrière diplomatique devant vous. Essayez, quand même, de peser vos mots. Dieu merci, j’ai une mémoire d’éléphant.

CT: Je n’ai rien contre vous personnellement. J’ai des directives à suivre et des ordres à appliquer.

J: Je suis toujours là si vous avez besoin d’un soutien psychologique et moral. Si un jour vous avez le sentiment que vous êtes sur le point de craquer, appelez-moi. Vous avez déjà toutes mes coordonnées.

FictionSeptember 18, 2009 8:28 pm

Montreal ( TNA ) - Sakher Materi, l’héritier du trône de Carthage, doit s’estimer plus chanceux que Hannibal Kadhafi. Les policiers de Montréal ne l’ont ni menotté ni incarcéré mais seulement verbalisé. Heureusement pour lui, il ne déclarera pas faillite pour la petite amende qu’il paiera de gré ou de force.

Le seul "crime" du gendre favori de Ben Ali, nouveau propriétaire d’une villa à Westmount, fut d’avoir organisé pendant la nuit du 26 au 27 du ramadan 2009 ( nuit du 16 au 17 septembre 2009) une grandiose fête, animée par la troupe  de chants relgieux Hizb Ellatif de Tunis. Aux alentours de minuit, les voisins du milliardaire tunisien ont appelé la police pour leur signaler des bruits bizarres emanant de la villa sise au 70, Place du Belvedere.

Sakher, fatigué par le jeûne du ramadan, ne peut faire de commentaire sur cette affaire mais ses sept avocats sont indignés. Ils ont, en effet, l’intention de porter plainte contre la police de Montréal pour " grave atteinte à la liberté religieuse, garantie et protégée par la Charte Canadienne des Droits et Libertés ". La porte-parole du Service de Police de la Ville de Montréal a rétorqué: " On n’exerce pas sa liberté religieuse avec sept haut-parleurs de 2000 watt à 1 heure du matin ! "

O.K.

 

FictionSeptember 15, 2009 9:03 pm

Des ordures sur le bureau du ministre de la culture

" Traduttore traditore" [ traduire c’est trahir], disent les Italiens. Ce dicton n’a jamais été aussi vrai que dans le cas de ce traducteur anonyme du Quai d’Orsay qui avait pris l’intiative de traduire un "échantillon d’ordures" destiné au ministre de la culture. Ce fonctionnaire arabophone a trahi la loi du silence autour de tout ce qui se passe dans le pays de " Notre ami Ben Ali ".

En effet, sans que personne ne le lui demande, il a traduit des extraits tirés de la presse de caniveau de Tunis et des torchons électroniques à la solde des SS [ Services Speciaux] du minisitère tunisien de l’Intérieur, puis les a envoyées au "grand ami de la Tunisie", Frédéric  Mitterrand. La cible des "journalistes" travaillant pour les SS était maître Mohamed Abbou, ancien prisonnier politique et avocat au chômage. Il accusent Abbou non seulement d’homosexualité mais aussi d’avoir participé à la Fête de Fierté Gay de Paris.

En lisant ces calomnies, fidèlement traduites dans un français aussi ordurier que l’original arabe, Frédéric  Mitterrand a eu des nausées pires que celles d’Antoine Roquentin (1). Malgré sa longue mais peu profonde amitié avec le général Ben Ali, il n’a pu cacher son ire. Il s’est défoulé en plein conseil des ministres. Son collègue des Affaires étrangères n’a pas apprécié le langage peu diplomatique de Mitterrand lors de la discussion sur la prochaine parodie électorale en Tunisie. Perdant son flegme légendaire, Frédéric  a crié en présence de Sarkozy : " Qu’attend ce voyou pour prendre sa retraite ? "

Frustré par la passivité du Quai d’Orsay, le ministre de la culture a pris l’initiative d’appeler l’ambassadeur tunisien :

- Monsieur l’ambassadeur, c’est pas très gai ce que vous publiez sur les opposants !

- Monsieur le misnistre, cette affaire me dépasse. Les torchons qui publient ces ordures  sont contrôlés par les SS et les SS sont sous l’autorité directe de Monsieur le Président de la République. Je suis désolé, Monsieur Mitterrand, je n’y peux rien.

De guerre lasse, Frédéric plongea une baklava dans un verre de thé vert à la menthe, mordilla doucement le savoureux losange et sirota lentement son thé.Puis il s’allongea sur son confortable divan oriental, ferma les yeux et enatma un long et agréable voyage à la  recherche de sa Tunisie perdue…

-1 Antoine Roquentin: "Héros" du roman La Nausée de Jean-Paul Sartre.

 

Fiction 5:40 pm

Tunisian Writers and Intellectuals Disapprove President Ben Ali’s Candidacy

 TUNIS, Sept. 15, 2009 (TNA, TUNeZINE News Agency) - Writers, poets and intellectuals from the capital Tunis and several other Tunisian cities made public their disapproval  of the illegal candidacy of General Zine El Abidine Ben Ali for the Otober 25, 2009 presidential election and pledged themselves to actively contribute to the boycott of this electoral event and to protest against Ben Ali’s life rule.

This protest was voiced on the occasion of a press conference, held on Thursday in the southern town of Redeyef, during which the chairwoman of the Tunisian Independent Writers Union Umm Zied pointed out that the intellectuals’ disapproval of General Ben Ali’s candidacy is a protest against the lack of freedom of speech and the serious human rights violations committed by police forces during the last two decades of his rule .

Mrs. Umm Zied underscored the need for the intellectuals to take an active part in the peaceful political struggle for the independence of the judiciary system and for democacy and civil rights.