Entretien avec Bertrand Delanoë, maire de Paris, amoureux de Bizerte, ami de Ben Ali.
O. K. : Monsieur Delanoë, votre ami Ben Ali est fâché contre vous. Vous le savez ?
B. D. : Je ne vous crois pas. Ben Ali est notre ami. Peut-être est-ce la Régente de Carthage qui est fâchée contre moi ?
O. K : En tout cas vous avez fâché le régime tunisien parce que vous aviez défendu une tête brûlée, Taoufik Ben Brik.
B. D. : Mais qui dirige ce régime ?
O. K. : C’est un secret d’État. Même la CIA, la DGSE et le FSB sont incapables de dire qui dirige la Tunisie actuellement.
B.D. : Mais qui a donné l’ordre d’arrêter Taoufik Ben Brik ?
O. K. : Tout ce qu’on sait c’est que l’ordre vient du Palais de Carthage mais il ne porte aucune signature !
B. D. : C’est étrange, c’est déroutant.
O. K. : En effet mais soyez sûr d’une chose: Bizerte ne vous accueillera pas à bras ouverts l’été prochain. Sauf changement de régime, bien sûr.
B. D.: Voudriez-vous m’accompagner à l’église Notre-Dame ?
O. K. : Pour quoi faire ? Je l’ai déjà visitée.
B. D. : Je voudrais y allumer un cierge et adresser une prière à Jésus: " O Seigneur, ne me prive jamais de mes vacances à Bizerte !"
O. K. : Vous êtes devenu croyant ?
B. D. : Je suis prêt à croire en Dieu, Allah, Yahvé, Jésus, Mahomet, Moïse, Bouddha, Shiva et même Hari Krishna pourvu que je ne rate pas mes vacances à Bizerte en 2010 !
