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| Un témoin de notre mémoire qui cautionne notre avenir | |
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La Presse — Du haut de ses 129 ans, il a bravé le poids du temps pour aller voter. Et pas pour n’importe qui, s’il vous plaît. C’est que le père Ali Ben Mohammed Ben Ali Amri, né le 5 octobre 1880 à Aarram de la localité de Mareth (gouvernorat de Gabès), a non seulement tenu à s’acquitter, dimanche dernier, de son devoir électoral, mais aussi à voter Ben Ali.
Avec une lucidité à toute épreuve, il a précisé que c’est pour voter le Président Ben Ali qu’il fait le déplacement et affirmer ainsi, de tout le poids de son âge et ce qu’il représente, le bon choix pour l’avenir de la Tunisie. Geste tout simplement grandiose d’un citoyen qui porte en lui une part de notre histoire et la mémoire d’au moins quatre générations. Geste à haute valeur pédagogique qui s’inscrit dans notre culture plusieurs fois millénaire au sein de laquelle nos aînés jouissent d’un statut privilégié et où leurs actes servent d’exemple. C’est là un enseignement fort instructif dispensé par un vieil homme qui tient encore à donner à ses semblables, a fortiori à ses concitoyens et à son pays, tel un majestueux palmier qui témoigne de la continuité dans le changement devant les jeunes pousses augurant de l’oasis de demain. Source: La Presse de Tunisie , quotidien nord-coréen édité et publié à Tunis. Lien: http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=1&news=103816
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Des chiffres et des êtres
Monsieur X est satisticien auprès de l’Institut National de Satistiques ( INS ) à Tunis. Je lui ai demandé de commenter à chaud les résultats de l’élection présidentielle tunisienne.
O. K. : Monsieur X, le général Ben Ali a recueilli 99,27 % des suffrages en 1989 ; 99,91 % en 1994 ; 99,44 % en 1999, 94,48 % des suffrages en 2004, mais seulement 89,62% en 2009. Quelle conclusion en tirez-vous ?
M. X : Je constate que, malheureusement, la popularité du président est en train de dégringoler. Depuis 2004, il perd à peu près 5% des voix exprimées tous les 5 ans. C’est une donnée inquiétante, émouvante. Cette érosion électorale me donne des sueurs au dos en tant que statisticien.
O. K. : Pourquoi ?
M. X : D’après mes calculs, si la tendance ne se renverse pas, Ben Ali descendra au-dessous du seuil fatal de 50% en 2049.
O. K. : Mais il pourrait gagner au deuxième tour !
M. X : Peu probable qu’il gagne le deuxième tour car ceux qui n’auront pas voté pour lui au premier tour, voteront logiquement pour le deuxième candidat en lice pendant le second tour de l’élection.
O. K. : Donc, les Tunsiens doivent se préparer psychologiquement à "perdre" Ben Ali en 2049 ?
M. X : Tout à fait. J’ai déjà commencé à préparer psychologiquement mes enfants, âgés de 2 et 4 ans, à s’attendre à un changement brutal dans 40 ans. C’est pas facile, c’est triste mais il faut le faire…
" Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. Un bruit indistinct montait du faubourg. Un carillon, plus lourd qu’un glas, plus sourd qu’un tocsin, plus profond qu’un bourdon, non loin, sonna trois coups." ( Georges Perec, La Disparition )
Il disparut tout d’un coup ! Pourtant, avant sa disparition, on collait, on accrochait, on installait son portrait partout. " On l’aimait. On l’adorait. Il fut un bon papa.", dit un garçon, attrayant mais distant, qui portait jadis son nom. Aujourd’hui on sait qu’il fuit son palais carthaginois, modifia son nom, quitta son pays sans bruit pour un pays froid mais ami, puis tomba dans l’oubli.
" Il bûchait, travaillait du matin au soir. Il s’informait sur tout, lisait vingt-cinq rapports par jour au minimum. Il sacrifia tout par amour pour son pays.", avoua , larmoyant, un grand commis qui fut aussi un grand soumis. " Il m’angoissait. Il fut un flic, un voyou, un tyran sans compromis.", avança un opposant qui avait connu la prison, l’humiliation, la privation du droit au travail.
Un imam obtus, confus, maladroit annonça à la radio à un public abasourdi: " Il fut l’incarnation du Malin mais prions aujourd’hui pour son salut, pour qu’il soit admis au Paradis ! "
Sa disparition troublait surtout Layla qui, à sa disparition, sanglota: " Oh, mon Dieu ! Il a disparu si tôt ! Un choc pour nous tous ! ". Layla quitta tout: son palais à Sidi Bou Saïd, son association Basma, son pays qui la haïssait jusqu’à la mort. Tard la nuit, Layla prit un avion qui la transporta jusqu’à Dubaï via Amman. On dit qu’un cargo la suivit, transportant son or, sa BMW, sa smala, sa camarilla, son chat d’Iran.
Tunis Air phagoycita Karthago sans façon. Sakhr, surpris, cria: " O Canada ! " La tribu, qui paniquait sans Layla, dit aux journaux: " Nous n’avons fait aucun mal. Pour l’instant nous voulons un paradis fiscal. Nous comptons sur nos amis français ". Sarkozy dit illico: " Ok, j’ai un paradis pour vous. Mon ami Ali Bongo vous fournira un visa sans conditions."
Un Gabonais à l’humour mordant ricana: " Ali Bongo a un yacht qui vaut au moins $1 000 000. Sait-il qu’il y aura un loup marin rôdant autour du quai ? "
Florence Beaugé refoulée mais heureuse !
TUNIS - (TNA) - Florence Beaugé connaît la Tunisie depuis des années. Ses reportages sur la Tunisie de Ben Ali, publiés en octobre 1999 dans l’édition papier du Monde et sur www.monde.fr ont eu pour conséquence l’interdiction pure et simple de ce quotidien français. À cette époque le régime était plus que nerveux à cause la parution du livre Notre ami Ben Ali au même moment où il orchestrait une farce appelée " élection présidentielle pluraliste ". Florence Beaugé aime la Tunisie mais Zine&Leila n’aiment pas Beaugé à cause de ses mauvaises fréquentaions: Radhia Nasraoui, Mokhtar Trifi, Moncef Marzouki, Sihem Bensedrine, Oumm Zied etc.
À son arrivée mardi soir à l’aéroport de Tunis-Carthage, le régime de Ben Ali lui a réservé un accueil très spécial: la police des frontières lui a fait savoir que la vie à Paris est plus agréable qu’à Tunis. Le commissaire de l’aéroport en personne lui a dit: " Y a trop de flics à Tunis. Trop de portraits de Ben Ali. Vous allez avoir la nausée. Ici il ne se passe rien depuis des décennies. Vos articles de 1999 n’ont rien perdu de leur actualité. " Puis,avant de lui remettre sa carte d’embarquement sur le prochain vol d’Air France pour Paris, le gentil commissaire lui a offert un bouquet de jasmin en guise d’adieu.
Florence Beaugé a sauté de joie lorsque l’Ambassade française à Tunis lui a transmis par texto la décision de la régente de Carthage: " Mme Florence Beaugé est interdite d’accès au territoire tunisien ".
Adieu la grisaille de Tunis ! Vivement le week-end à Paris !
The Unstable States of America
Abdelaziz Ben Dhia, the "brain of Ben Ali" and the skilled surgeon of the Tunisian Constitution, presides sometimes over the jury of the final oral exams at the Faculty of Political Sciences in Tunis. Ben Dhia asks a graduating student:
- When President Ben Ali took power in 1987, Ronald Reagan was the President of the USA. When Ben Ali was elected in 1989, George Bush Senior was serving his first and last term at the White House. When Ben Ali won the presidential election of 1994 by 99%, the US President was Bill Clinton. When Ben Ali was re-elected in 1999, Clinton was still in Washington serving his second and last term. When Ben Ali was elected again in 2004, George W. Bush was sitting at the Oval Office. Now as our beloved President is preparing to serve another five-year-term at the Palace of Carthage, the new tenant of the White House is called Barack Hussein Obama. After deeply analyzing these facts, could you please tell me your conclusion ?
- My conclusion is that the political situation in the United States is extremely unstable.
- Bravo ! Wonderful ! Congratulations, you got the best mark ! And, by the way, call my secretary tomorrow. Maybe I have a job for you.
Le pilote des culottes
Tout le monde connaît le voleur de yachts mais qui connaît le poète ? C’est grâce à La régente de Carthage que je viens de découvrir avec plaisir un poète tunisien méconnu en délire qui me fait parfois pleurer, parfois rire. Il s’agit d’Imed Trabelsi, ce troubadour qui tourne autour de Bera Mu, la princesse qui a rejeté son amour et lui a joué des tours. Depuis la publication du livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet, le petit poème d’imed a fait le tour du monde. Il a écrit ce poème en guise d’introduction à sa page personnelle sur Facebook: " Baisse la culotte, c’est moi qui pilote ! " ( La régente de Carthage, page 86).
En effet, la prestigieuse revue Poetry, éditée à Ann Arbor aux USA a déjà fait traduire les vers d’imed par un poète canadien. Elle le publiera à la une de sa prochaine livraison, prévue pour le 7 novembre 2009: " SLIP OUT OF YOUR STRING, I AM IMED THE KING ! " . La revue allemande Yachtlose Dichter publiera aussi une version allemande du poème trabelsien: " Zieh Dein Höschen aus, Ich bin der Kater, Du bist die Maus ! ". Les envolées poétiques d’Imed ont fait des vagues jusqu’au pays de Dante Alighieri. La revue des surréalistes de Sardaigne Pazzo-linee l’a traduit par " Giù la mutandina, bella ragazzina; Sono il capitano dello stretto di Messina ! ".
La ville belge d’Anvers (Antwerpen), ville de marins par excellence, s’est jointe à cette petite fête de la poésie. La chanson la plus populaire sur les quais de cette ville est une traduction du poème d’Imed: " Neem je broekje langzaam weg; dat is wat ik, de kapitein, zeg ! " La grande poétesse tunisienne Ame Moussa a eu le grand bonheur et l’immense honneur de traduire les vers du grand dragueur:
ادخلي الدّار و انزعي عنك الخمار؛ فأنا عماد البحّار المغوار
Un responsable tunisien a dit un jour : " Peut-on avoir peur d’un président qui pianote sur son clavier d’ordinateur ? ". Aujourd’hui, alors que les mains du dictateur "pianoteur" commencent à trembler, il faut dire: " Peut-on avoir peur d’un bandit noceur dont les mots nous laissent rêveurs ? "
3 juillet 2005
Télégramme de la LTDV
TUNIS - (TNA) - Suite à la décision historique du Chef de l’Etat de libérer les voitures tunisiennes des sabots qui les accablaient (1), la Ligue Tunisienne des Droits de la Voiture (LTDV) a envoyé un télégramme au Président Zine El Abidine Ben Ali dont voici le contenu intégral: " Son Excellence Monsieur le Président Zine El Abidine Ben Ali, Le bureau directeur de la Ligue Tunisienne des Droits de la Voiture, réuni en cession extraordinaire, salue chaleureusement votre décision historique de cesser immédiatement le recours aux sabots qui entravaient auparavant les libertés de base des voitures tunisiennes. La LTDV se félicite de ce pas géant franchi dans la marche triomphale et implacable de notre chère Tunisie vers un Etat de droit où toutes les voitures tunisiennes jouissent pleinement des libertés fondamentales inscrites dans Charte Mondiale des Droits de la Voiture. La LTDV soutient votre approche graduelle dans ce domaine. La LTDV est intimement convaincue que si la République de Demain a aujourd’hui libéré les voitures, la libération des citoyennes et des citoyens tunisiens suivra inéluctablement avec l’avènement la République d’Après-Demain."
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1- Article publié le 27 juin 2005 sur le site d’infos officielles www.infotunisie.com : Campagne nationale "vacances en sécurité" Le Président de la République ordonne la cessation du recours aux sabots, afin d’éviter leur utilisation anarchique. (http://www.infotunisie.com/2005/06/270605-5.html)
Ataraxie (1) chez les Bî Xî
A Montréal j’ai deux amis, Bî et Xî
Bî est bi, tout le monde l’appelle Bi-Bî
Xî est bi aussi, nous l’appelons tous Bi-Xî
Bî et Xî partagent une blonde bi, gaie et sexy
Son nom est Roxane, Bî et Xî l’appellent Roxy
Un jour j’ai vu Bî et Xî en tandem sur un Bixi (2)
" Salut Bi-Bî, hello Bi-Xî, où est votre Roxy ?"
"Roxy est partie avec le beau gosse Alexis,
Barman la nuit et le matin chauffeur de taxi " !
J’ai dit: "C’est très normal, cher Bi-Bî, cher Bi-Xî,
Coincée entre deux chums (3), elle risquait l’asphyxie !"
Bi-Xî sourit: " Ni larmes ni un soupçon d’apoplexie
Dans les bras de mon Bi-Bî, je savoure l’ataraxie …"
O.K.
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1- Aatraxie: Quiètude absolue de l’esprit, sérénité.
2 - Bixi: Vélo mis à la disposition des usagers par la ville de Montréal pour $78/an (http://montreal.bixi.com/accueil/bixi-accueil)
3- Chum est un mot 100% québécois qui signifie boyfriend, ami, mari, amant etc. Il se prononce "tchom".
Sortie d’un livre explosif : la cyber-police fait la boum !
Paris -Tunis - (TNA) - Depuis la sortie, hier, du livre La Régente de Carthage, main basse sur la Tunisie, les Tunisiens partout dans le monde font la fête. On chante, on danse, on explose de joie. Chez les hackers de la cyber-police de Tunis c’est pas une petite fête, c’est carrément la boum ! Leur explosion de joie a fait sauter le site Réveil Tunisien (www.reveiltunisien.org) et brûler les archives de TUNeZINE. Les flics se sont bien sûr excusé de leur excès de joie mais le pire a été évité: la photo du yacht Bera Mu n’a pas été touchée par les pétards des flics fêtards.
