JournalOctober 31, 2009 11:50 pm

Aujourd’hui c’est Halloween. J’ai vu plein de gens déguisés. Un dictateur arborant un masque de démocrate. Des tortionnaires déguisés en défenseurs des droits huamains. Un mafieux dans les habits d’un pieux. Des plumitifs camouflés en journalistes. L’épouse d’un Parrain dans un accoutrement de marraine d’handicapés et d’orphelins. Des lèche-bottes maquillés en opposants.

Le spectacle le plus marrant fut celui d’une marionnette déguisée en homme politique qui crie hystériquement devant une assemblée de vrais faux journalistes: " Nous n’avons pas de squellette dans  le placard ! "

JournalOctober 27, 2009 6:48 pm

Facebook ou Facing Books?

Je remercie les ami(e)s qui m’ont envoyé des demandes d’ami sur Facebook, Hi5 etc. Je suis désolé. Je n’ai aucun compte Facebook, ni Hi5, ni Myspace. J’essaie de limiter le temps de connection à internet pour me consacrer à la lecture. J’ai remarqué que trop d’internet diminue mes capacités de concentration. La concentration est essentielle pour lire des livres. Je lis toujours plusieurs livres en prallèle.

Je viens de terminer un bon roman: La maîtresse du commandant Castro, par Eduardo Manet. Je suis en train de lire La maladie a-t-elle un sens, un livre écrit par Thierry Janssen, un chirurgien belge devenu psychothérapeute. Je lis aussi Des cendres en héritage, L’histoire de la CIA, par le journaliste du New York Times Tim Weiner.

J’aime aussi relire certains livres. Je suis en train de relire Au pays des rêves brisés, écrit Katia Gagon et Hugo Meunier, deux journalistes du quotidien La Presse de Montréal. Les photos qui accompagnent le reportage sont de Patrick Sanfaçon et Martin Trembaly. Le livre parle de l’un des derniers tabou de la société canadienne: la maladie mentale. Il s’agit de douze témoignages à visage découvert de personnes, parfois connues du grand public, atteintes épisodiquement ou chroniquement par une "fêlure à l’âme".

Depuis que j’ail lu L’homme qui prenait sa femme pour son chapeau, je suis devenu un fan du docteur Oliver Sacks. J’ai déjà lu ses deux autres livres: Awakenings, d’où a été tiré le film du même nom, avec Robin Williams et Robert de Niro, et An Anthropologist on Mars. Présentement je suis en train de lire son livre Musicophilia ( " Luminous, original, and indispensable… Musicophilia is like a concert of Chopin’s Mazurkas: fast, inventive and weirdly beautiful." American Scolar )

Comment je choisis mes lectures ? En me promenant entre les rayons de la bibliothèque publique ou en fouinant dans les étagères et les vieux cartons des librairies second-hand de Montréal.

 

JournalOctober 14, 2009 7:30 pm

Un psy m’éclaire sur mes repères 

En mai 2006 j’ai rencontré à Toronto un ami psychiatre de Sousse, la ville où j’habitais avant mon départ pour le Canada. Je lui ai demandé: comment l’être humain s’adapte-t-il au changement des lieux ? Comment se fait-il que je ne me sens dépaysé ni à Brême (Allemagne), ni à Perugia (Italie), ni à Montréal , ni à Lahaye aux Pays-Bas ?

Il m’a expliqué que le cerveau humain est toujours à la recherche de son équilibre (homéostasie). Pour fonctionner normalement, nous avons besoin de repères, de constantes. D’ailleurs, ces repères sont les fondements de la santé mentale. C’est comme un fil invisible qui lie le passé d’une personne avec son présent et son futur.

Ces repères changenet d’une personne à une autre. Par exemple, il me suffit de jogger dans les rues d’une ville pour devenir familier avec elle. Donc, le jogging me lie à moi-même et à la ville où j’habite. À part le jogging, j’ai d’autres repères quotidiens: Deux tasses de café fort le matin, un peu de musique arabe ou occidentale, un livre et/ou une revue à dévorer, quelques bières le soir, une activité sportive pour calmer mes nerfs, une lecture "légère" avant le sommeil etc.

JournalOctober 13, 2009 7:26 pm

Facebookomanie

Tous les médias du monde parlent depuis des mois de la grippe porcine alors qu’une autre maladie, passée sous silence, est en train de se propager comme un feu de paille. Elle porte le nom inquiétant de "Facebookomanie". Les personnes atteintes de cette maladie se comptent par dizaines de millions. La période d’incubation du virus est évaluée à 3 mois mais, même sous sa forme virulente, la maladie n’est pas mortelle. Les symptomes sont faciles à déceler: nervosité, irritabilité extrême, perte de la faculté de concentration, mauvaise digestion, insomnies, atrophie des muscles, rougeur des yeux etc.

 Les personnes atteintes par cette maladie ne sortent presque plus, ne se promènent plus, ne font plus d’activités sportives. Elles développent avec le temps des phobies plus ou moins graves telles que la phobie des espaces naturels, comme les forêts, les montagnes et les plages.

J’étais moi-même victime de cette maladie et je suis guéri grâce au Club des Facebookomaniaques Anonymes de Montréal. J’ai une dette inestimable envers les membres de ce club. Je n’oublierai jamais les soirées "slow food" passées avec eux dans un chalet, loin d’internet et des lumières de la ville. Maintenant je réalise toutes les choses que j’ai perdues pendant ma période facebookomaniaque: une soirée et une nuit entière avec Anna Karenine ou Emma Bovary, une journée de farniente au bord du fleuve Saint-Laurent etc. etc.

JournalOctober 10, 2009 10:27 pm

La baraka du Nobel

Qu’a fait Obama pour mériter le prix Nobel de la paix ? Rien. Pourquoi lui a-t-on accordé ce prix ? Car le locataire de la Maison Blanche a des intentions de paix ! Ces intentions ont été confirmées par l’astrologue accréditée auprès du comité  du prix Nobel, réuni à Oslo. En outre, son prénom est en lui-même un vrai talisman.  Bararck est un prénom swahili qui vient du mot arabe "baraka": bénédiction ou grâce.

Herta Müller, prix Nobel de littérature 2009, a au moins écrit des livres mais Obama s’est contenté d’écrire des brouillons de projets de paix. Pour les lecteurs assidus de littérature, les récipendiaires du prix Nobel ne sont pas toujours les meilleurs écrivains de la planète. Sauf qu’un prix Nobel de littérature donne un coup de pouce aux ventes des livres de l’heureux élu.

Je suis en train de lire Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, un livre écrit par  mon  auteur fétiche, Haruki Murakami. Le coup de foudre a été provoqué par Kafka sur le rivage. J’adore Murakami et je m’en fous de savoir s’il est nobélisable ou non. ” Dans le travail de romancier, pour autant que je le sache, la victoire ou la défaite n’ont pas de sens. Peut-être le nombre d’exemplaires vendus, les prix littéraires, les critiques élogieuses sont-ils des critères apparents de réussite dans le domaine littéraire, mais rien de tout cela ne compte véritablement. ” ( Haruki Murakami; Autoportrait de l’auteur en coureur de fond; page 18)

Je n’ai pas attendu le prix Nobel pour tomber amoureux de Néjib Mahfouz, "nobélisé" en 1988. J’ai commencé à lire Mahfouz à l’âge de 12 ans. Le premier livre que j’ai lu en espagnol fut une belle traduction de son roman " ثرثرة فوق النّيل  " ( Charladas sobre el Nilo). En arrivant à Montréal, il y a 9 ans, j’ai cherché à la bibliothèque centrale le même roman dans ses versions française ( Dérives sur le Nil) et anglaise ( Adrift on the Nile). 

Même sans Nobel, Dino Buzzati - son Désert des Tartares est un classique - reste un géant de la littérature mondiale. Les voies du comité Nobel sont insondables. Ses membres ont accordé le prix Nobel de littérature au camarade Mikhaïl Sholokhov en 1965 mais n’ont jamais retenu le nom du grand romancier brésilien Jorge Amado (1) à cause de son attachement indéfectible au communisme. 

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1- Jorge Amado ainda é o autor brasileiro mais publicado em todo o mundo: sua obra foi editada em 52 países, e vertida para 49 idiomas e dialetos: albanês, alemão, árabe, armênio, azeri, búlgaro, catalão, chinês, coreano, croata, dinamarquês, eslovaco, esloveno, espanhol, esperanto, estoniano, finlandês, francês, galego, georgiano, grego, guarani, hebraico, holandês, húngaro, iídiche, inglês, islandês, italiano, japonês, letão, lituano, macedônio, moldávio, mongol, norueguês, persa, polonês, romeno, russo (também três em braille), sérvio, sueco, tailandês, tcheco, turco, turcomano, ucraniano e vietnamita.

Source: http://pt.wikipedia.org/wiki/Jorge_Amado

JournalSeptember 23, 2009 7:35 pm

" Mustapha ya Mustapha

Ana bahibbek [ je t’aime ] ya Mustapha

Chéri je t’aime, chéri je t’adore

Como la salsa de pomodoro !" (1)

Apparemment cette chanson n’a pas de succès au pays de Dalida. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le récit de Mustapha Kessous, journaliste du Monde (2). Il n’est pas aussi blanc que Michael Jackson ni aussi grand que Zidane mais il fait de son mieux pour esthétiser ses gènes qui gênent.

"Vous êtes le prévenu ?" lui lancent souvent l’huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal. Son délit est grave: délit de faciès…

1- http://www.youtube.com/watch?v=oI-kbqq-3hE&feature=related

2- http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/23/ca-fait-bien-longtemps-que-je-ne-prononce-plus-mon-prenom-quand-je-me-presente-au-telephone_1244095_3224_1.html

JournalSeptember 13, 2009 6:32 pm

Y a-t-il une vie après l’internet?

Y a-t-il une vie après l’internet ? Steve, un ancien "cyberholic", répond par un oui catégorique. Sa cure de "désinternettisation" n’a pas duré plus qu’une semaine. La Toile ne lui dit plus rien depuis des années. Il peut crier aujourd’hui: " Free at last ! Free at last !". Enfin libre !

Lorsque j’ai rencontré Steve pour la première fois, en juillet 2000, il était vendeur de livres usagés.  Maintenant il travaille comme "granny-sitter", il s’occupe des personnes âgées. Déconnecté de la cyber-realité et depuis toujours sans portable, il vit dans un monde fait de randonnées et de lectures.

Steve est-il un extra-terrestre ? Je ne le pense pas. Hier, je l’ai vu dans une brasserie, savourant goulûment les arômes d’une blonde, dont l’origine terrestre ne fait aucun doute.

JournalSeptember 2, 2009 7:45 pm

Chaque temps fait son temps

Je me suis debarrassé de mon cellulaire [ portable ] après cinq mois d’utilisation infructueuse. Je ne veux plus de ce fétiche moderne qui sonne tout le temps pour nous poser ces deux questions existentielles incontournables: " T’es où ?  Tu fais quoi ? ". J’en ai marre de repéter: " Je ne suis nulle part et je ne fais rien.". Ce "rien" cause une panne des circuits neuronaux des cellulomanes. Ou bien: " Qu’est-ce que tu racontes ? ". Je raconte toujours " la même histoire que celle d’hier." Bip… bip… bip… Désolés, la communication n’a pu être établie…

J’ai toujours rêvé d’un monde où le silence serait roi. Il y a quelques années, j’ai accompagné mon frère à la campagne de Mornaguia. Nous fûmes invités par une famille de paysans du "Near West" de Tunis. Ce fut un un jour d’été, un des les plus chauds de la décennie. Chez cette famille régnait un silence aussi agréable que l’air frais de leur patio. Dehors, la canicule faisait chanter quelques cigales en chaleur. Il ne manquait au décor qu’une "petite musique de jour" d’Ennio Morricone.

Le grand-père nous salua puis se réfugia dans un silence majestueux, olympien. Mon frère posa une seule question au grand-papa: " D’après vous, lequel est le mieux, le temps moderne ou le bon vieux temps ?".

 Je médite encore la réponse du vieux sage: " Chaque temps fait son temps."

 

O.K.

 

 

JournalMarch 20, 2009 5:53 am

Silence, je tourne en rond

«Je dois écrire avec mon coeur. Si l’écriture n’est pas vivante, j’arrête.»
Alaa El Aswany (1)

Une lectrice me demande si c’est la fin. Fin ? Cachez-moi ce mot que je saurais lire ni ouïr ! Lorsque la sauveteure de la piscine que je frequente crie à la fin de la séance de natation: ” C’est fini !”, ce cri apocalyptique me donne à chaque fois la chair de poule. Pendant un centième de seconde, je sens ma chair traversée par une onde prémonitoire qui annonce ma propre fin et celle du monde. ” Toute chose a une conclusion, ne soyez pas bernés par le bonheur et ses illusions.”, a dit le poète Abu Al-Baqaa al-Randi. Pourtant, malgré ce sentiment aigu, angoissant, paralysant de la fin de toute chose, je tente de m’accrocher à quleque chose plus ou moins vague qu’on appelle “instinct de survie”.

“La vie est l’ensemble des fonctions qui resiste à la mort”, a écrit Claude Bernard. Entre la vie et la mort, je dois choisir. Je ne suis pas un chat de Schrödinger. Certes je suis fait, comme vous tous, de particules élémenataires mais je ne m’attends pas à ce qu’un physicien ouvre subitement la porte de ma cabane pour me dire si je suis vivant ou mort. En outre, il est plus facile de prévoir les sauts quantiques que nos sautes d’humeur ! A un instant précis, Mister Jones (2) ne peut qu’être euphorique ou déprimé. Pas dans deux états d’âme superposés !

Le silence n’est pas un signe évident de mort. Les moines trappistes en savent quelque chose. D’ailleurs, un de mes livres de chevet s’intitule “Eloge du silence” (3). Toutefois, je comprends les interrogations de certain(e)s lectrices et lecteurs, intrigué(e)s par un si long silence. Un blog qui ne bouge pas n’est-il pas voué à dispraître ? J’ai pensé, pendant un moment d’abattement, à saborder ce blog. J’avais honte de ne pouvoir écrire un seul mot qui vaille la peine d’être écrit.

J’essaie de comprendre ce qui vient de m’arriver. Je viens de passer par l’expérience la plus terrible de ma vie. Celle où l’intensité de la douleur a failli briser le cordon ombilical qui me lie au monde des vivants, ce fameux instinct de survie. Si cette douleur n’était pas guérissable, j’aurais certainement choisi la mort. Maintenant je comprends mieux ceux et celles qui demandent de l’aide pour mourir dans la dignité.

L’oubli est, peut-être, le meilleur don de Dieu ou de la nature. Mais il y a oubli et oubli. ” On oublie une nuit de tristesse mais jamais un matin de tendresse”, a dit feu Jean Gabin. Sans avoir etudié les neuro-sciences, Gabin a découvert un des plus beaux mécanismes du cerveau humain. L’oubli des mauvais souvenirs est un pas vers la guérison. Mais le plus sublime des oublis est celui d’oublier le besoin d’oublier. Une blague pourrait illustrer mon propos.

Un marin rencontre par hasard un homme seul sur une île déserte.

- Que faites-vous sur cette île ?
- Je suis venu ici pour oublier.
- Oublier quoi?
- J’ai oublié !

Cet homme a déjà oublié ce qu’il voulait oublier mais il n’a pas encore oublié qu’il était là pour oublier ! Il n’atteindra le stade suprême de l’oubli que le jour où il répondra à la question: ” Que faites-vous sur cette île?” par ” j’ai oublié !”…

1- http://www.lire.fr/portrait.asp/idC=53272/idR=201/idG=4

2- Mister Jones, film réalisé par Mike Figgis (1993).
” Généreux, attachant, plein de charme, Mr. Jones est un homme exceptionnel. Cependant il souffre d’une maladie psychique que les médecins appellent une psychose maniaco-dépressive qui l’entraine parfois à des actes inconsidérés, mettant en danger sa propre sécurité et celle des autres. Après un excès d’enthousiasme pour Beethoven, il se retrouve à l’hôpital psychiatrique où le docteur Elizabeth Bowen le prend en charge. C’est le début de la guérison et d’une belle histoire d’amour!” Source: http://www.cinemovies.fr/fiche_film.php?IDfilm=8475

3- Eloge du silence, Marc de Smedt, Editions Albin Michel (2000).

JournalAugust 8, 2008 8:41 pm

The Beijing Olympics are nothing but business. Since business has never been my business, these games are not my business.

If you like sports, just do it ! Walk, run, jog, swim or dive, but never sit before a tv screen watching commercials interrupted every 15 minutes by sponsored athletes wearing sponsored clothes and shoes, surrounded by myriads of ads.

Excepting marketing companies only God knows how many tons of chips and coke and beer will be swallowed by these hundreds of millions of ad-swallowers…