« La » question qui taraude : qui sera le futur « raïs » ?
La question alimente toutes les conversations : qui va donc succéder au président Hosni Moubarak ? Celui-ci, âgé de 81 ans, ne devrait pas se représenter en 2011 à l’échéance de son mandat. C’est du moins l’impression – et disons-le – l’espoir de pas mal d’Égyptiens rencontrés sur les bords du Nil. Un nom court sur toutes les lèvres, celui de Gamal Moubarak, 45 ans, fils de l’autre, et dont l’étoile monte au sein du parti dominant, le Parti national démocratique.
Cette perspective suscite la consternation d’un bon nombre d’intellectuels égyptiens. « La république serait-elle devenue héréditaire ? Nous valons mieux que cela ! », s’emporte l’un d’eux, rencontré dans un riche hôtel de la ville. D’autres noms circulent, certes, comme celui de Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, très populaire pour ses prises de position fustigeant Israël, ou Mohamed ElBaradei, le directeur sortant de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, courtisé par l’opposition laïque.
Hisham Kassem, un journaliste très respecté, a sa petite idée : « Pour succéder à Moubarak, qui n’a absolument rien fait pendant 28 ans alors qu’il décide pourtant de tout et de rien dans ce pays, la seule personne qui s’impose s’appelle Omar Souleiman, l’influent général qui dirige les services de renseignement. Il devrait présider le pays pendant une période transitoire. Gamal, lui, n’a pas ses entrées à l’armée, ce qui fragilise sa position ». Car l’armée reste la source du pouvoir, dans un pays qui n’a connu que des militaires à sa tête depuis le coup d’État de 1952 : Nasser, Sadate et Moubarak.
Baudouin Loos.
Source: Le Soir de Bruxelles du 5 novembre 2009.
Version tunisienne de l’article:
« La » question qui taraude : qui sera le futur « raïs » ?
La question alimente toutes les conversations : qui va donc succéder au président Zine el-Abidine Ben Ali ? Celui-ci, âgé de 73 ans, ne devrait pas se représenter en 2014 à l’échéance de son mandat. C’est du moins l’impression – et disons-le – l’espoir de pas mal de Tunisiens rencontrés à Tunis. Un nom court sur toutes les lèvres, celui de Sakhr Matri, 29 ans, gendre de Ben Ali, et dont l’étoile monte au sein du parti dominant, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD).
Cette perspective suscite la consternation d’un bon nombre d’intellectuels tunisiens. « La république serait-elle devenue héréditaire ? Nous valons mieux que cela ! », s’emporte l’un d’eux, rencontré dans un riche hôtel de la ville. D’autres noms circulent, certes, comme celui de Hédi Jilani, le président de l’UTICA, le syndicat des patrons tunisiens, très impopulaire pour ses liens "intimes" avec le clan Trabelsi, ou Kamel Morjane, ministre de la défense et ancien cadre de l’ONU, courtisé par l’opposition laïque.
Un journaliste très respecté mais qui préfère l’anonymat, a sa petite idée : « Pour succéder à Ben Ali, qui n’a absolument rien fait pendant 22 ans alors qu’il décide pourtant de tout et de rien dans ce pays, la seule personne qui s’impose s’appelle le général Ali Seriati, ancien patron de la Sûreté Nationale et actuel chef de la Sécurité Présidentielle. Il devrait présider le pays pendant une période transitoire. Sakhr, lui, n’a pas ses entrées au Ministère de l’Intérieur, ce qui fragilise sa position ». Car ce ministère reste la source du pouvoir dans un pays qui n’a connu que deux présidents depuis son indépendance en 1956: Bourguiba et Ben Ali.
B. L.
(Traduit de l’égyptien en tunisien par O.K.)