TranslationsNovember 21, 2009 7:14 pm

طلبتُ المُسْتَقَرّ بكلّ أرضٍ       فلم أَرَ لي بِأرضٍ مُسْتَقَرّا

أبو العتاهية

Freie Übersetzung:

Ich suchte eine Heimat in jedem Land

Aber mein Ziel fiel wie ein Haufen Sand

Zweite Version:

Ich suchte eine Heimat in jedem Land

Aber nirgendwo mein Behagen fand

 

 

TranslationsApril 8, 2009 5:43 pm

Un regard, un beau sourire
Un bonjour et un soupir

Quelques mots pour le dire
Rendez-vous, joie et rires

Une rencontre, c’est le délire
Pleine lune, plein de désirs…

[Traduction libre de l’arabe]

Ahmed Chawki, poète et dramaturge égyptien(1868 -1932)

TranslationsMarch 25, 2008 6:22 pm

و سائلة أين اٌلذّهاب و سائل
و هل يُسأل الصّعلوك أين مذاهبه

مذاهبه أنّ الفجاج عميقة
إذا ضنّ عنه بالفعال أقاربه

عُروة بن اٌلورد

Traduction libre:

Ils me demandent, hommes et femmes,
Bien qu’ils sachent que je viens de Bohème,
” Quel est ton chemin ou ton but suprême ? ”

Telle question est un non-sens et un blasphème
Quand je suis délaissé et oublié par ceux que j’aime,
Chaque coin de la terre devient mon lieu de baptême.

Orwa Ibn El-Ward

TranslationsJanuary 17, 2008 6:53 am

Les deux visages de la Tunisie

Les Tunisiens célèbrent aujourd’hui 50 ans d’indépendance, de progrès social et de réussite économique. Seule la démocratie n’avance pas.

Par Oliver Meiler, Rome

Tunis a reçu aujourd’hui le 20 mars des tonnes de télégrammes de voeux à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, qui marqua la fin du protectorat français(1881-1956).

Les plus importants télégrammes arrivaient de Paris, Washington et Bruxelles. Entre les lignes, l’on décèle un ton de reproche amical, comme celui adopté par les rédacteurs de George W. Bush dans le message adressé par le gouvernement américain. En premier lieu le message dit ce qui suit: «Nous, les États-Unies d’Amérique, sommes fiers, d’être un paretenaire de la Tunisie dans ses éfforts pour la consolidation des institutions démocratiques et l’élargissement de l’espace des libertés.»

L’Occident voit, si l’on peut s’exprimer ainsi, une Tunisie à deux visages. D’un côté le pays apparaît comme un pole économiquement sain, socialement avancé et politiquement stable dans la région perturbée du Maghreb. De l’autre côté, les dix millions de Tunisiens payent pour cette stabilité relative un prix politique très élevé. Et ce prix se calcule en fonction des libertés démocratiques sacrifiées. Les Tunisiens appellent ça: «Vivre dans une cage en or».

«Cinquante ans de Répression»

Pour l’opposition, réduite à sa portion congrue et étranglée, il s’agit de plus que ça. Dans le centre de Tunis, quelques douzaines de militants, avocats, islamistes et intellectuels ont tenté, il y a quelques jours, d’organiser une marche pour commémorer «Cinquante ans de répression et de dictature». Mais il ont été séparés les uns des autres, tabassés, pourchassés. Zine el-Abidine Ben Ali, depuis 1987 président de la Tunisie, un pays qu’il gouverne en monarque absolu, ne tolère aucune critique.

À travers son parti omniprésent, il conrôle tous les canaux par lesquels des critiques pourraient être exprimées. Le monde entier a été confronté de près à la manie sécuritaire de Ben Ali pendant le mois de novembre dernier à l’occasion du Sommet Mondial sur la Société de l’Information organisé par l’ONU à Tunis.

Le régime y a vu une chance pour se débarrasser de cette double image sur la scène internationale. Ben Ali, l’ancien policier, a échoué par ses propres efforts.

Il croyait pouvoir dicter aux représentants des médias étrangers sur place le contenu de leurs reportages et la manière de les faire. Cette offensive de charme s’est soldée par un échec cuisant.

Pourtant, les Tunisiens peuvent être fiers. Pendant les cinquante dernières années, ils ont constitué l’avant-garde sociale du monde arabe. Habib Bourguiba, le «Père de l’indépendance» , président à vie jusqu’à sa «destitution pour sénilité» en 1987, a donné au pays, trois ans seulement après une idépendance obtenue sans grands sacrifices en vies humaines, une constitution républicaine, une première dans la région. L’introduction d’un code du statut personnel, qui devrait changer radicalement la vie des Tunisiennes, était carrément révolutionnaire: il inerdit la polygamie et la répudiation et fixe un âge minimum pour le mariage des filles. Les femmes ont obtenu le droit de vote et les voies de l’instrcution et du travail ont été largement ouvertes pour elles.

Forte représentation féminine au parlement

Le gouvernement tunisien compte aujourd’hui sept femmes ministres et 25% des députés au parlement sont des femmes. Encore mieux: elles représentent un tiers des juges et 44% des enseignants universitaires. Ce sont des taux que certains pays européens n’ont pas encore atteints.

L’économie, aussi, a réalisé pendant ces dernières années des taux de croissance appréciables: 5% pendant les cinq dernières années. Pourtant, la Tunisie, au contraire des riches voisins algériens et libyens, n’a ni gaz ni pétrole. Certes, le secteur textile, qui emploie 250 000 ouvriers et contribue à hauteur de 50% du volume des exportations, souffre de la concurrence chinoise. Mais le tourisme, qui est en plein essor, est devenu le secteur-clef de l’économie tunisienne: en 2005 le pays a accueilli plus de six millions de touristes. Les plages de Monastir, Jerba et Hammamet sont très appréciés par les touristes. C’est la face brillante de la médaille à deux faces qu’est la Tunisie.

(Source : le journal « Tages Anzeiger » (Suisse), le 20 mars 2006)

[traduit de l’allemand par O.K.]

TranslationsJuly 21, 2007 2:41 pm

Une Victime de la torture retourne au Canada

Octroi de statut de réfugié par une autorisation ministérielle

Catherine Solyom- The Gazette( Montréal )

Un étudiant de droit de nationalité tunisienne expulsé en janvier, pour être ensuite arrêté et torturé dans son pays d’origine, espère rejoindre ce mardi le Québec.

Haroun M’barek, 34, a bénéficié d’une autorisation ministérielle très exceptionnelle lui accordant le droit de retour au Canada en tant que réfugié, a déclaré un haut fonctionnaire du gouvernement canadien.

"C’est une très bonne nouvelle qu’on ait finalement arrivé à le faire sortir de l’enfer où il vivait et où il a été torturé et forcé à vivre dans des conditions ihumaines", a dit Jamel Jani de l’Association des Doits de la Personne au Maghreb dont le siège est à Ottawa et l’un des groupes de pression qui ont mené une campagne pour la libération de M’barek.

M’barek, un étudiant de deuxième cycle à l’Université Laval, s’est vu refuser le statut de réfugié par la Commission de l’Immigration et des Réfugiés en 1997.

Après que les fonctionnaires canadiens de l’immigration ont deux fois statué qu’il ne courait aucun risque d’être persécuté dans son pays d’origine, il a été expulsé 15 jours seulement avant qu’il n’achève sa maîtrise.

Mais la nouvelle de son arrestation et sa torture dès son retour en Tunisie a provoqué la réaction immédiate des organisations des droits humains et des fonctionnaire de l’immigration canadienne.

L’organisation montréalaise Droits et Démocratie a envoyé un avocat à Tunis pour assister la défense de M’barek. Des fonctionnaires du ministère canadien des affaires étrangères et de l’ambassade du Canada ont assisté au procès en mars dernier.

UNE PEINE DE TROIS ANS

M’barek a été condamné malgré tout à trois ans de prison et à cinq ans de contrôle administratif pour "constitution d’une bande criminelle " et "participation à une tentative collective visant à attaquer les personnes et les propriétés."

Aucune preuve n’a été apporté au procès sauf celle de son appartenance à une association estudiantine.

"Dans un local prévu pour 30 détenus s’entassaient 300 personnes. Lorsqu’il a été atteint de tuberculose, son état de santé a empiré à tel point que nous craignions pour sa vie", a encore dit Jani .

Jani attribue aux autorités canadiennes les pressions exercées sur le gouvernement tunisien et l’obtention de la libération de M’barek en mai dernier, alors qu’il attendait l’appel de son procès prévu pour septembre. Il sera ainsi de retour à Laval pour achever sa maîtrise, a-t-il encore ajouté.

Jani dit être au courant de trois cas de Tunisiens vivant au Canada auxquels le statut de réfugié a été refusés et qui courent le risque d’être expulsés.

La ministre fédérale de l’immigration Elinor Caplan a proposé la loi C-11 en février, qui vise améliorer l’évaluation du risque couru par un demandeur d’asile en cas d’expulsion. Adoptée par les Communes en juin, la loi sera soumise à l’approbation du Sénat.

Catherine Solyom

The Gazette of Montreal

STURDAY, SEPTEMBER 1, 2001

(Traduit de l’anglais par O.K.)

 

Papier original:


Catherine Solyom


The Gazette of Montreal

STURDAY, SEPTEMBER 1, 2001

Torture victim returns
Ministerial permit gives refugee status
A Tunisian law student deported in January, only to be arrested and tortured in his native land, hopes to be back in Quebec on Tuesday.
Haroun M’barek, 34, has been issued a rare ministrerial permit to return to Canada as a refugee, a high-ranking government official said.
"It’s excellent news to finally get him out of the hell he has been in, where he has been tortured and forced to live in inhuman conditions", said Jamel Jani of Ottawa’s Association des Doits de la Personne au Maghreb, one of a coalition groups that campaigned for M’barek’s release.
M’barek, a graduate student at Université Laval, was denied refugee status by the Immigration and Refugee Board in 1997.
After Canadian immigration agents twice determined that he ran no risk of being persecuted in his home country, he was deported just 15 days before he was to finish his master’s degree.
But news of his immediate arrest and subsequent torture as he set foot on Tunisian soil prompted human-rights groups and Canadian immigration officials to react.
Montreal human-rights group Rights and Democracy sent a Montreal lawyer to help represent M’barek and officials from Foreign Affairs and the Canadian embassy also attended his trial in March.
3-YEAR JAIL-SENTENCE
M’barek was nevertheless sentenced to three years in jail and five years in administrative detention for "forming a criminal gang" and "participation in a collective project aiming to attack persons and properties."
No evidence was presented other than that he had participated in student association.
"In a room meant for 30 people there were 300 people. When he got tuberculosis he became so sick, we were afraid for his life", Jani said.
Jani credits Canadian officials for maintaining pressure on the Tunisian government and securing M’barek’s release in May, pending an appeal for his conviction in September. By then he will be back at Laval, completing his master’s degree, he said.
Jani said he knows of thee other cases of Tunisians in Canada who have been refused refugee status and may be soon facing deportation.
Federal Immigration Minister Elinor Caplan tabled Bill C-11 in February, which intended to improve evaluation of a refugee claimant’s risk of return. Adopted by the House of Commons in June, the bill is now awaiting approval by the Senate.

Translations 1:39 pm

Aucune odeur d’enfer sur la plage ensoleillée

Le déluge de feu de Djerba est considéré maintenant comme un attentat –c’est officiel Mais les touristes veulent qu’on leur épargne les détails

par Axel Veiel (Er-Riadh, Djerba)

Une demi douzaine de policiers, quelques barrières, c’est tout ce qu’il y a à voir. Rien de plus n’indique ici à la sortie d’Er-Riadh que l’enfer est passé par là. Même la présence de policiers et de barrière rappelle plus à un petit coin de villégiature qu’à une garnison qui monte la garde d’un lieu touché par les flammes de l’enfer. Des hommes, qui ont trouvé refuge dans l’ombre d’un olivier, sont accroupis devant l’entrée de la synagogue. Deux parmi eux ont l’air de somnoler, un autre homme est en train de lire, les autres causent et rigolent. En face d’eux, au bout de la rue menant au lieu de culte juif, les grillages ont la forme, plus ou moins, d’un carré qu’on peut contourner facilement. Le vent apporte des bruits d’enfants. C’est la fin des cours à l’école. Garçons et filles quittent la cour de l’école en courant vers la rue. Un des policiers dit que la synagogue va être réouverte aux visiteurs dans deux, trois jours et tout sera comme avant.

La majorité des victimes meure quelque part plus loin, très loin d’ici. Elles succombent à leurs brûlures dans un pays lointain, l’Allemagne. Ici sur l’île de Djerba, une île qui vit, presque exclusivement, du tourisme. Les gens veulent tirer un trait sur le passé, refouler, oublier. Certes, le fait que, dix jours auparavant, un chauffeur kamikaze se fasse sauter en l’air avec son camion plein de bonbonnes à gaz provoquant la mort de 17 personnes ne peut plus être expliqué par un accident, comme le laissaient entendre les autorités au début. Mais, pour les habitants du lieu, comme lors d’un accident, la tragédie ne concerne que ceux qui ont eu le malheur d’être impliqués dans l’attentat. Et exactement comme dans le cas d’un accident de voiture, les riverains pensent que le prochain accident de la route n’aura certainement pas lieu devant chez eux.

La Tunisie est une terre de tolérance, c’est ce qu’a déclaré le président Ben Ali après l’attentat. La tolérance de ses concitoyens envers les gens d’autres confessions n’était-elle pas jusqu’ici exemplaire? Juste en face de la synagogue d’El-Ghriba brillent les coupoles blanches d’une mosquée baignée par le soleil de midi. "Maison de prière musulmane", c’est ce qu’on peut lire sur une pancarte placée à côté du portail. Ces pancartes n’ont de sens que dans les lieux où existent des maisons de prière appartenant à d’autres confessions. Jusqu’ici, des milliers de Juifs d’Afrique du Nord se sont déplacés chaque année à Djerba pour célébrer la Pâques juive, et ont longé les murs de cette mosquée.

Les pèlerins vont-ils revenir? L’imam de la mosquée en est convaincu. L’homme de religion, ferme bruyamment la porte en fer encastré, regard en direction de l’énorme silhouette du temple juif, à la forme carrée et dont l’architecture diffère de celle de la mosquée. Il pointe du doigt l’amas de gravats et de sable devant la synagogue et : "Les travaux de rénovation sont presque achevés." Rénovation? Les ouvriers ne sont-ils pas en train d’éliminer les traces de l’incendie? Non, dit l’imam, ce sont des travaux de rénovation prévus depuis longtemps.

Mais quelqu’un a perturbé la marche collective vers la normalité. Otto Schily est arrivé lundi pour rendre hommage aux victimes et poser des questions incongrues. Deux actes qui ont indisposé ses hôtes. Le ministre l’a, d’ailleurs, remarqué. Il avait dû déposer le bouquet de fleurs, préparé en l’honneur des victimes, contre un grillage rouillé placé à l’entrée de la synagogue, loin du lieu de l’explosion. A l’intérieur du lieu de culte, il a vu de braves artisans perchés sur des échelles ou des échafaudages. Le chef de la communauté juive, Perez Trabelsi, lui expliquait les insignes, lui traduisait les inscriptions murales et lui donnait des explications sur le calendrier juif. Malgré l’empressement de Trabelsi, l’hôte de Berlin a réussi quelques fois, à évoquer "le terrible événement ". "Le véhicule se trouvait où?" a-t-il demandé, ou encore: "Le feu est parvenu jusqu’où?"

C’est seulement pendant son entrevue avec le président Ben Ali à Tunis que les choses étaient tirées au clair, derrière les portes fermés du palais. Après cette entrevue, le responsable allemand était en mesure de déclarer, en son nom et même au nom du chef de l’Etat tunisien: "La certitude fait maintenant place aux doutes quant à la thèse de l’attentat." Schily a dit aussi, clairement, que l’enquête resterait entre les mains des enquêteurs tunisiens. L’enquête se fera dans le calme, sans trop de détails pour ses concitoyens et pour les touristes, dans le but de ne pas nuire à l’image du pays où règne une paix céleste au milieu d’un Maghreb agité par les troubles.

Plusieurs touristes à Djerba ne veulent pas que la joie des vacances soit troublée par des souvenirs insupportables. Dans l’hôtel Royal Garden Palace les touristes se précipitent, comme toujours, vers la plage, la piscine ou le buffet. De vendeurs ambulants déambulent entre les corps luisants oints de crème de bronzage et offrent aux touristes des plants de palmier ou des roses du désert. L’attentat contre la synagogue n’est pas à l’orde du jour. "Si nous nous laissons influencer par de tels actes, nous ne pourrions plus aller nulle part", dit une touriste qui joue à la pétanque. Tous les présents acquiescent. Selon elle, la Tunisie est un pays pacifique, accueillant. Elle assimilerait l’attentat plutôt à un crash d’avion, qui pourrait se passer n’importe où dans le monde même à Djerba.

Brigitta Göring, aussi, trouve cet attentat "absolument atypique pour ce pays, où le mode de vie occidental a pu s’intégrer mieux qu’ailleurs au Maghreb". Ce qui irrite cette touriste de Francfort "c’est la politique de camouflage adoptée après l’attentat". Mais cette Allemande essaye d’être compréhensive. Si le tourisme disparaît à Djerba, ce serait comme si l’île était engloutie par la mer, pense cette femme de 68 ans. S’il y a un autre attentat . . ., a-t -elle ajouté, absorbée par ses pensées, laissant ouverte la question de ce qui se passerait alors.

Mais il n’y aura pas d’autre attentat. Le coiffeur d’Er- Riadh en est sûr à 100%. "Car, il y a un peu de police partout en Tunisie", C’est ce qui explique la certitude de ce jeune homme de 26 ans aux cheveux bouclés. Alors comment expliquer que le premier a pu avoir lieu? L’homme au tablier blanc dit qu’il n’a jamais entendu parler d’un attentat et qu’il n’est pas prêt à en parler. Puis il ajoute, en souriant, qu’en Tunisie il vaudrait mieux ne rien entendre, ne rien dire, car il y a un peu de police partout en Tunisie.

Pourtant, il dit quelque chose. La faute est au journal Le Quotidien, lu et relu par ses clients et laissé sur l’un des deux fauteuils. Presque la moitié du journal est consacrée des souffrances des Palestiniens. Les photos du journal montrent des corps déchiquetés, des yeux d’enfants qui reflètent toutes les horreurs de la guerre, des femmes qui essayent d’évacuer des blessés ou des corps en lambeaux.

Ce que font les Israéliens révolte même quelqu’un comme lui, dit le coiffeur, qui tient à la tolérance religieuse. Même un Chrétien doit être révolté par ça. Chacun réagit à sa manière à cette situation pleine de souffrances et d’injustice. Il dit qu’il a donné son sang aux Palestiniens à l’hôpital de Houmt Souk. Sa sœur a fait un don en espèces. "Et peut être", ajoute-t-il, "en voyant ces images, un islamiste perd-t-il la raison et sème -t-il la pagaille."

(Traduit de l’allemand par O.K.)

Source: Frankfurter Rundschau, avril 2002.

TranslationsJuly 16, 2007 11:04 pm

Autre société, autres soucis
Par Eugene Kwibuka

Je suis ici depuis plus de cinq mois mais mes observations me semblent infinies. Chaque matin j’ai l’impression d’avoir quelque chose à partager avec mes lecteurs. Je ne pensais pas avant d’arriver ici que les Canadiens pourraient avoir de sérieux problèmes, inconnus pour beaucoup de gens des pays en voie de développement.

Lorsque je suis arrivé ici je n’ai pas realisé que plusieurs grandes et jolies maisons abritent des gens qui se sentent extrêmement solitaires parce qu’ils ne vivent ni avec des membres de leur famille ni avec des amis.

Je ne savais pas que beaucoup de voitures parcourent plus de 800 kms ne transportant q’une seule personne, comme si cette personne ne s’ennuyait pas d’avoir pour seul compagnon de route le bruit du moteur.

Je ne savais pas que beaucoup de gens qui ont l’air d’être riches ne peuvent se permettre d’avoir une aide ménagère à plein temps pour préparer leurs repas et s’occuper de leur maison. Au Rwanda c’est normal d’avoir une aide ménagère. Ici beaucoup de gens parlent des babysitters car il est toujours difficile de trouver quelqu’un pour s’occuper des enfants après leur retour de l’école.

Montréal, qui abrite deux millions d’habitants, cache plusieurs secrets. J’ai visité quelques maisons et j’ai eu pitié des personnes que j’y ai rencontrées. Pourriez-vous imaginer une personne vivant toute seule dans une gigantesque maison où il y a plus de deux téléviseurs, plus de deux voitures, plus de deux salons et plusieurs autres choses?

Mais il semble que cette abondance n’apporte pas toujours le bonheur. J’ai appris que le Québec a les taux de suicide et de divorce les plus élevés au Canada.

Un jour j’ai demandé à des amis canadiens de me dire ce qu’il n’aiment pas au Canada. Pour eux, il était très difficile de trouver une réponse. Mais ils ont finalement donné une réponse bizarre. Au début je n’ai pas compris ce que mon amie voulait dire mais j’ai compris lorsqu’elle m’a donné des explications. Elle m’a dit qu’on achète chaque jour de nouvelles choses qui ne répondent à aucun besoin réel.

Elle m’a dit: “Peux-tu imaginer trois personnes vivant ensemble en famille, chacune d’elles ayant sa propre voiture?. C’est comme lorsqu’une femme conduit sa voiture derrière celle de son mari alors que tous les deux s’en vont en ville!”

Mes quatre amis sont tous d’accord: ce qu’elle a évoqué est la chose la plus embarrassante pour leur société. Mais je n’ai compris que ceci pouvait être un problème que le jour où j’ai appris que plus les gens accumulent des choses, plus ils sont tenus de les entretenir et de se dépenser pour elles. C’est ce qui conduit à la dépression et au stress.

A moins de rencontrer beaucoup de gens pour me dire plus sur la vie ici, je garderai toujours l’image d’une société où la technologie et l’argent  sont en train d’isoler les gens et les éloigner les uns des autres, les obligeant à mener une vie solitaire et éprouvante.

(Traduit de l’anglais par O.K.)

* Eugene Kwibuka, 22 ans, est en 3ème année journalisme à l’Université Nationale du Rwanda. Né en Ouganda, où ses parents avait trouvé refuge dans les années soixante-dix, sa famille est retournée au Rwanda après le génocide de 1994. Il est en train de se former au métier de journaliste en travaillant comme reporter de la radio universitaire, Radio Salus, et en contribuant comme pigiste au seul quotidien rwandais anglophone, The New Times. La Gazette de Montréal et sa maison-mère, CanWest, ainsi qu’Intiative Rwanda l’ont invité à passer six semaines au Canada pour couvrir, pour le compte des médias rwandais, le procès pour crimes guerre de Désiré Munyaneza. Il continuera de consigner ses impressions du Canada et du procès sur son blog.

TEXTE ORIGINAL:

Another society, another range of problems

I have been here for more than five weeks but my observations seem to be endless. Every morning I feel that I have something to share with my readers. I never thought before arriving here that Canadians could have serious problems that many people in developing countries don’t have.

When I arrived here, I didn’t realize that a number of big and good houses I see shelter people who feel extreme loneliness because they don’t live with neither their relatives nor their friends.

I didn’t know that many cars go more than 800 kms carrying only one person as if that person is not bored by his car’s roar.

I didn’t know that many people here who may look rich can’t even afford to pay a full time maid to cook for them or look after the house. In Rwanda, it’s normal to have a maid. Many people here discuss babysitters as it is always difficult to get someone to look after their children when they come back from school.

Montreal that is home to two million people has different secrets. I have been visiting some homes and I felt pity for people I met there. Can you imagine a person living alone in a huge house in which you find more than two television sets, more than two cars, more than two sitting rooms and many other things?

But it seems that this abundance doesn’t always bring happiness. I have learnt that Quebec has the highest suicide and divorce rate in Canada.

One day I asked my Canadian friends to tell me something that they don’t love about Canada. It was very difficult for them to get the answer but they finally came up with a strange one. At first I didn’t understand what she meant by this but I really understood when she gave explanations. She told me that they buy new things every day without any genuine need for them.

“Can you imagine three people living in a family and every one has a car?” she said. “Like a wife drives after her husband when they are going out!”

Every single person among  the four friends agreed that what she had said is the most embarrassing thing for them about their society.  But still I didn’t understand if that was really a problem until I learnt that the more things people have, the more care and hard work they require of them and they end up depressed and stressed.

Unless I meet many people to tell me more about life here, I remain with an image of a society where technology and money are isolating people from each other, compelling them to live a more lonely and demanding life.

Eugene Kwibuka, 22, is a third-year journalism student at the National University of Rwanda. Born in Uganda, where his parents fled in the 1970s, the family returned to Rwanda after the 1994 genocide. He is building his career as a journalist by working as a reporter for his university’s radio station, Radio Salus, and reporting on a freelance basis for Rwanda’s only English-language daily newspaper, The New Times. The Gazette, its owner, CanWest, and the Rwanda Initiative brought him to Canada to spend six weeks covering the war crimes trial of Désiré Munyaneza for media back home. He’ll be keeping a blog about his impressions of Canada and the trial.

http://communities.canada.com/montrealgazette/blogs/journeytocanada/default.aspx
 

TranslationsJune 16, 2007 1:37 am

فنان الغلبة

عاش يتمنى في عنبة

مات جابولوا عنقود

ما يسعد فنان الغلبة

كان من تحت اللحود

علي الدوعاجي

Traduction:

Il vécut rêvant d’un raisin, fût-il amer
Mort, il eut droit à une grappe entière

L’artiste de la misère ne prospère
Qu’enfoui dix  pieds  sous  terre

Ali Douagi

TranslationsMay 20, 2007 7:51 pm
عندما تغرس الأمم المتحدة رأسها في الرمل
 
البلد المضيف  للقمة العالمية لمجتمع المعلومات هو نفسه  قمة في قمع  حق حرية الإعلام و غيرها من الحقوق المدنية . معارضون يشنون اضراب جوع  على هامش هذا الملتقى العالمي
بقلم راينر فاندلر
 
لولا خطورة الحالة لقلنا إنها اضحوكة، هذا ما صرحت به منظمة مراسلون بلا حدود  في خصوص قرار الأمم المتحدة عقد قمتها للمعلومات في تونس.  فهذا الملتقى  المنعقد في العاصمة التونسية سيناقش  ما هو محظور في جنة زين العابدين بن علي السياحية  الولوج الحر إلى الانترنات  و الحق في إعلام حر للجميع
.
إذ لا وجود لصحافة حرة في تونس. و الانترنات خاضع للرقابة بطريقة الغربلة ،  لذلك فإن هنالك أكثر من ستين موقعا  محجوبا . كما تراقب السلطات الرسائل الإلكترونية.  هذا إلى جانب المراقبة الصارمة لمقاهي الانترنات.

و كل من تخامره الفكرة و يتجرأ على نشر معلومات فيها نقد للنظام فإنه يعرض نفسه للسجن، مثل ما حصل لزهير اليحياوي، مدير موقع تونيزين، الذي قضى ثمانية عشر  شهرا في السجن بتهمة ثلب الرئيس.
و كل من يزورمواقع معارضة  يعرض نفسه للمخاطر . فقد تم في العام الماضي  الحكم بالسجن لمدة ثلاثة عشر عاما على سبعة طلبة بتهمة النخراط في تنظيم القاعدة ، في حين أن ذنبهم الوحيد هو الإبحار على الإنترنات.
إن منظمات حقوق الإنسان في تونس قد كانت تأمل  أن تسهم القمة العالمية  في توسيع رقعة الفضاء الذي تنشط فيه. و لكن الوضع ازداد سوءا. هذا هو ما قالته سهام بن سدرين،التي تعيش في مدينة همبورغ بفضل منحة دراسية، و تدير موقع مجلة كلمة المعارضة . و هي  أيضا الناطقة بلسان المجلس الوطني للحريات بتونس.
و لم تسلم، هي أيضا،  من المضايقات المتكررة لنظام بن علي.  فقد تم إيقافها في مطار تونس و قضت شهرين في السجن  بتهمة الثلب.  و بما أن تلك العقوبة لم تثنها عن  النشاط في ميدان حرية الرأي و الصحافة ، فإنها تعرضت لملاحقة أعوان الشرطة السريين  الذين أشبعوها ضربا على قارعة الطريق
(traduit de l’allemand par O.K.)
TranslationsMay 6, 2007 11:40 am

Un clan puissant dirige le royaume de Ben Ali

Accusations de corruption dans la société tunisienne

Beate Stauffer

Ce n’est pas uniquement dans le domaine des droits de l‘homme que la Tunisie a mauvaise réputation. Des accusations émanant de l’opposition à l’étranger se font de plus en plus nombreuses, laissant entendre que le pays souffre de la domination économique et du pillage systématique des familles liées directement au président Ben Ali.

Le sujet lui-même est tabou en Tunisie et ceux qui violent ce tabou peuvent s’attendre à de graves sanctions. Mais les médias qui échappent au contrôle direct des autorités tunisiennes sont friands de ce sujet sensible: corruption à grande  échelle, népotisme, fraudes fiscales et douanières. C’est surtout "L’Audace", un mensuel basé à Paris, qui essayait de prouver depuis des années que la Tunisie n’est pas seulement  un Etat policier, mais aussi un pays économiquement dominé et pillé par des familles influentes faisant partie du cercle restreint qui entoure président Zine el-Abidine Ben Ali. Dans sa rubrique spéciale intitulée "Le jeu des sept familles," le directeur du journal Slim Bagga publie périodiquement des informations détaillées touchant ce sujet  explosif, qui préoccupe le public tunisien en général et le passionne comme aucun autre.

Expropriation

Les histoires rapportées dans cette rubrique du journal sont si extravagantes qu’elles sont à peine croyables. Par exemple, cette histoire, racontée dans le moindre détail, d’un propriétaire d’une carrière de marbre qui, après son retour d’un bref voyage à l’étranger, trouve confortablement installé dans son propre bureau un membre du fameux clan Trabelsi  qui lui dit qu’il n’a plus rien à avoir avec ce lieu. On rapporte que de telles expropriations, qui se font du jour au lendemain, sont devenues monnaie courante en Tunisie. En tout cas, Slim Bagga possède un stock inépuisable de ces histoires. Selon  ses articles, il est pratiquement impossible de porter plainte contre ces appropriations « beylicales », car le pouvoir judiciaire tunisien a totalement perdu  son  indépendance et il est maintenant au service des puissants clans qui dirigent les affaires du pays.

En réalité, ce sont 60  et non sept  familles qui se sont partagé entre elles l’économie du pays, d’après les allégations de Slim Bagga. Au centre de l’édifice se trouve le clan du président Ben Ali, de sa femme Leila Trabelsi et des Chiboub, une famille extrêmement riche à laquelle Ben Ali est lié par  le mariage de l’une de ses filles. Selon cette version des choses, les  familles  Ben Ali, Trabelsi et Chiboub – connues sous l’abréviation  BTC  – constituent le cœur de l’empire économique qui entretient des liens avec le reste des  puissantes familles du pays.

Messieurs Dix pour cent

D’après Slim Bagga, ces clans familiaux–  Il leur colle dédaigneusement  le titre de "gang de hooligans" – ne tiennent pas seulement entre leurs mains les leviers du pouvoir économique en Tunisie, de façon directe ou à travers des intermédiaires. Mais ils sont en train d’amasser des fortunes faramineuses, utilisant les moyens les plus louches, drainant littéralement les richesses du pays. Prenant plusieurs exemples, Bagga explique en détail comment le pillage fonctionne. On rapporte que les membres de ces puissantes familles contractent souvent des prêts bancaires qui se chiffrent par des millions de dinars, mais ne les remboursent jamais. Ainsi des montagnes de dettes douteuses se  sont accumulées dans les bilans des plus importantes banques  tunisiennes. Ces clans ont aussi la réputation de prendre des commissions sur tous les plus importants investissements étrangers et sur les marchés de l’Etat, ils se procurent des licences d’importation exclusive de produits de consommation, ou importent ces produits de façon illégale. Enfin, on rapporte qu’ils jouent l’intermédiaire dans toutes les procédures administratives en matière d’autorisations et d’agréments et touchent à cet effet des pots- de-vin dont les montants sont loin d’être négligeables.

Selon Bagga, les pratiques du  clan  Trabelsi sont particulièrement insolentes. Il y a 20 ans, les Trabelsi appartenaient à la classe pauvre, maintenant ils sont l’une des familles les plus riches au pays , avec des participations substantielles dans les domaines du tourisme, de la vente au détail e de l‘immobilier. Depuis mars 2002, Belhassan Trabelsi, considéré comme le chef du clan, possède sa propre compagnie aérienne, qui porte le nom de Carthago Airlines. Au mois de juin dernier, la journaliste  Sihem Ben Sedrine a évoqué, au cours d’une émission de la chaîne de télé Al-Mustaquilla, une grande opération d’arnaque douanière perpétrée  par Moncef Trabelsi, qui avait privé le trésor public de  $450,000 de recettes. Dernièrement, son clan était le seul à avoir ouvert un bureau de consultation venant au secours des hommes d’affaires en matière  de problèmes douaniers et fiscaux.

Corruption visible à l’œil nu

Mais y a-t-il des preuves solides et dignes de foi pour corroborer ces accusations? Slim Bagga tient à préciser  que la  famille  du président avait essayé une fois de porter plainte contre lui, mais la plainte a été retirée au dernier moment. Il dit que Ben Ali craignait sans doute que le procès fasse beaucoup de publicité autour de sa famille. Mais le fait le plus important, soutient-il, est que ces crimes  sont si flagrants que les accusés auraient toutes les difficultés du monde à prouver leur  innocence.

Moncef Marzouki, ex-président de la Ligue Tunisienne des droits de l’Homme, qui vit à Paris depuis fin novembre 2001, soutient les déclarations de Bagga. Le pillage du pays par les puissantes familles, dit-il, a atteint des proportions ahurissantes. "C’est un pillage à grande échelle, visible à l’œil nu," déclare Marzouki. Il dit que ceux qui en sont responsables ne se soucient même  plus de cacher leurs magouilles. C’est la raison pour laquelle, affirme-t-il, que le peuple tunisien rejette Ben Ali et son régime.

Pourtant, Marzouki admet que dans plusieurs cas le preuves de ces activités criminelles ne seraient pas suffisantes pour être recevables par un juge. Cela est en partie dans la nature des choses, dit-il, car les pratiques de corruption ne laissent généralement aucune trace matérielle. Mais ceci est aussi en partie dû au fait que la Tunisie manque de transparence politique et économique. Marzouki cite l’exemple du  "Compte 26-26," dont la raison d’être théorique est de  financer les projets sociaux et les oeuvres  de charité. Ce compte est, cependant, sous le contrôle direct du président et ne fait l’objet d’aucun audit  parlementaire. Pour démontrer l’étendue de la corruption et du népotisme en Tunisie, explique Marzouki, il avait appelé, il y a quelques années, à la création au d’une commission d’enquête parlementaire. Mais les autorités n’ont jamais autorisé une telle chose.  Pourtant, Marzouki et Bagga ont tous les deux convaincus  que les documents et les témoignages  déjà disponibles sont suffisants pour servir de preuves contre les activités illégales des puissants clans familiaux.

La pointe de l’iceberg ?


Que pensent les Tunisiens vivant en  Suisse de ces accusations? Aucun n’est prêt  à prendre une position sous son nom propre; le sujet est, tout simplement très sensible, disent-ils. Un spécialiste de sciences politiques dit que le journal "L’Audace" est connu pour son style agressif et exagère peut-être un peu. Mais, ajoute-t-il, selon lui ses articles sont basés, pour la plupart, sur des fait réels. En plus, poursuit-il, aucun ne peut savoir à l’heure actuelle si les cas cités par le journal ne représentent, en fin de compte, que la pointe de l’iceberg. Les entreprises tunisiennes sont d’accord, dit-il,  qu’aujourd’hui sur le fait qu’aucun projet ne put être réalisé sans le concours de ces clans – ce qui ne put être que catastrophique pour la moralité publique. Un économiste tunisien admet que "Rien ne peut se faire sans ces familles." Mais il dit que de telles pratiques sont monnaie courante partout dans le monde arabe.

Transparency International, une organisation non-gouvernementale basée à Berlin qui s‘occupe de toutes les formes de crruption à travers le monde, indique qu’elle n’a pas de bureau en Tunisie.  Raison: pratiquement aucune activité indépendante du gouvernement n’est possible. Ceci cadre parfaitement avec l’image que donne aujourd’hui la Tunisie de  Ben Ali.

 Juge révoqué
Il y a quelques mois, Mokhtar Yahiaoui, un juge de Tunis, avait écrit une lettre ouverte au président Ben Ali, lui déclarant qu’il était dans l’impossibilité d’accomplir sa tâche parce que  le pouvoir judiciaire était contrôlé par le pouvoir exécutif. Le magistrat avait exigé l’indépendance de la justice, garantie par la  constitution tunisienne. A cause de cette lettre, Yahiaoui a  été révoqué. Selon Amnesty International, depuis sa révocation, ses droits fondamentaux ont subi des restrictions. Début avril, les autorités tunisiennes l’ont bloqué à l’aéroport et l’ont empêché d’embarquer pour Genève,  où il avait programmé une rencontre avec le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme.
Dans son rapport annuel, le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) – organisation non reconnue par le gouvernement – exige l’application effective de la séparation des pouvoirs en Tunisie. Durant en cérémonie de présentation du rapport annuel, un porte-parole du  CNLT a déclaré que les actes des tribunaux contiennent des instructions du gouvernement relatives au verdict suggéré et que les juges  sont obligés de prononcer des jugements dictés par le pouvoir exécutif.      
   
Blasphème
Dans un article publié  novembre dernier par Le Monde, Kamel al-Taief, un ancien conseiller du président Ben Ali, a déclaré que la Tunisie  était  gouverné par une "mafia" constituée de personnes appartenant au cercle familial du président. A cause de cette déclaration, al-Taief a été condamné à une année de prison ferme, officiellement pour "blasphème" et insulte à l’égard d’un  membre du gouvernement. Cette condamnation a été accueillie avec consternation et incrédulité. Al-Taief vient lu même d’une famille riche qui, d’après ce qu’on rapporte, prospérait depuis des décennies grâce à la manne des  marchés publics.

(traduit de l’anglais par Omar Khayyâm)

Source : Le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung (05/10/2002)

http://www.nzz.ch/english/background/2002/05/10_tunisia.html